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  Où trouver des champignons ?
   
  A la bonne saison, surtout si la météo est favorable, il y a des champignons presque partout. Mais, pour en trouver, il faut partir dans la bonne direction et ouvrir grand les yeux. Il y a deux principaux types de sites à prospecter : la forêt et les bois d'une part, les prairies de l'autre.

Les bois et la forêt vous offrent une immense et inépuisable variété de terrains de chasse. II y a les zones à feuillus et celles à résineux avec leur cortège souvent particulier de champignons. Il y a aussi, et ce sont les meilleures, les parties mixtes, où coexistent à la fois ces deux grands types d'arbres.

"Arrête de chercher ! Tu as ramassé dix kilos de cèpes, tu n'en trouveras pas guère plus aujourd'hui pécaïre" 

Vous remarquerez très vite qu'il y a des champignons peu exigeants quant aux types d'essences qu'ils fréquentent et d'autres qui ont des préférences très marquées, parfois même exclusives pour tel ou tel type d'arbre. Ainsi, la forêt vous offrira une gigantesque palette d'essences, de densités de plantations (taillis, taillis sous futaie, futaie), d'âges des arbres et vous vous apercevrez très vite qu'il y a des zones plus riches que d'autres.

Quel que soit leur mode de vie (saprophyte, parasite ou symbiotique), les champignons ne peuvent vivre qu'aux dépens des végétaux, en l'occurrence des arbres. La forêt leur offre une réserve inépuisable tout au long de l'année et le menu qui leur est proposé est à la fois copieux et varié : humus, bois et feuilles en voie de décomposition, arbres bien vivants à attaquer ou, au contraire, avec lesquels s'associer. La forêt est pour les champignons un milieu idéal et, pour ceux qui les recherchent, un terrain de chasse de tout premier ordre.

Pourquoi telle année la récolte dans ce bois est-elle aussi abondante, et telle autre année réduite à néant ? Tout importe pour le champignon : le sol, sa structure et son acidité, les facteurs biologiques - les essences, la densité des arbres et d’autres plantes, et également les variations du temps, de la température et de l’humidité.

L'autre type de site à explorer vous est offert par ce que les spécialistes appellent les «stations ouvertes». Le type même en est la prairie, une formation végétale et agricole liée à l'homme et à ses activités. Mais, autour de cette formation type, il y a de multiples variantes, aux appellations issues des parlers locaux et qui sentent bon le terroir : prés, pâtures, pâturages, pacages, herbages, alpages (en altitude) prés-bois (plantés d'arbres), prés-vergers (plantés d'arbres fruitiers).

Mais il existe aussi d'autres types de «stations ouvertes», à végétation spontanée cette fois, que sont, entre autres, les landes, bruyères, pâtis, coteaux incultes friches, savarts, flancs de montagne. Dans ces nombreux sites, vous rencontrerez un bon nombre d'espèces, comme le fameux rosé des prés (agaric champêtre) et quelques-uns de ses cousins, comme le coprin chevelu, le marasme des Oréades ou le tricholome de la Saint-Georges.

Dans les prairies, vous remarquerez parfois des zones où l'herbe, à la fois plus haute, plus drue et plus verte, dessine des cercles. Inspectez ces ronds d'herbe avec grand soin. Si vous n'y trouvez aucun champignon tout de suite, prenez bonne note de la situation de cet empla cernent. Il peut devenir intéressant par la suite. Ces formations plus ou moins circulaires trahissent la présence d'un mycélium annulaire particulièrement actif installé dans le sol. Un beau jour, il donnera naissance à des champignons, disposés en cercle eux aussi, qui formeront ce que l'on appelle un rond de sorcière.

Malheureusement, avec la disparition des chevaux et l'utilisation croissante des engrais azotés, toutes les espèces praticoles sont en nette régression en France. Moins de champignons dans les prés et toujours autant d'amateurs. Il y a tout intérêt à démarrer tôt le matin !

Ne négligez pas de visiter aussi les champs, avant ou après les cultures (chaumes), les labours, les vignes, les jardins ou les parcs avec leurs allées, leurs arbres d'ornement et même le potager, le verger, les gazons et les pelouses. Et dans la proche nature, au-delà de vos murs ou de votre clôture, fouillez les bords des routes, des chemins et des rivières, les buissons, les haies. Vous avez de belles récoltes à y faire. C'est le terrain de prédilection des morilles, des pholiotes, des coprins ou des lépiotes.

Au fil des saisons et des ans, vous constaterez que vous rencontrez toujours les mêmes espèces aux mêmes endroits. Visitez régulièrement tous ces bons coins et notez soigneusement les nouvelles apparitions d'espèces non rencontrées jusque-là, afin de surveiller leur installation et de vous assurer éventuellement de leur intéressant retour.

La visite de ces emplacements permet de prendre le pouls de la nature et apporte de précieux indices qui vous mettront sur la piste d'autres sites à visiter. Sachez en effet que la même espèce apparaît pratiquement en même temps dans une très large zone, souvent même jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres. Certains ont voulu trouver une explication à ce curieux phénomène de la simultanéité de l'apparition des champignons.

Ils y voient l'influence de la Lune, des conditions météorologiques (pourtant bien souvent très différentes à quelques centaines de kilomètres de distance), d'un déclic interne dû au champignon lui-même et même des taches solaires. En fait, personne n'a jamais trouvé d'explication valable, et le mystère demeure entier ! Sachez en tirer profit.

   
   
 

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