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LA PAROISSE DE SAINT-HILAIRE
Le contexte historique. Aux franges de la commune, la Combe Nègre témoigne doccupations au Paléolithique Supérieur, au Néolithique(1), au Bronze moyen et final (2), et pour lère chrétienne à partir du IIe siècle de notre ère. Des fragments de tegulae indiquent quà lamorce de la Combe des Dames, au moins un bâtiment de lépoque gallo-romaine y fut édifié. Labsence de poteries laisse supposer quil sagissait dune grange ou dun atelier. Le Bastit était fréquenté à lépoque romaine puisque A.Viré signale, sans précisions, la découverte dune monnaie isolée (3). Le toponyme de Gannaud (4) indique une possession, peut être une occupation durant le Haut Moyen Age par un colon dorigine germanique. La paroisse dorigine sappelait Saint-Hilaire du Goudourlet ou Godorlet et dépendait de larchiprêtré de Gourdon (5). Lexistence de léglise est mentionnée dans un acte datant de 1143 : larchevêque de Bourges la reconnaît comme possession du chapitre du Vigan. Elle figure dans une charte de Tulle datant de 1278 sous le nom de Saint Yllaire. Après la guerre de Cent Ans, sa possession fut contestée par lévêque Antoine dAlamand. Mais en novembre 1484, il reconnut les droits du chapitre du Vigan qui conserva la présentation du curé et lévêque linstitution. Ultérieurement le sanctuaire fut à la collation de lévêque qui était également abbé du Vigan. A la suite des combats des guerres de religion, léglise était qualifiée de "vieille masure de léglise Saint Hilaire de Godorlet" (6) en 1644. Elle fut abandonnée au profit de la chapelle castrale, implantée aux Gasparoux, et qui date du XIVe siècle. La dédicace à saint Hilaire indique une fondation potentielle antérieure au VIIIe siècle (7). En 1820, si létat du bâtiment était jugée satisfaisant, la cloche était félée "au point de ne pouvoir se faire entendre" (8). A louest de lactuel château sétendent successivement deux collines au flanc nord baigné par la Dordogne. Une importante végétation de chênes, genévriers et arbustes couvre ces deux éminences. La première, le Pech Saint-Hilaire, haut de 218 m, présente sur les versants nord, est et ouest des vestiges denceinte. Le flanc sud comporte un système à double glacis. Le deuxième glacis a été aménagé à mi-pente. Il nen reste que des tronçons. Au nord et au sud, ces glacis sont très estompés. Le flanc est aboutit au petit chemin qui conduit au port du Bastit. A cet endroit subsiste une entrée en pinces de crabe et un ensemble de murs peut-être plus récent que limplantation originelle. En effet, les entrées en pinces de crabe, dispositif propice à la défense, sont connues depuis la Protohistoire. Sur le versant opposé, aucune trace de fermeture ne subsiste (9).
Au point le plus haut du terre-plein central, long denviron 200 m, quelques substructures de forme circulaire se dissimulent dans une végétation touffue. Seul un sondage permettrait de déterminer sil sagit effectivement déléments bâtis ou de remontées rocheuses trompeuses. La colline suivante, culminant à 198 m est le Pech des Gleysos (10). Cette appellation est curieuse dans la mesure où le sommet a été entaillé dun profond fossé en demi-lune. Ce sont les restes dune motte médiévale denviron 500 m2. Le fossé ne ceint pas la totalité du périmètre. Le flanc nord est dépourvu daménagement car une pente fort raide conduit à la Dordogne. Le sommet du mamelon conserve quelques amoncellements pierreux, hâtivement qualifiés par A. Viré de tumuli, alors quil sagit des ruines de constructions. Seraient-ce là les restes de léglise ou chapelle qui a donné son nom au site ?
Des fouilles dans le secteur des fossés ont livré des vestiges dhabitat. La contemporanéité de ces maisons par rapport à la motte castrale reste à démontrer. Un promeneur a découvert au sommet une monnaie dargent à leffigie dEudes, ce qui daterait le site du IXe siècle (1)1, entre 888 et 898. Les investigations de Viré (12) au début du siècle auraient permis la découverte de vestiges gallo-romains (13) dont un fragment dinscription sur plaque de marbre. Quoi quil en soit, le castrum était propriété des Belzom, branche de la famille des Bormes (14). Au Moyen Age, ceux-ci figuraient parmi les chevaliers tenant garnison à Belcastel (15). Ces Belzom ont donné leur nom au port de lactuelle Combe Nègre (16). Les arrières de ce havre, assez sûr par hautes eaux, donnent sur une vallée sèche communiquant soit avec la Combe des Dames qui se prolonge jusquà Montfaucon et Labastide-Murat, soit à Nadaillac-de-Rouge et Loupiac par le ravin des Fages (17). Déformé par lusage et le temps, le nom des Belzom a été également attribué à une colline proche de Grèzelade (Lanzac) : le pech de Baussone appelé du XIIe au XVe siècle de Belsone (18).
La construction du château actuel intervint durant le XIIIe siècle, daprès les bases visibles dans la cour intérieure. Cest probablement un Roffilhac qui en fut linitiateur. Il fut restauré durant le XVe siècle car il avait subi deux assauts durant la guerre de Cent Ans, en 1348 et en juillet 1390. Limplantation du château a été précédée dune occupation civile dans la combe. Récemment, un four de potier a été découvert au flanc est de la dépression. Les tessons dégagés pourraient dater le site du XI ou XIIe siècle (19). Sans quil soit question de seigneurie mais de simple propriété, la paroisse apparaît en 1278 dans un hommage rendu par Géraud de Cardaillac, fils de Bézangier, à lévêque de Tulle pour "villaiges quil a en la paroisse de Bougayrou, Pinssac, Lanzac, Loupiac, St Yllaire et de Floyrac" (20). Le premier seigneur connu est Hugues de Roffilhac (21) en 1308. Lui succédèrent Raymond, attesté en 1334 par un hommage (22), Guillaume qui sy réfugia en 1350 après lépisode de lattaque du château de Beauregard (23) et qui hommagea au vicomte de Turenne en 1356 (24) et 1361. Son château avait été pris par les Anglais au mois davril 1348, durant cette campagne de pénétration dans la vallée de la Dordogne qui vit linstallation de garnisons à Belcastel et Creysse. Plus tard, Hugues de Roffilhac est cité comme seigneur du Bastit dans un hommage du 3 février 1395. Les Roffilhac disparurent de la chronique locale au XVe siècle. Leur proche environnement était bouleversé, désertifié par la guerre et la maladie. Le château de Beauregard avait été détruit vers la fin du XIVe siècle par un incendie après diverses péripéties. Celui de Belcastel avait une garnison française aussi nuisible que la précédente, des Anglais ou des mercenaires à leur solde (25). Quant à Pinsac, la paroisse navait plus dhabitants. Les Roffilhac ou leurs héritiers auraient vendu une partie de leurs biens aux du Cluzel à une date inconnue, antérieurement à 1462 où Annet du Cluzel est dit seigneur de la Treyne. La famille de Bossac avait recueilli cette succession Roffilhac vers cette époque. On ignore à quel titre. En 1467 intervint une sentence arbitrale concernant la limite des fiefs du Bastit et la Treyne entre Hugues du Cluzel et Etienne Vieillescazes. Le 7 février 1468, ce même Vieillescazes signait une convention avec Jean de Salignac, seigneur de Lamothe-Massaut (26). Une autre transaction intervint en 1477 : Hugues du Cluzel hommagea pour la Treyne, Meyraguet, le Bastit et le tènement de Belsone. ll semble donc que larbitrage de 1467 soit lélément fondateur dune co-seigneurie dont nous verrons plus loin plusieurs exemples.
La seigneurie du Bastit fut donc acquise par la famille Vieillescazes ou Vieillechèzes (27) Etienne de "Vielhaschiesas" (28) est dit seigneur du Bastit lorsquil est témoin le 26 septembre 1461 de lhommage de Bertrand dAraqui au vicomte de Turenne. Dans les actes précédents dont le premier date de 1460, il est seulement désigné comme procureur de la vicomté (29). Mais lors de son propre hommage le 23 juin 1470 (30), il mentionne sans en préciser la date, lorigine de sa propriété, la succession Roffilhac que les frères Guillaume et Pierre Bossac lui auraient vendue précédemment. Mais la vente est peut-être concomitante avec celle de la Treyne puisque nous avons déjà mentionné un règlement territorial entre du Cluzel et le procureur de la vicomté datant de 1467. Ce même Etienne hommagea en 1480 à Dorde de Lauzières (31). Cet apparent transport dhommage reflète peut-être des imbrications dhommages issues de la succession Roffilhac, la paroisse ayant toujours figuré dans la vicomté, car dans sa position de procureur viscomtal, une attitude dindépendance pourrait paraître illogique. Cet hommage est sans doute destiné à régler à lamiable un litige car il semble ne plus sêtre renouvelé. A cette époque, la paroisse figure le 29 avril 1487 dans une ordonnance royale confirmant son appartenance à la sénéchaussée de Gourdon, ainsi que Belcastel, La Treyne, Meyraguet, Lanzac et Cieurac (32).
