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Histoire géologique de la grotte du Pech-Merle

Historique de l'exploration de la grotte du Pech Merle
[1992 Datation de peintures préhistoriques dans la grotte de Cougnac, Lot.]
[1995 Datation de peintures préhistoriques dans la grotte du Pech Merle, Lot
]
[1998 Pech Merle : réhabilitation de l’Ossuaire, découverte d’une gravure sur os]
[1998 Pestillac : découverte d'une nouvelle grotte ornée en Quercy ]

    Une année au Pech Merle (chronologie imagée)  

1992  Datation de peintures préhistoriques dans la grotte de Cougnac, Lot.

En 1990 et 1992, des prélèvements ont été effectués par Michel Lorblanchet et Hélène Valladas sur des tracés noirs de peintures de la grotte de Cougnac. Il s’agit du panneau des « mégacéros » et de ponctuations faites avec les doigts.

En 1992, des mesures de dates ont été obtenues par la méthode du carbone 14, ou radiocarbone, par l’équipe d'Hélène Valladas au Laboratoire des faibles radioactivités du CNRS à Gif sur Yvette (département de l’Essone, région parisienne) :
Panneau des mégacéros : environ 23000 à 25000 ans avant nous.
Ponctuations : environ 14000 ans avant nous.

Bibliographie :
LORBLANCHET M. (1993) "Payrignac, grotte de Cougnac, datations de pigments pariétaux au radiocarbone", Bilan scientifique 1992 (SRA DRAC Midi-Pyrénées), p.99-100.

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bullet_b_transp.gif (871 octets) 1995  Datation de peintures préhistoriques dans la grotte du Pech Merle,
           Lot.

En 1995, Michel Lorblanchet, assisté d’une équipe de spécialistes (physiciens, géologues, etc) a effectué des observations et des prélèvements  de pigments sur le panneau des « chevaux ponctués » de la grotte du Pech Merle.
L’analyse montre que les tracés noirs de ce panneau sont surtout réalisés avec un mélange d’oxyde de manganèse et d’oxyde de baryum. De très rares endroits comportent du charbon de bois, seul susceptible de donner une date.
Sur une vingtaine de prélèvements en différents points du panneau, un seul échantillon (dans la zone PM1, située au bas du poitrail du cheval de droite) contenait assez de charbon de bois pour fournir une date : environ 25000 ans   avant nous (méthode du carbone 14, ou radiocarbone, Hélène Valladas, Laboratoire des faibles radioactivités du CNRS à Gif sur Yvette, Essone).

Bibliographie :
LORBLANCHET M. (1996) "Quercy, pigments des grottes ornées", Bilan scientifique 1995 (SRA DRAC Midi-Pyrénées), p.152-155.

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bullet_b_transp.gif (871 octets) 1998  Pech Merle, réhabilitation de l’Ossuaire, découverte d’une gravure
           sur os.

Ossu4.TIF (12958 octets)

dessins Jean Claude Faurie

Une salle de la grotte du Pech Merle renferme de nombreux ossements d'animaux divers. L'abbé Lemozi l'appela l’Ossuaire. Elle est décorée de peintures et de tracés faits avec les doigts (animaux, ponctuations, signes). On observe de nombreuses griffades d’ours.

La salle de l'Ossuaire fut aménagée pour les visites en 1926. Ses dimensions étant modestes (34 m x 22 m) et la hauteur de la voute étant inférieure à 2 m, un circuit de visite fut tracé en creusant des tranchées dans le remplissage argileux du sol. D'où la présence de 18 amas d'ossements et 3 grosses mottes de déblais à proximité. La visite de cette salle fut abandonnée vers 1950, suite à l'ouverture au public des galeries du Combel, récemment découvertes.

 En 1998, Jean Claude Faurie, guide au Pech Merle, entreprend la réhabilitation de l’Ossuaire, avec une autorisation de sondage. Dans un premier temps, les   protections anciennes sont démontées : grillage, piquets, fer plat, plots en béton. Le sol est assaini par l’apport de sable et de gravier. Les coupes des tranchées sont restaurées.
Une autre priorité consistait à préserver le contenu osseux et à l'étudier. 580 pièces sont prélevées sur les amas d’ossements, 118 sont étudiées (marquage, observation, dessin).

