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L'eau souterraine
Historique des recherches
Les précurseurs de l'hydrogéologie quercynoise sont : E.A. Martel 1894 et
1930, R.Clozier 1927 et 1940, Sermet 1929, H. Roques 1956, A.Cavaillé 1961
et 1974, Ph. Renault 1967, etc.. Le premier travail à vocation
hydrogéologique correspond à celui de B. Gèze en 1937.
Faisant suite à cette longue série de travaux concernant essentiellement
la morphologie karstique et l'inventaire des cavités, une analyse plus
poussée mais ne concernant que la bordure nord du causse de Limogne sera
publiée par A.Tarisse en 1974. Cette thèse sera suivie de près par
l'inventaire hydrogéologique du Quercy réalisé par J.G.Astruc et J.C.Soulé
en 1976 et 1977.
On doit à A. Mangin d'avoir orienté plusieurs sujets de thèse sur le
fonctionnement des aquifères du causse de Martel. Les études d'impact des
travaux autoroutiers ont permis de mieux dessiner les limites du bassin
versant des sources du Blagour, de l'Ouysse et de la fontaine des
Chartreux.
Description des réservoirs aquifères
La figure 13 synthétise l'hydrogéologie du Quercy limitée à l'essentiel
c'est à dire aux aquifères jurassiques. On y distingue trois groupes de
formations aquifères toutes de type karstique dont le groupe principal est
centré sur le Jurassique supérieur (Dogger et Malm).

