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© QUERCY NET, 2002
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L'imprimerie à Cahors ![]() LES DÉBUTS DE L'IMPRIMERIE A CAHORS
Les
débuts de l'imprimerie, à Cahors, ne sauraient être antérieurs à 1583,
contrairement à de tenaces légendes. Les biographes quercynois citent
Jacques Rousseau, imprimeur itinérant venu d'Anjou, comme le
premier imprimeur de Cahors. La bibliothèque municipale possède une copie
d'un ouvrage dont loriginal se trouve à Londres, signé "à Caors par
Jacques Rousseau". Il est daté de 1586, le thème est lhistorique de
Cahors. Pourtant, cette ville était dotée dune université. Mais ses
professeurs étaient obligés, comme le professeur Dominici, de publier à
Paris.
![]() LES GRANDES DYNASTIES D'IMPRIMEURS CADURCIENS
L'imprimerie cadurcienne prit rapidement son essor avec de véritables
dynasties d'imprimeurs, telle celle des Rousseau puis les Bonnet, les
Richard, couvrant les XVIIe et XVIII, siècles, à coté d'imprimeurs
"météores" au nombre d'une douzaine.
(1636-1698)
La dynastie RICHARD
Le premier de la dynastie est Georges RICHARD dont le premier
ouvrage connu a été publié en 1681. Sa seconde femme est fille
dimprimeur. Ses enfants François et Pierre lui succèdent. Sa fille,
Hélène, épouse un imprimeur de Carcassonne venu sétablir à Cahors. (1668-1694) La dynastie BONNET Le premier de la dynastie est Jean BONNET. Associé de Pierre DALVY, il lui succède vers 1660. Son fils François prend la relève en 1685. Cest ensuite le second fils, le libraire Arnaud, qui rachète latelier. Le nom de BONNET disparaît du corps des imprimeurs au début du XVIIIème siècle.
![]() ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION CADURCIENNE AU COURS DES SIECLES La majorité des livres produits au XVIIe siècle, soit 432 pièces ou titres et 35 000 pages, relève de la littérature religieuse : celle qui se voulait un instrument de la réforme catholique inspirée par le concile de Trente. L'épiscopat cadurcien, avec d'aussi fortes personnalités qu'Alain de Solminihac, se place tout naturellement au premier rang des clients des imprimeurs. Ceux-ci dépendent donc de ses commandes pour leur survie. A peu de distance, des écrits huguenots sortent en masse des imprimeries montalbanaises. L'administration, la littérature, les sciences viennent loin derrière avec 3% seulement chacune des pages imprimées. Une seule oeuvre imprimée, bien audacieuse pour son temps, échappe au conformisme de rigueur, "Scatabronda" (1697) : celle-là même que Patrick Ferté exhuma et étudia en 1983. On y critiquait les juges, le clergé ; on y revendiquait des droits pour les femmes et pour la langue locale, l'occitan ! Le XVIIIe siècle connut un notable ralentissement dans l'activité des imprimeurs: trois fois moins de pages, avec bien moins de gros ouvrages. A ce moment Cahors est supplanté par les villes voisines, alors qu'elle les devançait, sauf Montauban, au XVIIe siècle. Ainsi Rodez, au XVIIIe siècle, publie trois fois plus de pages que Cahors et travaille parfois pour nos évêques. Cela correspond bien à la crise de langueur qui affecta alors Cahors et le Quercy, privés de leurs Etats, de la Cour des Aides et enfin de l'Université (1751). Aucune Académie ou société littéraire ne s'y créa.Il faut souligner le paradoxe que constitue l'absence de liens entre l'imprimerie cadurcienne et l'Université qui ne fut jamais, à la différence du collège des jésuites, cliente et soutien des imprimeurs locaux : cela ne laisse pas de surprendre et confirme le déclin de l'institution, ce qui, par ailleurs, n'est pas propre au seul Quercy.
Il faudra
attendre le XIXe siècle et un courant libertaire fort, pour qu'intervienne
le renouveau de l'imprimerie cadurcienne . Dans les années 60, l'imprimerie cadurcienne compte une dizaine d'entreprises, mais l'imprimerie France Quercy reste néanmoins l'établissement le plus important, avec aujourd'hui 140 salariés répartis sur deux sites d'exploitation : Cahors et Mercuès.
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