Bourgeoisie terrienne,
générations d'avocats, ils semblent avoir été les
régisseurs, les conseillers, parfois même les banquiers
des hobereau d'alentours: Vidal de Lapize, Carry d'Aymare,
...
Un officier,
Guillaume, dut entrer de plein pied dans les manoirs où se
retirèrent ses camarades de régiment. Il maria son fils à
une demoiselle de Cahors.
Un autre fils est
officier, mais de quatre ou cinq justices seigneuriales.
C'est le "filon" depuis des siècles pour
s'anoblir. On commence par les charges les plus modestes en
attendant le Présidial et les cours souveraines.
Marc Bloch affirme
même que les illustres Saulx Tavannes descendaient d'un
officier seigneurial affranchi en 1284.
Disons que dans la
montée sociale, les Glandin ont un siècle de retard sur
leurs seigneurs, les Vidal de Lapize. Il portent blason et
vont le timbrer. Mais non, trop tard, voici la Révolution
avec laquelle ils flirteront un peu, pas trop, car ils
restent très habiles.
1. Jehan GLANDIN, originaire
de Saint-Chély-d'Aubrac, en Rouergue, bachelier es droit,
il remplissait les fonctions de maître d'hôtel du comte de
Clermont lorsqu'il fut marié en avril 1612 sans doute par
son maître - les articles de mariage ont été arrêtés au
château de Clermont - à Cécile de Laurenson, habitant
Chanterac en Périgord qui lui apporta une dot honorable de
1200 livres (2).
Le 22 novembre 1622,
au château de Saint-Projet, Maître Jehan Glandin
reconnaît tenir en fief de noble, haut et puissant seigneur
messire Antoine de Clermont, baron de Saint-Projet,
Verteillac, Saint-Gily, Dégagnac, Concorès . ... le
domaine de Bourret et ses dépendances.
En présence de
François Roudoulac et Simon Fayet, prêtres du Vigan (Borne
notaire) (3).
Jehan Glandin avait épousé en secondes noces Françoise de
Belly.
Du premier lit. il cul titi fils,
Guillaume. mort jeune, et du second un autre Guillaume qui
suit.
Il. Guillaume GLANDIN, bourgeois
de Saint-Projet.
Ses pactes de mariage
avec demoiselle Françoise de La Ribeyrie fille d'Ambroise,
Maître apothicaire de Gourdon, et de demoiselle Perrette de
Danglars, furent conclus le 6 novembre 1657.
Le futur agissait avec
le consentement de sa mère et de son oncle François de
Belly, écuyer de Gourdon. La dot était de 1 600 livres (4).
Le 14 octobre 1671, à
Gourdon, il achète à Pierre Pabot (5), marchand de
Rocamadour, le domaine de Lafage, sis dans cette dernière
paroisse, consistant en maison, granges, étables, que le
vendeur avait acquis de noble Jacques de Vassal.
La taille est due au
roi, une rente y est levée par le chapitre de Rocamadour.
Le prix fut arrêté à 3.642 livres 10 sols.
Françoise de Belly,
mère de Guillaume, s'était remariée à Pierre Pabot qui
est dit dans l'acte possesseur du logis de la Carette,
auparavant aux Lagrange, seigneurs de La Vercantière.
Présents : Maître
Jean Fouquet avocat, Maître Pierre Pabot, greffier, fils
d'autre Pierre, Maître Antoine Laribeyrie, docteur en
médecine de Gourdon. Devant Delataste, notaire (6).
Le 24 décembre 1697,
conjointement avec son beau frère Maître Laribeyrie.
Guillaume Glandin fait une reconnaissance de rentes en
faveur de Jean de Belly, conseiller au siège de Gourdon (7).
III. Ambroise
GLANDIN, se dit fils de Guillaume et petit fils de Jean
Glandin, bachelier, dans une requête adressée le 27
novembre 1705 à Messieurs de l'Election de Cahors.
Le suppliant se déclare surchargé
par la taille et assigne les consuls de Saint-Projet (8).
Quelques actes
jalonnent ce procès, qui malgré un arbitrage du comte de
Boissières en 1706 se prolongera jusqu'en 1719.
Ambroise Glandin est probablement
père de
1- Guillaume GLANDIN, qui continue la
descendance,
2- Pierre GLANDIN de
Fonnaute, qui reçoit par testament de noble François de
Camy, seigneur d'Aymare en raison de ses bons services, la
somme de 500 livres et tout le bois de chauffage pour lui et
ses descendants (9).
