Auteur : Gilles Chevriau Page 1 of 15

Plantes et Cie, programmation automne 2020

  • 3ème Fête de l’automne à l’écomusée de Cuzals dimanche 27 septembre
  • Exposition Forest Art Project, du 2 octobre au 31 octobre  au Chai à Cahors

Avec dessins et carnets de terrain de Francis Hallé,  sculptures de Vincent Lajarige, peintures de Mark Asterlink. Le 2 octobre de 14h à 18h : ouverture de l’exposition et signature des livres en présence de Francis Hallé (15h-18h)

  • Conférence Francis HalléPeut-on parler d’intelligence chez les plantes ?

Cahors, vendredi 2 octobre à 20h30  au Cinéma Le Quercy

Gratuit, réservation en ligne à partir du 15 septembre sur http://www.bit.ly/FrancisHalle_CJJ2020

  • JOURNEE D’ETUDE PLANTES ET CIEL’arbre, la forêt

Salle Balène à Figeac le  samedi 10 Octobre 9h30-18h30

o   Nicolas Gouix,  biologiste, Conservatoire d’espaces naturels de Midi-Pyrénées. De l’arbre à la forêt : l’héritage des vieilles forêts, refuge de biodiversité

o    Laure Malemanche, ethnobotaniste, Les chemins de F’Laure. L’arbre et la forêt : du symbolique au thérapeutique

o   Charles Dereix, ingénieur forestier, Forêts Méditerranéennes.   Pour ou contre la forêt ? Mais qu’est-ce que la forêt ? Et quelle forêt voulons-nous ?

o   Véronique  Dassié,  ethnologue, IDEMEC – CNRS/Université Aix-Marseille. La forêt : un objet d’affection protéiforme

o   Jacques Tassin, écologue, CIRAD Montpellier

1000 mains à la pâte, ça continue !

Samedi 3 octobre, le Grand Cahors s’associe à l’opération “1000 mains à la pâte” pour entretenir et restaurer les éléments de patrimoine liés au chemin de Saint-Jacques.
Nous allons proposer a priori deux chantiers : l’un qui se situera sur du remontage de murs en pierre sèche au niveau du tronçon de l’an dernier, proche du croisement de la D653 et de la D7 ; l’autre sur le débroussaillage d’un puits couvert qui se trouve au bord du Chemin, à environ 1 km en amont du village de Labastide-Marnhac.
L’objectif sera de maintenir, malgré les contraintes sanitaires, la convivialité de la manifestation.
La journée s’organisera comme suit avec pour chacun d’apporter son matériel de débroussaillage, des gants, de l’eau et son pique-nique.
>  9h : RV sur la prairie des allées des Soupirs (en face de la billetterie du petit train) pour le petit-déjeuner en plein-air offert par la ville de Cahors, dans le respect des gestes barrières (espacement d’un mètre entre les personnes, masque si pas possible)  et les recommandations organisationnelles pour la journée.
> 9h30 : départ vers les deux chantiers (une répartition sera faite en fonction du nombre de bénévoles avec un chef par équipe). Du gel hydro-alcoolique, des masques, une trousse de secours et un défibrillateur seront fournis à chaque équipe.
Repas de midi sur site sous la forme d’un pique-nique apporté par les participants (la météo étant aléatoire, on va éviter le barbecue). Les 2 groupes resteront près de leur site de travail, en respectant au maximum les gestes barrières.
17h30 : retour aux allées des Soupirs pour le débriefing et le pot de fin de chantier. Fin de la journée.
Emmanuel Carrère espère pouvoir maintenir le chantier car, à ce jour, seuls deux bénévoles ont confirmé et ça fait un peu juste…
Merci de bien vouloir lui  faire savoir si vous pourrez vous libérer ou si vous connaissez des personnes qui pourraient être disponibles.  N’hésitez pas à en parler autour de vous :  cette opération ne peut se faire qu’avec la bonne volonté des bénévoles. Il ne faut pas avoir d’expérience particulière de ce genre de chantier, juste se sentir en forme et avoir une bonne dose de bonne humeur et de bonne volonté !
Votre contact : Emmanuel CARRERE, Animateur de l’architecture et du patrimoine
Direction du Patrimoine. Ville de Cahors, 73, boulevard Gambetta, 46000 CAHORS
Tél. 05 65 20 88 83 / ecarrere@mairie-cahors.fr

Célébrations Gambetta : la conférence du 29 septembre est annulée

 

Georges Ribeill, historien du rail qui devait évoquer le thème suivant : “Léon Gambetta, le plan Freycinet et les chemins de fer : des lignes projetées aux lignes réalisées” ne pourra pas assurer sa conférence. Celle-ci est reportée à une date ultérieure.

