BSEL - Avril-Juin 1999

 sel_100.gif (7490 octets)
© Société des
Études du Lot
Reproduction interdite

 

Un article de :
Jean-Pierre
Girault

[institutions/sel/2_1999/menu_haut.html]

 

MÉMOIRE RÉDIGÉ
PAR JEAN-BAPTISTE CESSAC EN 1872
À LA SUITE DE SA RÉVOCATION

 

Né à Souillac en 1810, Jean-Baptiste Cessac fait ses études de droit à Toulouse. Après avoir exercé quelque temps la profession d’avocat à Saint-Céré, il est nommé, en 1848, chef du Parquet au Tribunal de Gourdon. En 1852, il obtient un poste administratif à la Préfecture de Police de Paris. Nommé commissaire de police en 1855, il exercera ses fonctions au quartier du Jardin des Plantes, puis au quartier du Val de Grâce.

Jean-Baptiste Cessac, était persuadé d’une erreur d’attribution sur l’implantation d’Uxellodunum (1). La Commission (2) l’avait placé en 1862 dans la boucle de la rivière du Lot, à la Pistoule, en face de Luzech. Il osa protester contre la décision officielle et publia, de 1862 à 1865, plusieurs brochures (3), respectueuses mais fermes, pour soutenir son opinion. Finalement, bien que peu fortuné, il résolut d’exécuter des fouilles pour retrouver la fontaine et les galeries de captage dont parlait César.

Pour exécuter ces fouilles à la fontaine de Loulié, il obtiendra neuf congés de son administration.

Le 6 avril 1866, J.-B. Cessac fait le compte rendu de ses travaux à la réunion annuelle des sociétés savantes qui se tient à la Sorbonne. Sa thèse est adoptée et, dans l’Histoire de Jules César, publiée sous le nom de Napoléon III, l’oppidum du Puy-d’Issolud est considéré comme le site d’Uxellodunum.

Note sur la communication de J.-B. Cessac
aux Sociétés Savantes en 1866
(4) :

"M. J.-B. Cessac, membre de la mission des fouilles du Puy-d’Issolu, a fait, en présence de Son Excellence le Ministre de l’instruction publique, qui est venu présider à ce moment la séance, un lucide exposé de la question de l’emplacement d’Uxellodunum, ainsi que le récit des fouilles exécutées à Puy-d’Issolu, tant par lui-même et avec ses propres ressources qu’au moyen de fonds votés par le conseil général du Lot, et enfin avec la coopération d’officiers chargés d’une mission dans ce département par l’Empereur.

La publication du tome II de l’Histoire de Jules César, survenue depuis la séance du 6 avril 1866, donne un intérêt d’actualité particulier à cette question, qui paraît résolue, puisque l’opinion soutenue par M. Cessac, et adoptée par l’Empereur, a été applaudie par l’Assemblée toute entière, et en conséquence proclamée comme définitivement acquise à la science par M. le Ministre. Sans analyser la chaleureuse exposition de M. Cessac, qui, sur notre demande, a bien voulu en rédiger le sommaire pour le volume des lectures de la Sorbonne, je renverrai au livre dont j’ai cité le titre tout à l’heure ; indépendamment d’un historique de la question résumé en quelques pages, avec la magistrale concision qui caractérise l’auguste écrivain, on y verra que c’est bien à M. Cessac qu’on doit le mot de cette énigme topographique qui a produit presque autant d’opinions diverses que celle de l’emplacement d’Alesia. Uxellodunum, l’oppidum assiégé par César dans la campagne de l’an 703 de Rome, était sur le plateau nommé Puy-d’lssolu et même d’lssolud, dénominations évidemment dérivées du nom gaulois, et, comme l’a dit l’Empereur, "la découverte la plus intéressante est celle de la galerie souterraine". Or cette découverte est une de celles que l’on doit à M. Cessac, qui a également retrouvé la fontaine dont parle Hirtius ; et ce sont surtout les deux traits saillants du récit du continuateur de César, qui ont fait cesser les hésitations de la science. M. Cessac, à l’appui de sa démonstration, a pu montrer à l’assemblée des photographies de la localité, ainsi que divers fragments d’armes, de poteries, mais surtout les étais de la galerie souterraine creusée par les Romains. Ces divers objets, qui appartiennent aujourd’hui au musée de Saint-Germain, avaient été mis à la disposition de M. Cessac, par ordre spécial de l’Empereur, et expressément pour qu’ils fussent portés à la connaissance de MM. Ies délégués des Sociétés savantes.

Après le témoignage si honorable pour M. Cessac que nous venons de citer, après les félicitations adressées au zélé et patient explorateur du Puy-d’Issolu par M. le Ministre de l’instruction publique, après les marques non équivoques et unanimes de l’adhésion de l’assemblée à ces félicitations, il ne me reste, pour conclure, qu’à rappeler, sinon les termes eux-mêmes dont s’est servi M. V. Duruy, au moins le sens de son allocution que je retrouve dans ma mémoire :

"Vous avez lutté longtemps et avec persévérance, Monsieur, mais ce qui n’arrive pas toujours aux chercheurs les plus infatigables, alors même qu’ils sont dans la bonne voie, vous avez trouvé et tout le monde en convient. C’est là un rare bonheur, et je vous en félicite sincèrement".

