BSEL - Juillet-Septembre 1999

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Études du Lot
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Un article de :
J.-P. Girault
et M. Guély

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3e fascicule 1999 - Juillet-Septembre - Tome CXX

La société des Études du Lot | Sommaire complet du fascicule

 

MARTEL
AMÉNAGEMENT CURIEUX AU REZ-DE-CHAUSSÉE
DE LA MAISON DITE DE BLANAT

 

Historique

En juillet 1998, les propriétaires(1) entreprennent la restauration d’une maison vétuste située dans le bourg de Martel. Sur le plan cadastral actuel, elle porte le numéro 329 (section BC, 1969). Elle est mentionnée lot 285 sur le plan cadastral de 1757 (d’après Chaudru de Regnat). Elle fait coin de la rue Droite et de la place de la Bride et va à cette époque jusqu’à la rue de la Bride.

Lors de travaux de démolition du plancher, au rez-de-chaussée, l’entreprise a mis au jour un aménagement original et énigmatique.

La mairie de Martel et des particuliers ayant prévenu le Service Régional de l’Archéologie de Toulouse, Laurent Fau(2) a chargé l’un de nous (J.P. G.) de faire un relevé et une étude de cette structure.

Après l’autorisation du propriétaire, nous avons réalisé un relevé et des photographies. Madame Guély, archiviste adjointe à Martel, a recherché de son côté l’origine et les occupations successives de cette maison.

Description de l’aménagement (voir plan joint)

Cet aménagement, situé au rez-de-chaussée, côté nord-est, comporte un bassin et une cuve cylindrique. Avant sa découverte en septembre 1998 un plancher en bois en mauvais état le recouvrait.

Le bassin, à plan rectangulaire, a été creusé dans le rocher. Au fond, 3 rainures (petites rigoles) captent et canalisent l’eau dans une cavité de forme carrée. Une base de colonne se trouve dans l’axe du bassin, côté est de la petite cavité. Elle comporte à sa base un cerclage de fer qui devait servir à l’origine de joint d’étanchéité (?), pour empêcher l’eau de passer dans le trou où elle repose.

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Martel, maison de Blanat XVIIIe siècle : Aménagement au rez-de-chaussée.

La cuve (ou citerne ?), au nord-ouest du bassin, creusée en partie dans le rocher, bâtie en pierres de taille avec joints de mortier, comporte une margelle non débordante en pierre calcaire. Un conduit(3), à section rectangulaire débouche du côté ouest, à 0,85 m de profondeur. Aucune canalisation visible ne permet la communication de la cuve avec le bassin.

Deux piliers à section rectangulaire encadrent la cuve. L’appareil est réalisé en moellons équarris avec liant de mortier. Le pilier sud-est est situé à l’intérieur du bassin.

Au sud-ouest, un escalier à 3 degrés en ciment permet l’accès à la cuve. Un autre escalier également en ciment et à 2 marches permet l’accès au bassin.

Au sud-ouest de la cuve, un pilier en briques pleines semble plus récent, les joints sont réalisés au ciment gris.

Lors de notre venue, le bassin avait 0,20 m d’eau. L’eau dans la cavité était rouge ocre.

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Interprétations diverses

Notre enquête auprès de plusieurs habitants de Martel a permis d’avoir plusieurs hypothèses sur l’utilisation de la cuve et du bassin. Nous les passons en revue.

La cuve serait une citerne, alimentée par le conduit ouest.

Autrefois la ville de Martel manquait d’eau, malgré la captation de plusieurs sources. En avril 1323 le sénéchal a ordonné à la ville de Martel de faire une couverture à la fontaine de Saynhac (4) qui alimentait la ville (5). Pour recueillir l’eau à usage domestique, les anciennes maisons de Martel ont généralement une citerne dans le sous-sol. Plusieurs citernes sont reliées entre elles par des conduits.

L’ensemble servait pour des cérémonies juives : baptême par exemple. Aucune communauté juive n’est signalée à Martel.

