Jour : 28 mars 2026

Hydrogène : comment le nommer en OC ?, une réflexion proposée par François Nardou

Hier matin grande disputation avec un  » montcuquiol » sur un sujet propre à faire carburer les esprits :

Quel pourrait être le nom occitan de l’hydrogène, forme adaptée du grec ?? Chose et mot, concept, formés à la fin du 18ème siècle et en français par Lavoisier, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, chimiste au sens « scientifique  » moderne( mais d’abord « alchimiste »)  » et découvreur de ce qu’il appela un (gaz) « engendré par l’eau »(sens de hydro gène<<grec « hÿdor=eau +génos= né de>>né de l’eau), eau « engendrant » ce « gaz » selon les concepts habituels chez les alchimistes où les éléments constitutifs de la Nature , opposés entre eux, s’engendrent mutuellement entre contraires.

Mon contradicteur, versant dans l’hérésie moderniste (pas celle d’Adolf Harnack ni de l’abbé Alfred Loisy…),  tenait pour une forme du type « hidrogena « (forme ECRITE, prononcée idroutséno en Oc du Càrci Albenc/Quercy Blanc, accent tonique sur »tsé »)qui me parut et me paraît toujours (par orthodoxie langagière)trop « francisante » (on dit « francimande » dans le milieu occitaniste).

N-B : dans mes textes pour « écrire » la langue d’Oc (en tous ses  dialectes), en transcrire les sons, j’utilise la graphie de l ‘Institut d’Etudes  Occitanes (I E O) héritée des locuteurs et scripteurs médiévaux, et non  une graphie dite « phonétique «, telle la mistralienne , qui suit, pour  l’occitan, les règles françaises, scolaires, de transcription des sons n…inadaptées à nos dialectes d’oc….

Cherché dans mes dicos ‘ Piat,Allibert, Mistral, trouvé deux verbes: » congreiar » (engendrer, produire) et « groar »( de sens très voisin ) initiateurs de formes signifiantes occitanes utilisables pour désigner l’hydrogène.

Puisque « Hydro gène » signifie « engendré par l’eau » une forme occitane possible serait « gas » ou (plus « enrazigat dintre la lenga nôstra ») « Aire »(= « air »au sens de « souffle », et, pour nous modernes de « gas », on pourrait aussi proposer « esperit » ) »congreiat per l’aiga » ou « groat per l’aiga », ou pour imiter Mistral (Mireio: »de long dôu Rôze dins un paure ostalon per l’aiga rosigat », graphie IEO!! pas mistralienne!) pourrait -on dire  » …per l’aiga congreiat » sur la base du verbe « congreiar »( = engendrer, produire).

Congreiar <<Latin cumcreare= cum /Avec+creare = fabriquer, produire, faire, quelque chose avec autre chose =produire quelque chose à partir d’une matière pré-existante)>>Cumcreatus>>congreiat(participe passé).

MAIS selon Mistral l’occitan congreiar en est venu à signifier « former, ENGENDRER quelque chose SANS GERME préexistant », engendrer à partir de rien, ce qui rejoint le sens biblique du latin « creare »—qui en latin classique et juridique signifie »instituer », »investir quelqu’un d’une fonction « à savoir » former quelque chose à partir de rien, du néant. (sens du français « créer »).

Facere —faire à partir d’une matière première—étant employé par la Bible LATINE (et chez les théologiens médiévaux : cf les registres de l’Inquisition en Quercy de 1241-42) au sens de « faire à partir du néant » ou ( sens contraire !!) « former à partir d’une matière première préexistante »: c’est le sens du grec « poiéin », traduction de l’hébreu de la Septante dans la Genèse) tandis que que notre français « engendrer » , du  » genere » latin mais par un « in generare » de la Basse Latinité médiévale, signifie  » produire une chose à partir de quelque chose » ) ce qui nous plonge dans de difficiles questions de philosophie et de théologie que Lavoisier ni mon contradicteur ne soupçonnaient pas !

Quant à l’évolution du mot et de ses formes elle serait donc la suivante : Cumcreare >>Cuncreiare>>Congreiar>>Congreiat .

On peut aussi utiliser « groar »(per l’aiga) de sens plus particulier (le grouillement de particules élémentaires naissant de la décomposition et désagrégation d’un ensemble).

Vous avez deux heures et bon dimanche 😉

Affiche préfigurant l’événement mémoriel dédié au 80e anniversaire de la Guerre d’Indochine

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