1802-1840
Sur ce chemin d'épreuves et de fatigues, il va à la rencontre de la
communauté qui lui est confiée...

La maison natale de
Jean Gabriel
Perboyre, à Montgesty (Lot)

L'église de Montgesty (Lot)

La statue de Jean Gabriel
à Montgesty (Lot) |
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Jusquau sacerdoce
Jean Gabriel
Perboyre est né au lieu dit "Le Puech", commune de Montgesty (Lot), le
jour de l'Épiphanie, le 6 janvier 1802.
Il a été baptisé à l'église de Mongesty, le lendemain. Laîné dune famille de huit enfants,
dont les parents (Pierre Perboyre et Marie Rigal) sont agriculteurs, il na dautre ambition que de
rester à la maison paternelle. Dailleurs on compte sur lui, laîné des
garçons, pour assurer, la relève dans lexploitation familiale.
Sa vocation, Jean
Gabriel la doit à un événement fortuit. Au début de 1817 son jeune frère,
Louis, part à Montauban, au collège dirigé par leur oncle Jacques, prêtre
de la Congrégation des Lazaristes. Mais l'enfant a le mal du pays. Pour
faciliter l'acclimatation, l'aîné vient le rejoindre, pour un mois ou
deux.
Admis provisoirement
en 6ème, Jean Gabriel montre vite du goût et de réelles capacités pour les
études. Le prêtre discerne chez son neveu les signes d'une vocation et
persuade les parents de lui permettre de poursuivre sa formation,
L'adolescent n'envisage pas encore le sacerdoce. Cependant, la prière et
la réflexion aidant, il écrira bientôt à son père qu'il a compris que
Dieu voulait qu'il soit prêtre .
C'est à cette époque que naît également
son désir d'être missionnaire en Chine.
Les études
secondaires terminées, Jean-Gabriel demande à entrer chez les Lazaristes
où son frère Louis l'a précédé. Il prononce ses vux
le 20 décembre 1820.
A la fin de l'été
1823 il a achevé sa théologie, mais ne sera ordonné que le 23 septembre
1826. Entre temps ses supérieurs l'envoient au collège de Montdidier.
Trois années durant lesquelles élèves et professeurs seront vivement
frappés par la sagesse et la bonté de ce jeune religieux, tout comme par
sa passion du travail. Ces mêmes qualités le font également apprécier à
Saint-Flour où il se retrouve après son ordination professeur au grand
séminaire, puis directeur du petit- séminaire.
Le Père Perboyre
puise dans la prière force et dynamisme pour accomplir sa tâche. Mais
l'excès de travail n'améliore pas une santé déjà faible. En 1831 il est
appelé à Paris pour assister le directeur du noviciat.
Il garde toujours au coeur le désir ardent
de partir en Chine. Il dira un jour à un séminariste : Priez pour que ma
santé se fortifie et que je puisse aller en Chine afin d'y prêcher
Jésus-Christ et d'y mourir avec lui. II n'était entré chez les
Lazaristes que pour cela, confit-il à un autre.
Missionnaire en Chine
Plus heureux, son frère Louis était parti à
la fin de l'année 1830 ; mais il meurt au court du voyage. Ce décès
atteint profondément Jean-Gabriel et attise son désir. Il écrit à son
oncle Jacques : Que ne suis-je trouvé digne d'aller remplir la place
qu'il laisse vacante ! Hélas j'ai déjà 30 ans ". Ténacité et prière
instante parviendront à vaincre les réticences des supérieurs... et des
médecins. Avec plusieurs compagnons il embarque pour la Chine le 24 mars
1835, au Havre. Cinq mois
de mer non exempts d'émotions fortes conduisent les missionnaires à Macao.
Le père Perboyre y séjourna quatre mois
pour s'initier à la
Chine. Rude besogne pour cet homme de 33 ans que l'apprentissage d'une
langue extrêmement difficile. Cependant il possède bientôt un bagage
suffisant. En décembre, il peut écrire : Je pars bien portant et bien
content. Si vous pouviez me voir un peu maintenant, je vous offrirais un
spectacle intéressant avec mon accoutrement chinois, ma tête rasée, ma
