La résistance intérieure française, désigne l’ensemble des mouvements et réseaux clandestins qui durant la Seconde Guerre mondiale ont poursuivi la lutte contre l’Axe et ses relais collaborationnistes sur le territoire français depuis l’Armistice du 22 juin 1940 jusqu’à la Libération en 1944.

Des hommes, des dates et des lieux
  • Novembre 1940 :

Pierre Bourthoumieux et Etienne Verlhac, Louis Parazines à Cahors, Raymond Mouysset de Figeac, animateurs de la section socialiste, rencontrent à Toulouse, Raymond Naves qui est à la tête du groupe “Froment”. Ils assurent la distribution dans le Lot du journal clandestin Vérité.

Jacques Chapou s’active à contacter les anciens militants syndicalistes CGT, les Francs-maçons de différentes obédiences.

Raymond Picard et Raoul Dufour à Saint-Céré, refusant la défaite et la dictature du gouvernement Pétain-Laval, agissent dans leur environnement professionnel ou amical et recrutent pour l’Armée Secrète (A.S.).

Dans l’enseignement public, Georges Bru à l’Ecole Primaire Supérieure de Saint-Céré, contacte ses voisins et amis.

  • 15 septembre 1942 :

Barrages sur le pont de Cabessut

Jacques Chapou prend la direction du Mouvement Libération. Sur la région de Gourdon, c’est l’ Armée Secrète reconstituée par Noël Poujade et Jean Larminat.

 

A Cahors, L’Armée Secrète est animée par Imbert et Rouvière, Le Mouvement Combat est formé par les docteurs Mendailles et Garnal, Paul Jouclas et Estival. Au mouvement “Libération” organisé par Chapou et Metges, on peut accoler :

  • La Résistance-Fer avec les cheminots,
  • La Résistance-PTT,
  • Les groupes “Froment” avec le commandant Collignon, le Commandant Delmas et Raymond Picard,
  • O.R.A . l’Organisation de Résistance de l’Armée (Wurtesein et Trémolière).
    On peut noter aussi : Résistance Catholique, Francs- Tireurs et les Corps-Francs Pommiés, “Libérer et Fédérer”, avec Raoul Couderc, Breil et Thévenot.

A Saint Céré, le maquis Timo, Henri Monpeyssin fonde le mouvement A.S. en liaison avec Brive. Georges Bru prend contact avec le Commandant Lavaysse, Timo 
et R. Dufour.

Sabotage SNCF

A Figeac : Henri Vaysettes, chef de l’A.S.

 

  • Le 7 novembre 1942

Jean Moulin demande l’unification des réseaux de résistance de la Zone Sud sous l’appellation : Mouvement Uni la Résistance (M.U.R)

  • Novembre 1943 : 

Raymond Picard, qui vient de contacter le Colonel Vincent, rassemble ces groupes sous l’appellation A.S.-Veny. Les Mouvements s’étendent sur les cantons de Bretenoux avec Voituriez, Colombant et Chambaud, ? Vayrac, avec André Gard, Chatain, et aux Quatre Routes avec Pierre Castanet.

  • Année 1943 : 

Le Front National se crée où participent de nombreux militants du parti Communiste. Les rivalités politiques sont vives.

  • Eté 1943 : 

Des alliances vont naître sous l’impulsion de Jacques Chapou. L’entité A.S.-Veny prend sa forme définitive. Une partie de l’A.S. ne suit pas le mouvement. Sous les ordres successifs de Florian et de Rouvière, ce groupe vit ensuite en symbiose avec le groupe F.T.P.F. auquel il s’intègre dès le 30 mai 1944.

  • 7 novembre 1943 : 

Les trois réseaux : COMBAT Libération, FRANCS TIREURS A.S. sont réunis d’abord sous l’impulsion de Jean Moulin (sous les ordres directs du Général de Gaulle).

  • 4 février 1944 : 

A signaler le coup de main à Cahors d’un groupe de résistants (F.U.J.) qui détruisit les listes des jeunes appelés pour le service de travail obligatoire S.T.O. en Allemagne. Les attaques des locaux de la milice, coupure des cables téléphoniques, … et toutes actions qui pouvaient désorganiser les services de l’état.