Le 17 septembre 1870, il était révoqué comme "âgé et très sourd", mais plus vraisemblablement à cause de ses relations avec l’empereur. La IIIe République, à peine installée, reprocha à Cessac d’avoir, par ses travaux sur la recherche d’Uxellodunum, rendu un service personnel à l’empereur pour son livre la Guerre des Gaules. Il avait épousé Marie-Léontine Noémie Lacombe. A la suite de sa révocation, il écrivit en 1872 : "Dénonciations calomnieuses contre un fonctionnaire et un ancien fonctionnaire, mémoires et défenses...". Pendant plusieurs années, il multipliera les démarches pour obtenir sa réintégration, mais sans succès. Il se retire à Souillac, où il meurt le 12 octobre 1882.

Par ses recherches persévérantes et courageuses J.-B Cessac est sans aucun doute l’un des meilleurs archéologues quercinois de son époque. A la bibliothèque de la Société Historique et Archéologique de Brive (5) se trouvent les cahiers où Jean-Baptiste Cessac a consigné minutieusement toutes ses recherches sur l’affaire d’Uxellodunum, le déroulement des fouilles à la fontaine de Loulié, les correspondances diverses (notamment avec Napoléon III, le colonel Stoffel, le Préfet du Lot, les Ministres, etc.).

*

*   *

Nous reproduisons le Mémoire réalisé par J.-B Cessac à Monsieur le ministre de l’Intérieur, et, nous laissons aux lecteurs le soin de juger cet homme de bonne foi qui fut découragé par les intrigues de la politique.

"En écrivant ce mémoire, j’ai eu à faire violence à tous mes instincts, à refouler même des sentiments de pitié pour les méchants qui, de parti pris, ont outragé la justice, la vérité, et persécuté odieusement le bienfaiteur de l’un d’eux.

A mesure que se dérouleront mes justes griefs à l’encontre de ces hommes, leur perfidie sera démasquée, et l’opportunité et les légitimes ardeurs de ma défense seront approuvées.

On jugera qu’il est des situations où la mansuétude et la miséricorde ont le rigoureux devoir de se montrer inexorables, sans merci. Victime d’une proscription inique, en butte à des incriminations abominables, je devais à mon honneur, à l’honneur des miens, je devais aux hommes considérables qui me furent sympathiques et bienveillants, je devais à la vérité de stigmatiser le mensonge, de protester avec énergie contre des agissements scélérats.

J’ai demandé avec instance l’ouverture d’une enquête sérieusement dirigée par un esprit droit et d’une inflexible équité. Cette mesure m’ayant été promise ; mais je n’ai pas tardé à me convaincre que trop souvent, il y a loin de la coupe aux lèvres. J’aborde donc les étapes de ma voie douloureuse.

Sedan venait de combler la mesure de nos maux, et les désastres de la patrie étaient sans seconds dans nos annales. - Paris avait sonné le glas de l’empire, et, désespérément anxieux pour mon pays, je poursuivais, moi, au quartier du Val de Grâce, ma dixième année d’exercice dans les fonctions de Commissaire de police. - On sait les hécatombes qui, aux premières heures de l’ère nouvelle, décimérent le personnel des services extérieurs de la Préfecture de police. On connaît les faits et gestes du Citoyen Antonin Dubost, espèce de proconsul au petit pied, qui, avec Raoul Rigault, avait été imposé au Préfet par la Commune, déjà une puissance occulte et redoutée.

Je passerai sur certains incidents qui, pour être d’une moindre importance, ont pourtant une signification sérieuse et seront l’objet d’une note spéciale, circonstanciée et qui, si l’enquête sollicitée est enfin ordonnée, me permettront, je l’espère, d’éteindre un à un, les rayons de l’auréole dont MM. Lestiboudois et Rousseau se couronnent mutuellement.

Le citoyen Dubost trônait donc au Secrétariat général de la Préfecture de police ; mais les attributions et les arcanes de cette administration étaient pour lui lettres closes. Il eut la fortune d’avoir sous sa main un esprit simple, délié, dit-on, et qui, chef adjoint au personnel, faisant l’intérim de l’estimable mais valétudinaire M. Coti.

C’était M. Lestiboudois qui depuis … mais alors le citoyen Dubost était pour lui la loi et les prophètes.

Dans une réunion du corps, le Préfet, M. Kératry, avait eu, le onze septembre 1870, de bonnes et loyales paroles pour la masse des Commissaires de police : quelques uns seulement devaient porter le poids d’un événement lointain. On était rassuré, mais le programme d’apaisement fut de courte durée, et six jours plus tard, le 17 septembre, un décret du Gouvernement me relevait de mes fonctions. Le 22 au soir j’étais informé de la décision, et le 23, un ancien secrétaire de l’un de mes Commissariats antérieurs prenait possession de la fonction et du poste que j’occupais.

Mon successeur, l’ex Officier de Paix Rousseau aîné, fut accueilli avec une politesse qui sembla le mettre fort mal à l’aise, peut être se souvient-il qu’en d’autres temps je l’avais sauvé d’une disgrâce imminente, et qu’un peu plus tard, d’autres causes ayant amené sa révocation je lui avais encore été efficacement secourable. Mes démarches, en effet, mes conseils, et surtout un expédient, qui me fut inspiré par ses protestations d’innocence, purent amener sa réintégration. Les témoignages de mes efforts et de ma sollicitude doivent se trouver à son dossier.

