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Les
Camy d'Aymare
seigneurs
d'Aymare, Bonnecoste, La Melve,
en Quercy jusqu'à la fin du XVIIème siècle
par Jean LARTIGAUT,
Président de
la Société des Études du Lot,
Docteur en histoire de l'Université Toulouse-Mirail
Publié dans :
Moi-Géné n° 17 (Avril 1996)
Armes : Jean
de Camy, sieur d'Aymare
"D'azur
à une licorne d'argent passant sur une terrasse de
sable, et un chef cousu d'azur chargé de 3 étoiles
d'or"
D'après d'Hozier,
II, 1217-1283
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Nous nous étions proposé il y a
quelques années de consacrer une série de notices aux
anciennes familles du Vigan (1). Nous
espérions ainsi donner une vue d'ensemble des notables
d'une bourgade rurale jadis importante.
Ayant renoncé à ce projet pour nous
consacrer plus particulièrement au 14 et surtout 15ème siècles, nous avons
voulu cependant tirer partie d'un certain nombre de fiches.
Après les GLANDIN, les PELEGRY au 16ème siècle, les MASSAUT,
voici aujourd'hui les CAMP D'AYMARE, famille toute militaire
sous l'Ancien régime, mais dont les origines encore
obscures paraissent assez modestes. Le plus lointain
ancêtre des Camy d'Aymare pourrait être Bernard de Camy
qui tenait taverne à Gourdon en 1313 (A.C.
Gourdon, FF 42), vraisemblablement
originaire de la proche paroisse de Camy.
On rencontre ensuite un ecclésiastique :
Guillaume de Camy (de Camino), prêtre et notaire qui fut
chanoine du Vigan. Le 12 juillet 1443, dans
la salle du Collège Pélegry à Cahors, Guillaume de Camy
recteur de Piquecos est témoin à la nomination comme
collégiat de Pierre de Bassinhac par noble Flotard Ebrard,
sgr de Saint-Sulpice, patron du collège (2).
Le 9 octobre 1447, dans
l'église Saint-Maurice de Cahors, Guillaume de Camy,
prêtre, chapelain de la chapellenie fondée par feu Raymond
de Salvanhac, chevalier de Cahors, dans ladite église
"pro cantanda", requiert Nicolas de Lentilhac,
prêtre, en vertu de l'instrument de collation fait en
faveur dudit Guillaume par noble Guidon del Peyronnenc
procureur de noble Bertrand son frère, de le mettre en
possession de la chapellenie pour le service de l'autel
majeur de Saint-Maurice, comme le fut Pierre de Ulmo,
prêtre, recteur de Marminiac, dernier chapelain (3).
Le 13 avril 1448, à
Cahors, prudent homme Arnal de Brolio, marchand de Gourdon,
arrente à dom Guillaume de Camy prêtre, une borie avec 2 moulins sur les bords
de la Melve, dans les appartenances de Gourdon confrontant
chemin du Vigan à Nozac, Pech dit "Pueg Io Buo",
landes de don R. d'Issac alias Vinhalibus, chemin de Gourdon
à Payrac et borie d'Arnal Ayguas sous le cens d'un sétier
de froment. Témoins : noble Guidon del Peyronnenc et dom
Jean Compte prêtre de Montfaucon; J. de Putéo, notaire
royal (4).
Le 29 juillet 1452, Guillaume
est qualifié chanoine du Vigan dans un acte où il apparait
comme témoin. Il s'agit d'un bail à fief de diverses
terres dans Soucirac consenti par noble Pierre de Ricard de
Gourdon seigneur de Reilhac, Ginouillac, Saint-Projet,
Soucirac et coseigneur du Vigan, en faveur de Pierre et
Raymond d'Issac alias Vinhalibus, le second notaire de
Cahors (5).
En 143, l'hospitalier
de l'hôpital Sainte-Catherine de Gourdon arrente à Me
Guillaume de Camy prêtre, un bois dans la paroisse du Vigan
au terroir de Las Galinardes (6).
