1891-1962
Essai bibliographique
réalisé par Madame Foulon en janvier
1996
Une
voix de femme dans la mêlée -
Préface de Romain Rolland. Paris, Éd.
Paul Ollendorf, 1916 (20 cm, cartonné)
L'amour
roi -
Paris, Société mutuelle d'édition
(25, rue de Lille), 1925 (179 p., 19 cm)
Des
hommes passèrent -
Paris, Éd. du Tambourin (142, rue Montmartre),
1930 (Roman, 339 p., 19 cm)
De
l'amour du clocher à l'amour du monde -
Conférence au groupe républicain lotois
à Paris
Paris, Éd. Brutus (13, rue de la Cité
Administrative), 1932 (20 p., 18 cm)
Men
pass (Des hommes passèrent) - Traduit en américain par Victor Yakhoutoff
New-York, Lineright Inc. Publishers, 1932. (273 p.,
cartonné)
Du
côté du soleil -
Alger, Éd. Braconnier Frères, 1935 (176
p., 19 cm)
Avec
les travailleurs de France -
Paris, édité par l'auteur (3, passage de
l'Union, Paris-VII), 1937 (119 p., 19 cm)
Femmes
seules -
Tarbes, Éd. Hunault (16, rue du Mal Foch), 1939
(Roman, 236 p., 19 cm)
La
vie tient à un fil -
Paris, Éd. Rivarol, collection Terres et Choses
Françaises (323 p., 19 cm)
L'Égypte
au coeur du monde
Collection La Plaque tournante. Paris, Éd.
Denoël, 1950
L'homme
et son destin
Conférence donnée à la salle de la
Société de Géographie
Paris, Éd. de l'école addéiste (10, rue H.
Duchêne, Paris-XV), 1951.
La
défense de la vie -
Paris, Éd. Ollendorf. (8e édition, 254
p., 19 cm)
Le
fil luisant - (Pas de référence)
La
maison de passage -
(Pas de référence)
Nombreux
articles ou contes dans La
Vague, journal dont elle fût, un
temps, rédacteur en chef et
dans L'Égyptienne, revue à laquelle elle
collabora
régulièrement.
Femmes
et travail
au XIXe siècle -
Mémoires de femme. Coauteur avec Aline Valette.
Paris, Syros, 1984.
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Marcelle MARQUES, de son nom d'état civil,
naît en 1891 à Cherbourg où son père, Jean Marques, tient garnison en qualité
d'officier d'artillerie et de marine. Elle est la deuxième fille d'une famille de quatre
filles à laquelle se consacre une mère douce et attentionnée, Marceline Capy.Les parents sont tous deux issus d'anciennes et solides familles paysannes
de Pradines. Marcelle entame et
poursuit, notamment à Toulouse, d'excellentes études secondaires, au cours desquelles
elle manifeste des dons particuliers pour les disciplines littéraires. Après son
baccalauréat elle entre, toujours à Toulouse, en classe préparatoire à l'École
Normale Supérieure de Sèvres.
Enfant, puis adolescente, elle passe régulièrement ses vacances
à Pradines chez ses grands-parents Capy auxquels elle voue une affection particulière.
Elle s'attache à leur vieille demeure située sur un éminence, face à la vallée du
Lot, en aval du bourg. Tous les siens la dénomment "Malte". Elle deviendra plus
tard sa propriété. Son amour du vieux mas durera autant qu'elle.
Vers la dix-huitième année, une rencontre avec Jean Jaurès lui
révèle sa véritable vocation : elle sera écrivain, journaliste et militante. Dès
lors, dans ses livres, ses conférences, ses articles, elle soutient un triple combat :
· pour la paix, en dénonçant l'horreur et l'absurdité
de la guerre
· en faveur de la femme, en soulignant son rôle
fondamental dans la société moderne, qu'a révélé avec éclat la guerre de 1914
· vers un socialisme humanitaire, de caractère surtout
moral et philosophique, en prônant le devoir de solidarité et de compassion actives
envers les individus qui souffrent et les peuples demeurés dans la misère.
En 1916, elle publie, sous le nom de Marcelle
Capy, son premier ouvrage, préfacé par Romain Rolland :
"Une voix de femme au-dessus de la mêlée". Toujours dans la période
d'entre deux guerres, elle fait paraître "La défense de la vie" (1918),
"L'amour Roi" (1925), et son ouvrage majeur "Des hommes
passèrent...", couronné du prix Séverine. Ce roman raconte le passage, dans
les familles de Pradines, de prisonniers allemands venus remplacer, aux travaux de la
ferme, les hommes partis au front. Hymne à la réconciliation et la compréhension entre
deux peuples ennemis, il est marqué d'une qualité d'écriture qui l'égale aux
meilleures oeuvres littéraires de l'époque.
En marge de son travail d'écrivain, Marcelle Capy poursuit une
carrière de journaliste, engagée dans le combat politique et philosophique, non sans
revenir, fidèlement, à l'évocation de la vie paysanne qui demeure au centre de sa
pensée et de son coeur. (On pense à Giono). Elle collabore à de nombreux journaux,
notamment à "La Vague", hebdomadaire pacifiste, voir antimilitariste, dirigé
par le député socialiste Pierre Brizon qui deviendra, un temps, son deuxième mari.
Après la deuxième guerre mondiale, elle fait paraître deux nouveaux romans : "La
vie tient à un fil" et "L'Égypte au coeur du monde". Elle
rapporte de dernier d'un voyage en Égypte où elle s'est rendue auprès de sa soeur
aînée, Jeanne Marques, femme cultivée, elle même journaliste et conférencière, liée
aux milieux intellectuels, artistiques, de tendance progressiste, d'un pays qui s'éveille
au monde moderne.
A partir des années 1950 elle se retire à Pradines, dans sa
chère maison de Malte, vétuste certes, mais parée de couronnes qu'elle lui tresse
volontiers. Désormais confrontée à une situation matérielle très modeste, malade et
quelque peu oubliée, elle meurt en janvier 1962, après s'être rapprochée, au soir de
sa vie, de la foi chrétienne, celle-là même de ses grands parents maternels.
Son existence aura été riche de traverses (elle connut deux
mariages malheureux, sans enfants, la détresse et la solitude), mais éclairée par le
succès, la notoriété, la fréquentation de personnalités brillantes de la littérature
et de la politique (Barbusse, Romain Rolland, Joseph Caillaux, Anatole de Monzie), les
voyages de conférences en Europe, aux États-Unis, au Canada.
Ce qui donne un sens à cette vie, ce sont la force, la
sincérité, la constance d'une généreuse conviction, servie par le talent d'une
véritable femme de lettres.
Docteur Pierre GAYET, septembre 1998.
Nous remercions le Docteur Pierre Gayet
d'avoir accepté de rédiger spécialement ce texte, condensé de la conférence qu'il a
donnée le 21 octobre 1995, à la Bibliothèque Municipale de Pradines.
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