C’est ainsi, comme on voit, que ma bienfaisance s’est traîtreusement retournée contre moi.

Le Sieur Rousseau eut cependant la pudeur d’imaginer une version fantastique pour expliquer une fortune, à son dire, encore inespérée la veille.

J’eus la bonhomie de le croire, et pendant près d’un mois nos rapports furent des plus courtois. Un jour, il me fut démontré qu’il avait impudemment menti, et, sans récrimination, sans qu’une parole lui apprit que son hypocrisie était percée à jour, je cessai de le voir.

Entre temps, cependant, je n’étais pas demeuré inactif, et, pour obtenir réparation je me présentai au Secrétaire Général Dubost qui me reçut, m’écouta un moment, et à mes explications répondit sans ombrager : Vous avez servi l’Empire. vous ne pouvez me convenir. - A cette répartie, je répliquai naturellement que, dans ce cas, il me semblait étrange, illogique d’avoir été remplacé par un Officier de paix du même régime impérial.

Le citoyen Dubost m’opposa un démenti qu’il fut aisé de rétorquer, et alors, je l’entendis murmurer entre ses dents : On m’a donc trompé !

Tel fut, mot pour mot, l’incident que le Sieur Rousseau, je l’ai appris plus tard, s’est efforcé d’élever aux proportions d’une criminelle dénonciation. L’entretien se continua un moment encore, mais non sans quelque tension.

Somme toute, j’obtiens cependant de M. Dubost la promesse d’une prochaine réintégration, et je fus ajourné par lui à 48 heures. A cette deuxième entrevue, je compris bien vite que, dans l’intervalle, le terrain avait été miné sous mes pas. A peine en présence, en effet, je fus, à brûle-pourpoint interpellé comme suit : "Non seulement vous avez servi l’Empire, fit Dubost tout en fièvre, mais vous avez exécuté des travaux particuliers pour l’Empereur, et publié des études historiques qui ont été utiles au livre de la Vie de César …, vous ne pouvez dès lors me convenir … etc." Je n’avais pas à me disculper d’une œuvre et de publications, inspirées à l’origine par le patriotisme, et je me bornai à dire : " Et ajouter encore, Monsieur, qu’une note de ce livre a signalé mon nom et mes recherches persévérantes, et que ce fut là tout le dédommagement de mes fatigues, de mes veilles et de mes sacrifices." - Ceci est dû uniquement pour répondre aux allégations du sieur Rousseau, touchant les prétendus trésors reçus de la munificence impériale par l’intervention de personnages dont je produirai les démentis. Mais Dubost m’écoutait à peine … et, après quelques autres paroles aigrement échangées, je me retirai.

Voilà, pris sur le vif, l’historique et les péripéties de mes rapports avec le Secrétaire Général Dubost.

La récrimination que j’ai relevée de la part du Sieur Rousseau, démontre péremptoirement qu’entre mon premier et mon deuxième entretien avec M. Dubost, il dut se produire une crise entre celui-ci, se plaignant d’avoir été trompé sur les antécédents du Sieur Rousseau, et de M. Lestiboudois se défendant, de son mieux, pour expliquer ou excuser sa manœuvre en faveur de son protégé. C’est là que gît le nœud de toutes les questions à débattre, c’est là le point de départ de ces atroces enchaînements de perfidies qui ont paralysé et mes efforts et les bons vouloir de mes protecteurs.

Et d’abord, il est de mon droit de déchirer tous les voiles, d’indiquer, de faire toucher du doigt l’origine, la cause, le moteur des tendresses, du dévouement absolu de M. Lestiboudois envers le Sieur Rousseau aîné.

Mes révélations, basées sur des faits patents que j’ai soupçonnés trop tard, sur des renseignements exacts, positifs que j’ai songé, trop tard aussi, à ramasser, à recueillir, à contrôler les uns par les autres, jetteront comme un jour sinistre sur l’entassement d’infamies dont les miens et moi sommes depuis dix mois les victimes et les martyrs.

Comme premier exemple de la moralité des choses et des hommes, j’évoque l’épisode qui va suivre et qui atteste que le Sieur Rousseau avait eu le flair opportun de s’éveiller républicain socialiste, le lendemain de l’établissement de la République.

Le secrétaire général Dubost était si convaincu de n’avoir que des fidèles autour de lui que, avant même la nomination du candidat dont il s’agit, il crut pouvoir s’ouvrir à lui cœur à cœur et lui poser cette question : "le cas échéant, sur un ordre régulier, serez vous homme à mettre résolument la main sur n’importe quel membre du Gouvernement ?" Pas n’est besoin d’ajouter que la réponse de Rousseau fut catégoriquement affirmative. J’affirme, à mon tour, et l’incident et le pacte, à d’autres que moi d’en déduire les conséquences.

Si l’Administration préfectorale a le souci de sa dignité et de celle de ses agents, d’autres que moi encore jugerons à propos sans doute, d’éclairer le passé, de fouiller la vie de ceux qui ont fouillé dans la mienne.