En 145, autres
arrentements au même par le chapelain de la chapellenie de
Lacoste. A vrai dire, il existait deux Guillaume de Camy,
également chanoines du Vigan (7). Seul
un acte de novembre 1467 permet
de les distinguer à l'occasion de la mise en possession
d'un canonicat de Pierre de Durfort-Boissières (qui fut
recteur de Saint-Projet), paraissent Guillaume de Camy
senior, sacriste du monastère et Guillaume junior, simple
chanoine (8). (Il
était en 1462 recteur
de Pinsac et de Terregaye selon le chanoine Albe).
La même année, noble Guidon del
Peyronnenc, seigneur de Saint-Chamarand, Loupiac, Labarde,
arrente diverses terres à Loupiac et à Labarde à divers
tenanciers dont Me Guillaume de Camy, chanoine du Vigan (9).
L'année suivante, approbation par le
chapelain de Moussac à Gourdon, de l'acquisition faite par
Me Guillaume de Camy à Gourdon d'un boutge au Majour entre
les portes del Majour et de Saint-Jean (10). Autre approbation par
le chapelain de Lacoste de l'achat par le même d'un bois
aux Condamines (11).
Dans le même
registre, quelques reconnaissances d'habitants de Gourdon en
faveur du même Guillaume de Camy. Celui-ci, comme chapelain
de la Candèle de Gourdon baille à fief le 16 février
1488, à Guillaume d'Abelly et Hélène de Danraoust
mariés, un avral et un jardin dans les murs de Gourdon à
la bande de la Salvanye (12).
En 1456, Géraud
Borset vend à Bernarde de Camy un jardin au faubourg de
Sainte-Catherine, rente due à la chapellenie de
Saint-Michel, la même Bernarde est dite en 1461 femme de
Jean Danraoust (13). En 1467, nous rencontrons pour la
première fois Aymeric de Camy, recteur de Loupiac et qui
l'était encore en 1491 (14).
Une pièce de
procédure de 1699 relative à la Melve mentionne Jean Camy
en 1474.
Un Jean de Camy figure
parmi les contribuables de Gourdon à un rang relativement
modeste. Il déclare jouir d'un certain nombre de cens et de
la location de deux maisons. Dans la juridiction de Gourdon
il ne détient en biens fonciers qu'une terre et une vigne,
cette dernière franche de cens sinon noble (15).
Vers 1515, un autre
Jean dit le Jeune est établi comme marchand au Vigan. Il
n'en appartient pas moins à la confrérie des Cinq Plaies
du Christ de l'église Saint-Pierre de Gourdon (16).
Il nous faut
maintenant accuser un énorme trou à la fin du 15ème et
durant la première partie du 16ème siècle. Nous
retrouvons les Camy à Gourdon où ils exercent les
professions de marchand, praticien, avocat, ...
En 1561, Me Jean Camy,
dit d'Aymare, écolier, possède une vigne au terroir de la
Magdeleine à Gourdon (17).
Le 7 août 1579, Me
Jean Longuet, avocat du siège de Gourdon, et dlle
Marguerite de Magnyanac, une Périgourdine, femme de Me Jean
de Camy dit d'Aymare avocat à ce siège, vendent à Me
Pierre de Marsis aussi avocat, une pièce de terre du
ténement de la Condamine franche et noble pour le prix de
100 livres (18).
Mention de Guillaume
de Camy à Gourdon le 3 février 1585 (19).
Enfin, Raymond CAMY
dit d'AYMARE, premier degré des maintenues de noblesse :
bien sûr, sa qualité de bourgeois et de marchand de
Gourdon n'apparait plus pour les besoins de la cause. La
maintenue, lui fait épouser (ce qui est exact) demoiselle
Géraude de Patras, fille de noble Jean de Patras seigneur
de Bonnecoste. Admettons la date du contrat, soit le 31 mars
1540 (20). Ces Patras semblent venir depuis peu de
Villefranche-de-Rouergue où ils exerçaient la marchandise.
