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GMR arrêtant une voiture

Contrôle des papiers

Colonel Gelhof, chef des troupes
d'occupation dans le Lot en 1944

Sturmscharführer
Henri Jensen,
chef de la Gestapo de Cahors

Barrages sur le pont de Cabessut

La foule après la Libération de
Cahors

Balcon de l'hôtel de ville de
Cahors

Libération de Cahors - Jean Lurçat
("Bruyères"), au centre Maurice Gay un des responsables du Parti
Communiste Lotois et René Andrieu ("Capitaine Alain")

Libération de Cahors - Mgr Dablanc,
vicaire-général, Waldeck-Rochet, secrétaire du Parti Communiste, M.
Teyssere, Maire de la ville et à l'extrème droite, le préfet Robert
Dumas

Le préfet Robert Dumas ("Paul") et
le Colonel "Georges" (Robert Noireau)

Appel à la population du département après la libération de
Cahors
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LA LIBÉRATION
DE CAHORS
L'activité
des maquis a pris une intensité maximum depuis le
débarquement allié. La ligne de chemin de fer Paris-Toulouse
est coupée, les communications téléphoniques et
télégraphiques interrompues, la RN 20 rendue inutilisable
entre Cahors et Brive. De ce fait la garnison allemande de
Cahors ne sort plus de la ville, à l'exception de quelques
patrouilles effectuées aux abords même. La cité est devenue
pour eux un camp retranché, barrages et chicanes ayant été
dressés aux entrées.
Dès le 16 août, les FTP-Vény,
placés sous le commandement de "Georges", prennent leurs
dispositions pour continuer la lutte et libérer Cahors, seule
ville encore tenue par l'ennemie. Les troupes assurent le
maintien de l'ordre dans le département et prennent ainsi
position sur les principaux axes d'accès à la ville.
Personne ne peut prévoir
l'attitude de la garnison allemande, composée de plus de 700 hommes, même si les moyens de la Résistance sont
suffisants pour obtenir sa reddition. Mais cette solution a
été écartée par l'état-major, en raison des risques en vies
humaines et les destructions inévitables qu'une telle action
aurait entrainées. De nombreuses
unités de maquisards prennent position autour de Cahors.
Le 17 les Allemands quittent
la ville à 15 heures pour rejoindre Montauban. A la tombée de la nuit, ce
même jour, le colonel Georges et le commandant Raymond
(Picard), font leur entrée dans la ville, accompagnés de
Alain (René Andrieu), Dominique (Maurice Défenin), Marcel (Faurant),
Papy (René Darses), Paul (Robert Dumas), Gilbert (Bru) et
d'autres membres de l'état major départemental.
Le préfet de Vichy Empetaz laisse
naturellement Paul ("le préfet des bois") s'installer
à sa place. Une importante réunion a lieu à la
Préfecture, présidée par Robert Dumas, et d'importantes
décisions sont prises concernant la sécurités des habitants,
le ravitaillement, le fonctionnement des différents
services, la réquisition d'un certain nombre d'édifices
publics et de quelques hôtels, ceci pour les besoins des
services, organismes civils et militaires. Ce nom de "Paul" (Robert Dumas), - représentant
le Gouvernement Provisoire - associé à celui de "Georges"
(Robert Noireau), - Chef d'Etat-major des FFI du Lot - sont
ceux que les Cadurciens découvriront le 18 août au matin au
bas d'une affiche qui annonçant la libération du
département, promet le châtiment des traitres dans l'ordre
et recommande le calme.
Le 18, quelques accrochages
auront lieu au sud de Cahors, entre des trainards de l'armée
allemandes et des groupes de FFI lancés à leur poursuite.
Une vingtaine d'Allemands seront ainsi capturés.
L'état-major s'installe à
l'hôtel des Ambassadeurs et le Comité de Libération à la
Préfecture. Trois jours après, tous les services
fonctionnent normalement et l'ordre règne. Le 19 au soir, un
ordre du colonel Serge Ravanel, chef régional des FFI,
désigne le colonel Georges pour rejoindre Toulouse. Il
partira le lendemain à la tête d'un important contingent de
près de 1500 hommes pour se mettre à la disposition des
autorités toulousaines.
Un tribunal militaire siégea
régulièrement et quinze miliciens traitres, furent condamnés