Si, comme je l’ai demandé, une enquête est faite sérieusement par un homme d’une inflexible équité, je promets une moisson instructive plus qu’édifiante. Je promets qu’il me sera loisible alors de rejeter sur ceux qui l’ont agitée la fange dont ils ont voulu me couvrir. Pour atteindre ce but, j’ai eu la pensée de recourir à la justice, d’introduire une action contre mes dénonciateurs calomnieux ; mais j’ai dû, à mon grand regret, me détourner de cette voie, lorsque des conseils éclairés et compétents m’ont démontré que la base à donner à ma cause, que la production en justice de certains dossier administratifs feraient, sans nul doute, défaut à la religion des juges et à la légitimité de mon droit.

Ainsi, pendant de long mois je me suis épuisé à pénétrer les mystères d’infamies dont je me sentais étreint ; et, lorsque les colères vertes du Sieur Rousseau, les aveux mêlés de réticences significatives d’une personne amie de mes accusateurs, ont fait jaillir un éclair des ténèbres où je me débattais impuissant ; lorsque je pouvais saisir et invoquer autre chose qu’une ombre, j’apprends que, de par des errements juridiques, le terrain de la loi manquera sous mes pieds. Il ne me reste dès lors que l’expédient auquel j’ai recours à cette heure ; la production d’un mémoire. Je souhaite que, retournant contre moi, mon dessein d’en appeler à la justice, mes ennemis essaient d’invoquer son intervention ; alors du moins il me sera donné d’user des immunités et des dispositions de la loi, et la réparation qui m’est due, et la confusion des calomniateurs n’en seront que plus profondes, plus éclatantes.

A ce défaut, comme à défaut de la justice administrative que j’implore, je ne me sentirai ni vaincu, ni désarmé, et mon opiniâtre vouloir aura pour vengeurs, je l’espère, les échos de l’opinion publique.

Grâce à l’amitié et aux agissements de son protecteur, le Sieur Rousseau est arrivé du coup à la double fortune de me remplacer dans la fonction et dans le quartier où je l’exerçais depuis bientôt dix ans. Il a eu la satisfaction d’être à quelques pas de l’asile providentiel où depuis longtemps il a son couvert, au besoin sa couche, et d’autres privilèges encore.

Il a eu aussi le privilège sans précédent peut être, de ne pas se sentir sur le dos un censeur incommode dans l’Officier de paix de l’arrondissement.

M. Lestiboudois n’a pas fait les choses à demi ; sentant que son protégé avait, peut être, besoin d’être à l’abri des regards indiscrets qui avaient déjà menacé sa carrière, il a choisi pour Officier de paix du 5e Arrondissement le frère même du Commissaire de police Rousseau.

Ainsi, la police et ses exigences se traiteront en famille dans cette circonscription. Ainsi, la plantureuse table des époux L… , et les agapes, où M. Lestiboudois ne dédaigne pas d’assister pourront continuer de réunir les convives ordinaires qui, couverts par la présence du suzerain, n’auront pas à trop se préoccuper des nécessités de leur service.

Ce n’est pas que je prétende faire un crime à M. Lestiboudois d’avoir accepté les invitations du Sieur Rousseau ; je comprends même qu’il permette que son office soit approvisionné par les succulents et réitérés cadeaux de la Dame L … mais, avec plus de dignité et de respect de soi, il eût compris que ces capitulations auraient pour résultat fatal d’être étrangement commentées dans la rue Lacépède et ses alentours.

Si, pour combler les vides des exécutions, plus ou moins légitimes, des fonctionnaires, réputés Bonapartistes, qui furent sacrifiés après le 4 septembre, le Sieur Rousseau, par la tolérance dument éclairée du Secrétaire général Dubost, avait été carrément introduit dans les fournées des nouveaux élus, M. Lestiboudois n’eût point dépassé alors les limites de son droit absolu.

Mais abuser son chef d’emploi sur la qualité et les antécédents du candidat, provoquer, par des imputations mensongères qui seront prouvées, la révocation de celui dont les dépouilles étaient particulièrement à la convenance du susdit candidat, c’était plus qu’un abus insigne, c’était une double forfaiture envers le supérieur trompé, envers la victime calomniée.

Tel est mon premier grief contre lui qui a traîtreusement édifié sur ma ruine la position de son protégé. Je devais, à plus d’un titre, protester contre ma disgrâce, je devais essayer de démontrer, qu’en me brisant, la République avait tiré sur un de ses vieux soldat. Je le fis dans la plénitude de ma conscience, parce que c’était la vérité et, qu’à l’occasion, je n’ai jamais dissimulé mes sentiments. Je le fit parce que, dans des publications qui ont passé sous les yeux de l’Empereur je n’ai pas craint de laisser courir le souffle non équivoque de mes aspirations.

Un esprit de haute portée, l’illustre historien Henri Martin, ne s’y était pas mépris, et, plus d’une fois, il m’a témoigné sa surprise de ce qu’un Commissaire de police en exercice eût osé écrire avec une ferme indépendance de pensée et d’appréciation. Après tout, les frères Piétri, tour à tour mes supérieur, n’ignoraient ni mes tendances, ni mon culte pour les dieux qu’ils avaient servi, qu’ils avaient même invoqués lorsque l’intérêt de leur avenir s’était trouvé en jeu.