On ne connaît pas à ce jour la date du décès dEtienne de Vieillescazes, probablement à la fin du siècle. Il fut suivi de Pierre (33), hommageant au vicomte de Turenne le 12 février 1493, et désigné du titre de seigneur du Bastit dans un acte de 1534 concernant les domaines de la Rebeyrette et du Vauret, paroisse de Beyssac (34), et qui hommagea de nouveau en 1543 pour le Bastit. La même année, il avait été témoin et partie du mariage dAgnet du Chaylar seigneur du Bartas avec Arsenne de Rech. La future renonçait par contrat à ses prétentions sur lhéritage paternel au profit de Marguerite, sa sur ainée, épouse de Pierre, tout en recevant 1000 L de dédommagement. Pierre de Vieillescazes sétait marié une première fois avec Louise de Cardaillac, désignée en 1525 comme demoiselle de Saint Hilaire. Laccord fut dénoncé par le seigneur du Bartas, à moins que Pierre nait pu à temps payer la somme convenue car en 1544, il versa à sa belle-sur 1200 livres. Le 11 décembre 1553, Galienne du Cluzel épousa Pierre de la Ramière dont elle eut 7 enfants : Gilles, Jean, Jean-Philippe, Godefroy, Charles, Pierre et Marie. Son époux mourut au siège de Saint-Jean dAngély en 1569. Il était lieutenant du célèbre capitaine protestant Geoffroy de Vivans. Lun des fils de Pierre mourut durant lhiver 1573/1574 de la propre main du vicomte de Turenne, Henri de La Tour (35), chef du parti Huguenot. Celui-ci relata la prise du Bastit en écrivant que celui qui "commandait, un homme vaillant et déterminé", avait opposé une résistance farouche. A la même époque, la co-seigneurie saffirme lors dune vente de terre faite en 1562 par Blaise Brunet à Jean de la Treyne se désignant comme seigneur du Bastit (36). Il ne sagit pas dune erreur de copiste car cinq ans plus tard, Jean de la Treyne, fils du précédent Jean, règle avec son frère Louis, les legs de la succession paternelle : il se dit seigneur du Bastit (37). Les châteaux du Bastit et de la Treyne, leurs seigneurs et leurs parents par alliance représentaient une sorte de raccourci des dissensions qui pouvaient dans la deuxième partie du XVIe siècle opposer les membres dune famille. Les La Ramière étaient de farouches Protestants, malgré le fait quun fils de Pierre ait résisté jusquà la mort au vicomte de Turenne, chef du parti protestant : belle preuve des graves différends qui pouvaient régner alors au sein même des familles. Accusés davoir "ruiné la vallée" ils devaient sur ordre du Parlement de Toulouse subir la destruction de leur château en 1622. Mais ces représailles ne furent pas exécutées. Leurs mauvaises actions peuvent être imputées à un désir de vengeance envers les plus ardents catholiques car leur château de la Treyne avait été incendié en partie en 1586 sur ordre du duc de Mayenne. Durant cette époque troublée, Suzanne du Cluzel, demoiselle de la Treyne, sunit le 25 octobre 1589 à Jean de Vassal dit larchidiacre, ou la Tourette, lun des plus acharnés ligueurs de la région, qui mourut en 1593 en défendant Carlux contre les troupes royales (38). Les Vassal gardèrent des attaches dans la paroisse de Meyraguet dont dépendait la Treyne car on trouve mentionné dans un registre récapitulatif des décès rédigé succinctement, Catherine de Vassal morte en 1693 et Suzanne de Vassal en 1694 ; au répertoire des baptêmes Marie Jeanne de Vassal née en 1731, celle-ci épousant dans la même église Saint Georges où elle avait été baptisée Jacques Louis de Tournier en 1750. Entre-temps, Louis du Cluzel, père de la jeune mariée, était assassiné en 1592 dans la combe des Dames (39) pour un motif mystérieux. Les relations entre la veuve, Jeanne de Genouillac, et son fils Jacques senvenimèrent au point que le fils intenta un procès à sa mère pour défendre ses intérêts (40). Jacques du Cluzel fut assassiné par un tueur à gages, Courniolz, au début de 1607. Lenquête fit découvrir immédiatement les instigateurs du crime: Jeanne de Genouillac et son beau-frère par alliance Balthazar de la Saulière. Ce dernier avait été lun des plus importants lieutenants du chef protestant Geoffroy de Vivans. Il avait témoigné lors de linstruction concernant la conspiration de 1605 dont le duc de Bouillon, vicomte de Turenne, était le principal instigateur. Le trio fut exécuté sur la place de Rode de Martel le 26 mai 1607 : le manant Courniolz fut pendu, les deux nobles décapités. La même année, Suzanne du Cluzel, veuve de La Tourette le ligueur fanatique (41), épousa Jean de la Ramière, un protestant, veuf en premières noces de Jeanne de Vignals. Quand ce dernier mourut, en 1619, le curé de Meyraguet se plaignit auprès de lévêque de Cahors parce que la famille avait abusé du droit de tombeau en faisant inhumer le protestant zélé dans un sanctuaire catholique (42). François, fils et petit-fils dun Pierre Vieillescazes, vendit sa part de seigneurie le 10 décembre 1589 à Pierre II de Marqueyssac. Il sagit dune vente ou cession gracieuse de part et non de totalité de seigneurie car le 4 décembre 1600 François Vieillescazes hommageait au vicomte de Turenne pour le Bastit, Crozes et le fief noble de Couzenac. Pourtant par lentremise de sa sur Marie, les Vieillescazes avaient déjà cédé une partie du domaine. En effet, Raymond II de Marqueyssac, fils dAmanieu, avait épousé en 1567 Marie de Vieillescazes (43) qui lui apporta les fiefs de Crozes, la Reille et le Bastit. En 1605, lors de son second mariage avec Jeanne du Saillant, Raymond de Vieillescazes, écuyer, sintitulait seigneur du Bastit. Mais pour ce dernier fief, il sagissait dune part seulement de seigneurie car on trouve en 1608 au détour dun acte concernant sa propriété de la Boissière, paroisse de Sarrazac, Pierre de Vieillescazes se déclarant encore seigneur du Bastit. Ce Pierre ne peut être le père de Marie car celui-ci testa le 22 juillet 1588. Il peut sagir dun cadet Vieillescazes frère de François et Marie. De lunion de 1567 naquirent trois garçons : Par transaction en date du 20 septembre 1613, les deux frères organisèrent le partage : Jean qui avait épousé en 1600 Catherine dAlège, garda le Bastit, la Reille, Crozes. Les membres de cette lignée ajoutèrent aux possessions déjà citées 3 fiefs de la paroisse de Cuzance, Couzenac, puis la baronnie de Cazillac et le château de Cieurac. Venue du Périgord, cette famille Marqueyssac (44) était à lorigine une branche cadette des Hautefort. Plusieurs chevaliers étaient attachés jusquau XVe siècle au château de Castelnaud-La-Chapelle. Certains choisirent durant la guerre de Cent Ans le camp anglais (45). Puis la famille essaima en plusieurs branches dont lune simplanta en Quercy. Le fils de Raymond II, Jean de Marqueyssac, est dit seigneur du Bastit (46) en 1635 lors dune procédure contre Laurens Philibert de Bannoy, seigneur de Payrac, en 1639 lors dune signification de M. dAbzac, seigneur de Sarrazac, ainsi quen 1661. Il est lauteur de la vente de sa part du fief en 1661 à Gédéon I de la Ramière (47), époux de Judith de Bergues depuis le 25 mars 1624 (48). La famille La Ramière possédait déjà la Treyne depuis le mariage de Pierre avec lhéritière du Cluzel. Lors de son mariage avec Anne de Lafon en 1687, Philippe de la Ramière se dit seigneur du Bastit (49). Le fils de Gédéon I, Gédéon II, épousa en deuxièmes noces Marie de Lestrade de Floirac (50). Il en eut deux filles, Marie, née en 1692, qui sunit en 1711 à son cousin Jean III de Cardaillac-Végennes, chevalier de Saint-Louis et capitaine au Royal Artillerie, et Anne née en 1694 et dont on ne trouve plus trace ultérieurement. Marie apporta la Treyne en dot à son époux. Le successeur de Philippe et Gédéon II de la Ramière à la seigneurie du Bastit, Pierre, né en 1691, mourut sans postérité en 1710 dune pleurésie au château dAgudes (Floirac) où sa mère Marie de Lestrade lhébergeait. Il est loncle ou le cousin germain dAntoine, mort subitement le 7 novembre 1738 à lâge de 49 ans (51), lui-même frère dHélie de la Ramière qui figure dans le terrier (52). En 1727, Barthélémy dEstresse, seigneur de Loupiac, signait une procuration en sa faveur (53), alors quil était qualifié de seigneur de Lile. Hélie fit une donation le 11 