Albi, Presses du Centre universitaire Jean-François Champollion, 2006 Tome 1 : Diocèse d 'Albi, Castres, Lavaur, Montauban, 2002, 312 pages, 25 euros Tome 2 : Diocèse de Cahors, 2004, 410 pages, 25 euros Tome 3 : Rouergue

Auteur : Patrick FERTÉ

Préface d ‘Emmanuel Le Roy Ladurie

 » Il ne fait guère de doute que les historiens de toutes sortes puiseront à foison dans cet instrument polyvalent qui offre si généreusement un matériau ordonné  » (Dominique Julia).
Fruit d ‘un dépouillement systématique de toutes les archives universitaires disponibles, ce Répertoire des étudiants du Midi de la France constituera pour bien des chercheurs modernistes un outil inégalé en France, et sans doute inégalable. Patrick Ferté rassemble ici plus de 40000 étudiants méridionaux (catholiques ou protestants) des 4 facultés (droits, théologie, arts et médecine), saisis sur l ‘essentiel des campus fréquentés (Toulouse, Cahors, Avignon, Montpellier, Aix, Orange, Reims, Genève et Paris) de 1561 à la Révolution. C ‘est cette envergure pluri-universitaire qui donne tout son prix à ce corpus géant puisqu ‘elle seule permet d ‘aboutir à un recensement quasi-exhaustif pour chaque diocèse et chaque lieu. Les cursus sont reconstitués et offrent un matériau unique pour une analyse fine des stratégies éducatives et de la fonction du diplôme dans la société d ‘Ancien Régime.
Une prosopographie est également amorcée : systématisée et enrichie par l ‘interactivité, elle débouche sur une histoire sociale des populations étudiantes, objectif majeur des plus captivants.
Enfin, comme l ‘université était un carrefour où se côtoyaient les  » héritiers  » et la petite et moyenne bourgeoisie  » montante « , ce sont toutes les élites de la société d ‘Ancien Régime, actuelles ou en devenir, qui sont ainsi capturées aux filets de l ‘Alma mater et dont on peut scruter, sur 2 siècles et demi, les ressorts d ‘ascension et de reproduction.
Le présent tome 3 d ‘une série de 6 répertorie les 6200 étudiants natifs de l ‘actuel département de l ‘Aveyron (prêtres, médecins ou juristes) du 16è au 18è siècle. Il en reconstitue et analyse les parcours universitaires et, pour beaucoup, l ‘origine sociale et/ou la carrière, laïque ou cléricale.
Aux antipodes du cliché d ‘un Rouergue  » inculte « , il restitue un pays exceptionnellement friand de diplômes, un des tout premiers clients des universités du royaume.

Patrick Ferté est maître de conférences d ‘histoire moderne à l ‘Université de Toulouse-Le Mirail. Spécialiste de l ‘histoire des anciennes universités méridionales, il est l ‘aueiur de plusieurs ouvrages sur ce thème et de maints articles scientifiques publiés en France et à l ‘étranger (Irlande, Espagne, Mexique, Canada, Italie…)

(1561-1793) POUR UNE PROSOPOGRAPHIE DES ÉLITES