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(1875-1898)
UVRES DE
PAUL FROMENT :
1892. - Les premiers essais de Froment
ont paru dans lou Calel, Journal patois de Villeneuve-sur-Lot, directeur Victor
Delbergé, année 1892, 1893, 1894, 1895 et 1896.
1895.-A trabès régos, rimos d'un pitiou
paysan 72 pages. Imprimerie Victor Delbergé, Villeneuve-sur-Lot.
1897.-Flous de Primo, rimos d'un pitchou
paisan, pre-facío de Francis Maratuech, XVI-72 pages. Imprimerie Ernest Chabrié,
Villeneuve-sur Lot
1898.-Dernières poésies de Paul Froment,
publiées par Francis Maratuech à la Revue de France, numéro spécial de septembre
1898, consacré aux Cadets de Gascogne.
1899.-Voix d'outre-tombe, poésies
inédites de P. Froment publiées par Francis Maratuech à la revue le Feu Follet
décembre janvier 1899.
1928.-Lous èls e la bouco, poème inédit
(Oc, 1" juin 1928).




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Paul
Froment
est né près de Floressas, commune de Puy-L'Evêque dans le Lot, le
dimanche 17 janvier 1875.
On peut voir encore, au hameau de Lamuraque, à
1.500 mètres du bourg, l'humble maison, aujourd'hui transformée en grange, où il
vit le jour.
Il était
l'aîné d'une honnête famille de petits paysans, à peu près ruinés par le
phylloxéra, qui prirent le parti héroïque, pour payer quelques dettes, de se
mettre en condition.
Aller à la journée dans les fermes voisines,
puis se louer à l'année, ce fut aussi le sort de Paul, dès que ses bras eurent
la force de tenir un outil, c'est-à-dire presque au sortir de l'école
primaire.
Nous le trouvons, en 1892, à Massels, près de Penne, en Agenais. Dès
ce moment, sans aucune préparation livresque, ignorant même les notions
élémentaires de la prosodie, il commence à rimer, tout en labourant, ses
premières inspirations.
"Au bout de chaque sillon la stance s'envolait
(fragnolo); à la fin du journal de labour, il tenait son poème. "
1892, c'est l'époque où Victor
Delbergé lance, à Villeneuve, un petit journal de patoisants, lou
Calel, largement ouvert à toutes les bonnes volontés; Froment y fait ses
débuts (15 mai 1892), y rencontre quelques bons amis: Alban Vergne, Aristide
Salères, et devient un collaborateur régulier et apprécié du journal.
En 1893, se trouvant à Bélugue, près de
Floressas, il fait la connaissance d'un écrivain de talent, son voisin de
Ferrières, Francis Maratuech.
Celui-ci a raconté, comment il fit la conquête
de cet adolescent timide et un peu ombrageux, sa joie de le voir arriver chaque
soir dans le négligé de sa tenue de travail et les bonnes veillées littéraires,
sous le manteau d'aïeule de la vaste cheminée, où on lisait en commun quelques
pages à la lueur économique du calel.
Ce qu'il faut noter, c'est l'influence des plus
heureuses qu'exerça Maratuech, homme de goût autant que de cur, sur le
développement du jeune talent. Il fut des premiers à comprendre le poète et à
l'encourager. Leur amitié ne se démentit jamais et, après avoir mis à
Flous de Primo une préface étincelante, Maratuech fut en
quelque sorte l'exécuteur testamentaire de Froment et donna à la Revue de France
et au Feu Follet les derniers poèmes que nous connaissions de lui.
L'existence de Froment se partage dès lors entre
Floressas, où il fait des séjours prolongés, et la région de Villeneuve, où il
occupe diverses places.
En 1895, Froment - il était alors valet
de ferme au Laurier, près de Villeneuve - envoya aux jeux floraux de l'Escolo
Moundino, à Toulouse, un manuscrit de Sasous e Mesados et obtint
un deuxième prix de sonnet.
Il fit plus : il se rendit à Toulouse et prit
part à la félibrée du 26 mai. Il faut imaginer l'apparition, dans la salle des
fêtes du Conservatoire, de ce petit paysan timide, disant simplement, sans
grands gestes, les yeux au ciel, sa pauvre vie de misère et les histoires du
village.