longue tresse et mes moustaches... On dit que je présente pas mal en
Chinois. C'est par-là qu'il faut commencer pour se faire tout à tous
puissions nous ainsi les gagner à Jésus-Christ .
Dans ce pays
interdit à tout européen sous peine de mort, il fallait paraître le
plus chinois possible et inventer toutes sortes de ruses pour circuler. En
jonque d'abord, constamment obligé de se camoufler pour éviter les regards
indiscrets et déjouer les contrôles de police, toujours en éveil dans la
peur des raids de pirates, le père Perboyre aborde au Fokien. Une longue
route attend encore le missionnaire, au péril des fleuves et des rudes
sentiers montagnards, au péril de la fièvre également. Sur ce chemin
d'épreuves et de fatigues, il va à la rencontre de la communauté qui lui
est confiée, dans la région du Houpé.
Il y parvient en
1838. Près de deux-mille chrétiens vivent là, dispersés dans une quinzaine
de villages. Une population pauvre et souvent au seuil de la misère.
L'église de la résidence centrale n'est qu'une masure, mais sa richesse
est le millier de fidèles qui la remplit, même sous la pluie et la neige
, Dans la mesure de ses moyens, Jean-Gabriel vient en aide à tous ceux
qui ont besoin de lui et se donne corps et âme à son travail apostolique.
Rien ne semble devoir venir troubler la vie de la communauté.
Le
martyr
Le 15 septembre
1839, sans que personne n'y prête attention, une escorte se dirige vers la
résidence des missionnaires et a tôt fait de la cerner. Les deux
compagnons du père Perboyre n'ont que le temps de fuir. Lui-même ne pourra
que se réfugier dans la forêt voisine. Il y reste tapi jusqu'au lendemain,
Pour trente taèls un catéchumène le trahit... Jean-Gabriel est fait
prisonnier, enchaîné comme un malfaiteur et traîné devant un mandarin pour
interrogatoire. Il reconnaît être TONG-WEN-SIAO, son nom chinois, prêtre
et missionnaire.
La captivité va se
prolonger pendant près d'une année... Long et douloureux calvaire, de
prison en prison, de tribunal en tribunal. Même sous les pires tortures,
le père reste inébranlable et se refuse à toutes les compromissions. Son
calme et sa sérénité en imposent à ses geôliers et redonnent courage à ses
compagnons.
Le 15 juillet 1840,
il est condamné à mort par strangulation. Dans la paix Jean-Gabriel attend
son exécution. A un catéchiste venu le visiter dans sa prison, il confie
ce message pour les chrétiens de mission : Dis-leur de ne pas craindre
cette persécution. Qu'ils aient confiance en Dieu. Moi je ne les reverrai
plus, eux non plus ne me reverront pas, car certainement je serai
condamné à mort. Mais suis heureux de mourir pour le Christ.
La sentence
confirmée par l'empereur, le condamné est traîné au lieu du
supplice : un gibet y est dressé en forme de croix. Les bras et les
mains liés à la poutre transversale, les pieds repliés assez haut
arrière, le missionnaire paraît agenouillé entre ciel et terre pour
l'ultime offrande de sa vie : Avec une lenteur calculée le bourreau serre
par deux fois la corde autour du cou de sa victime. Une troisième torsion
plus prolongée interrompt la prière du martyr.
C'était le 11
septembre 1840, un vendredi, à l'heure de midi... à Ou-Tchang-Fou "La
florissante préfecture militaire", province de Hou-Pei "Nord du lac". Une croix apparaît dans
le ciel, visible jusqu'à Pékin, confirmeront plusieurs témoins.
Grâce à la complicité d'un catéchiste qui avait soudoyé les gardes, le
corps du supplicié pourra être déposé en terre chrétienne. Plus tard, sa
dépouille est transférée à Paris, à la Maison-mère des Lazaristes.
Jean Gabriel
Perboyre à été béatifié le 10 novembre 1889 et canonisé le 2 juin 1996 par
Jean Paul II.
Jean Gabriel
PERBOYRE est fêté tous les ans à Montgesty en août et septembre
Contact
association_jgp_perboyre@hotmail.com |