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A pratiquer seul,
en famille ou entre amis, la recherche des champignons
bat son plein entre juin et octobre.
C'est l'occasion d'une promenade en plein air, avec
l'espoir de ramener de quoi faire une bonne dégustation.
Mais de nombreux cas d'intoxications surviennent chaque
année. Pour les prévenir, il faut connaître les
principales espèces toxiques et comestibles.
Il faut
impérativement avoir un bon guide technique et savoir
s'en servir.
Et bien souvent, savoir aller voir son pharmacien avec
le produit de sa cueillette...
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Trois
principaux types de champignons sont distingués :
- les
saprophytes qui se nourrissent de matières organiques
mortes, et en assurent la décomposition. En labsence de
ceux-ci, nous vivrions ensevelis dans une couche de débris
épaisse de centaines de mètres !
- les
symbiotes qui vivent en coopération avec dautres organismes
végétaux. Le champignon fournit des nitrates, quil produit à
partir de substances présentes dans la terre, et le végétal
lui cède en retour des hydrates de carbone quil a fabriqués
au moyen de sa photosynthèse. (Certaines plantes ne peuvent
pas survivre sans leurs compagnons fongiques.)
- les
parasites qui se développent dans le corps dun végétal
vivant. Ceux-ci peuvent affaiblir leur hôte, produisant les
symptômes dune maladie et entraînant sa mort.
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Les
champignons
et la cuisine
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Le champignon contient des protéines, des
hydrates de carbone (dont la plupart sont non-assimilables),
du calcium et des sels minéraux (potasse, phosphore), mais
très peu de lipides (matière grasse). À létat cru, entre 80
et 90% de son poids est constitué deau. Sa valeur calorique
est faible : entre 10 et 80 kCal pour 100g.
Certaines espèces fournissent des
oligo-éléments (fer, cuivre, zinc) et aussi des vitamines :
principalement A (chez la girolle), B1, B2, D et lacide
pantothénique (B5).
Mais leur principal intérêt réside dans
les parfums et saveurs inégalables quils peuvent apporter à
un plat.
Quelques champignons sont difficilement
digérés par notre organisme, souvent à cause de la présence
dans les parois de leurs cellules de chitine (le composant
principal des poils et des ongles), ou de sucres tel le
mannitol ; dautres (quoique non-toxiques) sont mal tolérés
par certains individus : aussi leur consommation doit être
modérée pour éviter tout risque dindigestions.
Comment
nettoyer les
champignons |
Si vous avez cueilli vos champignons
proprement vous pourrez les nettoyer simplement en les
essuyant avec un linge ou du papier essuie-tout humide.
Il ne faut jamais immerger les
champignons dans de leau, car ils sen imbiberaient,
perdraient leur goût et se cuisineraient mal ; mais vous
pouvez les passer rapidement sous un fin filet du robinet, en
les essuyant ou les nettoyant avec un pinceau, pour enlever
des traces de terre ou autres salissures tenaces. Tenez-les
debout pour éviter la pénétration de leau entre les lamelles
ou dans les tubes, essuyez-les tout de suite après, et
posez-les sur un torchon pendant quils sèchent.
Texte de Christophe Ross extrait du livre "Noix, Châtaignes
et
Champignons" de Marie Vayssière aux Editions du Laquet à
Martel :
http://www.editions-dulaquet.fr/ |
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On
peut observer et admirer grâce aux champignons combien la
nature est mystérieuse et intense, et combien ces
champignons qui nous enchantent de leur qualité gustative sont
aussi des merveilles de la genèse. Ce monde, où rien ne naît
du hasard, mais où tout résulte dune alchimie précise et
complexe, nous rend des produits empreints dune grande
perfection de ligne, de couleurs, dodeurs et de saveurs.
Du cèpe rond, charnu, complaisant, à
lamanite des Césars, élégante, raffinée ; en passant par la
truffe, étrange et mystérieuse, la morille, précieuse et
exquise, ou la chanterelle, délicate et généreuse, on
senchante de cette beauté : on peut aussi en prendre grand
soin.
Pourquoi telle année la récolte dans ce
bois est-elle aussi abondante, et telle autre année réduite à
néant ? Tout importe pour le champignon : le sol, sa structure
et son acidité, les facteurs biologiques - les essences, la
densité des arbres et dautres plantes, et également les
variations du temps, de la température et de lhumidité.
Si le champignon a été classé longtemps
comme végétal, il est maintenant répertorié dans un groupe à
part : le règne fongique.
Les végétaux sont pourvus dune substance
miracle, la chlorophylle. Celle-ci récupère de la lumière du
soleil lénergie nécessaire pour fabriquer la nourriture des
plantes, en prenant comme matières premières leau et les sels
minéraux quelle apporte, et un gaz présent dans latmosphère,
le dioxyde de carbone - dans un processus qui sappelle la
photosynthèse. Le champignon, lui, est dépourvu de
chlorophylle, et il doit donc se nourrir avec laide - ou au
dépens - dautres organismes végétaux.
Le cycle de vie dun champignon
Lorgane principal, appelé le mycélium
(blanc ou moisissure, dans le langage de la campagne et de
tous les jours), vit toute lannée sans se montrer. Il est
constitué le plus souvent de fins filaments, généralement
blanchâtres, qui restent cachés - soit dans les couches
superficielles du sol, soit vivant en étroite association avec
des racines, soit à lintérieur même dune plante (sous
lécorce dun arbre, par exemple).