Le 20 octobre 1576,
sire Raymond Camy bourgeois et marchand de Gourdon, est
chargé par le prévot de la ville avec sire Jean Danglars,
aussi marchand, et Me Antoine de Puniet, avocat, d'une
enquête sur la vente d'une maison par Jean de Paradis,
archer, au conseiller Jean de Massaut (21). Le 3 novembre
1574, il avait acheté à Blaise Balan le boriage de la
Bolonie (ou Valonie), paroisse de Saint-Clair. Il est
condamné par une sentence du sénéchal du 14 avril 1590
confirmée par un arrêt du parlement de Toulouse du 6
novembre 1591 à payer la rente de ce boriage à François
d'Albareil, lieutenant au siège de Gourdon, acquéreur de
la seigneurie de Saint-Clair, le 8 mai 1576 (22).
Le 2 août 1593, à
Saint-Clair, Raymond Camy dit d'Aymare, bourgeois, habitant
le repaire de Miracoy, paroisse du Vigan, fait un échange
avec Guillaume Dumas, tailleur. Raymond cède le Pech de
Lolm, sive [appelé aussi] de Boloigne, contre des prés et
des terres à Saint-Clair (23).
Du mariage de Raymond Camy et
de Géraude de Patras 2 enfants auteurs de 2 branches
1- Jean de Camy seigneur d'Aymare et
Bonnecoste - Branche A
2- Pierre de Camy seigneur de la Melve
- Branche B
BRANCHE
A
II- Noble Jean de
CAMY, écuyer, seigneur d'Aymare et Bonnecoste :
Le 27 avril 1601, art château de Bonnecoste. Me Pierre
Escudié, notaire royal de Reilhaguet, faisant pour Thomas
Escudié son père, Jean Justi prêtre, et Pierre Gautier,
recteur de Reilhaguet, demandent à dlle Géraude de Patras
et à Jean de Camy d'Aymare, écuyer, dame et seigneur de
Bonnecoste s' il leur et permis de prendre du bois dans le
domaine de Bonnecoste, - confirmation en raison des services
rendus - Rappel de noble Jean de Patras, seigneur de
Bonnecoste, père de Géraude et aïeul d'autre Jean de Camy
(24).
Ce dernier aurait
épousé le 20 mars 1607 demoiselle Jeanne de Laborie (25).
Le 14 mars 1608 avec
Jean de Beaumont, Jean de Camy, seigneur d'Aymare pour lui
et pour Pierre de Camy seigneur de la Melve, reconnait tenir
en fief de l'abbé d'Obasine le ténement de Bonnecoste
paroisse de Saint-Sauveur sous la rente de 64 L 3 s 4 d (26).
Le 31 janvier 1620, au
repaire d'Aymare, paroisse du Vigan, il baille en métairie
à Jacques Roques dit Caghe Miche, de Figerma, paroisse de
Saint-Projet, son boriage de Béluguie paroisse du Vigan (27).
Il teste le 4 mars 1621 (28).
De ce mariage :
- Jean Pierre de Camy qui suit;
- Héliette de Camy, mariée à noble Jean de Puniet
seigneur de Saint-Romain (29);
- André de Camy, né le 28 mars 1616 au Vigan (30);
- Christophe de Camy, lieutenant au régiment du Vigan,
mort à Corbie (31).
III- Jean-Pierre de CAMY
seigneur d'Aymare et Bonnecoste
II épouse le 2
décembre 1636 Marguerite de Jaubert, fille de Jean de
Jaubert seigneur de Rassiols, Carlucet, ... et de Françoise
de Cadrieu. Il est dit dans cet acte capitaine d'une
compagnie de gens de pied au régiment du Vigan et fils de
noble Jean de Camy et de Jeanne de Laborie (32).
Une commission du 26
septembre 1634, prouve d'ailleurs qu'il est capitaine dans ce
régiment.