juin 1779 devant Me Jardel, notaire de Creysse. Cette date parait avaliser la date de linventaire foncier possible : 1743, car il nest pas invraisemblable quHélie de la Ramière ait vécu 36 années de plus, dautant que lon peut estimer son âge à environ 30 ans lorsque son père mourut. Hélie de la Ramière remit le 26 décembre 1758 à Jean-Baptiste de Lafon agissant en qualité de procureur de Jacques de la Ramière, seigneur de la Devèze, la somme de 1000 livres lui revenant sur ses droits fraternels et maternels. Le 18 mai 1764, il versa 1000 livres à Antoine Vidal de Lapize de Villeneuve, habitant Saint Projet, en présence dAntoine Vieillescazes, bourgeois de Saint Projet, et de Jean Andral, habitant du Bastit (54). Il fut cité le 16 juillet 1762 devant le sénéchal de Martel par Elisabeth de Peyronneau de Saint-Chamarand, veuve de Jean-Baptiste de Calvimont sur un litige à propos dune rente portant sur des fonds de la baronnie de Belcastel situés sur la rive droite de lOuysse. Le 11 décembre 1768, il versa à Jean Pierre Tournier, ayant droit de feu Pierre Degua, antérieurement curé du Bastit, la somme de 280 livres pour capital de la rente consentie par la mère dHélie, Anne de Lafon, et son frère Antoine de la Ramière (55). Le 26 juin 1778, en raison du grand âge dHélie mentionné dans lacte notarié, son parent Louis Gabriel, comte de Laramière, prenait en main ladministration de la seigneurie du Bastit, et mandatait Antoine Lacroix, féodiste de Calès, pour obtenir la reconnaissance des tenanciers du Mas de Gramat et de Maurifon, près de Payrac. Il vendait également ce même jour une pièce de terre située au terroir de la Bornhe, dans la mouvance de labbaye de Souillac, à Pierre Bordes, praticien de Pinsac (56). Hélie de la Ramière avait épousé Elisabeth de Cugnac, née en 1704, morte le 21 mai 1778, et qui fut ensevelie le lendemain dans léglise du Bastit (57). En 1784, Louis Vidal de Lapize se disait seigneur du Bastit. On le trouve au début du XIXe siècle marié avec Marie Christine dEstresse de Paunac (58). La vente de la seigneurie aux Lapize dut être faite par le comte de Laramière cité plus haut, Hélie étant apparemment sans héritiers directs, et décédé entre 1779 et 1784. Du XIVe au XVIIIe siècle, la seigneurie du Bastit évolua donc en parallèle de celle du château voisin. Dépendance de la famille installée à la Treyne, ou officiellement détachée de son obédience, elle ne séloignait guère de son orbite par le jeu dune co-seigneurie quaucun acte naffirme, mais que des unions matrimoniales fréquentes entretenaient. Le château subit un incendie à une date indéterminée, postérieure au premier cadastre communal datant de 1829 où il ne figure pas en qualité de ruine. Il était depuis le Directoire propriété de Bertrand Doussot, de Souillac. Il ne fut restauré que dans les années 1970. Sur la terrasse dominant la Dordogne se dresse un pigeonnier à piliers construit au XVIe siècle, dont lélégance, en harmonie avec la nature environnante, a servi dillustration photographique à maintes publications sur la vallée de la Dordogne ou le département du Lot (59). Au XVIIIe siècle, lintitulé complet de la paroisse est Saint-Hilaire du Bastit de Baussone. Au milieu du siècle précédent, lappellation dorigine, Saint Hilaire du Goudourlet était conservée (60). Les archives communales de Pinsac recèlent un petit cahier de 67 pages relié par une couverture taillée dans un parchemin. Amputé par le découpage à la mesure du document à protéger, taché, pâli par le temps, le texte de ce parchemin écrit en latin a pu malgré tout être presque entièrement déchiffré (61). Lacte concerne une terre ou propriété bâtie faisant lobjet dun échange entre Johan Saurie ou Sourie et son épouse Anthonia, de Pinsac, et dautre part Louis Raynald. Léchange donne lieu au versement compensatoire de 13 livres, somme qui peut correspondre à la dot dAnthonia. Les auteurs de la transaction demandent à labbé commendataire de Saint-Michel-de-Cuxa (62), seigneur foncier, de les mettre en possession réelle. Lacte est passé à Souillac sous la garantie de labbé de Souillac. Les mentions toponymiques de larpentement Le nombre des toponymes figurant dans le cahier est très important si on compare ses désignations avec celles du cadastre de 1829 et celles daujourdhui. Dans un souci de simplification, les géomètres ont taillé dans les microtoponymes très ou trop détaillés pour aboutir à une amputation toponymique perpétrée dans un passé récent. Ainsi peut-on rencontrer une désignation notoirement inadaptée qui regroupe un terroir au faciès multiple. Le terroir de Rayssiniol subit un avatar de transcription devenant en 1829, sous la plume dun non occitanisant, les Rossignols, certes poétique, mais loin de la désignation géographique dorigine de petit raysse. Signification des toponymes Géographie physique : Végétation : Activités agricoles : Artefacts : Anthroponymes, professions : Divers :
Propriétaires du XVIIIe siècle Linventaire a été réalisé par un agrimanseur du village de Pomié, paroisse de Baladou, Jacques Thomas, cité dans dautres documents (63). Ce document nest pas daté. Il semble quen haut du registre, un graphisme très effacé puisse être interprété comme 1743. La seule précision chronologique incontestable indique que linventaire sest achevé le 19 avril. Il a été effectué à la demande des tenanciers, devant Me Boissy, notaire royal. La mesure employée est celle de Souillac (64). Comme nombre dinventaires, celui-ci a pu être conduit en raison de la prescription trentenaire, source de litiges sans fin, si létat des lieux nétait pas régulièrement effectué. Larpentement souvre sur la description des limites de la paroisse, lesquelles recoupent étroitement la limite actuelle de la partie de commune de Pinsac située rive gauche. Lactuelle route qui conduit à Loupiac, Lanzac ou la combe des Dames sappelle alors chemin de Labeuradou (65). Celle qui monte à Calès est le chemin des Fontanelles, ce qui implique la présence de petites sources aujourdhui disparues. Le microtoponyme de Peyreplantade (66) qui équivaut à lactuel terroir de St Hilaire et Pièces Rondes indique la présence dune pierre levée, borne féodale ou menhir en faisant fonction. Des bornes féodales étaient plantées sur le plateau, dans les bois de la Treyne, ainsi que sur le flanc Sud Sud-Ouest où elles assuraient la démarcation avec Loupiac. Lune de ces bornes subsiste encore au bas du Pech Saint-Hilaire. Son excellent état évoque un probable remplacement à une date indéterminée. Les 16 propriétaires roturiers figurant sur le terrier avec le seigneur du Bastit sont : Hugues, Jean et Louis Andral. Jean Boy dit Bigarel, Fialip, Jean et Joseph Boy, les héritiers dun autre Jean Boy. François Brunelle, le curé de Saint Hilaire, Jean Delbut, Jean Galban, Jean Lascombes, Jean Malbet, Jean Maury et Antoine Montet. La mort en 1745 de Jean Delbut date linventaire foncier dune période sétendant entre 1735 et cette année là, car Jean Andral est né en 1701, Jean Malbet en 1702, Jean Boy en 1706, François Brunelle en 1712. Compte tenu de la durée moyenne de vie, laccession à la propriété intervient le plus souvent à partir de 40 ans, délai compatible avec la date de naissance des participants. En ce cas, le curé, propriétaire ès qualité dans le village dune maison et de quelques terres est desservant jusquen 1763. Le 24 mai 1748, il était témoin de linstallation à la cure de Pinsac et Terregaye de François de La Ramière, habitant du Bastit (67). Il résigna ses fonctions le 7 janvier 1763 en raison de son âge, en présence du curé de Pinsac et Terregaie (68), Jean Denucé et de Jean Cassaignade, bourgeois de Souillac (69). Son remplaçant, dès le 12 janvier 1763, est François Vitrac dont la prise de fonction fut notifiée aux paroissiens par le notaire Camy qui, à la sortie de léglise Saint-Hilaire "crie la mise en possession du bénéfice et de la chapelle". Puis vint un intérimaire, Jean Calmon, docteur en théologie qui exerca depuis le 28 juin 1768, date de la démission de Vitrac, jusquau 29 juillet 1768. A ce jour entra en fonction Marc Antoine Sers, prêtre cadurcien