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© QUERCY NET, 2002
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Istòria de
l'estampariá
L’expansion de l’imprimerie dans le Midi :
A Montauban, c’est un imprimeur nomade de Limoges Paul Berton, qui édite en 1518 un Titulus libri cunubula omnium fere scientiarum de Jean Dolz del Castellar. En 1526, le libraire de cette ville, Gilbert Grasset fait imprimer à Toulouse chez Antoine Maurin différents ouvrages. Mais le premier atelier d’imprimerie à opérer réellement à Montauban est celui de Louis Raubier en 1577 qui imprimera plus de littérature militante d’actualité que d’ouvrages scolaires. Son atelier sera repris vers la fin du siècle par Denis Haultin, apparenté à la célèbre famille d’imprimeurs de la Rochelle. A Agen, Guillaume Reboul imprime des extraits des Epistoles d’Horace. Son chef d’œuvre restera toutefois le Canti XI de Matteo Bandello, imprimé en ayant recours à du matériel italien. L’Italie exercera une influence très marquée sur les Agenais, du fait de la présence d’évêques italiens dans la ville. Toutefois, malgré la présence à partir de 1525 de l’érudit Jules-César Scaliger, éminent latiniste, Agen n’imprimera qu’une vingtaine d’ouvrages d’intérêt d’ailleurs mineur.
Nombre de livres imprimés dans les grandes villes du midi au XVIe siècle :
Finalement, la production de livres dans les petites villes du Midi est somme toute marginale. Au cours du XVIe siècle seront ainsi imprimés quelques 115 ouvrages, soit à peine le septième de la production toulousaine, qui se monte pour la même période à 801 ouvrages. La Réforme et l’imprimerie en Languedoc ■ Le XVIe siècle est marqué profondément par les controverses souvent vives qui vont opposer Catholiques et Protestants, controverses bien évidemment reprises par les imprimeurs qui vont éditer leurs champions. La Réforme va ainsi opposer Toulouse, bastion catholique depuis sa reprise en main par les ordres religieux (Jésuites et Dominicains), aux petites villes du Midi, telles que Bergerac, Montauban, Castres, Montpellier et Nîmes, toutes acquises aux Protestants. En 1546, Thomas du Fert imprime à Toulouse une Epistre... contenant la perfection chrestienne. Cet ouvrage sera censuré comme ouvrage hérétique en 1551, dans une réédition lyonnaise. A l’époque, les imprimeurs protestants sont surtout localisés à Montpellier et Montauban. Dans cette dernière ville, capitale méridionale de la Religion Prétendue Réformée, l’imprimerie devient stable avec l’arrivée de Louis Rabier, imprimeur du roi de Navarre, en 1577, année de création du collège protestant. 1562 sera une année dramatique pour les Protestants toulousains. Ils seront en effet expulsés de la ville. Le libraire Braconnier sera pendu le 29 mai de cette année pour avoir diffusé des ouvrages huguenots. En réaction, dès le milieu du siècle, les Catholiques commencent à faire paraître à Toulouse des ouvrages orthodoxes. Jacques puis Arnaud et Jacques II Colomiès, défenseurs du catholicisme romain le plus intransigeant (ils prendront ainsi le parti pendant les guerres de religion du Parti catholique et de la Ligue dont ils seront les correspondants régionaux), ont ainsi publié les œuvres de polémistes catholiques locaux: Esprit Rotier, inquisiteur de la Foi et doyen de la Faculté de théologie de Toulouse, Melchior de Flavin, prédicateur catholique,... En 1562, Jacques Colomiès donne un Hugoneorum hæreticorum Tholosæ conjuratorum profligatio du jurisconsulte toulousain Georgio Bosqueto, livre qui décrit la défaite des Huguenots chassés de Toulouse cette année là, et qui sera brûlé en 1563 dans le cadre la politique d’apaisement du roi. Toujours en 1562, il imprime une adaptation de Jean Fournier d’un récit de Bernard Gui de la croisade des Albigeois intitulée Histoire des guerres faictes en plusieurs lieux de la France tant en Guienne et Languedoc que ailleurs contre certains ennemis de la couronne. Ses fils publieront en 1588, une traduction de l’Historia albigiensium de Pierre des Vaux de Cerney, sous le titre d’Histoire des Albigeois et gestes de noble Simon de Montfort. De nombreux manuels catholiques sont également publiés par les autorités épiscopales. Mais Toulouse, est déjà plus un lieu de réimpression qu’un centre novateur. Paris et Lyon mènent en effet la compétition des éditions de livres religieux. Ainsi, le Cathéchisme du père jésuite Auger, fera l’objet d’une réimpression à Toulouse, mais Paris en aura six, Lyon quatre et Bordeaux une. En 1593, sont ainsi imprimés une édition de Sub signo nominis Jesu, les Exercices d’Ignace de Loyola ou encore le Directorium d’Acquaviva, prélude à l’action spirituelle de la Compagnie de Jésus. Par ailleurs, les libraires toulousains «importent» massivement les livres qui ne sont pas imprimés sur place; ainsi Pierre Jagourt et Bernard Carles, se feront les correspondants du célèbre imprimeur catholique d’Anvers, Christophe Plantin dans les années 1590. L’imprimerie à Toulouse sous Louis XIII et Louis XIV ■ Au XVIIe siècle, Toulouse est encore un centre typographique d’une certaine importance, comme le prouve le fait que dans la hiérarchie des grandes villes d’apprentissage, Toulouse arrive encore en troisième position après Paris et Lyon, mais avant Bordeaux et Rouen. En 1624, le poste de directeur de la Librairie est créé avec pour fonction de contrôler les imprimeurs. En janvier 1626, un décret interdit sous peine de mort les impressions sans permission. Seules Paris et Lyon peuvent imprimer toute sorte d’ouvrages; Toulouse doit, elle, se limiter aux livres d’heures, aux catéchismes, aux almanachs, aux thèses et aux manuels scolaires.
Dossier préparé en Juin 2000 par Jean-Christophe Loubet del Bayle, Natif de Toulouse |