Un "contrôlle"
du 13 novembre justifie qu'il a servi comme volontaire sous le
sieur de Vaillac (33).
Le 8 février 1655,
au repaire de Bonnecoste, il déclare que par contrat passé entre
lui et Antoine d'Estournel, prêtre, recteur de
Saint-Etienne-des-Alix et de son annexe de Saint-Sauveur le 12
septembre 1652, devant Calmon notaire, le recteur s'était obligé
à faire le service divin dans l'église de Saint-Sauveur suivant
les ordonnances de l'évêque de Cahors. Mais en fait, il ne daigne
faire aucun service, pas même pour Noël ou Saint Etienne par
irrévérence ou malice. II n'y a aucun calice né custode dans
l'église Saint-Sauveur. Le seigneur de Bonnecoste somme Antoine d'Estournel
d'assurer le service divin et d'acheter calice et custode (34).
Le même jour,
passant du spirituel au temporel, il afferme son domaine de la Borie
Blanque dans la paroisse du Vigan (35).
Le 30 avril suivant,
au Vigan, faisant au nom de Me François de Rassiols, chanoine de
l'église collégiale N.D. du Vigan et de Rocamadour, il déclare à
Me Etienne Pascal soit-disant chanoine, du Vigan, que si le dit
Rassiols a de la parenté au parlement de Toulouse, lui Pascal est
originaire de Sarlat où son frère est procureur au Présidial et
où se trouvent ses parents (36). (Il s'agit sans doute d'un
procès dont nous ignorons tout).
Le 18 février 1668,
au château d'Aymare, dlle Marguerite de Rassiols, femme de noble
Jean de Camy sieur d'Aymare, reconnait avoir reçu 704 livres de
Jean Dupré, marchand de Couzou (37).
De ce mariage :
1- Jean de Camy,
sieur du Débat, qui suit;
2- André de Camy, abbé de l'Abbaye-Nouvelle près de Gourdon;
nommé en 1680, il était encore abbé en 1713 (38).
Nous ne pouvons situer
Marie de Camy dont la sépulture fut faite le 31 octobre
1676, par Me Jean de Lestevenie, chanoine, "accompagné
des outres messieurs du chapitre du Vigan" (39).
Ni Balthazar de Camy,
sieur d'Aymare, marié, selon Foissac (40), à Sabine
d'Aymerique et enterré dans l'église collégiale du Vigan
le 25 décembre 1680 (41).
IV- Jean de CAMY sieur du Débat
:
Alors que son père
avait été condamné pour fausse noblesse par Pellot,
intendant de la généralité de Montauban, le 17 octobre
1667, Jean de Camy obtient en sa faveur un arrêt du Conseil
d'État du 29 avril 1680 dont voici un extrait :
"vu ... certificat du sieur de Pierrepont ci-devant
lieutenant des gardes du corps du roi du 15 juillet 1667,
autre certificat du sieur duc de Noailles du 21 mars 1680 ...
autre certificat du sieur de Saint-Vian exempt des gardes
du corps du roi du 2 avril 1680 ... lesquelles
pièces font foi que le suppliant a servi sans
discontinuation depuis l'an 1667, tant en qualité de garde
du corps du roi dans la compagnie commandée par le duc de
Noailles, en Flandres, Allemagne et ailleurs, même qu'il a
été blessé à Senez et à Cocherberg ... le roi
étant en son conseil ayant égars aux dits services et
titres sans s'arrêter ait jugement du sieur Pelle ... que
sa majesté a cassé et annulé, maintenu et maintient ledit
Jean de Camy seigneur du Débat en ladite qualité de noble
d'extraction et d'écuyer... rendu le 29 avril 1686 à
Saint-Germain-en-Laye. Signé Le Tellier (42)".
En fait, l'Intendant
avait raison, mais grace sans doute à des protecteurs
influents, le roi plus conciliant eu égard aux services
militaires de cette famille, était passé outre. Le sieur
du Débat fut présent le 6 février 1670 au Vigan, au
baptême de Pérette de Pommié fille de Jean, médecin, et
d'Héliette de Puniet, celle-ci sa cousine germaine (43).
