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Des cheminées, remplies de brèches, perforent les série jurassiques. C'est
au nord de Cahors que ces phénomènes sont les plus nombreux et
représentent une des curiosités géologiques de premier plan en Quercy.
La dissolution profonde a provoqué des effondrements qui se sont
répercutés jusqu'à la surface du sol en piégent à l'intérieur de cheminées
des éboulis provenant des couches supérieures.
Les paléokarsts de ce type, sont datés de l'Éocène inférieur dams le
Quercy méridional. Ils sont caractérisés par des remplissages sableux,
argilo-sableux, bréchiques (éboulis karstiques) ayant subi des contraintes
tectoniques. Fréquemment, des é1émcnts lithologiques fossilifères
permettent de reconstituer une partie des terrains érodés au droit de la
cavité au moment de son colmatage.
Ces cavités démontrent l'existence au Paléocène et au début de l'Éocène de
phénomènes de dissolutions considérables sous les terrains m
arno-calcaires kimméridgiens peu karstifiables, vraisemblablement dans les
brèches jurassiques (Oxfordien à Kimméridgien basal).
Les nombreux remplissages montrent que ce paléokarst envahi de sables et
de brèches a dû se former et évoluer sous couverture (altérites issues du
Crétacé marin). Les formes de dissolution-érosion (méandres de voûte,
anastomoses, etc.) conservées dans quelques cavités, indiquent un
fonctionnement en régime noyé. Les tronçons de puits et de conduits ont
appartenu à la partie profonde (200 à 500 m sous la paléosurface) de
systèmes karstiques ; ceci explique peut-être l'absence quasi générale de
faune dans ces remplissages, exception faite des éboulis de Viélase (abord
de la faille de Villefranche-de-Rouergue) d'âge éocène inférieur.
Les Tuileries de
Maxou
L'affleurement des Tuileries est situé 12 km au nord de Cahors, sur la
commune de Maxou. Cet affleurement nous a permis d'observer un ensemble de
terrains éboulés, portlandiens et crétacés, à l'intérieur d'une structure
piège, aux limites floues, qui s'enfonce dans les calcaires et les marnes
d'âge Kimméridgien supérieur.

Coupe schématique de l'affleurement des Tuileries
En longeant la
route montant de Brouelles à Pélacoy, l'examen détaillé des terrains nous
a permis d'identifier :
-
des alternances
de calcaires et de marnes du kimméridgiennes, sub-horizontales,
constituant l'encaissant,
-
un panneau
abaissé de brèches monogéniques à éléments kimméridgiens, limité par 2
failles (N90°E ?) distantes de 5m,
-
un ensemble
calcaire en petits bancs, portlandien, incliné de 5° en direction du Nord,
long de 26 m,
-
des brèches
polygéniques (largeur 4m), à éléments anguleux portlandiens et crétacés,
affectées de stries et de failles.
-
un gros bloc de
calcaire bioclastique (largeur -1 m), à préalvéolines, cénomanien,
-
des brèches
polygéniques (largeur 30 m) à éléments de calcaires crétacés et
portlandiens,
-
un bloc (
largeur 5 m) plus ou moins écrasé de calcaire crayeux turonien,
-
enfin des
calcaires bréchiques portlandiens (visibles sur une soixantaine de long de
la route).
Tous les
terrains représentés dans cet affleurement sont des témoins précieux de la
série mésozoïque initiale, particulièrement le Crétacé supérieur qui
n'était connu jusqu'à présent que 20 Km plus à l'ouest.
On notera que les plateaux environnants sont recouverts d'argiles à
graviers oligocènes, reposant directement sur le Kimméridgien supérieur;
on peut en déduire une ablation locale par érosion des sédiments :
-
du sommet du
Kimméridgien,
-
du Portlandien,
-
et de la base
du Crétacé supérieur,
soit une série
d'épaisseur supérieure à 100m, au cours d'une période située entre le
Crétacé supérieur et l'Oligocène.

Cheminée karstique à Montcoutié
La cuvette de
Lauzerte à Soulomès
La cuvette de Lauzerte (800 m au SSW de Soulomès) est une morphologie
héritée typique. L'enfouissement progressif du ruisseau de Nougayrol au
cours du Quaternaire est responsable du déblaiement partiel, en amont
d'une " cluse ", d'une vaste cheminée d'origine paléokarstique.
Le fond de cette cuvette montre un remplissage argilo-sableux couvert sur
ses épontes de colluvions principalement cryoclastiques (grèzes). Au pied
du flanc nord, quelques blocs de calcaires crayeux crétacés (faunes
turoniennes : lamellibranches, hexacoralliaires, etc.) ont été préservés
et montrent leur passage progressif aux altérites argilo-sableuses.
Ainsi, la présence de Turonien dans le remplissage atteste la présence
d'une série jurassico-crétacée (dominant de 100 m au minimum le plateau
environnant) à la verticale de la cheminée de Lauzerte, au moment de son
colmatage.

Coupe géologique de la cuvette de Lauzerte

Panorama de la cuvette de Lauzerte
© Jean,
Guy Astruc
et Quercy Net, 2003
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