qui fut remplacé deux ans plus tard par Dejoux. Ce dernier assura son ministère jusquen 1792, date à laquelle Antoine Doussot, prêtre assermenté, lui succéda (70). La famille Boy (71) est trop nombreuse pour quil ny ait pas de risques de confusion. Aussi plusieurs de ses membres, chefs de branches familiales au cours du XVIIIe siècle, sont désignés dans les actes officiels avec un sobriquet de complément. - Jean dit Bigarel figure dans linventaire de lagrimanseur. Bigarel se rapporte à la cerise bigarreau. Elle désigne soit une figure rougeaude, soit une tête ronde comme une cerise (72). - En 1748 Philippe dit Ramelou épouse Roquette Salgues. Ramelou veut dire le petit rameau ou le petit bouchon de cabaret, ce qui évoquerait une propension à boire. - En 1758, Jean dit Rouzelou décède à lâge de 50 ans. Rouzelou veut dire le petit roseau, ce qui indiquerait que ce Boy était mince et de petite taille (73). Son fils Gabriel porta également ce sobriquet. Larpentement ne met en évidence que les propriétaires, aussi modestes soient-ils. Un testament daté du 27 juin 1737 (74) nous dévoile lexistence de trois autres familles : les Laval, Pabiot et Soulié. Les 18 familles représentent 70 à 80 personnes. Une diminution intervient donc dans les décennies suivantes car peu avant la Révolution, le dénombrement démographique du Bastit mentionne 60 personnes (75). Puis lévolution démographique suit la tendance générale du XIXe siècle vers un sensible accroissement puisque vers 1870 on comptait 23 foyers au Bastit, et une population dune centaine dindividus (76). Le renouvellement est sensible dès 1829 (77) puisque outre Jean Baptiste Boi (orthographe de 1829) dit Rouziliou, Jean Boi dit Janillou, Jean Boi dit Jantou, Antoine Lascombes, Jean-Baptiste Malbec, Antoine Bourdet, Etienne Andral (78), sa parente Marie qualifiée de célibataire, François Galban, on trouve les nouveaux propriétaires fonciers Pierre Lacombe, Jean Maury, François Lespinasse, Jean Montfort (79), Pierre Chasseing, Louis Garrigou, la veuve dEtienne Delpech et Jean-Baptiste Villé, soit un renouvellement de pratiquement 50% des familles. Cependant, une étude démographique plus approfondie permettrait de savoir combien sont "venus gendres" au Bastit, comme le père de Jean Montfort, Etienne, natif de Loupiac, qui avait épousé Catherine Delmas (80). La ventilation des terres bâties et non bâties Les termes utilisés Bouygue, terme utilisé une fois, vient du gaulois bodica et signifie friche. Il est à rapprocher de fraux, du bas latin frauces qui signifie terre abandonnée, donc friche et parfois terre inculte. Le couderc est à lorigine une terre gazonnée, une sorte davant-cour. Localement, il peut aussi désigner un jardin, ce quil ne peut être à lemplacement du toponyme. En revanche, les terres fertiles de lextrémité de la combe, proches de léglise, reçoivent logiquement les chènevières. Le chanvre ne pousse bien que dans des terres à la fois légères et riches en éléments nutritifs. Ne cultivait-on pas traditionnellement le chanvre dans les limons dinondation ? La cohorte des désignations de terre non cultivées ou non cultivables démontre la faible fécondité dune partie du territoire paroissial. Raysse est un terme occitan signifiant terrain pentu, plus ou moins boisé, parfois parsemé de rochers. Les raysses sont nombreux en surplomb du cours du fleuve. Le coustal (la petite côte en occitan) est un terrain encore plus pentu, une sorte de talus. La grèze, (du gaulois grava = pierre) est une mauvaise terre caillouteuse, plutôt lande noffrant quun pâturage à moutons. La graulie, du bas latin graula, corneille, signifie une corbetière, terre de mauvaise qualité, juste bonne à héberger les corbeaux. Hormis ces désignations péjoratives, les terres sont réputées cultivables quelle que soit leur situation, ce qui implique une importante variation de leur qualité. Deux types doccupation précisent les arbres qui ont poussé sur le terrain : - nougayrède, du latin nux, noix, désigne une noyeraie I. Les terres non bâties Les désignations simples représentent une surface de 1.689.407,90 m2. Les appellations multiples nexpriment quune juxtaposition de qualités de terres différentes, sans quil soit possible den déterminer le pourcentage. On notera limportance des terres bordant la Dordogne et qui sont désignées du nom de raysses. Leur pente limite des possibilités de culture, mais cette appréciation varie selon la nature des sols et lopinion de lintervenant. Les appellations multiples représentent une surface de 436085.87 m2. A ces surfaces doivent sajouter les terrains sans réelle détermination qui entourent une maison ou une grange. Il sagit de terre, raysse, jardin, vigne, patus entourant la construction autour de laquelle sarticulent aire de service, chemin privé, cour, terre-plein. Ces terres représentent 47305,24 m2 qui doivent être pris en compte pour le total non bâti de la paroisse, soit 2.172.798,9 m2, mais ne peuvent être pris en compte dans les statistiques en raison de leur imprécision.
Les patus ou pâturages ne sont mentionnés que quatre fois, inclus dans les dépendances des propriétés bâties. Cette faible représentation confirme le fait que les pâturages spécifiques étaient rares. Les chèvres et les moutons pacageaient sur les landes et les friches. Les bovins et les porcs étaient conduits dans les sous-bois. Après les récoltes, les champs étaient ouverts à la pâture. Lentretien permanent des bois, les prélèvements auxquels chaque arbre était soumis pour fournir combustible ou fourrage dappoint en hiver, produisaient des espaces plus clairs, et donc producteurs dherbes plus fournies que les bois non entretenus que nous connaissons de nos jours. Les terres de mauvaise qualité, friches, travers pentus, landes, espaces rocheux, corbetières, terres à double désignation péjorative, rentrant dans la catégorie générale silva, représentent un total de 167888.41 m2, soit 8 %.
Les vingt six pièces de vigne ne représentent que 14 ha. Seul le seigneur a une surface viticole importante par rapport à la moyenne. Non seulement la vigne la plus grande, 3 ha, lui appartient, mais il possède en fait plus de la moitié du vignoble local. Contrairement à une pratique actuelle qui privilégie lensoleillement grâce à des implantations de coteaux orientés au sud, les ceps étaient plantés sur des terres où ils pouvaient fournir un rendement maximum, ce qui correspond tant à des terrains de combe que de colline. Un seul territoire est largement dominé par la vigne. Paradoxalement, il ne sagit pas de Tras las Vignes.
Enfin sans spécification de la qualité de parcelles concernées, 162 pièces de terre représentent 131 ha pour une moyenne de 8133 m2. Cest Hélie de la Ramière qui est le propriétaire de la plus grande parcelle, soit 4 ha 7. La ventilation par grandes catégories laisse apparaître un pourcentage de silva, bois ou broussailles hors de la norme rencontrée habituellement en ces périodes : entre 5 et 10%. Cette importance sexplique par les caractéristiques du relief, les pentes nord de la paroisse qui surplombent la Dordogne interdisant la moindre culture en raison de leur très forte déclivité. Dans le saltus ont été placées des terres à appellation double à propos desquelles il est difficile dune part de connaître la surface effectivement cultivable, dautre part de déterminer quelle fréquence de mise en culture intervient pour des terres caillouteuses parfois cultivées une fois tous les dix ou quinze ans : les retadis ou retardis. La qualité des terres selon les propriétés Indépendamment de limportance des surfaces, le pourcentage des bonnes terres par rapport aux travers, landes et terres pierreuses varie selon des proportions considérables. La production potentielle nest évidemment pas en adéquation avec la répartition des terres cultivables. En prenant comme base de calcul la pugnère comme quantité densemencement, soit 4,7 litres de grains pour 263 m2 et un rendement moyen en céréales de 4 pour 1, on obtient un classement qui met en évidence limportance de la qualité des terres et leur surface dans le rendement potentiel.
