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Marie-Olympe de Gouges ?
Le visage de la célèbre héroïne quercinoise est restée longtemps une énigme,
jusqu'à la publication - en couverture de sa meilleure biographie par
Olivier Blanc - du pastel de Koucharski.
L'identification autant que
l'attribution du portrait reproduit ci-après sont incertaines : un
spécialiste du dessin du XVIIIe et du XIXe siècle, Damien Dumarquez, l'a
acheté dans le Quercy, à Montauban chez un commerçant. En le décadrant, il a
relevé la mention « Olympe de
Gou ...» au verso. Cette « signature littéraire »
ne date pas de la période montalbanaise de l'auteur de la Déclaration des
droits de la femme puisque elle quitte très jeune le Quercy, veuve, avec
son fils Pierre.
Le nœud dans les cheveux fait penser à la période
précédant la Terreur et l'exécution de Marie-Olympe de Gouges par les
Jacobins en novembre 1793. Elle est alors plus âgée que la jeune femme du
portrait, mais peut - comme nous avons la vaine faiblesse d'encadrer nos
photographies d'enfance - avoir eu la coquetterie de demander au dessinateur
de lui restituer sa jeunesse pour en offrir un témoignage à son fils ou à sa
mère ou à un ami. Le papier est d'époque, comme la mine de plomb du
portrait. La bouche est celle de Jean-Jacques LeFranc, le père de
Marie-Olympe, telle qu'on l'observe sur le tableau conservé à l'Hôtel d'Assezat.
Dans les cils noirs et les sourcils, on retrouve la petite Occitane décrite
à l'époque. De nombreux indices donc, mais plus de questions que de
certitudes. Les adhérents de la Société peuvent-ils offrir des pistes sur la
jolie jeune femme représentée ? L'origine de ce dessin ? Son auteur ? Ses
propriétaires successifs - dont le dernier à Montauban ?
L'actuel détenteur espère - bien sûr - avoir retrouvé ce qui aurait été un
cadeau de Marie-Olympe de Gouges au Chevalier de Saint-George - lorsqu'ils
se baignèrent nus dans le Lot, au pied du Château de Parnac, face au Château
de Caïx (où Jean-Jacques LeFranc ne laissa pas entrer sa fille). Puis que
Jean-Bernard Marie Lafon, dit Mary-Lafon, le retrouva à Paris quarante ans
après dans les papiers de l'actrice Louise Fusil, amie du Chevalier, et
l'offrit à Pierre Capelle pour le remercier de l'envoi d'un exemplaire de La
Clé du Caveau.
Mais avec cette liberté de l'imagination on chante, dans le
monde de la bande dessinée et de l'opérette, pas dans celui de l'Histoire —
car rien ne permet d'attester d'une telle baignade, ni de tels amours dans
la vieille demeure des Pouzargues en bordure du Lot dans le cingle de Parnac.
Mais comme les historiens (jusqu'à Olivier Blanc, tout d'abord en 1980, puis
en 2004) furent si longtemps réticents à évoquer celle qui est la véritable
Marianne de la République - et qu'elle attend encore son entrée au Panthéon
- on permettra à ceux qui le souhaitent de rêver quelques instants sur ce
portrait.
© ERV, BP 4, Belaye, 46140 Luzech
pour toute reproduction, accordée gracieusement — sous réserve de préciser
les incertitudes ci-dessus.

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