par Tristan Lafranchis Association pour la Sauvegarde des Maisons et Paysages du Quercy & Lot Nature

La géologie, le relief et le climat exercent une influence prépondérante sur les paysages, la végétation et la faune.

Causse Labastide Murat

Le Causse de Labastide-Murat : Photo Lafranchis

La situation géographique du Quercy lui a permis de bénéficier, au cours des différentes phases climatiques du Quaternaire, de vagues successives de peuplements floristiques et faunistiques d’origines diverses et d’en conserver les témoignages.

Les causses, les collines de la vallée du Lot et les serres du Quercy blanc, terrains calcaires et marno-calcaires, ont retenu les espèces d’origine méditerranéenne qui recherchent la chaleur et ne craignent pas la sécheresse. La fauvette Orphée, la couleuvre de Montpellier, de nombreux insectes et plantes (l’asperge sauvage, la badasse, le délicat narcisse à feuilles de jonc) atteignent dans le Lot leur limite septentrionale de répartition.

L’influence méditerranéenne est donc très forte en Quercy, où certains paysages évoquent immédiatement les garrigues du Languedoc, avec le chêne vert, les arbustes toujours verts (alaterne, filaria, corroyère), les labiées aromatiques (thym, lavandes), les pelouses d’aphyllantes de Montpellier.

Sur le causse de Gramat, les parcours à brebis aux nombreuses orchidées retentissent le soir du cri flûté de l’œdicnème, échassier essentiellement nocturne aux grands yeux jaunes.

Le long des falaises, le faucon pèlerin entre en concurrence avec le hibou Grand-duc, revenu récemment dans le Lot après en avoir disparu. La diversité géologique de la Bouriane permet d’y trouver un condensé de la diversité écologique du Quercy. Les affleurements calcaires, en particulier le long de la vallée du Vert, hébergent une flore et une faune très méridionales.

ophrys

Ophrys bécasse Photo Lafranchis

Dans les vallons argileux, où les prairies retiennent longtemps les eaux de ruissellement, se rencontrent des espèces forts différentes, qui recherchent l’humidité et la fraîcheur : aulnes et saules ombragent les ruisseaux, où évoluent libellules et parfois écrevisses. Dans les prairies, les longs épis pourpres de l’orchis des marais succèdent aux blanches corolles du narcisse des poètes, une foule de papillons fréquente assidûment les riches floraisons printanières qui précèdent la fauche.

Sur les sables et galets, souvenirs d’un fleuve venu il y a bien longtemps du Massif central, la végétation n’est plus la même : bois de châtaigniers mêlés de pins plantés, landes à bruyères et ajoncs, quelques discrètes tourbières.

La flore et la faune y sont très différentes de celles des secteurs calcaires avoisinants, présentant de nombreux points communs avec les collines du Ségala : le bouleau, les rossolis (plantes carnivores des tourbières), de nombreuses fougères, plusieurs papillons (Grand Mars changeant, Petit Collier argenté, Miroir…).

Le Ségala présente beaucoup d’affinités avec l’Auvergne voisine. L’arbre dominant, le hêtre, a beaucoup régressé au cours des derniers siècles. Cultures, pâturages et reboisements en conifères laissent peu de place à la nature. De belles tourbières subsistent cependant, et les bois abritent une riche avifaune : aigle botté, bondrée, autour, pic noir…

Avec quelque 1 600 espèces de végétaux supérieurs, 3 000 coléoptères, plus de 700 papillons recensés, des paysages d’une grande diversité, le Quercy constitue une région privilégiée en matière d’environnement.

Mais ce patrimoine, très fragile et souvent négligé, subit des atteintes toujours plus nombreuses. Seule une prise de conscience partagée par le plus grand nombre permettra à nos descendants de pouvoir en profiter et s’en émerveiller.