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Les
grandes étapes
> DEPUIS L'ANTIQUITÉ JUSQU'EN 1438 (ENVIRON) : LIMPRESSION XYLOGRAPHIQUE Entre deux mille et mille ans avant notre ère (date indéterminée) les Chinois connaissaient déjà l'impression dite «Tabellaire», consistant à graver en relief un dessin sur une planche de bois tendre, à l'encrer et à la presser sur un parchemin ou une étoffe.
La méthode d'impression « xylographique » fut appliquée, au XIVe siècle, en Europe, par les fabricants de cartes à jouer. II se révélait, en effet, bien plus rapide de décalquer sur le carton les motifs des cartes, d'après une gravure en relief sur bois, que de reproduire un à un ces motifs, avec un patron découpé, comme cela s'effectuais auparavant. Le procédé xylographique s'étendit ensuite à la réalisation d'images pieuses, puis de véritables livres, imprimés à partir de phrases, ou paragraphes, gravés sur des planches de bois. La grammaire d'Élie Donat, précepteur de Saint-Jérôme, est sans doute le plus connu de ces ouvrages et tous les livres imprimés à la même époque ont pris le nom de d'anats. La Bible des Pauvres (Biblia Pauperum), imprimée en Hollande ou en Allemagne et répandue, vers la fin du Moyen Age, à un très grand nombre d'exemplaires dans toute l'Europe, constitue également une application de la méthode xylographique. >GUTENBERG ET L'INVENTION DU CARACTÈRE MOBILE Pour obtenir l'impression d'un livre par xylographie, nous avons vu qu'il fallait graver tout un texte en relief sur des planches de bois, travail fort long et de ce fait, limitant, à l'extrême le développement de l'imprimerie. L'invention des caractères séparés, donc mobiles, transforma les possibilités d'impression puisqu'elle permit d'utiliser les mêmes caractères pour servir, par leur assemblage en forme imprimante, à la réalisation des livres les plus divers.
Gutenberg grava d'abord des caractères sur bois. Mais, se rendant très vite compte que cette matière était trop fragile, par conséquent trop sujette à l'écrasement pour l'emploi demandé, il étudia le caractère mobile en métal : alliage de plomb et d'étain, qu'il utilisa vers 1440, après avoir eu maintes difficultés avec son ouvrier Pierre Schoeffer qui, de son côté, grava des matrices et fondit des caractères, à la même époque que son maître. La gravure des premiers caractères mobiles était inspirée des dessins de manuscrits gothiques. Vers 1470, le Français Nicolas Jenson, fixé à Venise (car dans notre pays, les copistes et enlumineurs faisaient passer les imprimeurs pour des sorciers et cherchaient à les faire pendre) créa les premiers caractères romains appelés Elzévir ; et en 1494, l'Italien Alde Manuce, également établi à Venise, dessina les premiers caractères italiques. Depuis Gutenberg jusque vers 1860, la seule méthode connue de fonte des caractères dans les matrices, était l'emploi du moule à arçon fonctionnant à la main, avec lequel un ouvrier habile atteignait tout juste la fabrication de 225 lettres à l'heure. Les fondeuses mécaniques des années 60, qui ont commencé à voir le jour au milieu du XIXe siècle, injectaient le métal en fusion dans les matrices à l'aide d'un piston, et permettaient d'atteindre une production de plusieurs milliers de caractères à l'heure. >DE
LA PREMIÈRE PRESSE A BRAS (VERS 1450) Afin d'utiliser dans les meilleures conditions permises à l'époque, soit entre 1440 et 1450, les caractères mobiles qu'il avait fabriqués, Jean Gutenberg se servit de la première machine à imprimer qui fut construite. Est-il l'inventeur du mécanisme de la presse à bras? C'est peu probable, mais il a le titre, déjà bien enviable, de premier utilisateur.