à mort et la sentence fut exécutée le 21 août à la Caserne
Bessières. Il faudra ajouter l'exécution de six
autres miliciens, le 14 septembre, au camp d'Herbouze, après
jugement du tribunal militaire de campagne en date du 16
août.
[Sources :
Musée de la Résistance, Cahors
-
Ombres et espérances en Quercy, 1940-1945,
R. Picard et J. Chaussade, Les Editions de la Bouriane, Gourdon, 1999.
-
Ma
résistance,
Mémoires, Gilbert Verdier, 2003. - Le temps des partisans,
Colonel
Georges (Robert Noireau), Flammarion, Paris, 1978.]
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Le boulevard
Gambetta a vu bien des cortèges, lamentables ou heureux, tristes ou glorieux
: l'exode des Belges en mai 40, les troupes françaises en juin 40,
l'invasion nazie en novembre 42, la revanche des F.F.I. et leur départ pour
le Front en septembre 44. Gambetta assiste du haut de son socle de pierre à
ce ressac des foules portant dans leurs rangs, tour à tour la fidélité et le
reniement de sa grande leçon. Mais son cœur de bronze n'a-t-il point battu
le jour d'août où, pour la première fois depuis deux années bien longues,
une troupe de partisans véritables a défilé devant lui, portant le drapeau
tricolore ? Défi permanent à l’abdication et à la complaisance, Gambetta
fut pour Cahors le signe de la Résistance et de la continuation occulte de
la lutte, et ce drapeau tricolore de fortune a semé sur tous les hauts
sommets de Cahors les flammes françaises revenues sur notre horizon.
Qui
oublierait ces pancartes de bois où s’inscrivaient en lettres gothiques les
noms des services hitlériens ? Les barbelés et les chevaux de frise, les
chicanes où veillaient des visages de cuivre cernés par l’uniforme vert ?
Fermons les yeux, pensons que ce décor qui fût trop longtemps celui de la
vie cadurcienne, évoquons les tristes figurants du spectacle, sa lugubre
toile de fond ? Ces ombres sont chassées désormais, mais ont-elles fini de
nous hanter ?
1943-44. L’employé qui se rend à son travail doit, s’il a le malheur
d’habiter les faubourgs, mettre pied à terre à l’entrée de la ville et se
prêter aux questions indiscrètes des Mongols, membres provisoires de la race
des seigneurs ; il poursuit son chemin, croise une patrouille de gendarmes
verts qui le dévisagent. Rue Wilson, pied à terre encore une fois ; brimade
plutôt que nécessité. Notre homme débouche sur le boulevard, jette un coup
d’œil sur la boutique où les antiquaires de la L.V.F. achètent d’occasion
les consciences usagées ; s’il lui reste quelques minutes, il peut flâner
devant la vitrine de la propagande de Vichy : Cahors, comme toute ville
française, met à la disposition du touriste une série de souvenirs et de
cartes postales ; une vue de la cravate blanche de M. Laval, des dents
gâtées de M. Henriot, de la moustache de M. Darnand.
Pour
lire en chemin de fer, voici les explications en 50 pages de ce que sont
respectivement, un Juif, un Franc-Maçon, un Communiste. L’employé a un petit
sourire triste, il presse le pas. A son bureau, il pense, à la vue du
volumineux courrier de l’administration centrale, que son petit garçon
manque de cahiers, mais qu’il a du papier pour la rédaction des notes en cas
de débarquement allié, pour celles qui prévoient son départ prochain pour
participer dans une usine à la défense de la forteresse européenne, pour
celles qui expliquent comment il faut dépister les terroristes, pour celles
qui élaborent de nouveaux rationnements de la population.
Midi.
Il achète son journal. « Les alliés sont anéantis. Repli sur des
positions préparées à l’avance. Stratégie en hérisson » ; ces trois
thèmes sont développés en de longues colonnes avec le plus grand sérieux.
Notre employé expédie son maigre reps en pensant que les marchands de
bestiaux vendent aux Boches de la viande qu’ils ont réquisitionnée chez les
cultivateurs du petit village où il est né. Justement, ses parents lui ont
écrit qu’un beau parleur a discouru un jour sur le péril bolchévique ; puis
que, quelques semaines plus tard, une colonne allemande est survenue à la