Coupe géologique selon un axe approximatif Lauzerte -
Lacapelle-Marival. Les réservoirs jurassiques sont séparés par les argiles
et marnes liasiques.
Un quatrième groupe hors figure concerne les aquifères du Crétacé qui
bordent le Quercy proprement dit au nord-ouest. De haut en bas on
distingue donc :
Aquifère de l'Oligocène supérieur. La base des calcaires lacustres de
l'Oligocène supérieur forme un réservoir karstique perché sur les marnes
stampiennes. Des lentilles sableuses ou gréseuses sous-jacentes au
calcaires karstifiées forment un réservoir à porosité d'interstices. La
plupart des sources ont un débit d'étiage inférieur à 1 l/s ; elles ne
représentent qu'une faible ressource aquifère, utilisée seulement pour
l'alimentation individuelle de petites exploitations agricoles ou de
résidences secondaires. Le réseau karstique de Pouzergue, au sud de Cahors
se développe dans les calcaires oligocènes.
L'aquifères du Crétacé. Affleurant seulement sur la marge nord?ouest du
Quercy, les terrains crétacés forment des aquifères limités au mur par les
terrains argileux du Kimméridgien. La variété des faciès crétacés
différencie cet aquifère de ceux sous-jacents. Ainsi on observe la
présence de niveaux détritiques, intercalés dans les calcaires, et
responsables de la proximité de réservoirs à porosité d'interstices et de
réservoirs karstiques. On peut individualiser les réservoirs présentés
dans le tableau ci-dessous.
Aquifère du Tithonien. Cet aquifère karstique localisé sur la marge
occidentale du causse de Gramat où il forme plusieurs petits causses
satellites : causses de Crayssac, de Mongesty, et de Florimont-Gaumier.
Ce réservoir est limité au mur par les marnes kimméridgiennes et au toit
par les calcaires crayeux, moins perméables du Crétacé supérieur. La
morphologie de ce réservoir est complexe, souvent noyé dans la vallée du
Vert et de la Masse (sources de Saint-Médard-Catus ou des Arques), il peut
être perché en se rapprochant de l'anticlinal de Campagnac-les-Quercy.
La source de Bouzic (Dordogne) draine un système karstique qui développe
plus de 10 km de galeries. Les sources de cet aquifère ont un débit
d'étiage généralement < 20 l /s.
Aquifère principal du Jurassique. Le Jurassique moyen et supérieur
renferme un aquifère karstique multicouche. Des drainances intercouches
peuvent cependant se produire localement à la faveur de la fracturation ou
de la réduction d'épaisseur des faciès argilo-marneux intercales, comme
c'est le cas dans le causse de Martel.
A partir d'une zone d'alimentation localisée à l'est du méridien de
Cahors, l'aquifère principal du Jurassique qui devient captif est exploité
par forages dans l'Agenais.
L'examen des hydrogrammes indique une évolution différenciée du régime des
grosses émergences des causses de Martel, Gramat et Limogne et celles
localisées dans la vallée du Lot en aval de Cahors (Les Chartreux, Source
Bleue de Soturac-Touzac) qui sont alimentées partiellement par le Lot et
semi-captives sous le toit des marnes du Kimméridgien supérieur.
Les trois plus remarquables d'entre elles sont : les sources de l'Ouysse
(causse de Gramat), la fontaine des Chartreux (Cahors) et la Source Bleue
(Soturac-Touzac) qui ont chacune un débit d'étiage supérieur à 1
m3/seconde.
Aquifère du Lias inférieur. Au-dessus des formations détritiques ou
argileuses de la base (Hettangien basal ou Trias supérieur?) qui
constituent un mur imperméable, les dépôts carbonatés de l'Hettangien, du
Sinémurien et du Lotharingien constituent un réservoir aquifère à porosité
de fissures et de chenaux karstiques.
Cet aquifère affleure largement à l'Est des causses, limité au Nord par le
bassin permien de Brive-la-Gaillarde et au Sud par l'anticlinal de la
Grésigne. Les sources de Bonnefont et de l'Alzou sont les exutoires de
systèmes karstiques établis dans les dolomies et les calcaires de l'Hettangien
et du Sinémurien, elles drainent un bassin d'alimentation qui se localise
à l'E-SE de Padirac.
En direction de l'Ouest, cet aquifère s'enfonce assez rapidement, sous le
Lias moyen et supérieur argilo-marneux, pour constituer un aquifère
captif.
Les sources minérales, anciennement exploitées de St-Michel-de-Bannieres,
Miers-Alvignac et de Saint-Antonin-Noble-Val, aux eaux sulfatées-sodiques
et magnésiennes sont issues de cet aquifère. Ces eaux se minéralisent au
contact des évaporites de l'Hettangien et remontent vers la surface par
des failles.
Il existe également, au sein des formations marneuses du Lias supérieur,
un aquifère karstique dans le Pliensbachien supérieur (barre à Pecten)
calcaire, vidangé par des sources d'un débit d'étiage généralement
<1litre/seconde.
Exploitation et utilisation
Historiquement, le plus ancien mode d'exploitation est le captage des
sources karstiques à leur émergence, d'une part pour l'alimentation en eau
potable (Ville de Cahors et de Brive), d'autre part pour la force motrice,
avec des moulins à eau (certains datant de plusieurs siècles) fonctionnant
par éclusées à toutes les émergences, aujourd'hui abandonnés, mais dont
certains ont été utilisés jusqu'à une date très récente.
Ces dernières années, un certain nombre de forages pour l'alimentation en
eau potable ont été exécutés, permettant d'obtenir un débit plus constant
dans l'année, en s'affranchissant des problèmes de turbidité.
Les volumes prélevés par l'ensemble des captages d'eau potable (sources et