Les impositions ne correspondent pas à ce rendement attendu. La qualité des terres mais aussi les ressources offertes par les autres terrains, pacages, bois de chauffage ou de charpente, récoltes occasionnelles sur des terres très pauvres labourées une fois par décennie, patrimoine bâti, doivent donc entrer en ligne de compte sans que les critères dappréciation ne nous soient connus. Les redevances de Jean Andral ne sont pas mentionnées. II - les surfaces bâties Le décompte laisse apparaître une surface bâtie, zones de desserte incluses de 47305.25 m2. Ce nombre a été obtenu après étude comparative des constructions. Une ferme comprenait comme de nos jours une habitation, des dépendances telle la grange, lécurie ou létable. Elle était entourée de basse cour, aire à battre, passages ou chemins de service, enclos pour le bétail. Cet ensemble atteint en moyenne 650 m2. Outre les habitations des 16 propriétaires résidents dont le curé de la paroisse, on note une maison destinée au métayer dHélie de la Ramière. Curieusement, chaque fermier ne possédait pas de grange car on nen dénombre que 15. Comme un tel bâtiment est nécessaire pour le fonctionnement dune exploitation, on peut supposer que pour les moins fortunés, la grange était remplacée, soit près de la maison, soit sur une friche, mais à proximité de terrains labourables par des abris de fortune : les loges. Il sagit de bâtis de poutres et poutrelles, assemblées selon un modèle simplifié évoquant une charpente de maison et supportant une toiture réalisée avec les matériaux disponibles localement : fougères, branchages, genêts à balais qui poussent sur les terres sablonneuses des borgnes. Ces abris légers qui reposaient directement sur le sol et non sur un soubassement maçonné, ne devaient pas être soumis à redevance. Ils ne figurent donc pas dans linventaire. Les étables étaient au nombre de 8, confirmant la faiblesse du cheptel dans les zones où les terres cultivables sont majoritaires. Il ny avait quune écurie appartenant au seigneur du Bastit. Enfin le château du Bastit et sa célèbre dépendance, le pigeonnier à piliers, ne figurent pas dans la description des lieux. Le village comptait trois fours. Lun, banal, était situé aux Canabals. Les deux autres appartenaient à Antoine Montet et Louis Andral. La majorité des bâtiments existants à ce jour figurait dans linventaire du XVIIIe siècle ou sur le cadastre de 1829. Dans le bourg, la bâtisse la plus ancienne est léglise datant du XIVe siècle. Vient ensuite une grande maison dappareil ancien qui comporte à létage une croisée, datable du XIV ou XVe siècle. Le registre mentionne lexistence de la croix de Gannaud dont il na pas été possible de déterminer sûrement lemplacement. Ce pourrait être la croix aujourdhui disparue qui se dressait au carrefour des routes de Calès, de Loupiac et du château. La paroisse comporte de nos jours deux autres croix, lune en fer forgé implantée sur un rocher dominant la route du château à Calès, dans le bourg, et une croix de pierre au carrefour de la route joignant léglise au château et le chemin qui conduit au port.
Il nest pas fait mention du travail (81) conservé sur la placette, face à la croix mentionnée plus haut. Au cadastre de 1829 ne figure pas non plus la maison du passeur, construction de torchis perchée sur pilotis qui avait été érigée sur le communal riverain du port et fut rasée après la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant cette maisonnette pouvait exister depuis la Révolution puisque le service de bac fut instauré officiellement en 1794 avec deux embarcations de 10 x 2 et 8,3 x 2. (82). Toutefois, le bac existait précédemment car on trouve mentionné dans les registres paroissiaux de lannée 1775, Georges Pomiac ou Poymac qualifié de pontonnier, terme officiel pour le "passeur". Compte tenu des divagations importantes de la Dordogne, ce service de bac fut soumis à diverses vicissitudes. Le pétitionnaire de 1805 était Doussot. Le "passager" était Louis Garrigou (83). Le 15 septembre 1810, ladjudication leur fut attribuée au tarif de 40F par an. Doussot percevait les deux tiers de la somme, le passeur le dernier tiers. Le 2 mai 1818, la commune de Pinsac sengagea à payer au pétitionnaire la somme de 200 F pour la maison servant de logement de fonction à Garrigou, daprès les estimations effectuées lan 1814, et 100 F au passeur pour les bateaux et les agrès. Peu après, les fantaisies de la Dordogne mirent à mal la continuité de la desserte déjà compromise systématiquement lors des hautes eaux car, pour atteindre le port de rive droite, les candidats au passage devaient traverser des borgnes . Un nouveau bras se forma entre le port et les terrasses hautes de Pinsac, rendant laccès encore plus aléatoire. La fréquentation décrut sensiblement au point que la commune demanda létablissement dun "petit" passage, cest à dire un bac pour piétons et cavaliers, mais non pour véhicules, sur la portion amont du château de la Treyne. En 1824, personne ne se manifesta pour soumissionner lexploitation du bac du Bastit. Le sous-préfet de Gourdon en tira les conséquence en prononçant le 8 mai la fermeture officielle et la mise en vente de la maison de service. La commune protesta, mentionnant dans ses attendus " ....un gravier sy est formé et que le gravier peut être enlevé par un débordement de la rivière au moment où lon sy attendra le moins..." Le rétablissement intervint après 1840. Malgré louverture du pont de Pinsac, il continua à fonctionner pour la desserte locale : les agriculteurs des deux rives, quelques habitants de Calès ou de Bonnecoste. Alors que le service de bac ne fonctionnait plus depuis longtemps, laubergiste qui exerçait juste à côté de lancienne cale, traversait à loccasion les candidats au voyage. Cétait donc un passage officieux, assumé en bien dautres endroits par des pêcheurs professionnels. Limportance des propriétés On ne sétonnera pas de trouver à la première place Hélie de la Ramière dont les possessions couvrent 36.68 ha soit 17 % de la paroisse. Cependant cette situation apparemment privilégiée est, en comparaison dautres petits nobles de la vallée, plutôt médiocre. Ainsi le dénombrement de 1783 de la proche seigneurie du Bartas (86) indique que Souverain Luquet du Chaylar possédait 94 ha de terres dont 30 plantés en vignes, "un petit château dans lequel jhabite avec ma famille, une écurie, une grange, un serre-bled, un sol et étable, un jardin au dessous du rocher sur lequel le château est bâti " Certes, La Ramière possède une partie importante des bonnes terres en valeur relative. Mais en valeur absolue, et malgré la forte proportion de terres labourables, le seigneur du Bastit nest pas un important propriétaire foncier.
Limportance des propriétés roturières varie de 3.5 ha à 28.5 ha, la moyenne sétablissant à 12 ha. Compte tenu de la mauvaise qualité des terrains, caillouteux, pentus, éventuellement parsemés daffleurements rocheux, la surface de ces fermes est insuffisante. Par comparaison, la propriété roturière du Bougayrou en 1756, telle quelle a été relevée par le même Jacques Thomas, sétablit à 3 ha par tenancier qualifié de praticien, laboureur ou travailleur. Le Bougayrou comporte plus de terres de bonne qualité que le Bastit. La moyenne remonte à 4 ha (85) lorsquon y ajoute les domaines de M. de Lachapelle-Carman et de cinq bourgeois, la variation allant de 1500 m2 à 31 ha.