Il est encore maintenu
dans sa noblesse par Sanson le 23 avril 1697 (44).
BRANCHE
B
II- Pierre de CAMY sieur de la Melve
:
Il est, nous l'avons vu, représenté
par son frère dans une reconnaissance faite en 1608 à
l'abbé d'Obasine.
Marié à dlle Hélène de Malcap, il
habitait dans la paroissse de Saint-Sauveur.
Nous lui connaissons 2 fils :
1- Jean de Camy, sieur de la Melve qui
suit;
2- Jean de Camy, sieur de Parisot,
capitaine au régiment de Vaillac qui participe avec son
frère à la défense
III- Jean de CAMY sieur de la
Melve :
Il est parrain le 22
octobre 1637 au baptême de N. de Puniet fils de Jean sieur
de Saint-Romain et d'Hélix de Camy, sa cousine (45). Le 8
janvier 1642 à Turin, le comte de Plessis Praslin
conseiller du roi en ses conseils, maréchal des camps ...
certifie que le sieur de la Melve a servi le roi durant 3
ans en qualité de capitaine au régiment de Chourigny. Le
20 janvier suivant il lui délivre un passeport pour se
rendre en France afin de régler ses affaires personnelles.
Il s'agit vraisemblablement de son mariage car le 20 juin
1642, au château de Rignac en Quercy, fut passé contrat de
mariage entre noble Jean de Camy, sieur de la Melve,
capitaine d'une compagnie du régiment de Chourigny en
Piémont et lieutenant d'une compagnie de cavalerie en
Piémont commandée par le sieur de Chourigny, fils de feu
noble Pierre de Camy, sieur de la Melve, et de demoiselle
Hélix de Malcap d'une part, et dlle Hélène Duboys, fille
de feu noble Anne Duboys, seigneur de Rinhac et de dlle
Claire de La Méchaussée. Dot, 3 000 Livres léguées par
le sieur de Rinhac, plus 500 Livres du chef de la mère et
500 Livres de noble Pierre DUBOYS seigneur de Rinhac, son
frère. Présents : P. Malaurie, avocat et juge du lieu, et
P. Martin, procureur d'office de Souillac. Ont signé : J.
de Cardalhac - Saint-Maurin - Pécharman - La Rue -
Saint-Martin - J. de Beaumont - Laplaignes - Aymar de
Lestang - de Passugues (?) - Parisot - de Corail. Jacques
Thomas, notaire de Creysse (46).
Aymar de Lestang et
Parisot sont à coup sûr des Camy d'Aymare.
Le 14 janvier 1653,
les consuls de Souillac firent un certificat en faveur de
Jean de Camy et de son frère Parisot :
"Nous consuls et
habitons de !a ville de Soilhac certiffions que noble Jean de Carry
sieur de Parisot capitaine dans le régiment de M. le compte de
Valhac est venu dans la présente ville avec le sieur de la Melve
son frère que nous avions prias pour la gouverner avec nous sur
l'advis que nous avions heu que les ennemys de l Estat s'en
vouloient saisir comme très importante au subiect du passaige des
troupes de sa Majesté et par l'ayde vapeur et conduite desdits
sieurs de la Melve et Parisot noms avons conservé lad ville au Roy
quoyque les ennemys de l'estai nous eussent attacqués de tous
costés, donc ayant advise M. de Sauveboeuf il nous auroitavait
envoyé du secours de l'Armée cent mousquetaires commmandés par le
sr Giscarot quy estant arrivés nu bord de la rivière de Dordogne
nous fist advertir qu'il né pouvait passer par [ce] que les ennemys
l'en empeschoient et ledit sieur de Parisot quoyque blessé s'en
alla avec un nombre d'habitants armés à un quart de lieue sur le
bord de la rivière pour faciliter le passaige dudit sieur Giscarot
et de .ses mousquetaires et estans jointz ensemble firent desloger
un corps de garde de Cavallerie des ennemys qui gardaient le port du
costé de la présente ville et nous auraient les Sr de la Melve et
Parisot continue leurs assistances jusques à ce que le .siège à
esté levé et que Monsieur le Duc de Candalle y a heu estably une
garnison et se voulant led sieur de Parisot retirer nous l'avons
remercié de ses assistances et lu), avons farci le présant
certificat signé de noies et des habitans dud Soilhac le
quartorzième jour du mois de janvier mil six cens cinquante trois.