Les toulousains ne lui ménagèrent pas leurs
bravos. Encouragé par ce premier succès, Froment résolut de réunir en volume ses
premières pièces. Ce fut un gros sacrifice pour sa pauvre bourse; il dut faire
presque entièrement les frais de l'édition.
Vers la fin de l'année, A trabès
regos paraissait à Villeneuve, chez Victor Delbergé, en une élégante
plaquette de soixante-douze pages. L'auteur avait vingt ans.
Ce petit livre fut une révélation.
Mistral, le
premier, en deux longues colonnes de l'Aiôli (17 janvier 1896), souhaitait une
affectueuse bienvenue au " poète Froment " et résumait ainsi son appréciation:
" A trabès regos es la cansoun veritablamen viscudo d'un enfant de la terro
que la Muso a flourejat ".
Paul Mariéton saluait, dans la Revue
Félibréenne, " L'avènement de ce pur artiste de nature " et ajoutait, en
conclusion: " Paul Froment est en situation favorable pour donner au Midi un
nouveau grand poète ".
Antonin Perbosc, dans la même revue,
consacrait un article important au nouveau venu, et l'Académie des Jeux Floraux
de Toulouse, qui avait rétabli, en 1895, ses concours en langue d'oc,
"marquait d'une note blanche cette uvre de début " (rapport de
1896).
Le petit valet, cependant, continuait à produire
et, I'année suivante, il adressait à la même Académie le manuscrit de
Flous de Primo. Un illet d'argent récompensa cet envoi.
L'illet d'argent, applicable à tous les genres,
avait une valeur de 100 francs, et le pauvre Froment, dons les gages à l'époque
étaient de quelque 30 pistoles, s'autorisant au surplus de précédents illustres,
troqua contre un beau billet la fleur immortelle.
Quelques mois après, au début de novembre 1897,
le recueil de Flous de Primo sortait de l'imprimerie Chabrié, à Villeneuve. Sur
ces entrefaites, le poète était appelé au service militaire et, le 15 novembre,
il partait pour le 12è régiment d'infanterie, à Lyon.
Mistral le recommanda à un de ses bons
amis lyonnais, Eugène Vial ; mais, en dépit de cette amitié précieuse,
Froment, qui gardait la nostalgie de la terre natale et n'arrivait pas à se
consoler d'un amour malheureux, connut à Lyon des jours de profonde tristesse:
témoin ses dernières poésies, d'un accent étrange, inouï dans son uvre
antérieure, et qui ont une amère saveur de larmes et de désespoir.
ept mois après son entrée au
régiment, le 10 juin 1898, au retour d'une permission passée à Floressas, le petit soldat disparut.
Le 15 juin, son corps était retiré du Rhône, aux Roches-de-Condrieu (Isère), à
une quarantaine de kilomètres au-dessous de Lyon.
Ses amis s'émurent, on fit une enquête, mais le
mystère de cette fin tragique ne fut jamais pleinement élucidé. Mistral, qui
l'appréciait et qui songeait à lui pour le grand prix de poésie aux Jeux Floraux
du Septénaire de 1899, pleura la fin prématurée de
" l'humble et charmant
poète laboureur, tombé, comme un fils de roi, sous le poignard de quelque
assassin stupide ".
Des démarches entreprises par ses amis, au
premier rang desquels Georges Leygues, député de Villeneuve, aboutirent
au transport du corps à Floressas aux frais de l'Etat. Les restes de Paul
Froment reposent dans le petit cimetière du village natal.
En 1903, ses admirateurs lui érigèrent,
par souscription publique, à Penne-d'Agenais, un monument modeste qui fut
inauguré le 23 juillet, sous la présidence de M. Chaumié, ministre de
l'Instruction publique.
En 1998 à Floressas, à l'occasion du
centenaire de sa mort, une stèle réalisée par Jean Luc Rouquié tailleur de
pierre à Floressac était édifiée à la mémoire de l'enfant du pays. Le buste de Paul Froment est l'oeuvre de
Louis Laur sculpteur villeneuvois.
A l'initiative du Maire de Floressas,
Yves Froment, la place du village porte désormais son nom.
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