La norme courante des manses, fermes permettant de nourrir une famille classique, était de 12 à 16 ha avec une qualité de terres supérieure à lenvironnement quercynois habituel, en particulier 7 à 8 ha de terre arable. Le niveau de vie devait être très bas pour au moins 8 familles : par ordre décroissant de surface, Hugues Andral, son parent Jean, Antoine Montet, Jean Delbut, Jean Boy Bigarel, François Brunelle, Jean Malbet et Jean Lascombes. En revanche, la paroisse comptait deux familles "riches" à léchelle locale : les héritiers de Jean Boy avec 28.5 ha et Joseph Boy avec 20 ha. Trois propriétaires nont pas été pris en compte dans notre analyse : le curé dont les possessions se limitent à son habitation et les terres environnantes ; Pierre Besserve, un petit propriétaire habitant Calès ; Anne Boissy, veuve habitant Loupiac et qui possède 2 lopins de terre. Les revenus et le rendement des terres. Les rentes seigneuriales mentionnées par lagrimanseur sont a châtellenie de Creysse qui représente vers 1740 environ 2000 habitants devait, en
plus de redevances versées au seigneur des lieux, Théodore dArliguie, un cens
destiné à la vicomté de Turenne : Le Bougayrou déjà cité comportait en 1756 environ 220 personnes. Le montant de ses
redevances au chapitre de Tulle était le suivant : La surface cumulée des terres de cette proche paroisse est de 764 ha. La pression fiscale est donc apparemment plus forte au Bastit. Mais le montant des contrats dafferme pluriannuels, habituellement de 9 ans, conclus entre le fermier du Bougayrou et le Chapitre de Tulle, montre une redevance oscillant entre 1520 L/an entre 1751 et 1760, et 1410 L au delà, qui doivent être reportés à la charge de la communauté, soit près de 2 L à lhectare 90. Si lon établit un parallèle entre imposition frumentaire du Bastit et du Bougayrou, cette dernière communauté est taxée au double : 4,77 quartons à lhectare en moyenne contre 2,23 quartons. En revanche, les cens en monnaie ou nature sont plus élevés au Bastit : 8 deniers à lhectare contre 4 au Bougayrou. La paroisse du Bastit semble bien subir une pression fiscale supérieure à dautres paroisses occupant une situation comparable : riveraines, donc possédant quelques bonnes terres, et nanties de terres collinaires ou de plateau comportant majoritairement de médiocres terres arables.
Les professions Hormis le curé desservant la paroisse, on ne compte quun seul habitant qui ne soit pas agriculteur: Jean Andral qui se déclare tailleur. Les autres sont qualifiés de travailleurs (4) ou de laboureurs (9) . Divers auteurs ont voulu voir dans cette différence de qualification un ordre hiérarchique qui placerait le laboureur au sommet de lordre social des communautés paysannes grâce à leur expérience et leur aisance matérielle. Or dans le cas du Bastit, il ny a pas dadéquation réelle entre laboureur et important propriétaire puisque Louis Andral, travailleur possède 17 ha de terres, ce qui le place au 3e rang des propriétaires roturiers de la paroisse. A contrario, Montet et Delbut, qui ont une très modeste surface, sont baptisés laboureurs. Est-ce dans ce cas lexpérience, la réputation qui les font ainsi qualifier ? Une autre étude menée dans la région et portant sur lanalyse dun millier dactes (91) a démontré quil existe souvent une incohérence des appellations. Le même agrimanseur Thomas, tout en conservant un semblant de hiérarchie coutumière en désignant les tenanciers du Bougayrou (à 5 km à vol doiseau) fait figurer des laboureurs ayant sensiblement moins de terres que des travailleurs de la même paroisse. Même si la proportion sétablit hiérarchiquement dune manière plus favorable pour les praticiens (1 à 74) que les travailleurs, (1 à 41), la distorsion entre le plus modeste praticien propriétaire de cette paroisse voisine (3 quartonnées) et le plus important (222 quartonnées) (92) ne reflète donc pas une réalité dimportance en fonction des surfaces possédées. Le seul non propriétaire qui apparaisse dans larpentement du Bastit est le métayer dHélie de la Ramière, logé dans le village. Larpentement ne met pas en évidence la moindre propriété communautaire.
Notes 1 - G. Maynard, prospection inventaire, inédit. 2 - Fouille de sauvetage dun habitat de lâge du Bronze en corrélation avec la réalisation de lautoroute lOccitane. 3 - A. Viré. 1939 - Les monnaies du Quercy du IVe siècle avant J.C. au XX siècle de notre ère. S.E.L. tome 60. 4 - Anthroponyme germanique Wanno, qui signifie espérance. 5 - Pouillé Dumas. bibliothèque municipale de Cahors. 6 - Chanoine Albe : monographie inédite. Archives diocésaines. Lacroix. "séries épiscopales". 73 . Arch. nat R2 469. 7 - Aubrun M. La paroisse en France. p 21. 8 - Archives municipales de Pinsac. 9 - G.Maynard, 1986 - Inventaire archéologique du nord du Lot, inédit. 10 - Occitan : la colline des églises, du latin ecclesia. 11 - Renseignement J.P. Girault. Cette monnaie dargent est un denier de 1.72 gr . Lavers porte GRAT D-I RE entre 2 grenetis, avec au centre un monogramme adonien. Le revers indique LIMOVICAS CIVIS entre 2 grenetis, et au centre une croix. Daprès le calalogue Claude Burgan du 6.12.86, et E. Gariel, les monnaies royales de France sous la race carolingienne, Strasbourg 1884. 12 - Viré 1907 : le Lot. p.293. 1908 : bull. S.P.F., V p.76. fig.7. 39. 1925. bull. SEL, XLVI, p.37. 1936 : les oppida du Quercy. p.28. 1938 : les monnaies du Quercy p.43. 13 - Labrousse et Mercadier, Carte archéologique de la Gaule, Lot. p .130, Académie des Inscriptions et Belles Lettres. Probablement reprise daprès bibliographie, cette présence gallo-romaine peut être une approximation de plus de Viré dans son inventaire archéologique du Lot. René Pauc, dans son excellente étude sur les tuiliers gallo-romains du Quercy (bull ,S.E.L. tome CIII, 1982) mentionne des confusions ou redites volontaires (p.34). 14 - Famille de petite noblesse des environs de Vayrac. Leur castrum élait situé à proximité du village des Granges. Le propriétaire actuel du terrain remonte périodiquement, lors des labours, des pierres de taille provenant soit du château, soit de léglise, soit du cimetière (Rens. J.-P.Girault). 15 - J. Lartigaut, 1991 : laristocratie du causse de Gramat dans la seconde moitié du XIIe siècle. bull. S.E.L. p. 48. 16 - Cité comme limite sous le nom de port de Balzun dans une transaction passée en 1302 entre les consuls et la communauté de Gourdon et labbé Raymond dObazine. 17 - Cartulaire dObazine, délimitation du terroir dépendant dcs Cisterciens en 1302. Lartigaut 1991 : op. cit. p. 48. 18 - En 1180, Gaubert de Felenor, dit lAragonais. cède ses droits sur la borderie de Belsone à labbaye dObazine (Cartulaire dObazine). 19 - F. Moser, 1993 : le site archéologique du Bastit, Annales des rencontres archéologiques de Saint-Céré (Lot). 20 - Cartulaire de Tulle. 21 - Famille originaire du Gourdonnais et connue dès le XIIe siècle. Ses diverses branches possédaient les châteaux de La Treyne construit en 1342 par Bertrand de Roffilhac, de Mareuil, du Bastit, ainsi quun manoir dans le bourg de Pinsac. Elle évolua avec cynisme entre la légalité et le brigandage, selon les circonstances. Après de graves démêlés avec la justice en 1350, elle fit alliance avec le nouveau vicomte de Turenne, Guillaume de Roger de Beaufort, dont lachat du grand fief navait pas recueilli lunanimité des vassaux, tant sen faut. 22 - A la même date, le vicomte Raymond donnerait à Géraud de Roffilhac 10 s de rentes sur le village et borderie de la Treyne, le mas Endoules, Peuch de las Fourches, la fazion de Locidiras (ces 3 derniers lieux non identifiés) (AN R2 39). Lexistence de ce Géraud est certaine car il est cité deux fois : en 1308 dans un accord avec Hugues son parent et en 1321 dans un confront de Meyraguet. En revanche, en 1334, le vicomte de Turenne nest pas un Raymond, Raymond VII étant mort en 1304 à Mons-en-Pevèle, mais Bernard VII, comte de Comminges. 