Est-il nécessaire, à ce sujet, de démontrer, preuves en mains, qu’en 1848 et 1849, mon intervention efficace auprès d’amis au pouvoir, avait été sollicité au nom d’une foi commune, et que, par les bons vouloirs mis à leur service, les deux frères virent s’ouvrir la carrière qui les conduisit à la fortune que l’on sait.

Dévoué au devoir jusqu’au sacrifice de la vie, j’étais corps et tête, au service de ma fonction, mais j’avais le droit de réserver mon âme, comme le font à cette heure, avec moins de loyauté peut-être, nombre de ceux qui servent la République.

Porté au bien par nature et le Sieur Rousseau en est la démonstration pour moi trop amère, mon temps, mes conseils, des soins même étrangers à la charge, étaient constamment au service des administrés.

Pendant huit mois d’une crise épouvantable, j’ai eu, du moins la satisfaction de recueillir, en égard, en témoignages de sympathie, en offres de protection, au besoin, le fruit du bien que j’avais semé.

Sous le bombardement prussien, comme sous la Commune, je n’ai pas eu à déserter un moment le domicile, comprenant mon ancien bureau. Les obus qui ont visité la maison, veuve de ses autres locataires, n’eurent pas même, sur ma femme et sur moi, la puissance de nous intimer la précaution, la prudence par tant d’autres mises en pratique, de nous faire en un mot déserter nos couches habituelles pour le séjour de nos caves.

Cette évocation d’une fermeté de cœur qui fut trop rare, n’a ici d’autre but que d’émettre cette thèse, à savoir que les lâches seuls conçoivent ou imputent aux autres la conception des atroces desseins.

L’indignation que j’ai peine à contenir, rejette sur le Sieur Rousseau lui même le complot qu’il m’a attribué publiquement, d’avoir voulu le faire arrêter et livrer aux sbires de la Commune. Le mobile et la portée perfide de ce vomissement à l’heure où Paris était encore frémissant, exaspéré des crimes de l’infernale association, sautent à l’esprit comme aux yeux. Cet homme me connaît assez pour que sa conscience lui mordit le cœur à chacune des paroles échappées de ses lèvres.

Je le connais trop aussi pour n’avoir pas l’absolue conviction qu’il caressait l’espoir de voir quelque janissaire zélé se jeter sur ma trace, m’appréhender au corps et le délivrer ainsi des angoisses, des représailles qu’il redoute et qu’il sait avoir méritées par ses faits et gestes à mon encontre. Heureusement pour lui que l’audace lui a manqué en chemin, car il ne se doutait pas vraisemblablement du bouclier que j’aurais à opposer à ses insinuations venimeuses.

Il ne savait pas, l’accusateur Rousseau, quelle réponse j’avais faite le 27 mars à l’invitation de reprendre mes anciennes fonctions. Il ne savait pas qu’alors qu’il fuyait à travers champs le fantôme de la Commune, j’étais aux premiers rangs d’une protestation en faveur de l’ordre et de la loi, et en butte aux fusillades des bandits de la place Vendôme. Il ne savait pas qu’après avoir lu les versions odieuses des journaux de l’anarchie, j’avais opposé un démenti indigné à leurs calomnies ; et, dans un journal répondu, voué les actes et les hommes à l’exécration publique. Il ne savait pas que l’un des membres les plus redoutés de cette même Commune avait trouvé dans mon jeune fils ingénieur civil, le premier citoyen peut-être, qui eut résisté face à face à ses réquisitions.

Mais l’odieux épisode que je viens de caractériser ne serait, au dire du Sieur Rousseau, qu’un spécimen des méfaits qu’il a eu à m’imputer. C’est vers moi encore qu’il a fait remonter la responsabilité d’un article de quelques lignes inséré, en novembre dernier, au journal la Patrie en danger : article que je jure n’avoir connu qu’après que Rousseau eût fait lecture au Bureau du Commissariat.

L’idée fixe de cet homme ou plutôt de sa tactique est de me faire l’éditeur responsable, le bouc émissaire de tout ce que les feuilles, plus ou moins révolutionnaires, ont pu ressasser à propos des fonctionnaires ou agents de police qui n’avaient pas été submergés par la marée anti-Bonapartiste.

C’est encore moi, ou bien ma femme, qui selon Rousseau et la Dame L… serions les auteurs de lettres anonymes, versant sur eux d’ignobles immondices. J’ai déjà fait allusion à ces prétendues lettres qui, disent ils, auraient été adressées à M le Préfet de Police, et j’ai à signaler à leur sujet, une divergence assez étrange entre les dires des accusateurs. Cherchant la signification des réserves réciproques, je me suis souvenu qu’en novembre ou décembre 1870, un propos, venu par ricochet jusqu’à moi, prétendant que le Commissaire Rousseau se targuait de m’avoir enfin bridé. Ni la chose ni le mot ne me préoccupèrent alors, par la raison que je me sentais abrité par le bon vouloir et l’intérêt de trois honorables membres du Gouvernement de la défense nationale. N’aurait-il pas fallu être doué d’ailleurs d’une prescience diabolique pour avoir même le soupçon des œuvres et manœuvres qui, pour me diffamer et ruiner ma cause, se nouaient, s’artisaient dans l’ombre. Je savais avec quel zèle sympathique mes protecteurs s’occupaient de ma réintégration dans la position perdue. Je savais que l’un d’eux, ayant qualité pour se montrer pressant avait adressé à M. le Préfet Cresson ce que j’appellerai une mise en demeure, à mon sujet et au sujet d’un ancien collègue. Je savais également que le Préfet antérieur à M. Cresson m’était favorable, et ce serait, paraît-il, lorsque les circonstances me souriaient ainsi que j’aurais eu l’indignité, le crétinisme incommensurable d’anéantir, de compromettre au moins mes rêves et mes espérances, pour la satisfaction de débiter des sottises ou des saletés dans des lettres anonymes ! M’accuser, me suspecter même est un outrage que je ne pardonnerai jamais. La connaissance de mon dossier et de celui du Sieur Rousseau me donnerait sans doute la clef de cet infernal mystère, et c’est pour cette raison que j’ai demandé et que je demande une enquête et la production des deux dossiers énoncés.