suite de cette estafette et qu’il y a eu pillage, fusillades, pendaisons. La
ferme de ses parents a en partie brûlée.
L’après-midi, il aperçoit par les fenêtres des grands hôtels de la ville et
à la terrasse des cafés des officiers boches vautrés dans des fauteuils. Le
soir, au programme des cinémas, films nazis avec des acteurs dont il ne peut
déchiffrer les noms. Il aperçoit sur le chemin du retour une patrouille qui
emmène un civil. La nuit il entendra au loin des coups de feu.
Le
cauchemar est-il donc fini que l’exilé rentrant de Cahors soit accueilli par
un poste de garde de soldats en kaki qui boivent du vin rouge dans des
quarts en métal ? Les chicanes sont abattues, elles n’ont laissé sur le sol
que d’épaisses lignes blanches de ciment. Les chevaux de frise se rouillent
dans un fossé. La carcasse d’un char Tigre est affalée dans un bas-fond,
elle est renversée sur le dos comme un gros insecte qui montre son ventre et
ses pattes. Les poteaux indicateurs des occupants ont servis à faire du feu
dans les cuisines des F.F.I. Et partout du bleu, du blanc, du rouge.
On
rencontre des amis amusés de se voir, du jour au lendemain, transportés
d’une ferme délabrée au milieu des bois jusque dans les hôtels d’où ils ont
chassés les boches. Les passants n’ont plus l’air traqué, méfiant. Ils
tiennent à la main les journaux dont les titres sont des revanches sur
quatre années de tyrannie : Liberté, Victoire, République. Ils
entrent dans le hall d’informations de la Mairie pour y contempler un
miroir, celui de leur vie, de leurs peines et de leurs joies, de leur lutte
et de celle de toutes les villes de France. Non des mots d’ordre imposés,
mais des reflets de leur pensée et de leur action, et par-dessous tout cela,
voici des reproductions de grands tableaux de maîtres, images pures et
sereines de l’art et de la culture chassant les épaves et les décombres de
la barbarie.
Au
Théâtre municipal, ce sont deux moments parallèles de l’histoire de la
Liberté Française qui furent célébrés. Des textes qui jusqu’ici étaient
demeurés dans la clandestinité, les copeaux d’or que les écrivains
résistants laissaient chaque nuit tomber de leur établi ; ils étaient
récités ce soir-là dans un silence où les mots retrouvaient leur pureté.
L’auditeur lisait sur les feuillets qu’il tenait à la main la trame de la
colère, de la joie, de la fierté dont l’émotion faisait parfois, sur les
lèvres des récitants, trébucher les vocables. La toile de fond, une
tapisserie de Jean Lurçat, flambait aux couleurs d’un soleil et d’un coq
rayonnants au filigrane du poème d’Eluard : « Liberté ».
Petits
cahiers multicolores, vous que les revues clandestines imprimaient, vous qui
avait été conçus dans les camps, dans les prisons, dans la douleur, vous
avez attendu, pour toucher l’immense auditoire de la France, le déferlement
de ceux dont vous portez sur vos couvertures les initiales : les
Francs-Tireurs Partisans du Lot, Aragon, Eluard, Léon Moussinac, Jean
Lurçat, messages de poésie, d’amour et d’union que les Etoiles du Quercy
lancent sur les fils rétablis des lignes sabotées de la culture
française.
Tandis
qu’au Théâtre, Jean-Robert Benoit expose l’action du Front National, le
Révérend Père Coulet rassemble à la Cathédrale les patriotes chrétiens.
Union
du Quercy, union de la France ; le Lot, producteur de tabac, a voté par le
canal du Comté de Libération, l’envoi au peuple de Paris, pauvre en
gauloises bleues, de vingt-cinq tonnes de tabac ; le reportage filmé de la
libération de la capitale par les F.F.I., ces images du départ de
l’occupant, des barricades érigées par le peuple parisien en bras de chemise
a rencontré le souvenir que chaque Cadurcien garde du jour où, pour la
première fois, il a acclamé au balcon de l’hôtel de ville, son Comité de
Libération.
La
chasse à l’homme au petit jour, les exécutions rapides dans un terrain
vague, la torture, l’espionnage et la délation, ces méthodes nazies sont
mortes. Le Tribunal siège au grand jour et le Commissaire du Gouvernement
étudie les dossiers devant le clou où les policiers de la Gestapo