Le 13 mars 1737, au
château d'Aymare, paroisse du Vigan, il achète à Anne de
Toulon, veuve de François de Camy, seigneur de Bonnecoste,
Aymare, ... le domaine de la Melve paroisse de Prouilhac
avec les rentes y attenantes et le Moulin Bas pour 1 800
livres seulement "à cause des grands services rendus
par le sr de Fonnaute" (10).
Les Camy possédaient ce fief depuis
1448.
Le 12 août 1740, à
Nozac, Pierre Glandin, habitant de Saint-Projet, achète le
moulin de Lestrau paroisse du Vigan, et ses dépendances,
avec rentes nobles à dame Isabeau des Lax, veuve de messire
François des Lax, sgr du Bousquet et de Pern, agissant en
qualité d'héritière de noble François de Beaumont, sgr
de Lacombe, ouvrier du chapitre N. D. du Vigan.
Le prix fut de 3 000
livres. Témoins : noble Jehan de Puniet, sieur de
Laborderie, habitant le château de Gayrac et Antoine
Estournel prêtre, chapelain de Nozac. (Borne notaire) (11).
Pierre Glandin meurt le 4 mai 1746.
3- Pierrette GLANDIN, associée à ses
frères dans un certain nombre d'actes.
IV. Guillaume
GLANDIN, lieutenant d'infanterie au régiment de Laigle
(12), épouse à une date que nous ignorons Marie Anne de
Cassanhes, fille d'un avocat de Payrac.
Le 31 mars 1762, au
bureau des francs-fiefs, il règle les taxes pour les biens
nobles hérités de son frère Pierre.
De son mariage avec
Marie Anne de Cassanhes, il eut :
1- Pierre GLANDIN de
Fonnaute qui suit,
2- Jean GLANDIN de
Lafage né le 15 juin 1728 et baptisé le 17, eut pour
parrain Maître Jean Delcamp, de Gourdon et pour marraine
Petronilhe de Glandin (11).
Il s'installa à
Labastide- Fortanière (Labastide-Murat) à la suite de son
mariage avec dlle Marguerite de Caors, fille de feu noble
Jean de Caors et de Jeanne de Corberan, le 19 novembre 1776
(13).
Le contrat de mariage avait été
conclu la veille.
Le jeune ménage qui
dispose de biens familiaux à Labastide s'engage à assurer
l'entretien de Jeanne de Corberan.
Dans l'immédiat, le
futur affecte 600 livres à d'urgentes réparations à la
maison principale de Labastide et envisage de mettre
prochainement 3 300 livres dans les biens de sa femme.
Celle-ci avait été
assistée par sa mère et par son frère noble Jacques de
Caors chevalier de SaintLouis, lieutenant de grenadiers au
Régiment du maréchal de Turenne (sic), habitant le
château de Péchaut dans la paroisse du Bastit (14). J'ajoute
que cette fille noble d'une branche cadette appauvrie ne
savait pas signer.
De ce mariage :
a) Jean Pierre
Melchior GLANDIN, né à Labastide le 12 août 1777. Il fut
notaire à Ginouillac (Lot),
b) Anne GLANDIN, née
le 24 mai 1779, mariée le 15 brumaire an 9 à Louis Durieu,
médecin au Bastit,
c) Marthe Angélique GLANDIN, née le
21 avril 1782.
Jean Glandin de Lafage
avait quitté ce monde le 2 mai 1787 à la veille
d'évènements redoutables. En 1793 les enfants eurent pour
tuteurs leurs oncle Pierre Glandin aîné et le
"citoyen Caors". Le 12 vendémiaire an III eut
lieu à Saint-Projet un règlement de famille à la suite de
la vente d'une maison provenant de la succession de
Pierrette Glandin. Nous y voyons Pierre Glandin aîné
"homme de lettres", Anne Pebeyre sa belle-soeur et
les 3 enfants de Glandin Lafage assistés du citoyen Caors (15).
Pierre Glandin aîné
termine un procès pendant depuis plus de 50 ans entre la
famille de Caors et les Vidieu, bourgeois de Courtis. Le 1er
prairial an VIII Jean Pierre Melchior Glandin habitant
Labastide faisant pour lui et pour ses soeurs Anne et
Angélique habitant le château de Péchaud fait une
quittance générale en faveur de son oncle Pierre Glandin,
du Vigan (16).
3- Pierre GLANDIN de
La Melve, né le 16 février 1731 eut pour parrain
Pierre-Louis Glandin et pour marraine Louise de Cassanhes
épouse de M. Lacombe, médecin.
