BSEL - Juillet - Septembre 1999

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Études du Lot
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Un article de :
Jacques
Favarel

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3e fascicule 1999 - Juillet-Septembre - Tome CXX

La société des Études du Lot | Sommaire complet du fascicule

 

ÉTUDE D'UN LOT DE RESTES
PALÉOLOTHIQUES
DE LA COMMUNE DE GIGNAC

 

Une série de pièces osseuses et lithiques a été recueillie près de Saint-Bonnet dans la Commune de Gignac (46) à une date indéterminée (probablement entre 1950 et 1970) par Mr. Roland Bonnefond, ancien instituteur de Gignac actuellement décédé. Elle a été remise par sa veuve à Claude Lemaire qui me l’a confiée pour étude.

Il a été impossible de déterminer, pour le moment, le lieu précis à Saint-Bonnet du gisement ; mais la parfaite conservation des fragments osseux et la présence sur quelques silex de dépôts indurés d’argile calcifiée semble bien montrer que ces pièces proviennent d’une certaine profondeur dans un lieu protégé, grotte ou abri sous roche.

Description
Pièces osseuses :

- Une vingtaine d’esquilles indéterminables présentent, pour la plupart, des marques de cassures nettes sur os frais. Cinq d’entre elles portent des incisions très fines (Assurément des traces de décarnisation).

Ces fragments osseux peuvent provenir d’animaux divers de la taille d’un cervidé sauf deux pièces dont l’épaisseur fait plutôt penser à un animal de plus grande taille.

- Deux fragments dentaires dont l’un a des caractères cabalins.

- Enfin une troisième phalange de carnivore de taille moyenne.

Silex :

- Un galet cassé (Peut être un nucléus).

- Deux débris de silex.

- Quatre éclats de décorticage à talon lisse ou punctiforme.

- Cinq petits éclats ordinaires à talon lisse ; certains présentant des traces d’utilisation.

- Un couteau à dos naturel de petite taille.

- Neuf outils retouchés tous représentés sur la figure jointe et décrits ci-dessous :

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n° 1 - Pointe moustérienne sur éclat cortical avec des bords finement retouchés. La pointe a été enlevée par un accident récent (L=60mm, I=42mm, e=12mm).

n° 2 - Denticulé sur éclat épais à talon très large.

n° 3 - Encoche finement retouchée sur petit éclat plat à talon lisse et large.

n° 4 - Racloir simple droit sur lame tronquée en oblique à talon lisse réduit latéralement.

n° 5 - Grattoir mince sur lame et burin sur troncature oblique ayant éliminé le talon. Retouches inverses sur le bord gauche opposé au coup de burin.

n° 6 - Grattoir à museau légèrement dissymétrique sur éclat épais à la partie distale retouchée. Talon absent.

n° 7 - Cette pièce très curieuse n’est en fait que l’extrémité cassée d’une pièce plus grande de morphologie difficile à imaginer. La partie distale a reçu des retouches bifaciales, envahissantes sur une face et sur l’autre plus abruptes et scalariformes. On peut penser à une pointe biface mais aussi et peut être avec plus de sûreté, à une pièce esquillée.

n° 8 - Lame à dos abattu de section triangulaire. La retouche du dos est assez grossière et la partie proximale a été amincie sur la face supérieure. On peut qualifier cet objet de pointe de Châtelperron.

n° 9 - Eclat retouché plat à bulbe aminci. Un bord a reçu des retouches inverses formant un fin denticulé avec une encoche en son milieu. Ce qui pourrait ressembler à un coup de burin sur la partie gauche n’est vraisemblablement qu’un accident de taille.

Conclusion

Si l’on admet que cet ensemble n’est pas un mélange et provient bien d’un niveau unique dans un site unique on peut être frappé par la présence de pièces rappelant le Paléolithique Moyen et d’autres le Paléolithique Supérieur. L’attribution à une période de transition, le Châtelperronien, est envisageable ce qui ne fait qu’accroître l’intérêt qu’il y aurait à retrouver le site d’origine.

En effet le Châtelperronien est considéré comme la dernière industrie attribuée à Homo sapiens neanderthalensis. Elle a été reconnue dans des sites lotois en particulier au Piage (Cne. de Fajoles) et au Roc de Combes (Cne. de Payrignac) où elle est interstratifiée avec des niveaux Aurignaciens, premières manifestations d’Homo sapiens sapiens en Europe occidentale.

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