Baptistère : le bassin servant de piscine pour le sacrement du baptême selon le rite de l’immersion. La cuve alimentée par le conduit permettait d’avoir une réserve d’eau.

Les baptistères, construits à proximité immédiate des églises dont l’accès était primitivement refusé aux non-baptisés, étaient de forme généralement ronde ou octogonale. À partir du XVIe siècle, le baptême ne consistait plus qu’en une légère aspersion.

Aucune église n’est mentionnée à côté de cette maison.

Une piscine, bain public ou privé. La cuve était alors une citerne alimentée par le conduit qui permettait d’avoir une réserve d’eau pour la piscine. Les rigoles et la cavité permettaient de vider complètement le bassin pour le nettoyer.

Une huilerie

Autrefois, l’huile de noix était obtenue en pressant les cerneaux ou noix dépouillées de leur coque. Le pressoir à huile possédait une vis (trel) serrée au moyen d’une cheville et d’un cadenas. Il avait une fontaine ou " creux rond " dans lequel on mettait les cerneaux. Il était muni d’un rebord par lequel se faisait l’écoulement de l’huile. Lorsque l’huile était extraite, les cerneaux qu’on avait eu soin d’envelopper dans un drap formaient une matière qu’on utilisait pour engraisser les moutons et qu’on appelait tourtel ou pain de noix.

Au XIXe siècle, les cerneaux étaient écrasés à l’aide d’une meule en pierre. La pâte obtenue était chauffée dans un chaudron, puis pressée dans un pressoir à vis.

Dans cette maison, nous n’avons pas trouvé de traces de meule, de chaufferie, ou de pressoir. La colonne ronde ne semble pas être un élément de pressoir.

Un abattoir pour animaux domestiques

Les rigoles avaient alors pour but de récupérer le sang des animaux dans la cavité et la cuve servait de citerne alimentée par le conduit pour avoir de l’eau.

Le bassin servait de drain pour assécher la maison

Pourquoi avoir creusé le bassin si profond ?

Le bassin servait de drain pour récupérer de l’eau dans la cavité. L’eau était récupérée manuellement pour être transférée dans la cuve.

Pourquoi ne pas faire communiquer la cuve avec la cavité ?

Une teinturerie

Un bain de teinture est préparé en plongeant des végétaux colorants dans l’eau froide. On chauffe ensuite progressivement jusqu’à ébullition et que l’on maintient selon un temps variable. Les fibres sont ensuite plongées dans le bain. Les fibres animales doivent cuire à très petit feu, les fibres végétales à gros bouillon. Il faut remuer de temps en temps avec un objet en bois et faire cuire jusqu’à ce que le textile ait obtenu la teinte désirée. On laisse alors refroidir soit dans le bain, soit à l’extérieur, puis on rince abondamment à l’eau froide jusqu’à ce que l’eau de rinçage soit limpide.

L’aménagement ne correspond pas à la description d’une teinturerie.

Une tannerie

Dans l’hypothèse d’une tannerie : les deux piliers encadrant la cuve, à l’époque plus haut, pouvaient supporter une poutre. Un système avec poulie, monté sur la poutre, permettait de plonger les peaux dans la cuve. Le bassin avait un rôle de lavage et d’égouttoir et la cavité avec les 3 rainures permettait son vidage manuel ?

Également, on peut imaginer que la cuve était une simple citerne alimentée par le conduit. Elle permettait d’avoir de l’eau pour le bassin. Le bassin servait à travailler le cuir brut par trempage.

Protection

Les propriétaires acceptent de garder cet aménagement. Il sera recouvert par un hourdis et une pompe, asservie par le niveau de l’eau, videra régulièrement le bassin.

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*          *

Historique de la maison de Blanat

blanat.jpg (4025 octets)Cette maison, située à l’angle de la rue Droite et de la Place de la Bride forme un îlot séparé par une venelle ou androne de la maison de Briance.

Sur le plan Chaudru de Reynat ce sont les parcelles 285 et 284.

La maison de Blanat n’appartenait pas au vicomte de Turenne : c’est une maison noble,qui a été possédée très tôt par les seigneurs de Blanat (Saint-Michel-de-Banières).