Hic fecit cui prodest dit une façon d’axiome juridique ? Toute hypothèses sont dès lors autorisées pour les nécessités de ma défense. Qui me dit que les armes retournées contre moi n’ont pas été forgées par celui là même qui les a maniées avec une aussi perfide dextérité.

Je le répète, les dossiers seuls seraient pour moi et pour l’administration, le fil qui permettrait de suivre, d’éclairer les détours de cet affreux labyrinthe? Admettant encore que ces lettres soient l’œuvre de méchants appartenant au quartier du Jardin des plantes ou à tout autre, n’est-il pas criminel de me les attribuer par ce seul et unique motif que cette incrimination me sera funeste ? Là a été l’unique mobile du Sieur Rousseau, qui n’ignore pas cependant que si sa vie nous est connue, en légère partie, vingt personnes peut-être ont pu la fouiller bien plus profondément que nous. Une enquête en dirait plus encore, si j’en crois des bruits venus jusqu’à moi. En ce qui me concerne, je ne sais à son sujet que ce que je tiens personnellement de la dame L … qui, mise en face de moi, n’oserait, je le pense, me démentir.

Le Sieur Rousseau, au surplus, n’ignore pas que je suis au-dessus même du soupçon, et en présence de gens respectables, en présence aussi de personnes nous connaissant l’un et l’autre, je le défie d’oser reproduire ses imputations. J’ai hâte, je l’avoue, d’échapper à ce bourbier, et pourtant, je suis contraint de retomber dans un second.

J’ai dit que ma vie avait été fouillée par mes ennemis, les émissaires de M. Lestiboudois et du Sieur Rousseau ont battu le pavé du quartier du Val de grâce ; mais j’ai des raisons de croire que la récolte n’a répondu ni à leur espérances, ni à leur animosité.

Et, ce qui serait un indice des préoccupations qui les rongent, c’est que pour la sauvegarde de son protégé Rousseau, et pour le salut d’une cause qu’il a faite sienne, M. Lestiboudois a jugé nécessaire de faire œuvre d’inquisiteur acharné, de porter ses mains, de plonger son regard dans mon dossier du ministère de la Justice.

C’est au Sieur Rousseau que je dois cette révélation qu’il croyait intimidatrice, sans doute.

J’ignore, il est vrai, quelle moisson le Sieur Lestiboudois aura recueillie de ce côté. Je sais seulement que les infamies dont je me plains en 1871, eurent une première édition dans les années 1848, 1849, et même suivantes. Appelé, en avril 1848, au poste de Chef du parquet du tribunal de Gourdon (Lot), j’y donnai constamment la preuve, sinon d’une compétence extrême, tout au moins d’une persévérante et impartiale équité. Je me préoccupais fort peu si ces errements donnaient ou ne donnaient pas satisfaction aux passions politiques contraires de l’un des arrondissements les plus agités du pays. La justice était mon guide, le reste m’importait peu. En janvier 1849, une sorte de jacquerie fut fomentée par les ennemis de la forme républicaine.

Le chef lieu fut envahi par des bandes en armes qui trouvèrent un renfort dans la Ville elle-même. Les autorités civiles, militaires et judiciaires furent misent à une rude épreuve, je ne veux pas le méconnaître. Et pourtant, au milieu des défaillances dont j’étais environné, mon mépris du péril, mon énergie luttèrent pour la loi jusqu’au sein du prétoire de la justice. Les exigences, les pressions menaçantes avaient éteint toutes les virilités et jusqu’à la conscience du devoir impérieux ; et ce fut à moi, magistrat de la veille, qu’incomba la charge, la tâche de sauvegarder l’honneur du fonctionnaire, la dignité de la magistrature.

J’éprouve quelque honte d’avoir à évoquer ces tristes épisodes, qui, deux fois au nom de la Cour d’Agen, me valurent des témoignages de satisfaction exprimés par son procureur général, M. Phiquepal, président de chambre, et qui avait été le chef du Parquet de la même cour dès les premières heures de la république.

Ce que je fis alors, je l’eusse fait sous l’empire pour l’accomplissement du devoir ; je le ferais encore, avec un zèle égal, pour la république nouvelle.

J’ai assez montré que mon âme est inaccessible à l’intimidation, à la peur.