Anthoni consul - Lavaur - de Guignet - I erninac -:1(artrn - Lavaure
F Giguet, etc ... (47).
Noble Jean de Camy
sieur d'Aymare, marié à Marie Anne de Peyronnenc de
Saint-Chamarand est conseiller du roi et maire du Vigan, en
1694. Cette famille se maintient encore un peu plus d'un
siècle. Plus d'officiers, ils mèneront au Vigan
l'existence de modestes gentilhommes campagnards.
Certes, il serait
souhaitable que la filiation dont nous avons souligné les
lacunes soit reprise par un généalogiste et continuée
jusqu'à la Révolution. Telle quelle, notre documentation
nous permet cependant de situer la famille débuts assurément
modestes à Gourdon avant 1313, surtout des marchands
probablement. Au 16ème siècle une tentative vers la
Chicane (avocat, praticien); mais il nous faut être
prudent. Nous ne connaissons alors que certains membres de
cette famille. Nous avons passé sous silence les Camy,
bourgeois de Payrac auxquels Foissac (48) donnait une
origine commune.
Famille
incontestablement militaire tout au long du 171"'e
siècle. Ainsi, dans le seul Rôle de la compagnie de chevau
légers de Jean Carles de Genouillac (49), non daté mais
probablement antérieur à 1650, nous avons relevé Jean Desmares l'aîné
: il signe Daymares; Pierre Desmares le jeune; P. Daymares;
Michel de la Melve l'aîné; La Melve; Pierre de la Melve le
jeune; P. de la Melve.
Ou encore ce
certificat : il concerne un Camy que nous n'avons pu situer
et probablement un débutant dans la carrière des armes :
Le 6 mars 1668, à Gravelines, certificat par le sieur de
Fouillouze Havecourt, capitaine au régiment des Gardes du
Roi, gouverneur de Gravelines. Il déclare que le sieur de
la Melve est brigadier dans la compagnie du marquis de
Saillant au régiment de Saint-Loup (50).
Au fond, le roi
pouvait bien se montrer plus indulgent que l'Intendant. Leur
noblesse était sans doute un peu boiteuse. Il manquait sans
doute quelques quartiers aux Camy d'Ayrnare mais le prince
trouvait en ces modestes gentilshommes les cadres
subalternes de ses armées. Ils servaient pour l'honneur,
s'endettant un peu plus chaque jour par le service. C'est
pour eux que fut créée la Croix de Saint-Louis et encore
avec quelle parcimonie fut-elle attribuée !
Rédigé en juin
1959. Revu et complété en février 1996
Nota: D'où vient le
surnom d'Aymare que ne portent pas les premiers Camy ? nous
l'ignorons.
LISTE DES
PATRONYMES ALLIES par ordre d'apparition dans le texte :
PATRAS, JAUBERT, RASSIOLS, AYMERIQUE, POMMIE, PUNIET, MALCAP.
NOTES
(1) Canton de Gourdon.
(2) A.D. Lot. 3E X67/1 folio 276.
(3) A.D. Lot 3E 567/3 folio 73 verso.
(4) Archives du château du Vigan, IIème
partie, liasse 28. parchemin numéro 3.
(5) A.D. Lot, fonds de Valon : actes des
seigneur de Vaillac collationnés par J. de Mostolac notaire
au 16ème siècle folio 6 à 13.