accrochaient leurs victimes pour les supplicier. A l’entrée de l’ancienne
Usine à tortures, une sentinelle de l’armée F.F.I. monte la garde. Les
Patriotes ont chassé leurs bourreaux.
Avec
une diabolique volonté de souillure, les soldats ennemis avaient choisi un
local du lycée de jeunes filles pour y loger leurs filles publiques. Les
Mongols posaient pour la statue de la guerre, en faction à la porte de ce
repaire de courtisanes, dont les officiers redoutaient, à tort,
l’enlèvement. Les lycéennes y rapporteront le vrai visage de la nature et de
la France.
Là où
s’affichaient jadis d’hypocrites témoignages qui travestissaient l’esclavage
des déportés en un enviable pays de Cocagne, l’héroïque Parti qui compte
tant de victimes, tire de leur clandestinité les pages courageuses et
prophétiques où l’imposture fut démasquée.
Les
F.F.I. se reposent de leur vie dangereuse en regardant passer devant le
Foyer du Soldat les belles filles de France. Il faut que les lieux qui ont
servis si longtemps à l’Etat-Major de l’esclavage et de la trahison,
retrouvent au contact du Maquis l’empreinte de la France, que les hôtels des
officiers, les cafés où étaient mouchardés les Patriotes servent
aujourd’hui, pour se purifier, à l’action de la reconstruction. A l’Hôtel de
l’Europe sont installés les services du Front National ; aux stocks
allemands du marché noir ont succédé des réserves inépuisables de bonne
volonté et de camaraderie.
Les
écrits de la résistance, les pamphlets, les revues, les journaux clandestins
ont remplacé chez les libraires les livres de la propagande germanique. Les
hommes retrouvent leurs groupes, leurs partisans, leurs locaux, leurs
réunions. Le drapeau français flotte sur la Barbacane. Dans une rue
silencieuse, près d’un mur couvert de lierre qui file vers une église
roussie par le temps, une de ces rues de la Vieille France où l’on rencontre
chaque jour le cousin Pons ou le curé de Tours, demeure encore sur une
façade historique une enseigne qui dupa bien des bonnes volontés ; oui, la
Légion française des Combattants du Lot siégea dans l’immeuble où Gambetta
et ses camarades élaborèrent la République !
Il n’y
a plus de couvre-feu ; à leur place d’où furent délogées les voitures
d’Hitler, les feuillages prêtent leurs ombres aux couples.
L’homme qui veille aux portes de la ville reconquise n’oublie pas l’étoile
des routes du Lot, l’immense étoile des routes de France, les roues de fer
qui ont meurtri sa terre natale mais qu’il a su broyer de sa main.
Pierre Mazars
EFFECTIFS
DES TROUPES ALLEMANDES
DANS
LE DÉPARTEMENT
DU LOT
La Wermacht arrive à Cahors le 11 novembre 1942, lors de
l'occupation de la zone dite "libre", consécutive au
débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre.
Une petite garnison reste à Cahors et réquisitionne une
vingtaine de chambres à l'Hôtel Terminus et chez l'habitant
à Cabessut pour des officiers et des soldats.
En novembre 1943, le Préfet du Lot donne ordre au maire de
Cahors, de loger quatre officiers, neuf sous-officiers et
une quarantaine d'hommes. La raison en était, le transfert à
Cahors de la compagnie de guet de sécurité aérienne publique
stationnée à Tarbes. L'effectif augmenta peu à peu.
Début 44,
il y a à Cahors quatre cent hommes de la Wermacht, cinquante
Feldgendarmes, vingt agents de la Gestapo et vingt
cheminots.
A Figeac il y a
dix cheminots. A Gourdon et à Souillac également.
Début avril 44, deux cent cinquante Mongols, viendront
renforcer la garnison cadurcienne en réquisitionnant une
partie des lycées Clément-Marot et Gambetta.
L'effectif total des troupes à
Cahors, sera de sept cent quarante hommes et dans le
département trente cheminots répartis à Figeac, Gourdon et
Souillac, soit environ sept cent soixante-dix hommes.
Ce nombre ne prend pas en
compte les troupes en déplacement dans le département pour
des actions de répressions, ou au moment de la remontée vers
le front de Normandie.
(Source : Musée de la
Résistance, Cahors) |
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