23 - G. Maynard, 1990 : Beauregard, châleau des doyens de Souillac. bull. S.S.H.A.C. tome 112. Le château a été incendié à une date indéterminée, mais probablement dans le dernier quart du XIVe siècle. Il est possible que les soudards de Bernard de la Salle y aient volontairement mis le feu après que leur chef ait signé avec Jean III dArmagnac une convention dévacuation de ses points dappui du Haut-Quercy en 1387. 24 - A.D fonds Lacabane F 362. "le vicomte peut entrer dans le fort et élever son étendard en criant Turenne, Turenne pour le vicomte ; létendard y demeurera depuis le matin jusquau midi." 25 - Celui qui commandait le château était Jean de Vassal dont le père avait été capitaine de la garnison de Martel en 1350. Les Marlelais se plaignirent auprès du vicomte des torts que leur causait directement ou indirectement Jean de Vassal. 26 - A.N. AB XIX 3260/102/4° 27 - Linfluence de du Cluzel resta grande dans le fief voisin puisquen 1552, Jeanne de Coustin, dame de la Treyne fait son procureur de son fils Jean curé du Bastit. Fonds Cardaillac 3 J. Les armes des Vieillescazes : dor à 3 lions de gueules, 2 et 1. Celles des Cluzel : dazur à 3 roses boutonnées dor . 28 - Témoin désigné comme procureur lors de la transaction entre le vicomte de Turenne et Faydit de Tersac en 1460 (cf. Lartigaut. S.E.L.). Egalement témoin en 1465 lors de lhommage de Pierre Pauc au vicomte de Turenne après quil ait acheté des terres à Adhemar de Loubrayrie, de Montvalent. Fonds Blanat. 29 - M.-P. Flandin Bléty, 1965 : Notes sur la justice ordinaire de Cavagnac en Quercy, vicomté de Turenne (du XIIe au XVIIIe siècle) bull. S.E.L. 3e fasc. Le 2 juillet 1477, il intervint dans un litige concernant la seigneurie de Cavagnac. Encore procureur dAnnet de la Tour, il le représente contre Nicolas de Giscard. 30 - Pataki T. 1997 : Hommages rendus au vicomte de Turenne (1453-1488) bull. S.E.L. 2e fasc. Dans cet hommage est inclus lachat à Pierre Negelle et Gaillard et Jean Paulin de la borie de Croze incluant directe, fondalité, seigneurie, avec redevance de 10 setiers de blé à la mesure de Martel, 60 sols, 4 gélines, 4 journaux, et acapte. Sur cette vaste propriété sera peu après construit le château. 31 - Lacoste, Histoire du Quercy t. III p. 455. 32 - Prat R 1955 : Note sur la sénéchaussée de Gourdon, bull S.E.L. 33 - Qui avait acheté en 1524 le tènement du Vauret (Strenquels) à Etienne Julhian, seigneur de Granlac, paroisse de Murel. 34 - Actuellement les Quatre-Routes-du-Lot. 35 - Fils de François III et Eléonore de Montmorency. Né à Jove en 1555, décédé le 26 mars 1623. Son mariage en 1591 avec Charlotte de la Marck, morte 3 ans plus tard en linstituant son héritier, le fit prince de Sedan et Raucourt et duc de Bouillon. Cette acquisition éloigna les vicomtes suivants au profit de leurs terres septentrionales. En deuxièmes noces, Henri de la Tour épousa Elisabeth de Nassau, fille de Guillaume I dOrange. Ces fiefs, cette alliance, le fait que sa mère était une Montmorency en firent naturellement le chef du parti protestant. 36 - Fonds Champeval. 37 - Idem. Il épousa en 1584 Jeanne de Vignal. 38 - Chroniques de Jean Tarde, Laffitte reprints 1981 p 309. 39 - Cette longue vallée sèche sétend depuis les abords du Bastit jusquaux alentours de Séniergues. 40 - Fonds Cardaillac. Il est difficile dc choisir entre lévocation dune possible abjuration de la victime dont la mère naurait pu supporter la perspective, et une façon expéditive de préserver ses intérêts. 41 - Mort au siège de Carlux le 20 avril 1593 lors dune sortie contre les forces royales commandées par Thémines. 42 - Fonds Cardaillac. 43 - Archives départementales J 1885. 44 - Amanieu, seigneur de Saint Pataly, le père de Raymond cité plus haut, avait épousé le 18/9/1515 Gabrielle de Tricard donl il eut trois garçons. Il vendit en 1533 la maison noble de Marqueyssac à Léonard de Prouhet, lieutenant au sénéchal du Périgord. 45 - "Castelnau de Berbières est reprins un mercrecli au soir 11 de juin (1421) par Jean de Marqueyssac, capitaine anglois" Tarde, op.cit. 46 - Selon Champeval, il était curé de Sarrazac. 47 - mort en septembre 1662. Il était fils de Jean de la Ramière et de Jeanne de Vignals. Jean de Marqueyssac mourut lannée précédente. 48 - Les Marqueyssac se replièrent sur le Causse de Martel. En 1690 Jean avait eu de son union avec Catherine dAlège une fille, Catherine qui épousa Gabriel de la Roquette, seigneur de Termes et Pierre qui suit. Pierre de Marqueyssac, seigneur de Crozes comme létait cent ans auparavant Pierre de Vieillescazes, épousa Françoise dEscaffre dont il eut un fils, Jean, né en juin 1649. Celui-ci épousa en 1662 sa cousine Galiole, fille de sa tante Françoise, et mourut en 1674. Son fils Pierre épousa en 1694 Marguerite de Maledent et mourut en 1742. Son fils Jean, comte de la Gilardie, résidant le plus souvent au château de Crozes, épousa le 27/5/1734 Jeanne de Laporte de Lissac, puis dix ans plus tard Françoise de Rigaudie. Il se disait encore seigneur du Bastit. Son fils François-Joseph naquit à Crozes le 28 Juin 1738, épousa à Brive le 29 janvier 1770 Jeanne Marie de Salès. Il mourut à Crozes le 20 mars 1813. Il avait acheté le 24 décembre 1784 la baronnie de Cazillac aux héritiers Sahuguet dEspagnac. Armes des Marqueyssac : dazur, à trois besants dargent, 2 et 1. Quant aux La Ramière, ils venaient également du Périgord. Armes : dazur, au sautoir dor couronné de quatre étoiles dargent. 49 - Dans le taillable de Payrac, 1667, f III, il est dit que noble Philippe de Laramière sieur du Bastit, tient ses biens dans la juridiction de Payrac. 50 - Union de cousinage car déjà à la suite du mariage dArzen de Vieillescazes avec Jean du Puy en 1585, leur fille Marguerite avait épousé Jean de Lestrade le 20 février 1610. 51 - Il fut enterré dans léglise du Bastit. 52 - Qualifié de sieur de Lile habitant le Bastit, Hélie fait lobjet en 1727 dune procuration de Barthélémy dEstresses seigneur de Loupiac. 53 - Fonds Blanat 1 J IV/195. 54 - Archives du château de Loupiac, liasses Boissy, notaire royal. Ce Jean Andral mourut le 10/8/1811 à lâge de 75 ans. A moins quil ne sagisse dun autre Jean Andral né en 1701. 55 - Idem. 56 - Idem. 57 - Registres paroissiaux du Bastit. Elle avait conservé Madelon Chavein comme femme de chambre malgré le grand âge de celle-ci, car Madelon mourut le 4 décembre 1744 à lâge respectable pour lépoque de 85 ans. 58 - En 1816 nait une Marie Christine dEstresse de Paunac. Est-ce la seconde épouse, ou la nièce de ce Louis Vidal ? 59 - Pour ne citer que le plus illustre de ces photographes, Robert Doisneau que la municipalité et le Syndical dInitiatives de Souillac eurent le privilège demployer après la Seconde Guerre Mondiale à la réalisation de dépliants touristiques. (collection personnelle). 60 - Requête de Pierre Boysset, recteur de Saint-Hilaire du Goudourlet à lévêque de Cahors en 1652. Archives déparlemenlales J 1148. 61 - Je remercie Madame Guély qui a bien voulu se charger de cette tâche, ainsi que Guy Castéran qui en assura une transcription partielle. Daprès le graphisme, lacte serait de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. 62 - Abbaye fondée vers lAn Mil à 3 km de Prades (Pyrénées-Orientales). Ce lien établi entre une possession des environs de Souillac et ce lointain établissement religieux paraissait étrange. Parmi les possibles abbés concernés par cet acte, les noms de Johan Milars (1461 - 1471), Charles de Saint Gelais (1475- 1481) Pierre de Saint Amand (1481-1493) et César Borgia (1494-1499) nous avaient été communiqués par P. Oleguer Porcel de Sainl-Michel de Cuxa. En fait, cest la transcription approximative du nom (les actes en sont remplis) qui a différé lidentification définitive avec Pierre dOrnhac de Saint-Chamans qui fut nommé en 1472 doyen commendataire de Souillac à la place de son oncle Guy dOrnhac (Lacoste, livre XV/57). Ce prélat dut cumuler les deux titres puisquil est censé avoir été abbé de Saint Michel jusquen 1493. Le parchemin daterait donc de la période 1472/1493. 