Elle n’est donc pas citée dans les reconnaissances si précieuses pour la connaissance de Martel.

Si nous savons à qui elle appartenait, nous ne savons pas en revanche qui l’habitait et à quelles occupations on s’y livrait.

Nous ne savons pas non plus si le bloc était constitué d’un seul tenant à l’origine ou s’il était fait de parcelles qui auraient été réunies par un des premiers seigneurs de Blanat, comme c’est le cas de la maison de Briance, sa voisine ou la maison de Mirandol, rue de la Bride.

Les origines de la maison de Blanat

Sa situation

La maison de Blanat est située sur la rue Droite, axe est-ouest qui menait de la Porte de l’Agulhierie à l’église Saint Maur, en longeant les maisons qui formaient le mur extérieur de la première enceinte ou Fort de Martel. En face d’elle, à l’emplacement de l’actuelle pharmacie, et de l’autre côté de la rue, se trouvait un ensemble de tours et porte appelé La Solhago ou la Souillague, reconnu par ses locataires à la famille de Besse ou de la Boudie.

Elle est donc à l’extérieur du Fort et fait partie des blocs réguliers de maisons, séparés par des venelles et pourvus de jardins, qui forment une sorte de lotissement aristocratique au sud-ouest de la ville.

Les premiers propriétaires de la maison

Entre le XIIIe et le XVe siècle, la famille de Blanat, probablement originaire du causse de Gramat, puis d’Alvinhac et Rocamadour, est une famille de notables et de marchands de Martel.

Comme les Pauc et les Caors, leurs voisins et parents, ils font le commerce des bestiaux.

On peut citer, en 1252, G. de Blanat notable ; de 1339 à 1362 Pierre de Blanat. Il est conseiller pour la ville. Il est envoyé à Brive pour payer le fouage qui s’élève à 500 écus. On lui achète 25 muids de vin. On le dispense de payer la taille, car il a prêté à la ville 65 écus. Enfin, en 1362, il est consul.

En 1413, son descendant probable, Adémar de Blanat, vend la maison de la Martinie à Martin Régis, notaire de Brive.

En 1463, son descendant, Gaubert I de Blanat, épouse Guine ou Guinote de Metge (ou Medici) d’une autre famille notable de Martel. Il achète une part de la seigneurie de Blanat (Saint-Michel-de-Banières) détenue par la famille Sironha ou Sirogne autre grosse famille bourgeoise de Martel.

Durant tout le Moyen Age, la maison 285 appartient donc à ces grands bourgeois et marchands, dont la fortune est considérable. Dans les procès, leurs adversaires, jaloux ou simplement moqueurs, les traitent de " vilains bouchers " rappelant ainsi malignement l’origine de la famille.

Durant la guerre de Cent Ans, qui a rassemblé à l’intérieur de la deuxième enceinte toute la population de Martel, ramenée des faubourgs jugés insuffisamment sûrs, la famille de Blanat a dû habiter la maison. La place de la Bride à ses pieds servait d’entrepôt pour tout le matériel hétéroclite, à la fois guerrier et commerçant.

Comme les Blanat possédaient aussi, jusqu’en 1413, la Martinie, c’est-à-dire l’actuelle maison de Briance, ils régnaient sur tout le pâté de maisons. Qui étaient leurs locataires et que faisaient-ils dans la maison : nous n’en savons rien.

Signalons tout de même que, durant la guerre, toutes les tueries ou abattoirs ont été ramenés à l’intérieur de la ville. Il devait s’en trouver sur la place de la Bride, un des rares espaces vides de la deuxième enceinte.

En 1456, lorsque les foires reprennent, la rue droite est consacrée aux marchands d’étoffes grossières, depuis la maison de Jean Julien, (appelée improprement tour des Pénitents) jusqu’à l’hôtel de la Souilhague (en face de la maison de Blanat).

La place de la Bride est réservée aux marchands de marmites et d’écuelles et aux cuirs velus de bovins à condition de ne les vendre là que les jours de foire.