  • Après le 6 juin :

La lutte armée se fait au grand jour. Les sabotages s’amplifient avec beaucoup d’interventions dans les gares (changement de destination des trains de mat?riels, embuscades pour retarder la progression des convois routiers de troupes allemandes en direction pour les champs de bataille de Normandie), etc.…

 

L’action du Corps franc Pommiés après le 6 juin 44.

Les messages reçus le 30 mai 1944 de la BBC donnent lieu à des allées et venues qui se succèdent jusqu’au 6 juin. Dans la nuit du 5 au 6 juin, des explosions sur la ligne Paris-Toulouse et Toulouse-Brive par Capdenac arrêtent toute circulation. A la sous-station électrique de Gourdon, les aiguillages sautent, un train de marchandises déraille. Les lignes téléphoniques sont coupées.

Le commandant Charles Wursteisen établit son PC à Carlucet avec le maquis, les sections de Gourdon et de St-Cirq-Madelon. La section formée des gendarmes de Gourdon entoure le PC, surveille les routes et cantonne au Breil de Prouilhac.

Le capitaine Turban établit son PC à Mayrinhac. L’effectif de plus de 400 hommes nécessite un effort de ravitaillement : les minotiers pour la farine, les bouchers pour la viande, les agriculteurs pour les fruits et légumes. Le CFP préconisait un sabotage restreint. Il suffisait de petits ponts sautés pour empêcher le trafic.

Le 28 juin 44, une colonne allemande entre à Gourdon, prend 22 otages qui seront fusillés à Boissières, un seul en réchappera. Parmi eux, 9 membres du CFP. Fin juin 1944, le PC de Charles s’installe au château d’Aymar (Le Vigan) et celui de Turban au Port de Creysse. Ensuite, Charles déplace son PC à Laval près de Reilhaguet, sur une hauteur permettant de surveiller la N20.

Le 12 juillet 44, à Loubressac, parachutage d’armes et d’habillement. Le 22 juillet 44, Jean Admirat en mission trouve la mort à Meyronne, face à une colonne allemande.
Les 15 et 16 août, attaque de Cahors dans la nuit. Le 18 août, la garnison allemande évacue la ville. Castelsarrasin et Moissac sont libérées par le bataillon Sud du CFP.

La Dépêche du Midi, samedi 16 juin 2007.

  • Mémorial Lotois

    15 août 1944

La libération de Brive et l’ensemble des actions de tous ordres dans toute la France désorganise et déstabilise les stratégies d’occupation et rend l’occupant de plus en plus irascible.

C’est alors que les massacres de sa part redoublent de violence. Les interceptions et les actions par les résistants mieux organisés deviennent de plus en plus efficaces.

  • Le 18 août :

C’est la libération de Cahors, puis le 20 celle de Toulouse. Pourchassés par la résistance les allemands s’enfuient, mais dans Toulouse des miliciens en poste restent encore sur les toits des maisons et sur les clochers.

A la Caserne Niel à Toulouse, les futurs contingents sont instruits et équipés pour s’engager à partir vers la Pointe de grave dès le mois d’octobre. Le 2ème régiment d’infanterie est formé et luttera jusqu’au 20 avril 1945 sous les ordres du général de Larminat.

Afin de chasser hors de France l’ennemi, un autre contingent est envoyé pour rejoindre dans la région d’Autun les combattants de la première armée française débarquée sur les côtes de Provence. Ceci jusqu’à la victoire finale.

