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LA GROTTE SÉPULTURALE ORNÉE
Situation : La grotte de La Devèze, située dans une très grande propriété appelée la Borie Grande, a toujours été connue de son propriétaire et des chasseurs locaux. Ouverte dans une doline, lunique galerie actuellement connue (fig. 1) se développe dans le niveau du Bathonien supérieur (1). Comme presque toutes les autres cavités du Karst environnant, elle souvre à lest. Contexte archéologique : Cette propriété est connue pour abriter plusieurs sites de périodes allant du Moustérien au Gallo-romain. Le dolmen double de la Borie Grande est situé à 900 m au nord. Ces sites nont fait lobjet daucune publication spécifique à lexception de notes : Jean Arnal (1963), Claude Borel (1971), Jean Clottes (1969 et 1977), Emmanuelle Thauvin-Boulestin (1998). Découverte de la grotte sépulcrale : La découverte des squelettes eut lieu fortuitement en mai 1966 par Claude Borel et Claude Lemaire. Le propriétaire dalors, le général Pierre Soulié (2), les avait encouragés à désobstruer un conduit pouvant mener à un puits. Mais en raison dun quiproquo sur la situation géographique de la cavité, ils se rendirent dans une grotte voisine. Les divers travaux de désobstruction réalisés selon la technique du gradin entraînèrent une déstabilisation de léboulis. Malgré ces précautions, un glissement des gradins mit au jour des squelettes humains et des tessons de poterie. De nombreux os de gros animaux accompagnaient ces vestiges. Cette découverte fut signalée en son temps aux autorités de tutelle. Le mobilier fut provisoirement conservé avant dêtre déposé en 1981 au musée de Cabrerets. La céramique semble correspondre aux périodes allant du Bronze ancien au Gallo-romain, voire au Haut Moyen Age. Parmi ces vestiges, on note la présence dun pied de polypode, des tessons ornés de chevrons et une poterie lustrée (Thauvin-Boulestin 1998). Les vestiges dart pariétal : Ce dégagement a révélé également sur la paroi sud (fig. 2) différents tracés noirs, probablement à base de charbon de bois. Lélément principal est une figure anthromorphe denviron 0,45 de haut sur 0,40 de large. Près de cette figure, des restes de tracé évoquent une représentation similaire, mais réduite, très effacée. Des vestiges dune main positive (argile) pourraient être associées à un fossile incrusté dans le plafond du réduit. Enfin quelques traits isolés apparaissent çà et là, atténués et sans relations avec les autres figures. Conclusion La figure principale est à ce jour, sans réelle correspondance avec dautres anthropomorphes. Compte tenu du contexte archéologique, et sans éléments comparatifs pariétaux, nous avons recherché quelques similitudes du côté des statues-menhirs. Celle de Ferrières-les-Verrières (Hérault) nous paraît présenter quelques concordances. Mais ce rapprochement incertain au Chalcolithique ou au Bronze ancien pourrait être affiné par une datation radiocarbone. Claude Lemaire (3) et Pascal Raux (4)
Notes : 1 - Code J. carte géologique 1/80 000ème Gourdon 194. 2 - Ancien Président de la Société des Etudes du Lot. 3 - Président de Préhistoire Quercinoise et du Sud-Ouest, 46600 Cressensac. 4 - Association Lithos, La Fournerie, 24220 Vezac.
Bibliographie Arnal J., 1963 - Les dolmens du département de lHérault. Préhistoire XV. p. 180. Borel Cl., 1971 - Section Reilhac-Le-Bastit. Bull. de la Société Méridionale de spéléologie et de préhistoire, p. 67. Clottes J., 1969 - Le Lot préhistorique, bull. SEL, p. 209. Clottes J., 1977 - Inventaire des mégalithiques de la France - 5 - Lot 1er supplément à Gallia Préhistoire - éditions du CNRS. Voir pages 90-91-92-354-360-362. Thauvin-Boulestin. E., 1998 - Le Bronze ancien et moyen des Grands Causses et des Causses du Quercy. Coédition Préhistoire Quercinoise et CTHS, p. 271. |