Les deux organes principaux des presses à platine actuelles le marbre et la platine existaient déjà sur les premières presses. La forme, cadre enfermant la composition, était ajustée sur le marbre fixe et horizontal. La feuille à imprimer venait alors s'appliquer sur la forme préalablement encrée à l'aide de " balles p et un plateau, constituant la platine, était descendu pour comprimer l'ensemble à l'aide de la vis en bois. Cette pression malgré étayement par des madriers, restait malheureusement insuffisante pour imprimer les formats tant soit peu importants et l'on devait recommencer l'opération deux fois, successivement, sur les deux moitiés de la feuille. Voici pourquoi les premières machines à imprimer étaient appelées « presses à deux coups ». Vers le milieu du XVIe siècle, dans le but d'éviter le maculage des côtés de la feuille à imprimer, on adjoignit à la presse le système composé du tympan et de la frisquette. Le tympan était une sorte de châssis de bois, tendu d'étoffe, qui se trouvait relié par charnières à la frisquette, cadre de fer recouvert de papier ajouré ne laissant passer, à travers les jours, que la partie imprimante de la forme. Protégées des bavures sur les côtés, les feuilles imprimées restaient ainsi beaucoup plus propres. La presse à bras, presque totalement construite en bois, fut d'un usage constant, faute de mieux, jusqu'en 1783 ; on ne put, durant trois siècles, espérer d'elle un tirage supérieur à 300 feuilles par jour. Mais en 1783, Didot, aidé de Brichet, munissait sa machine d'un marbre de fer et d'une platine en cuivre et semble bien être le premier imprimeur ayant utilisé une presse métallique. Il permit ainsi de réaliser les grands formats « en un coup » et par conséquent de doubler la vitesse de tirage. L'année 1807 consacre l'avènement de la première presse entièrement métallique, construite en Angleterre par Stanhope et qui va permettre de décupler le rendement journalier. Les
perfectionnements mécaniques apportés à la presse à bras vont dès
lors se succéder. Vers 1817, G. Clymer, de Philadelphie, réalise
la presse " Colombienne " ; en 1829, Samuel Nust fait
adopter la presse En 1816, l'Allemand Koenig, associé à Bauer, créait la première presse à retiration, imprimant simultanément des deux côtés de la feuille. En 1819, le primitif encrage de la forme par " balles " de laine recouvertes de cuir, était remplacé par l'emploi de rouleaux encreurs, inventés par Gannal et formés d'une matière à base de gélatine et de glycérine. En France, les constructeurs et ingénieurs Ganeaux, Selligne, Thonnelier, Rousselet, Normand, Dutartre, Marinoni..., etc., ont successivement perfectionné les divers types de presses à imprimer. C'est à Marinoni que l'on doit la création des machines rotatives, utilisées aujourd'hui par tous les grands quotidiens, et à Hoé, de New-York, le cintrage des clichés, à partir de 1847, pour permettre leur adaptation sur les cylindres des rotatives. Le début du XIXe siècle avait également été marqué, dans le domaine de l'imprimerie comme en bien d'autres domaines, par l'invention de la machine à vapeur, permettant la diminution progressive du pénible travail de l'impression à la main. La presse qui imprimait le journal anglais The Times semble être la première, en 1814, dont le fonctionnement ait été commandé par une machine à vapeur. Dès la fin du XIXe siècle, l'énergie électrique commence à supplanter l'énergie thermique. L'importance des tirages va, dès lors, augmenter dans des proportions considérables et la présentation des publications imprimées ne cessera de s'améliorer pour prendre progressivement tous les aspects de l'impression moderne. Création des machines à composer
En 1886, fut réalisée aux États-Unis la première machine Linotype par Otto Merghenthaler. La machine Monotype, fondant les caractères un à un, fut créée par l'américain Tolbert Lanston vers la même date, mais ne commença à être pratiquement utilisée qu'au début de 1900. Après vingt années de recherches, la photocomposition débute au cours des années 1950. Historique de la photogravure
Son fils, Charles Gillot, adapta les découvertes photographiques de Daguerre et de Niepce à la gravure chimique sur zinc par l'emploi de la photographie au collodion et du bitume de Judée (1876). Puis il créa un papier dit «au procédé», portant une linéature, qui permettait au dessinateur d'obtenir des demi-teintes pouvant être reproduites par cliché au trait (1880). Entre temps, Poitevin découvrait les principes de sensibilisation à la lumière de la gélatine (1854) dont l'emploi devait s'étendre à la plupart des procédés photomécaniques. La similigravure prend son essor à la suite des travaux de l'Américain Yves et de l'Allemand Meisenbach (1883), inventeurs du réseau tramé qui transforme les demi-teintes continues en une série de points de forme et de surface variables. La reproduction des couleurs, par superposition de clichés sélectionnés dans les teintes primaires puis gravés