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Photos de l'aménagement.

Du XVIe siècle à la Révolution : Les seigneurs de Blanat

Au XVIe siècle, les marchands de Martel ont commencé à vouloir vivre noblement ou à acquérir des charges judiciaires au Sénéchal, occupations plus prestigieuses que de courir les routes au risque de se faire traiter de bizouards ou pieds poudreux.

En 1531, Elie Brunet achète la maison de la Martinie, citée plus haut et en fait l’hôtel noble de Briance. Jusque-là reconnue au vicomte de Turenne, elle est donc englobée dans le fief de Briance.

En 1585, lors d’une ultime reconnaissance précise, nous apprenons donc qu’elle confronte la maison de M. Pierre Barrière. En sont-ils locataires ou propriétaires ?

Nous pouvons suivre, de son côté, la famille de Blanat, installée noblement dans son repaire de Saint-Michel-de-Banières : Gauzbert I de Blanat et sa femme Guine de Metge, les probables constructeurs du château, ont eu six enfants, dont Adémar, héritier de sa mère. Il rachète la part de ses cousins Metge sur Blanat. Puis vient Gaubert II, époux d’Antoinette de Capdenac ; Raymond époux de Marguerite de Sermur ; et, enfin, Guynot, époux de Gabrielle de Rilhac.

Tous deux sont assassinés à Blanat, dans la salle basse du château, en 1578. Comme ils n’ont pas d’enfants, c’est le père de Gabrielle, le puissant seigneur, Jean de Rilhac, qui hérite de Blanat, propriété de son beau-fils.

Il est donc probable qu’au XVIe siècle, la maison de Blanat à Martel n’est pas habitée par ses propriétaires : ils doivent la louer. Elle ne deviendra pas, à l’exemple de ses voisines, les hôtels de Briance et de Mirandol, une belle maison noble, à tours et à tourelle.

Il est même probable qu’elle était lotie et divisée en appartements pour différents locataires.

Au XVIIe siècle, la seigneurie de Blanat est aux Rilhac : Jean II de Rilhac, époux de Catherine de Sédières, François de Rilhac, époux de Louise Duboys, puis, leur fille Charlotte, épouse d’Antoine Coustin du Mas Nadau.

Au XVIIIe siècle, les Coustin ont remplacé les Rilhac : François Coustin, époux d’Anne de Bermondet ; Annet Coustin, marié en 1721 à Henriette de Beynac. Tous deux vendent la seigneurie de Blanat à un bourgeois d’Argentat, Antoine Chameyrat, en 1722.

Antoine Chameyrat, sans descendants directs, la lègue à son petit-neveu, un Dulmet de Meyssac, en 1745.

Tous ces limousins ont d’autres domaines, assez éloignés de Martel. Il est peu probable qu’ils aient habité la maison de Blanat, même de manière épisodique. Ont-ils songé à la réparer ? C’est également peu probable. Mais ils restent les propriétaires.

Henri Dulmet, petit-neveu d’Antoine Chameyrat, est seigneur de Blanat, comme son fils, Jean Dulmet, époux de Catherine de Vezy et son petit fils, Henri II Dulmet, né en 1756, époux de Marguerite de Caors en 1775.

Ils héritent tous deux de la Sarladie avec leurs cousins de Lunegarde.

Henri II Dulmet est officier de chevau-légers. Il émigre dans l’armée de Condé, fait la campagne de 1792-1793, puis travaille en Allemagne, dans une fabrique de porcelaine jusqu’en 1803.

On a vendu comme bien national une partie de sa seigneurie de Blanat dont, probablement, la maison de Martel.

Du XVe siècle à la Révolution : des Caors aux Scudié, les sieurs de Blanat

Nous avons vu qu’en 1585, la maison semblait habitée, du moins en partie, par Maître Pierre Barrière, procureur et il s’agissait de savoir s’il en était propriétaire ou locataire.