63 - Ce géomètre habitait Maure, hameau de Lachapelle Auzac en 1773. 64 - La pugnérée de Souillac valait 263 m2, la quartonnée 1052 m2, la sétérée 4209 m2. La pugnère valait 4.70 litres, le quarton 18,8 litres. G. Maynard 1992 : anciennes mesures de la vicomté de Turenne et des possessions abbatiales limousines en Quercy. Lemouzi ne 121. 65 - Ce toponyme qui signifie abreuvoir implique que le ruisseau temporaire au débit très occasionnel qui draine la partie aval de la combe des Dames ait été alimenté plus régulièrement par un régime de pluies abondantes au moment de la désignation du terroir. Ce ruisseau emprunte lors dorages ou de fortes pluies une section de lancien chemin cité plus haut, puis va se jeter dans la Dordogne en traversant la partie aval de la combe du Bastit. 66 - La borne a été retrouvée lors dun labour profond par M. Jouglas, agriculteur du Bastit. Elle fut extraite du champ par un tracto-pelle, mais comme elle avait subi une importante gélifraction, elle se désagrégea lors des manipulations. A lorigine, cette borne était peut-être un menhir. Malgré une prospection assidue, les autres bornes mentionnées dans larpentement et délimitant les fiefs de la Treyne et du Bastit nont pas été retrouvées, à une exception près : il sagit dun petit monolithe denviron 0,80 m de haut dont laspect évoque celui des bornes kilométriques. 67 - Camy, notaire royal de Payrac. 68 - Curé de Pinsac et Terregaie depuis 1749. Il succédait à François de La Ramière. 69 - Camy, idem. 70 - Etat des ecclésiastiques assermentés et non sujets au serment résidant à lépoque du 19 fructidor der. dans le canton de Souillac in Souillac et la Révolution, Amis du Vieux Souillac n° 21 et 33, 1989. 71 - Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, on trouve les orthographes Boy, Boi et Bois et même Boids. 72 - Il sélait marié lc 4 mars 1737 avec Jeanne Madebos en léglise Saint-Georges de Meyraguet. 73 - Il était lépoux de Catherine Laval et le père de Pierre, décédé le 23/10/1807 à lâge de 85 ans dont lépouse était Jeanne Delmas. 74 - Archives Lot 3 E 668 : Martial Laval teste en faveur de ses filles Marie, épouse dArnaud Pabiot et Antoinette, épouse dAntoine Soulié. 75 - Lanalyse démographique de la paroisse voisine et proche par limportance de population de Meyraguet, montre sur une période de 96 ans, de 1692 à 1788, deux périodes de sensible fléchissement : un déficit de 27 entre naissance et décès sur 1692/1696, puis de 21 entre 1767 et 1769. On ne constate pas de concordance entre les aléas climatiques entrainant maladies et disettes et les années concernées. Il faut plutôt sorienter vers un phénomène épidémique pour trouver une explication satisfaisante. 76 - Selon M Jouglas déjà cité, et qui tenait ses renseignements de son grand-père né sous le Second Empire. Dans le calendrier P.T.T. de 1913, le nombre dhabitants mentionné est de 90. A titre de comparaison, le hameau compte à ce jour une vingtaine dhabitants. 77 - Daprès les premières matrices dimposition issues du nouveau cadastre. 78 - Né en 1778. Beau frère de Jean Montfort. Létat civil de 1809 lui attribue une fille Elisabeth, née le 8 décembre, de son épouse Jeanne Bois. 79 - Né le 25/10/1785, épouse le 22/6/1810 Elisabeth Bois, née le 12/1/1777, fille de Gabriel et Jacquette Courtou. 80 - Père de Jean et Guillaume. Décédé le 12/11/1807 à lâge de 70 ans. 81 - Bâti de poutres avec toiture de tuiles ou ardoises, selon les régions, qui servait, après les avoir soulevé au moyen de sangles et de palan, à ferrer les bufs pour améliorer leurs performances au travail. 82 - AD 106 S 1. 83 - Qualifié de pontonnier lors de la naissance de son fils François le 19/4/1808. Il avait 33 ans à lépoque et son épouse était Catherine Montrort. 84 - Linflation navait pas été, semble-t-il, prise en compte par lAdministration, puisque lexpertise était intervenue en 1804. 85 - Basses terres alluvionnaires de sable et gravier portant une végétation spécifique daulnes, de peupliers et de plantes hydrophiles, périodiquement inondées à la moindre montée des eaux. 86 - J. Calmon, 1959 : Blanzaguet et son château du Bartas. bull. S.E.L. 87 - Mesure de Martel. Archives départementales C 959. 88 - Mesure de Rocamadour. 89 - Poules et journées de travail rachetables pour 5 sols lunité. La surface du journal variait selon la nature de lactivité (fauchage, viticulture) et le relief, ainsi que la tradition locale. Cette variation pouvait aller de 1 à 3. 90 - Archives de la Corrèze 6 F 51. 91 - G. Maynard 1996 : Lachapelle Auzac el les paroisses des environs jusquau XIXe siècle. publié par lassociation DORAMI. M.P. Flandin-Bléty dans "Justice ordinaire de Cavagnac " (op. cit.) signale même le cas de Gabriel Guary, fils dun greffier, indifféremment appelé bourgeois, marchand ou praticien. Dans un article traitant de généalogie, E. Branche mentionne le mariage dun laboureur de 20 ans (Racines, bull, n°2 - 1997, p. 79). Dans son étude sur Mareuil parue en 1962 et 63 à la SEL. H.Viers mentionne un Antoine Ramède, laboureur de 21 ans et Méric Solié, travailleur de 45 ans. attestés en 1555. Lâge non plus nest pas un critère. 92 - A la mesure de Rocamadour employée pour cet arpentement, la quartonnée vaut 0,4876 hectare.
Bibliographie Alibert L., 1966 : Dictionnaire français-occitan selon les parlers languedociens. Institut détudes occitanes, Toulouse. Bournazel L., 1989 : les noms du pays dUzerche, Lemouzi. Calmon J., 1957 : le château de la Trayne et ses seigneurs. bull. S.E.L. t 78. Calmon J., 1961 : le château de la Rue. Bull. S.E.L. Cardaillac (marquise de) Anne de Lamberterie, 1955 : le château de la Treyne, notes dhistoire et dart, bull. S.E.L. Champeval de Vyers (1976) : Figeac et ses institutions religieuses, Le haut Quercy Religieux et Féodal. Laffite Reprints, Marseille. Dauzat A. 1980 : dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France. Librairie Guénégaud, Paris. Foissac (chanoine) : 1939 : la châtellenie de Creysse, bull. S.E.L. Lacoste Guil., 1883 : Histoire de la province de Quercy. Laffitte reprints 1982. Lacrocq L., 1935 : Belcastel, une seigneurie du Haut-Quercy. bull S.E.L. Lescale P. : 1900 et 1978 : Recherches et observations sur le patois du Quercy, Laffitte reprints. Maynard G. 1990 : Beauregard, château des doyens de Souillac, bull. S.S.H.A.C. t. 112. Maynard G. 1992 : Rapport de prospection-inventaire au Service régional de lArchéologie de Midi-Pyrénées. Inédit. Maynard G. 1995 : Lévolution des transports dans le bassin de la Dordogne du Directoire à la IIIe République, bull. S.E.L. Maynard G. 1996 : Lachapelle-Auzac et les paroisses environnantes jusquau XIXe siècle. Publié par lassociation DORAMI Moser Fr. 1993 : Le site archéologique du Bastit, Annales des rencontres archéologiques de Saint Céré n°2. Pataki T. 1982 : Hommages rendus au vicomte de Turenne, bull. S.S.H.A.C. Prat R. 1955 : Notes de géographie historique sur la sénéchaussée de Gourdon (1487), bull S.E.L. p 168. Sol (chanoine), 1959 à 1963 : Lagriculture en Quercy, bull. S.E.L. Soulie D., Simon J.-P., 1991, L'architecture paysanne en Périgord et sa restauration, éditions Fanlac. Viré A. 1994 : Lacave à travers les âges. Édité par La Forge patrimoine. Archives communales de Pinsac. Remerciements à Jean-Pierre Girault qui m'a confié tous les éléments qu'il avait rassemblés sur la paroisse du Bastit, à Georgette Delpech et à la secrétaire de Mairie de Pinsac. |