Les Maquis du Lot :
Nom Lieu Créé le Dissout le Observations
Maquis Timo (9) Luzettes – Sousceyrac 1er avril 1943 Janvier 1944 Passé à l’A.S. Corrèze à  Camps 
Maquis
de la Figuerade
AS Castelnau Montratier 5 mars 1943 30 octobre 1943 Passé au maquis France
Maquis France (1) Au bois noir Arcambal 3 mai 1943 6 juin 1944 Passé aux F.T.P.F. 
Maquis Bessières (2) Prendeignes 15 février 1943 A.S. le 6 juin 1944 F.T.P.F.
Maquis de Caniac Caniac-du-Causse, 
Braunhie
15 juin 1943 15 février 1944 A.S. maquis Guy Mocquet
Maquis Douaumont Saint-Martin-Labouval 15 juin 1943 Février 1944 F.T.P.F 
Maquis Imbert (3)

République Liberté
Fraternité 
(4)

AS Cardaillac Sabadel 15 nov. 1943 6 juin 1944 Passé au FTPF, maquis espagnol
Maquis  Montredon 1er février 1944 26 août 1944 A.S. Veny
Maquis
Guy Mocquet 
(5)
Ancien maquis 
de Caniac
15 février 1944 6 juin 1944 Ancien maquis Caniac, F.T.P.F.
Maquis
Gabriel Péri 
(6)
15 mars 1944 6 juin 1944 F.T.P.F.
Maquis Jean Bart (7) 15 mars 1944 6 juin 1944 F.T.P.F.
Maquis Vayssettes (8) Prendeignes  1er juin 1943 26 août 1944 Passé au groupe Veny
Maquis de la Melve Juin 1943 6 juin 1944 Région du Vigan, O.R.A.
Maquis Douaumont Grotte de Gueffier près Cajarc, puis sur le causse de Larnagol à partir d’août Perd 25 hommes (sur 31) le 8 janvier 1944, alors qu’il est stationné près de Saint-Martin-Labouval.

(1) “France”, Le premier maquis de J.-J. Chapou.

(2) Bessières Albert résistant figeacois, fut fusillé à Amiens le 30 avril 1942.

(3) Emilien Imbert fut le premier maquisard lotois abattu par la Gestapo le 30 novembre 1943. Il fut arrêté avec Baras qui assurait les liaisons radio avec Londres. Imbert, un des premiers adhérents de “Libérer et Fédérer”, responsable du COPA (Centre d’Opération de Parachutages et d’Atterrissage) revenait avec armes et munitions récupérées lors du parachutage effectué la veille au terrain des Luzettes (commune de Souceyrac) Durant la perquisition à son domicile, il tente de s’échapper, mais est tout de suite abattu. Ses obsèques qui ont lieu l’après midi du 2 décembre, sont l’occasion pour les cadurciens d’un immense rassemblement estimé à 7 000 personnes par les renseignements généraux. Une intense émotion s’est emparée de la foule qui progresse en silence. Tous les magasins de la ville sont fermés, les troupes allemandes consignées, les miliciens et autres collaborateurs absents. Le commissaire aux renseignements généraux s’exprima clairement : “Cette cérémonie a en fait constitué une véritable manifestation de reconnaissance française, comme les appels à la radio de Londres n’ont jamais réussi à en créer. Elle reflète nettement le sentiment de la population lotoise ? l’égard des Allemands.“.

(4) République, Liberté, Fraternité, sont des maquis composés d’espagnols.

(5) Guy Mocquet, mort pour la France à 17 ans, le 22 octobre 1941, est une figure très emblématique de la résistance des jeunes français.

(6) Gabriel Péri, député communiste d’Argenteuil en 39, rentre dans la Résistance et est arrêté le 18 mai 41 par la police française, puis livré aux Allemands. Il sera fusillé au Mont Valérien le 15 décembre 41.

(7) Ce maquis encadré par quatre espagnols, se composait d’une vingtaine de “Petits Marins”, d’où son appellation. Ces pupilles de l’école de la Marine, furent transférés à Cahors après le sabordage de la flotte à Toulon. C’est “Philippe” qui créa ce maquis.

(8) Vayssettes, responsable de Franc-Tireur à Figeac, cache et ravitaille quelques résistants dans une ferme près de saint-Perdoux, avec l’aide de Mouysset. Ainsi se formera le noyau de base du maquis Bessières.

(9) Il semble que ce fut le premier maquis créé dans le Lot dans la région de Souceyrac/Saint-Céré, à l’initiative personnelle de Henri Montpeyssin. Il aurait manifesté beaucoup d’indépendance et regroupe assez vite une trentaine d’hommes.