Pour le comprendre, il faut remonter à l’année 1451. Cette année-là, Jeanne de Caors, épouse de Pierre Gaufolh, notaire royal arrente à Jean et autre Jean Brun un ayrial ruiné (maison en ruine) confrontant le chemin de la Porte de l’Agulieyrie à l’église (rue Droite) et la maison et pressoir d’Hélie de Noguier place de la Bride. Ce pourrait être, à la rigueur, une partie de la maison 285 avançant sur la place de la Bride qui aurait formé un étranglement à ce niveau.

Cette maison ou partie de maison est donc de la mouvance des Caors, famille juriste de Martel.

La fille de Jean de Caors docteur en droit, est l’épouse d’Antoine Barrière notaire. Leur descendant est probablement Géraud Barrière, puis son fils Me Pierre Barrière, procureur en 1585.

Nous n’avons pas de détails sur cette famille au XVIIe siècle.

Au XVIIIe siècle Champeval déclare, dans "son état des fiefs du Haut Quercy", que "la maison noble de Blanat à Martel appartient à la famille Scudié, sieurs de la Cépède (Condat)". Il ne donne pas de références, mais la date de 1710-1722.

Effectivement les Scudié se disent sieurs de Blanat. Ainsi en 1773 on trouve Françoise Escudié de Blanat.

Est-ce que le sieur Guillaume de Blanat, avocat mort en 1772 à Martel, âgé de 83 ans (et donc né en 1689) est en réalité un Escudié (?) qui se fait appeler "Monsieur de Blanat" lors de la confection du plan Chaudru de Regnat vers 1750 ?

En d’autres termes, est-ce lui le vrai possesseur de la maison et non le sieur Dulmet de Blanat (St.-Michel-de-Banières) ?

Auquel cas, la maison ou une partie de la maison, serait passée des Caors aux Barrière, puis, par achat ou mariage, aux Scudié-Escudié, alias Blanat, toutes des familles de juristes, demeurés continuellement à Martel.

Les deux hypothèses, celle des seigneurs de Blanat, ou celle des sieurs de Blanat, sont également acceptables.

Il faudrait pour résoudre ce problème, savoir dans quelles conditions la maison s’est vendue à la Révolution et qui en étaient les vendeurs.

La maison de Blanat au XIXe siècle

De la Révolution à la Restauration, la maison appartient aux Lachièze-Cardaillac.

Pierre Lachièze, qui fut maire de Martel pendant la Révolution (1792-1795) et son épouse, Marguerite Tombelle, puis son fils, Étienne Clément Lachièze et sa femme Augustine de Cardaillac.

La maison peut provenir de l’une de ces familles, qui ont joué un rôle politique majeur pendant la Révolution.

Augustine de Cardaillac, en particulier, est la petite fille du notaire Blondeau, l’un des plus gros acheteurs de biens nationaux à Martel.

La maison est louée à la famille Valadié.

Marc Valadié et son épouse, Marie Jeanne Madelbos, ont sept enfants, qui se partagent leur succession en 1828.

Élie cultivateur ; Jeanne épouse de Pierre Garres cabaretier, Jeanne II épouse d’Antoine Goubin cordonnier ; Juliette, épouse de François Pecouyoul tourneur ; Françoise épouse de François Rivière cloutier et enfin l’aîné, Louis Valadié aubergiste.

Est-ce lui ou un autre membre de la famille, dont la veuve Françoise Vergnes, habite la maison de Blanat en 1837 ? Elle est dite veuve de X. Valadié, cabaretier, et a deux fils : Pierre Valadié cabaretier et Elie Valadié, arquebusier, qui meurt en 1838 laissant une veuve, Jeanne de Louradour, cabaretière. Son testament désigne la ville de Martel comme héritière de ses biens, sa femme n’ayant que l’usufruit.

Jeanne Louradour, lors de la pose des scellés sur la maison explique qu’elle n’est que locataire et croit que le propriétaire est le sieur Laujol, huissier ; mais ce dernier déclare qu’il n’est que le procureur de la famille Lachièze.

Quoi qu’il en soit, la maison est habitée par un certain nombre de membres de la famille Valadié et alliés.