Quoi qu’il en soit, les passions réactionnaires, les animosités personnelles se courbèrent devant cette manifestation éclatante de mon dévouement à l’ordre, à la paix publique, à la loi. Mais le temps emporta d’un même vol et les effarements de la crainte et les tributs de gratitude des jours de crise, et ceux qui m’avaient si peu imité dans le péril retrouvèrent dans le calme toute leur audace et leur méchant vouloir. Il ne me pardonnèrent pas la pusillanimité dont j’avais été le témoin. Les dénonciations et les calomnies ne me furent pas épargnées auprès du Ministère de la Justice.... et je fus brisé.

Mon successeur lui-même fit ensuite cause commune, on me l’a certifié, avec les plus acharnés de mes contempteurs, avec le juge B… notamment. Morts l’un et l’autre, j’épargnerai leur mémoire. Toutefois, en ce temps là comme plus tard l’horizon n’était pas sans nuages. Demain était toujours un problème, il fallait donc me fermer le lendemain, me clore, en un moi, l’avenir. Je ne sais à quelles menées ténébreuses ils se vouèrent, parce que je quittais temporairement le département.

J’y retournai avec les miens peu de temps avant la nuit sinistre du 2 décembre 1851.

C’était revenir me jeter dans la gueule des loups, car je n’évitai l’exil, et peut être pis, que, grâce à l’intervention, auprès de la Commission mixte, d’un camarade d’école, à la faculté de Toulouse, d’un ami dont les opinions étaient aux antipodes des miennes. Le Conseiller de préfecture Carb.... se souvient de ma conduite et des gages donnés à la cause de l’ordre en 1849, et on n’osa pas me frapper. Je n’appris que plus tard ce que je devais à cette loyale intervention.

Enfin j’abandonnai le Lot pour Paris vers le milieu de l’année 1852. Et c’est à Paris, comme je l’ai déjà dit, que le Préfet de police, M Piétri aîné, recueillit en moi une épave des temps troublés, une victime des sentiments politiques qu’il avait partagés.

M. Piétri avait d’autres tendances, d’autres vues que ses prédécesseurs ; sa maxime, son objectif étaient l’apaisement. Il me connaissait depuis 20 ans et, après un noviciat qu’il crut obligatoire, il me confia la mission acceptée, sous certaines réserves, qui était le plus en harmonie avec mes études et mes penchants. Las de la politique et de ses retours, je crus qu’un Commissariat de police me permettrait d’assurer mon avenir sans faillir à mon passé. Je fus heureux surtout de pouvoir, fidèle à ses conseils, à ses inspirations, être utile et faire le bien. On sait combien le Sieur Rousseau, dans ses mésaventures, eût à mettre à profit et les latitudes de la consigne, et les entraînements de ma sollicitude pour ceux qui souffrent.

Faut-il expliquer maintenant pourquoi le Préfet de police, M. Cresson, se montra si peu soucieux de se conformer aux désir de mes protecteurs ? Voici encore le mot de l’énigme.

M. Cresson, prenant possession de la Préfecture de police, avait trouvé en M. Lestiboudois un ancien condisciple du lycée de Versailles … Les conséquences de cette rencontre se déduisent d’elles mêmes … se préoccupa-t-il de moi, comme, à la fin de décembre 1870, me l’affirmait, en me pressant les mains avec effusion, le beau frère et Chef de Cabinet de M. le Préfet, c’est ce que j’ignore parfaitement. Toujours est-il que je suis resté échoué sur la plage de la Préfecture de police et j’ai quelques raisons de supposer que, sans initier son chef aux mystères me concernant, afin de ne pas courir la chance d’investigations compromettantes, M. Lestiboudois se contenta, sans doute, d’opposer au bon vouloir de son chef cette force qu’on dit souveraine, la force d’inertie. Je sais aujourd’hui que ces lignes font honneur à M. Lestiboudois d’une réserve qu’il n’eut pas.

Me résumant en quelques mots, j’oppose la dénégation la plus absolue à toutes les dénonciations calomnieuses dont j’ai été l’objet et le martyr ... au sujet de Rousseau comme de M. Lestiboudois, je n’ai jamais écrit une ligne qui n’ait été signée de mon nom. Pour mieux dire, je n’ai rien écrit, ni inspiré du tout qui put être l’objet de la moindre interprétation fâcheuse à l’égard du Sieur Rousseau, pendant la période antérieure au mois de février 1871.

Si je fus agressif alors, si je l’ai été depuis, c’est qu’avant, comme après, je fus initié à bon nombre des faits qui constituent le dossier de mes griefs, mais, écœuré que je fus toujours par les turpitudes anonymes, j’ai constamment écrit à visage découvert. Et, à visage découvert encore, je persévère à demander une enquête avec production du dossier du Sieur Rousseau, ainsi que des dossiers me concernant qui sont à la préfecture de police et au Ministère de la Justice, duquel j’ai relevé en ma qualité d’ancien Commissaire et d’ancien Procureur de la République.

A défaut d’une enquête ... je demande la comparution simultanée de toutes parties devant un fonctionnaire chargé de nous entendre et de faire rapport. Ce tempérament d’une équité vulgaire montrera, je l’espère, la nécessité d’une enquête administrative que sera la réhabilitation ou la confusion de qui de droit.

Je ne me dissimule pas que j’eusse tourné bien des difficultés, aplani bien des obstacles graves si, mettant l’habilité à la place de la conscience, de la probité rigide, je m’étais ingénié à laisser M. Lestiboudois hors de procès et à diriger exclusivement mes attaques et mes légitimes récriminations contre le Sieur Rousseau.