Le diplôme de
licencié en droit lui fut accordé in Cadurcensi Academia,
par Antoine Raimond de Fouilhac (17).
Le 23 avril 1770, il
reçoit des lettres de provision pour la justice du Vigan,
lettres concédées par Jean Joseph Dominique de Cheylus
"par la grâce de Dieu et du Saint siège apostolique,
évêque, baron et comte de Cahors", signées Bécave,
vicaire général. Par M. le Vicaire général, Calmette,
secrétaire (18).
Le 28 avril suivant,
au Vigan, les dignitaires et chanoines assemblés dans la
chapelle sainte Catherine, selon l'usage
MM. Peyrusse, doyen;
de Boissy, chantre; de Maynard, ouvrier; d'Anroi, Dissac, de
Lastic, de Colomb, de Larochelambert, prêtres et chanoines,
établissent Maître Pierre Glandin, avocat en parlement du
lieu de Saint-Projet, juge de la justice du Vigan et
dépendances et du fief de la Séguinie (19).
Pierre Glandin reçoit
encore le fer juillet 1770 des lettres de provision de dame
Magdeleine Thérèse de Saint-Hubert, comtesse de Corneilhan,
habitant Villefranche, l'instituant juge de la seigneurie de
Masclat (20).
Une ordonnance donnée
à Gourdon le 15 février 1771 par Antoine Hébray,
conseiller du roi, lieutenant général en la
sénéchaussée de Gourdon, reçoit le sieur Glandin en
l'état et l'office de juge ordinaire des lieux de Laval,
Saint-Projet, Le Vigan et Masclat suivant les lettres de
provision des fer janvier 1756, 23 avril et fer juillet
1770, signées Lapannonie, Saint-Hubert Corneilhan, Becave
vic. géné. et de plusieurs chanoines (21).
D'après un procès
des Glandin du Vigan contre ceux de Perrigal, Pierre avait
acheté le 10 juin 1782 à messire Marc Antoine de Lagrange
Gourdon, sgr de Floirac, La Vercantière, ... le château de
Perrigal et le fief de Maillol pour 79 000 livres.
Le 21 septembre 1787
il reçoit à cens et à pagésie perpétuelle le domaine de
Bosdillard, à SaintProjet, de messire Antoine de Lapize sgr
de Lapannonie, Saint-Projet, Gigouzac, Le Bastit, ... (22).
Pierre Glandin avait épousé en 1778
Anne Pebeyre (1757-18-42). Il meurt en 1792 ab intestat.
II avait eu de ce mariage :
a) Pierre Louis né en
1780, quitte Perrigal en 1807. Conseiller auditeur à la
Cour d'appel d'Agen. Se marie en 1811.
A cette date habite
Gourdon, est nommé président honoraire du Tribunal civil
de cette ville. Chevalier de la Légion d'honneur. Entre
autres enfants
Firmin, juge
d'instruction au tribunal de Gourdon.
b) Jean Baptiste né
en 1782, juge de paix du canton de Saint-Germain, mort sans
avoir été marié en 1857.
c) Antoine réside sa
vie durant au château de Perrigal, il institue héritier
Firmin Glandin son neveu et meurt le 14 avril 1837.
d) Marie épouse en
1807 son cousin Guillaume Glandin, du Vigan (voir VI).
e)
Jeanne morte sans postérité le 7 juillet 1806.
4- Pierre Louis GLANDIN est mentionné
dans le contrat de mariage de son frère aîné en 1773.
II est témoin le 3
février 1775 au contrat d'afferme de la métairie de
Bosdillard par Jacques Rigal Caulet, écuyer, seigneur de
Beaussac, Mons, seigneur usufruitier de la terre de
Saint-Projet, conseiller secrétaire du Roi, Maison,
Couronne de France.
Pierre Louis était encore en vie le 1er février 1790.
V. Pierre GLANDIN, avocat
en parlement s'allie à demoiselle Catherine Valet, du Vigan,
fille de feu Pierre Valet, juge ordinaire de St-Projet et de
feue Anne d'Hugon.
Le contrat de mariage
du 27 octobre 1773 précise que Guillaume Glandin son père,
ancien officier, lui cède tous ses biens, à charge de
remettre à ses frères cadets, Jean, Pierre Louis et autre
Pierre leur part de légitime soit 3 500 livres à chacun.
L'acte fut passé en
présence de messire Antoine Vidal Lapize de Lapannonie
seigneur de St-Projet, de Jacques Rigal Caulet seigneur de
Beaussac, Mons ... et retenu par Delbreil notaire (23).
