Le site naturel du Cloup
d'Aural
Aux confins du Lot, de l'Aveyron et
du Tarn et Garonne, le causse de Limogne déploie ses ondulations,
constellées de phénomènes karstiques, signature indélébile de l'eau
sur la roche calcaire. Parmi eux, se trouvent les "trous à
phosphate", exploitations minières de la fin du XIXe siècle, qui ont
suscité une véritable frénésie étendue à l'échelle européenne.
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Phosphatière
du Cloup d'Aural (Bach)
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Galerie
préservée de l'érosion
(Cloup d'Aural, Bach)
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La vie rurale en a été bouleversée mais
curieusement, après une crise ponctuant le terme de cet accès de fièvre, la mémoire
collective locale a vu s'enfouir sélectivement les réminiscences de cet "âge
d'or". A tel point qu'aujourd'hui, grâce aux paléontologues qui y ont découvert un
patrimoine unique correspondant à trente-deux millions d'années d'évolution des animaux enretistrée en continu, les événements de l'ère tertiaire sont mieux documentés que
ceux de la fin du siècle dernier !
Une longue histoire.
Tout commence durant l'ère secondaire,
au cours du jurassique moyen, il y a cent soixante millions d'années. A cette époque
là, le Quercy correspond à une vaste zone littorale sur laquelle se déposent des boues
carbonatées. Lentement, ces vases molles se transforment en une roche rigide, le
calcaire, qui constitue l'ossature des causses et leur confère un aspect si
caractéristique.
La
mer se retire une première fois à la fin du Jurassique, il y a cent trente
cinq millions d'années. La région est alors soumise à la tectonique et à
l'érosion. Il en résulte un glacis sur lequel, durant le Crétacé
supérieur (à partir de moins cent millions d'années) s'étale à nouveau
une mer littorale au fond de laquelle sédimentent des calcaires gréseux.
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A
la charnière entre les ères secondaires et tertiaires (soixante deux
millions d'années), alors que s'éteignent les derniers dinosaures, la mer
se retire de façon définitive. Une baisse du niveau général des océans,
associée à un soulèvement régional, crée une dénivellation propice à
la circulation des eaux d'infiltration à travers les fissures des
calcaires.
Dans tout le Quercy s'édifie ainsi, à l'aube de l'ère tertiaire,
un ensemble de vastes galeries
qui se développent à plusieurs
centaines de mètres sous la surface topographique de l'époque. |
Dents
de dragon |
Dans le même temps, l'érosion attaque les calcaires gréseux crétacés
: les carbonates sont mis en solution et exportés par les eaux
agressives, les résidus insolubles s'accumulent.
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Les sables fins, facilement mobilisés
par l'eau, vont s'insinuer à travers les fissures et aller colmater les grottes
sous-jacentes. Les minéraux argileux, plus difficiles à mettre en suspension, demeurent
à la surface. Il se forme un épais complexe d'altération au sein duquel, en raison d'un
climat de type tropical, vont apparaître des phénomènes de latéritisation entraînant
des concentrations de minéraux peu solubles sous forme notamment de pisolites d'oxydes de
fer et de nodules phosphatés.
L'abaissement de la surface topographique finit par décapiter
l'ancienne cavité. Lorsque les conditions sont favorables, le
sable est entraîné plus en profondeur dans la masse rocheuse et
la cavité devient béante.
Sous
l'effet de la gravité, elle sera rapidement comblée par les argiles
phosphatées et tous les restes des organismes vivant à proximité qui
constituent une seconde source de phosphate. |
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Ce phénomène de vidange suivie d'un remplissage rapide se produit de
façon ponctuelle et non synchrone. C'est ainsi que chaque phosphatière
offre un remplissage représentant un faible intervalle de temps alors
que deux phosphatières voisines peuvent renfermer des sédiments
séparés de plusieurs millions d'années. Tout dépend du moment du
départ du sable : le remplissage le plus ancien remonte à cinquante
millions d'années, le plus récent n'a que dix huit millions d'années
et tous les intermédiaires existent entre ces deux extrêmes.
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Les Phosphatières du Cloup d'Aural
sont
ouvertes de Pâques à la Toussaint
:
Les mercredi, samedi, dimanche et fêtes, visites
à 14h30, 16h30 (et 18h en juin).
Le site du
Cloup d'Aural se situe à 1,5 km de
Bach, par la D19, en direction de Varaire
et de
Limogne en Quercy
Juillet, août :
tous les jours 10h30/12h30
et
14h30/19h00.
Visite : visite guidée d'1h15 en plein air
prévoir un pull
(température moyenne de 15° dans le gouffre).
Accès libre après visite guidée :
Sentier du temps - pour mieux comprendre les
durées géologiques -
Sentier botanique
Bac de fouille pour les enfants -
Chantier de fouille en cours
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Il y a plus d'un siècle
sur le causse de Limogne |
1865
Découverte du premier gisement de phosphorite
par Jean André Poumarède.
1865/1870 Prospection, inventaire des principaux gisements,
achat des parcelles ou des droits par des locaux.
1870/1886 Exploitation intense, essentiellement par des
compagnies anglaises : 161 carrières et plus de 2000 ouvriers recensés, 30 000 tonnes de
minerai extrait chaque année, représentant une valeur marchande de
1 000 000 de francs or de l'époque.
1887 Crise liée à l'augmentation des coûts
d'exploitation, à la découverte de nouveaux gisements et à une crise agricole
affaiblissant la demande d'engrais 112 exploitations sont fermées, 90% des ouvriers sont
mis au chômage.
1888/1920 Exploitation sporadique et saisonnière avec
retraitement des déblais pour récupérer le minerai titrant aux environs de 40%
délaissé par les premiers exploitants, tentatives de reconversion dans la chaux et le
ciment.
1932/1938 Inventaire et étude des cavités par Bernard
Gèze.
1942 Tentative avortée de reprise liée au blocus
stoppant l'arrivée des phosphates nord-africains et à la volonté de jeunes locaux
d'échapper au S.T.O. (Service du Travail Obligatoire).
Depuis 1965 Inventaire et études paléontologiques. |
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Puits
de descente du Mas de
Pauffié (Oligocène supérieur,
moins vingt sept
millions d'années).

Un noyer curieux
parti à la rencontre
du soleil (Cloup d'Aural, Bach)
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Les «phosphatières du Quercy» ne sont pas des
grottes ordinaires.
Comblées par des argiles riches en phosphate, elles ont
tout d'abord contribuées à la fossilisation des faunes
du passé, depuis 40 millions d'années, pour ensuite
tenir lieu d'habitat, de la préhistoire jusqu'à une
époque relativement récente, avant d'être exploitées
industriellement au XIXe siècle pour l'extraction des
phosphates. L'installation d'un musée sur le site du
Cloup d'Aural permettra de retracer leur fabuleuse
histoire et, ainsi, d'éviter qu'elles soient encore
utilisées comme décharges municipales. |
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