Il y a deux cafés, le café du Centre et le café de la Paix, la mercerie Lafon, ainsi que la cordonnerie Goubin.

En résumé, la maison est partagée entre divers locataires qui deviendront acquéreurs sans doute plus tard, et tous ces locataires pratiquent des activités variées, qui vont de la tenue de cabaret-auberge à la mercerie en passant par la cordonnerie.

Si nous devons attribuer à l’une de ces familles qui se sont succédées du Moyen Age à nos jours, la paternité des installations découvertes dans le sous-sol, nous sommes bien embarrassés.

S’agit-t-il d’une installation médiévale ou récente ?

A-t-elle un rapport avec les anciennes activités de boucherie des Blanat et des Caors, au temps de la guerre de Cent Ans, ou avant ?

Beaucoup plus tard, est-ce le cordonnier Goubin, qui s’est installé là pour ses cuirs ?

En l’absence de toute datation, il est bien difficile de conclure. Il faudrait trouver d’autres documents concernant cette maison et ses habitants, avant de pouvoir avancer une hypothèse raisonnable. Nous espérons que nos lecteurs nous y aideront.

Jean-Pierre Girault et Marguerite Guély

Notes

(1) Gérard Grèze et Fernand Valadier de Martel.
(2) S.R.A., responsable archéologique pour le département du Lot.
(3) Il n'a pas été possible de suivre ce conduit coté ouest de la cuve, car il est recouvert de pierrailles.
(4) Les dénominations actuelles sont sources de Saignac ou des Quatre Bouches.
(5) Bâtiments de France (Toulouse) : Inventaire M.P. - dossier Pardinel, 197. - Archives départementales. Registre de Martel BB1 F°4.


Bibliographie

- Abbé Albe. Titres et documents concernant le Limousin et le Quercy, B.S.S.H.A.C., 1910, tome 32, page 293, Grange de Banières.

- Bourrachot (L.). - Les archives du château de Blanat et les co-seigneurs de St.-Michel-de-Banières. B.S.E.L., 1955, tome LXXVI, ler fascicule, pp 35 à 55.

- Calmon (J.). Le Château de Blanat. B.S.E.L., 1962, t. LXXXIII, p. 139-146.

- Champeval de Vyers (J.-B.). - État des fiefs du haut Quercy. Cahors-Laytou.

- Champeval de Yvers (J.B).- Le Haut-Quercy religieux et féodal, pages 159 et 160, dans "Figeac et ses institutions religieuses".

- Fonds de Blanat aux Archives du Lot (partie des anciennes archives du château de Blanat). L’autre partie de ce fonds, non classé, se trouve à la bibliothèque de la Maison des Œuvres à Cahors. Ces archives ne comprennent pas moins de quatre registres et vingt liasses de papiers ou parchemins dont certaines pièces remontent au XVe siècle. Le comte de Bernis a remis les archives du château de Blanat à l’abbé Ville (curé de St. Michel), qui en fit don à son tour, aux Archives départementales du Lot en 1954.

- Gilbert (Ph.). - Le château de Blanat. Hermé, 1981.

- Ludovic de Valon. Essai historique et généalogique sur la famille de Valon. Seigneurie de Thégra. Cahors, A. Coueslant, 1923.

- Poulbrière (abbé). Un épisode du château de Thégra. Bull. Soc. Lettres de Tulle, 1884, 263-371.

- Ramet (H.). Un coin du Quercy, Martel. Paris. E. Chiron, éditeur 40, rue de Seine, 1920.

- Serrurier-Dubois (Chanoine). - Une paroisse du Quercy à travers sept siècles (1100-1800), Martel et ses annexes (Gluges, Loupchat, Murel). Aurillac, imprimerie Poirier-Bottreau, 1927.

- Ville (abbé), curé de Saint-Michel-de-Banières - "Journal de M. de Caors de la Sarladie", B.S.E.L., tome XXXVI, 1911, page 227.

- Archives départementales du Lot : Martel.

- Archives de Martel : Palais de la Raymondie.

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