La future, absente,
avait été représentée par messire Joseph d'Aymerique,
ancien capitaine et chevalier de St Louis, habitant du Vigan,
d'après une procuration établie la veille en présence de
messire Armand de Carry d'Aymare et Jean Villars praticien
du Vigan.
L'extrait baptitaire
du marié nous indique qu'il naquit le 4 mai 1725, fut
baptisé le 6, eut pont parrain son grand père Maître
Pierre Cassanhes, avocat de Payrac, et pour marraine
demoiselle Toinette de Farginel (24). Nous avons eu l'occasion
de signaler le rôle de Pierre Glandin en faveur de ses
neveux Lafage, pendant la Révolution. Il ne peut cependant
traverser cette période sans inconvénients si l'on en juge
par une pétition qu'il fit, probablement en 1795 au citoyen
Paganel, représentant du Peuple.
Requête assez plate
dans laquelle il se déclare âgé de 70 ans et détenu dans
les prisons de Gourdon, il se dit acquéreur de biens
nationaux (lesquels ?), ancien procureur de la commune de
Mont-Libre (SaintProjet), député pour accepter l'acte
constitutionnel, non noble, "non possesseur d'objet
féodaux" (faux), au contraire il en était surchargé,
"non parent d'émigré". "Il devait se
flatter d'une révolution qui lui a tant fait gagner et à
laquelle il a contribué de tout son pouvoir".
"Enlevé de sa maison le 20 septembre, mis aux fers
durant 9 jours, a été pressuré de la façon la plus
barbare. On a pris dans sa maison 2100 livres, douze
couverts en argent, un fusil et un couteau de chasse,
plusieurs meubles, un "quatruble" d'or et du
linge". Il demande sa libération (25). Nous ne lui
connaissons qu'un fils, Guillaume.
VI - Guillaume
GLANDIN, maire du Vigan, né le 3 juin 1779, il eut pour
parrain Guillaume Thiers, bourgeois du Vigan, et pour
marraine Marie de Caors, de Labastide (26).
Il épouse en 1807 Marie Glandin sa
cousine du château de Perrigal.
Il est héritier universel de son
cousin Pierre Thiers aux termes du testament du 24 août
1814 (26).
Pierre Thiers était
fils de Guillaume Thiers et de Marguerite de Valet, soeur de
Catherine, mère de Guillaume Glandin.
Le 22 juillet 1827, il
bénéficie d'une donation entre vifs de la part de Pierre
Hugon, dernier, représentant d'une vieille famille
bourgeoise du Vigan (devant Rey notaire).
Guillaume Glandin
achète le 22 juillet 1842 à M. Ludovic de Chaunac,
licencié en droit, habitant le château de Monbette
paroisse de Cénac en Périgord, procureur de son père
Louis de Chaunac, chevalier de St Louis, l'entier domaine de
la Borie Grande au Vigan.
Il meurt le 17 mars 1848.
Nous lui connaissons 2 enfants
1- N. GLANDIN dit Glandinou, étudiant
voltairien mort jeune.
On raconte que le
curé du Vigan préféra s'enfuir plutôt que de présider
à ses obsèques.
2- Anne-Marie GLANDIN, qui suit.
VII. Anne-Marie
GLANDIN, née au Vigan le 11 juillet 1808, épouse le 18
septembre 1843 Jean Louis Amédée Fontanilhes, âgé de 32
ans, propriétaire et maire de St-Médard-de-Presque, fils
d'Antoine Louis et de Marie Julienne de Lavaur. Le contrat
fut passé en présence d'Adolphe Calvet, procureur du roi
à Marmande, Antoine Rochy, propriétaire à Claviers
commune de Lissac, Baptiste Pebeyre, sous-préfet de
Gourdon, Pierre Glandin, président du Tribunal de Gourdon
(devant Rey et Soularie notaires de Gourdon et Mezon notaire
du Vigan) (27).
Anne Marie meurt au Vigan le 13 mai
1886.
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Rédigé en novembre
1956, revu et complété en mai 1995 Les cotes débutant par
L (liasse), se réfèrent à la 2ème partie des archives du
château du Vigan.
Liste des patronymes
alliés par ordre d'apparition: LAURENSON, BELLY, LA
RIBEYRIE, DANGLARS, PABOT, CASSANHES, LAFAGE, CAORS,
CORBERAN, DURIEUX, PEBEYRE, VALET, HUGON, THIERS,
FONTANILHES, LAVAUR. Sur les origines rouergates de cette
famille Colonel Glandy; Généalogie des Glandy de
St-Geniès- d'Olt, Bordeaux, vers 1990.
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