La détermination de la faune a été confiée à Dominique Armand (Institut de Préhistoire et Géologie de Bordeaux). Les os étudiés confirment la présence des espèces suivantes : ours, cerf, renne, cheval, hyène, grand félin et bovinés (boeuf et bison).

Parmi des fragments observés à la loupe, un os présente une série de coches régulièrement espacées.
Un morceau de vertèbre, qui porte des traces de sciage, est gravé d'un avant-train de cervidé.

Il s’agit de la première découverte d’art mobilier (objet décoré) dans une grotte profonde ornée du Quercy.

Recherches à venir : étude géologique ; une recherche de datation de l’os gravé est envisagée.

Bibliographie :
FAURIE J-C. (1999) "Intervention archéologique dans l’Ossuaire de Pech-Merle (Lot)", Préhistoire du Sud-Ouest, n° 6, fasc.2, p.141-150.
FAURIE J-C. (1999) "Cabrerets, Ossuaire de Pech-Merle", Bilan scientifique 1998 (SRA DRAC Midi-Pyrénées), p.133-134.

Ossu2p.TIF (10293 octets)

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1998  Pestillac : découverte d'une nouvelle grotte ornée en Quercy

Silhouette féminine stylisée

photographie Julien Sentis

 

On trouve à peu près chaque année une nouvelle grotte préhistorique ornée, en France et en Espagne.
Au mois d’octobre 1998, Julien Sentis, étudiant en Préhistoire à Toulouse, a découvert des gravures dans la grotte de Pestillac.
Cette grotte se trouve sur la commune de Montcabrier (Lot), au Nord-Ouest de Puy l’Evêque, à la limite du Lot, de la Dordogne et du Lot et Garonne. Connue des habitants de la région, son sol garde la trace de fouilles clandestines et ses parois sont marquées de graffitis modernes.

La cavité, longue de 90 mètres et à peu près horizontale,  est un boyau sinueux d’environ 2 mètres de large. Il faut s’accroupir presque partout car la voûte est assez basse.

Les premières observations ont permis de reconnaître précisément une vingtaine de gravures. Il y en a certainement plusieurs dizaines d’autres.
Ont été identifiées des représentations de chevaux et de cervidés, un oiseau, des signes, et au moins cinq silhouettes féminines. Ces dernières, sans tête,  sont d’un type particulier qui est déjà connu dans d’autres endroits en Eupope (type dit de Gönnesdorf).

L’entrée de la cavité est désormais protégée et l’étude complète et détaillée de la grotte et de ses gravures est en cours.
Cette étude a été confiée à Julien Sentis.

La découverte de cette nouvelle grotte ornée est un enrichissement pour l’étude de l’art pariétal du Quercy. Sa situation géographique est particulièrement intéressante. Elle est pour le moment isolée : les grottes décorées les plus proches sont la petite grotte de Cassegros à 30 km à l’Ouest (commune de Trentels, Lot et Garonne), Cougnac à 35 km au Nord-Est et Pech Merle à 45 km à l’Est.

Bibliographie :
SENTIS J. (1999) "La grotte de Pestillac : découverte d’une grotte ornée à Montcabrier (Lot) en octobre 1998", B.S.P.F., t.96, fasc.3, p.441.
SENTIS J. (1999) "La grotte ornée de Pestillac, commune de Montcabrier, Lot", Préhistoire du Sud-Ouest, n° 6, fasc.2, p.159-161.
SRA (d'après SENTIS J.) (1999) "Montcabrier, grotte de Pestillac", Bilan scientifique 1998 (SRA DRAC Midi-Pyrénées), p.140-141.
SENTIS J. (2003) "Analyse des principales figures gravées de la grotte  de Pestillac (Montcabrier, Lot)", Préhistoire du Sud-Ouest, n° 10, fasc.2, p.181-203.

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