chimiquement en simili-gravure, fut la conséquence des travaux de Charles Cros et de Ducos du Hauron (1895). A l'aube du XXe siècle, la photogravure, devenue une industrie largement répandue chez les peuples industriels, se trouve donc en possession de ses trois techniques essentielles : le trait, la similigravure, la trichromie. Les premiers pas de la clicherie-galvanoplastie remontent à 1830, époque à laquelle Victor Michel établit les premières « coquilles » en cuivre, sur moule de gutta-percha, par dépôt électrolytique à la pile. En 1840, Rousset et Féry adoptaient le moulage à la cire. L'Allemand Albert créait ensuite la presse à mouler au plomb. Au XXe siècle, les plastiques fournissaient de nouvelles matières à mouler à base cellulosique ; en 1930 apparaissaient les presses mécaniques à empreinte et les machines à fondre les clichés, de création allemande et suisse. L'emploi des matières plastiques, enfin, qu'il s'agisse de moulage, prise d'empreintes ou de clichés imprimants, s'étend chaque jour à de nouvelles branches des industries graphiques. Historique de la lithographie et de l'offset
L'impression lithographique fut adoptée à Vienne au début du XIXe siècle, puis à Rome et à Londres vers 1807 et à Paris en 1814. Engelman développa le procédé à Mulhouse tandis que Lemercier, Chevalier et Gobait le perfectionnaient à Paris. Le dessin lithographique prit alors toute sa réputation avec la collaboration de grands artistes : Horace Vernet, Fragonard, Perrot, Daguerre, baumier et Gavarni. La méthode d'impression offset, expression moderne de la lithographie, est d'invention récente. En 1920, le Français Grenier mettait au point, dans les ateliers Ruckert, les premières impressions tramées sur zinc. Historiques de la taille-douce et de l'héliogravure
La taille-douce révélait déjà la grande finesse d'exécution qu'elle serait susceptible d'offrir ; et elle composa une partie importante de l'oeuvre du grand artiste allemand Albert Dürer (14711528), maître en l'art de graver au burin. Rubens, Van Dyck et Rembrandt réalisèrent des gravures à l'eau-forte. En France, sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, la gravure au burin a rassemblé de grands artistes pour la reproduction des chefs-d'oeuvre de la peinture et a illustré les noms de Jacques Cahot d'abord, Jean Morin, Lasne et Robert de Nanteuil. L'héliogravure date du début de notre siècle. En 1905, les travaux de la société anglaise "Rembrandt Cie" et de l'Allemand Mertens permettent d'adapter à l'impression sur papier la gravure mécanique en creux, déjà employée pour les tissus. L'emploi du réseau tramé et du papier transfert " au charbon " aboutit aux premières impressions d'héliogravure en Rhénanie, en Suisse et en Angleterre. Cette forme d'impression fut ensuite rapidement adoptée en France. Historique de la phototypie C'est en 1855 que Poitevin
prenait le premier brevet créant la phototypie. Il produisait une
image photographique sur pierre litho recouverte de gélatine
sensibilisée au bichromate. Le perfectionnement apporté en 1869, à
Munich, par le photographe Albert consista à remplacer le support
en pierre par une dalle de verre convenablement grainée. >DU CARACTERE EN PLOMB A L'ORDINATEUR... DU LIVRE IMPRIMÉ A INTERNET... LA PHOTOCOMPOSITION La première
machine à composer photographique a été conçue par deux ingénieurs
français, Higonnet et Moyroud, et est présentée aux
États-Unis en 1949. L'opérateur frappe le texte à partir du clavier en
définissant la
police,
le
corps,
le
style
et la
justification.
Une calculatrice, calcule automatiquement l'espace entre les mots pour
chaque ligne et ces données sont transmises à un disque portant les
matrices (caractères en négatif) et tournant entre une caméra et un flash.
Chaque caractère est ainsi photographié sur une surface sensible à partir
de laquelle sont tirées les plaques offset. La qualité est encore
améliorée et les problèmes générés par la composition au plomb font
désormais partie du passé.
La micro-informatique associe des matériels performants et des logiciels de très grande spécificité. La numérisation, les logiciels de traitement de textes implantés sur les micro-ordinateurs permettent de visualiser, corriger, modifier, déplacer les textes, les images. Linfluence de ces nouvelles technologies sur tout le processus de fabrication est très importante. La composition, la correction, la mise en page et limpression ont été révolutionnées. La prochaine étape concerne la publication électronique, lécran, le clavier, la souris remplaçant le papier et le stylo ! Cette nouvelle révolution du Multimédia et de lInternet permet dinclure dans tout document du texte, des images, des sons. Elle autorise, grâce aux autoroutes de linformation, laccès très rapide et planétaire à toutes la connaissance de lhumanité. Dès aujourdhui, laccès à linformation est instantané, planétaire et universel. D'après Toute l'imprimerie, F. de Laborderie et J. Boisseau, Dunod, Paris, 1964. |