À lorigine du mycélium est la
germination dune spore, qui prend naissance sous le chapeau
du champignon, entre les lamelles ou les aiguillons, ou bien à
lintérieur des tubes ; dans une couche de cellules fertiles
qui sappelle lhyménium. À maturité, des milliards de spores
sont lâchées, mais ce nest quun très faible nombre dentre
elles qui germent et donnent la vie au mycélium primaire,
réduit à un simple filament.
La reproduction des champignons peut être
végétative, sexuée, ou bien une combinaison des deux. La
plupart de ceux qui nous intéressent traverse une phase de
reproduction sexuée curieuse et assez particulière.
Ses spores peuvent appartenir à lun des
quatre sexes possibles (appelés polarités), qui sont
compatibles deux par deux : comme un ovule ou un
spermatozoïde, leurs noyaux ne contiennent quun seul jeu de
chromosomes.
Les mycéliums primaires qui résultent de
la germination de ces spores se développent, et quand deux
filaments de types compatibles se rencontrent, ils fusionnent
pour former un mycélium secondaire - qui continue à son tour
de se répandre. Chacune de ses cellules contient désormais
deux noyaux - mais pour le moment ils restent distincts.
Quand les conditions environnementales
nécessaires sont réunies ce qui peut se traduire par la
survenue dun choc thermique ou hygrométrique (quil perçoit
comme une menace à sa survie) - le mycélium secondaire réagit
en produisant subitement le champignon apparent - appelé sporophore,
qui contient de nouvelles cellules fertiles dans son hyménium.
Ce nest quà cette étape-là que la
fécondation a lieu (et tout va très vite
) : les paires de
noyaux dans les cellules fertiles fusionnent pour en former un
seul, et leurs chromosomes se réunissent - mais le nouveau
noyau se divise aussitôt (trois fois de suite), pour produire
une fois de plus des spores mononucléaires
Et cest ainsi que le cycle est bouclé.
Nous ne parlerons ici que des champignons dits
supérieurs - qui produisent un corps apparent dune
forme caractéristique au-dessus de la surface du sol.
La cueillette
La saison des champignons sétale
essentiellement davril à novembre, même si on trouve dautres
espèces tout au long de lannée. Au printemps, discrètement,
ce sont les Hygrophores de mars, les morilles et les
Tricholomes de la St. Georges que lon peut récolter. Si le
printemps na pas été trop sec, des girolles et des cèpes
paraîtront au cours de lété : mais la saison la meilleure est
lautomne, avec son foisonnement de rosés des près, de
coulemelles et de trompettes des morts.
Avant de partir pour la cueillette,
munissez-vous dun panier en osier assez large et peu profond,
dun guide de poche sur les espèces, et dun couteau - à lame
fine et bien aiguisée.
Sachez respecter les terrains privés (les
champignons qui y poussent appartiennent à leurs
propriétaires), et les panneaux dinterdiction dentrée ou de
ramassage. Renseignez-vous auparavant : les murs varient
dune région à une autre, et la cueillette peut être
réglementée ou limitée (par exemple dans les forêts domaniales
et les parcs nationaux).
Dans votre propre intérêt, respectez la
nature et les autres habitants et utilisateurs des bois : ne
soyez pas bruyants. Ne piétinez pas les plantes des
sous-bois : léquilibre de leur environnement est
indispensable au développement des champignons que vous
cherchez.
Ne détruisez pas les champignons qui ne
vous paraissent pas comestibles : un autre chercheur plus
averti que vous-même serait peut-être ravi de récolter ces
spécimens ; de toute façon ils ont tous leur rôle à jouer dans
lécosystème.
Faites une cueillette raisonnable pour
votre consommation familiale. Ne prenez que des champignons
sains et frais : laissez les plus petits, les vieux et les
véreux pour favoriser la continuité des espèces. Les exemples
avariés peuvent être colonisés par des bactéries ou par
dautres champignons microscopiques ; ainsi devenant tout
aussi toxique que la viande pourrie.
Il ne faut jamais arracher un champignon
de sa station :
- les espèces que lon connaît et ramasse pour manger
doivent être coupées net juste au-dessus du sol. Vous éviterez
ainsi dendommager le mycélium (recouvrez aussi la souche
avec un peu de terre ou quelques feuilles mortes, pour réduire
son dessèchement) - les dégâts qui lui sont occasionnés par un
ramassage négligent peuvent menacer sa survie, et ainsi
réduire la récolte des années suivantes. Cette précaution
évitera aussi aux champignons de se salir entre eux : enlevez
la terre et les débris de feuilles ou de mousse qui restent à
laide du couteau.
- pour les espèces qui requièrent une détermination chez
soi (ou avec laide dun expert), les spécimens doivent être
déterrés soigneusement avec une petite truelle (une vieille
cuillère peut aussi servir). Il est indispensable de récupérer
toutes leurs parties, y compris celles qui peuvent se trouver
sous le sol (une volve, par exemple). Limitez un tel
prélèvement à un seul exemple de chaque type. Rangez-les dans
un autre récipient pour éviter la contamination des autres,
comestibles, avec des fragments ou des spores qui pourraient
savérer toxiques. (Une boîte de congélation en plastique,
avec du papier absorbent mouillé dans le fond, est idéale.)
Ne mélangez pas les différentes sortes de
champignons dans votre panier : ils pourraient sécraser les
uns contre les autres, ainsi réduisant les plus fragiles en
bouillie. Par temps chaud et sec, recouvrez votre récolte avec
un torchon humide.
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