Cet expédient, cette capitulation ne m’ont pas semblé de bonne loyale guerre défensive.

Solidaires, comme ils le sont à mes yeux, d’agissements élaborés de concert, je me serais jugé le plus méprisable des êtres de songer à me dérober devant le suzerain, devant le chef d’emploi, afin de mieux écraser le comparse. J’ai un bouclier, ma conscience…, j’ai un levier, la vérité… et sans lâcher compositions, armé de ce double engin, je me sens d’une volonté à essayer de soulever un monde.

Or, le monde, les individualités que je bats en brèche, m’auront par le poids d’un fétu, parce que, dans ma ferme croyance, les puissants auxquels s’adressent mon appel, mes doléances, m’entendront, et, selon leur coutume, s’inspireront de la plus rare et de la plus noble des vertus… de l’esprit de justice."

Paris, ce 17 Juillet 1871.
J. B. Cessac.
Ancien Commissaire de Police de la Ville de Paris
rue des Feuillantines, n°101

 carre.gif (935 octets)

Notes

1 - L’empereur Napoléon III ayant résolu d’écrire la vie de Jules César, une portion de son ouvrage devait nécessairement être consacrée à la guerre des Gaules. Sous le nom de Commission de topographie des Gaules, un corps de savants fut constitué, qui fut chargé de recueillir toute la documentation nécessaire. En particulier, il s’agissait pour la Commission d’identifier les principaux points sur lesquels César ou ses lieutenants eurent à soutenir des combats. Comme méthode de travail, la Commission ajouta à la critique littéraire des textes, qui seule avait prévalu jusqu’alors, les fouilles directes dans l’intérieur du sol. Et ce fut là une heureuse initiative. Si cette manière d’opérer ne donna pas, dès l’abord, tous les résultats attendus, si certains points indiqués par la Commission durent plus tard être révisés, il serait souverainement injuste de déprécier les efforts qui furent alors tentés.

2 - Cette commission était dirigée par le général Creuly, du génie, et Alfred Jacobs, de l’Ecole des Chartes.

3 - Cessac (J.B.). - Etudes historiques, Uxcllodunum, aperçus critiques touchant l’examen historique et topographique des lieux proposés pour représenter Uxellodunum, de MM. le Général Creuly et Alfred Jacobs. Extrait de la Rev. des Soc. Sav. des Départements, février 1860, Paris, E. Dentu, Librairie-Editeur, Palais-Royal, 1862, in-8°, 79 p.

- Cessac (J.B.). - Etudes historiques. Commentaires de César. Uxellodunum. Notices complémentaires touchant l’examen historique et topographique des lieux proposés pour représenter Uxellodunum. Paris, E. Dentu, Librairie-Editeur, Palais-Royal, 1862, in-8°, 31 p.

- Cessac (J.B.). - Lettre au directeur du Collège Sainte-Anne à Augsbourg. Moniteur Universel, 6 mars 1863.

- Cessac (J.B.). - Un dernier mot sur Uxellodunum. Paris, E. Dentu, Librairie-Editeur, Palais-Royal, 1863, 47 p.

- Cessac (J.B.). - Mémoire sur les dernières fouilles d’Uxellodunum. Paris, Dentu, 1864.

- Cessac (J.B.). - Etudes Historiques, commentaires de César, observations touchant les fouilles exésutées à Luzech. Paris, E. Dentu, Librairie-Editeur, Palais-Royal, 1864, 16 p.

- Cessac (J.B.). - Uxellodunum, fouilles exécutées à Luzech, a Capdenac et au Puy-d’Issolud. Paris, Dentu, 1865.

- Cessac (J.B.), Bial (Paul), Lunet (Abbé). - A propos d’Uxellodunum. Congrès arch. de France, XXXII, 1865, p. 437-440 et 443-450.

- Cessac (J.B.). - Notes sur les fouilles exécutées à Puy-d’lssolu. Rev. des Soc. Sav., 1866, p. 464, 569-570.

- Cessac (J.B.). - Le véritable emplacement d’Uxellodunum démontré au moyen des fouilles. Manuscrit à la bibliothèque du Musée de l’Homme à Paris, daté de 1866, 14 p., 7 pl.

- Cessac (J.B.). - Mémoire sur les dernières fouilles d’Uxellodunum, (Mémoire lu à la Sorbonne en 1866). Paris, Imp. Impériale, 1867, in-8°, 17 p.

- Cessac (J.B.). - Le véritable emplacement d’Uxellodunum sous les auspices de la Soc. d’Emulation du Doubs. Comm. Rev. Soc. Sav., 1867, p. 48-50.

4 - Note sur les fouilles exécutées à Puy-d’lssolu. Rev. des Soc. Sav., 1866, 4e série, t. III, p. p. 569-570. Une autre note se trouve p. 464.

5 - Un double se trouve au Service Régional de l’Archéologie à Toulouse dans le dossier du Puy-d’Issolud..

Haut de bullet_b.gif (912 octets) la page


Quercy Médiéval Quercy historique Sommaire BSEL Le Quercy sur le Net
Quercy Médiéval Histoire du Quercy Sommaire du B.S.E.L. Le Quercy sur le Net