(6) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7 :
inventaire de Géraud de Val le notaire de Gourdon faute de
registres anciens, il n'a pas été possible de dédaigner
ses analyses nu 1 18ème siècle dont les dates sont
incertaines. Abelly, nom primitif de la famille de Belly
notaires au 16ème siècle puis magistrats, enfin écuyers.
(7) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7
(8) A.D. Lot, fonds Gransault-Lacoste,
Durfort-Boissières, liasse 1, parchemin.
(9) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7.
(10) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7.
(11) A.D. Lot, fonds Gary
numéro 7.
(12) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7.
(13) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7.
(14) A.C. Gourdon, FF 18, fol. 7 vo et
CC 52 p. -496.
(15) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7,
CC 8. fol. 213 (manquent quelques lignes).
(16) A.D. Lot, fonds Gary numéro 7.
GG 3.
(17) A.C. Gourdon, FF 18, fol. 7 vo et
CC 52 p. -496. numéro 8 folio 20.
(18) A.C. Gourdon, FF 18, fol. 7 vo et
CC 52 p. -196. numéro 9 folio 140. Les Longuet eurent
surtout des droits seigneuriaux à Labastidette (Frayssinet).
(19)
Archives du château du Vigan, IIème partie
(20) A.D. Lot, F 89. Leur fils Jean se
mariera en 1607.
(21) Fonds Gary, numéro 8 folio
100.
(22) A.D. Lot, fonds de Valon.
(23) A.D. Lot, fonds de Valon
(24) Études de Me Manières-Mézon au
Vigan (abréviation MM), liasse Bornes 1601.
(25) A.D. Lot, F 89.
(26) Chanoine Albe, Les possessions de
l'abbaye d'Obasine dans le diocèse de Cahors, et Les
familles du Quercy p. 161. Le chanoine est bien
imprudent en faisant de Gaubert de Camy, bienfaiteur de
l'abbaye d'Obazine en 1268, un ancêtre possible des
Camy d'Aymare. Ce Gaubert appartenait sans doute à la
petite aristocratie rurale et petit-être à la famille de
Felenor. Notons au passage une contradiction, les Camy sont
en même temps pour Bonnecoste tenanciers de l'Abbaye d'Obasine
et seigneurs du lieu. Des seigneurs qui payent une rente !
Ces exceptions ne sont pas tellement rares, on en rencontre
beaucoup plus tôt mais elles détruisent ou tout du moins
assouplissent les schémas de nos manuels.
(27) MM, liasse Bornes 1620.
(28) A.D. Lot, F 89.
(29) Registre paroissial du Vigan.
(30) Registre paroissial du Vigan.
(31) A.D. Lot, F
89.
(32) A.D. Lot, fonds de Valon : notes
d'Arthur de Valon.
(33) A.D. Lot, fonds de Valon. F 89.
(34) Me Bornes notaire de Saint-Projet
(à sa data).
(35) Me Bornes notaire de Saint-Projet
(à sa date).
(36) Me Bornes notaire de
Saint-Prcsjct (à sa date).
(37) Me Bornes notaire de Saint-Projet
(à sa date).
(38) Notice sur l'Abbaye Nouvelle dans
le Dictionnaire d'Histoire et de géographie
ecclésiastiques..., tome 1.
(39) Registre paroissial du Vigan.
(40) NDLR : fonds Foissac, 34 J aux
A.D.L., généalogies non classées (voir bulletin numéro
4-juin 92)
(41) Registre paroissial du Vigan.
(42) A.D. Lot, F 89.
(43) Registre paroissial du Vigan.
(44) Registre paroissial du Vigan.
(45) Registre paroissial du Vigan.
(46) Archives du château du Vigan,
Ilème partie.
(47) Archives du château du Vigan, Ilème
partie.
(48) NDLR : fonds Foissac. 34 J aux A.D.L., généalogies
non classées (voir bulletin numéro 4-juin 92)
(49) Bulletin S.E.L. 1903 p. 34 :
Galabert, Rôle d'une compagnie de chevau légers.
(50) Archives du Vigan II.
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