forages) sont voisins de 2 millions de m3/an, soit un taux d'exploitation
de 1%. Cependant l'importance des réserves et les débits d'étiage soutenus
font de ces captages des ouvrages de première importance dans un secteur
où les eaux de surface font défaut, et où les besoins en eau en été sont
accrus par une forte fréquentation touristique.
Impact des activités humaines
L'impact le plus marqué est lié à la transformation récente de
l'agriculture locale, qui a vu l'installation d'unités de plusieurs
centaines d'animaux (volailles, porcs et bovins).
La principale pollution diffuse est constituée par les nitrates, dont les
teneurs moyennes sont voisines de 10 mg/l mais peuvent atteindre voire
dépasser, lors des premières crues d'automne, 50 mg/l. La qualité
bactériologique est problématique en hautes eaux, assez bonne en basses
eaux (lambeaux altéritiques filtrants, et eaux à temps de séjour long). On
peut relier cette pollution aux nombreux élevages situés sur le plateau.
Les plans d'épandage de ces élevages sont en cours de réexamen.
Un grand aménagement a été réalisé récemment, celui de l'autoroute A20 qui
traverse le Causse du nord au sud. Des études hydrogéologiques
approfondies ont été menées. Elles ont permis de définir 3 classes de
sensibilité par croisements de critères intrinsèques au fonctionnement de
l'aquifère et aux enjeux d'usages en aval.
Les équipements réalisés tiennent compte des résultats de ces études et
dans les zones les plus sensibles les risques de pollutions accidentelles
devraient être considérablement réduits par la mise en place de bassins de
rétention capables de retenir une pollution pendant une pluie centennale.
Dans ces zones sensibles ce dispositif a été doublé par des bermes
permettant de maintenir les véhicules accidentés sur la chaussée. La
pollution chronique est traitée le plus en amont possible, le long de la
chaussée par des fossés enherbés.
Les ressources minérales
Globalement, les ressources minérales sont réparties sur l'ensemble du
Quercy. De nombreuses substances minérales ont été anciennement
exploitées, mais seuls les phosphates de chaux du causse de Limogne, le
gisement de plomb-zinc de Figeac et le fer de "Bouriane" ont fait l'objet
d'une importante exploitation minière à la fin du XIXème et au XXème
siècle.
Actuellement les principales substances minérales exploitées sont
localisées essentiellement dans les terrains sédimentaires. L'inventaire
ci-dessous présente les principales ressources actuellement en cours
d'exploitation.
Les roches dures exploitées en carrière, utilisées essentiellement après
concassage comme granulats pour la fabrication du béton et la viabilité
des voix de communication. Les plus exploitées sont les calcaires
jurassiques et dans une moindre mesure, les calcaires plus tendres
crétacés et tertiaires. Aux alentours de Figeac une carrière exploite des
roches métamorphiques primaires.
Les calcaires en dalles du Tithonien sont activement exploités, le
gisement le plus connu, est celui de Crayssac qui fourni la pierre de
Cahors ou du Lot utilisée principalement pour le dallage. Entre les
niveaux exploités pour le dallage, les parties les plus massives du
gisement sont utilisées comme pierre à bâtir et pour la fabrication de
cheminées.
Les galets et graviers de quartz oligocènes sont exploités aux environs de Saint-Denis-Catus et Lavercantière, soit comme sable pour le béton et la
viabilité, en substitution partielle de celui des vallées du Lot et de la
Dordogne, soit en exploitant spécifiquement les galets de quartz purs à
destination de l'industrie des ferro-alliages.
Les castines (grèzes) qui forment des accumulations importantes aux pieds
des versants, abondent dans toutes les vallées dans la périphérie des
causses. Ces cailloutis sont activement exploités sur toutes les
formations calcaires. Ils ne constituent qu'un matériau médiocre réservé à
l'empierrement des chemins.
Les argiles kaoliniques, utilisées pour la céramique, occupées des
remplissages karstiques en plusieurs points de l'ouest du département,
actuellement ces gisements semble épuisé, et ne donne lieu qu'à quelques
grattages éphémères.
Trois sources minérales sont exploitées : les eaux sulfatées sodiques d'Alvignac-Miers
et de Saint-Antonin-Noble-Val et les eaux bicarbonatés calciques de Saint
Martin le Redon.
© Jean,
Guy Astruc
et Quercy Net, 2003
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La fontaine des Chartreux jaillit sur les berges du Lot à
Cahors. La falaise qui domine la source appartient au
Kimméridgien basal.

La source de Font Caoude (la fontaine chaude) appartient au
système karstique de la source Bleu de Soturac-Touzac.

Quelques sources karstiques du Jurassique quercynois
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Fontaine de Bonnefont,
une des principales sources
de l'Alzou

La fontaine de Drèle à Thégra draine un petit karst développé
dans la "Barre à Pecten"

Les principales sources karstiques du Quercy
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Carrière de calcaire dur jurassique dans la vallée de Lemboulas
à proximité de Montpezat-de-Quercy.

Exploitation de galets de quartz à Saint-Denis-Catus

Ancienne exploitation
d'argiles
kaoliniques de
Pomarède.

Buvette de la station thermale d'Alvignac dans les années 60

Les ressources minérales
du Quercy
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