Autour de Charles Boyer pour les troisièmes journées 2020

 

Figeac : Du 8 au 11 octobre, 5 films et 3 conférences

Le figeacois Charles Boyer est-il encore dans les mémoires des lotois ?

Programme complet sur l’Astrolabe en cliquant CE LIEN

Éoliennes, la face noire de la transition écologique : pour être bien informé

Comme beaucoup d’autres départements, le Lot a aussi son lot de projets ; la presse s’en est encore fait l’écho durant le mois de septembre.

Eddie Puyjalon, président du Mouvement de la Ruralité, et Fabien Bouglé, auteur du livre ” Éoliennes la face noire de la transition écologique”, donnent l’alerte économique, sanitaire, environnementale et sociale à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Un exemplaire de cet ouvrage de référence en France et en Europe pour lequel, les médias ont reconnu son caractère bien documenté et argumenté, détaillant les dangers de l’énergie éolienne, a été adressé à tous les députés de l’Assemblée nationale et sera adressé à tous les sénateurs après les élections. Le but de cette démarche est d’informer les parlementaires sur les dangers de la libéralisation des éoliennes en France en particulier, avant le vote du projet de loi de simplification des démarches administratives qui vise à en faciliter encore plus la folle dissémination sur le territoire national.

Face au non-sens économique, écologique, social, sanitaire et paysager qui entache cette énergie, après lecture de cet ouvrage, les élus ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas informés !

Avec la baisse du tarif spot et l’augmentation des subventions qui abreuvent scandaleusement les promoteurs éoliens à hauteur de 100 à 150 milliards d’euros, la France a-t-elle les moyens de financer une telle énergie dont il est avéré qu’elle n’a aucun impact sur la baisse des gaz à effet de serre et du réchauffement climatique ?

Le Mouvement de la Ruralité et l’auteur Fabien Bouglé espèrent ainsi une prise de conscience urgente des parlementaires sur le sujet des éoliennes qui créent des troubles graves dans toute la France.

Célébrations Gambetta : un nouvel ouvrage “lotois” à paraître

Léon Gambetta dont le nom est présent dans presque toutes les communes de France a fait couler beaucoup d’encre et pourtant les 44 années de sa courte vie passionnent encore aujourd’hui. Cadurcien de naissance, il ne cessera de gravir une à une les marches de la renommée et la seule évocation de son nom mobilise. De prétoires en assemblées, en passant par les liesses populaires lors de ses tournées, tous se pressent pour écouter le tribun. Les joutes politiques font son quotidien et ses relations au plus haut sommet de l’Etat, même parmi ses “amis”, lui porteront le plus souvent, ombrage et défaveur.

Mais Gambetta entretient aussi des relations avec les femmes. Mais peut-être est-ce plutôt l’intérêt du beau sexe pour ce personnage qui avait autant besoin d’une seconde mère sans pour autant refuser qu’elle prit les habits d’une maîtresse ou courtisane. Certes, plusieurs noms entoureront notre “défenseur du territoire” mais celui de Léonie Léon entraînera Gambetta dans une “passion juvénile” qui persistera jusqu’à la mort. En sont témoins près de trois mille lettres, presque toutes passionnées. S’y mêlera une éloquence de tribune que Léonie accompagne à souhait …

L’ouvrage propose sous la plume d’un “ancien” professeur du Lycée Gambetta de Cahors agrégé de grammaire, Maurice Rouget (1912-2002), une lecture où la passion amoureuse de Gambetta et Léonie Léon et son arrière-fond politique ont scellé à jamais leur destin et celui de la France.

Préfacé par Etienne Baux, l’ouvrage sera illustré par une riche iconographie issue de la très belle collection personnelle de Jean-Michel Rivière, Président de l’Amicale des Anciens Elèves du Lycée et Collège Gambetta. Un album souvenir composé de photos, cartes postales et documents d’époque viendra compléter cet ensemble. Une carte postale numérotée, dessinée par l’artiste plasticien Christian Verdun, sera offerte aux seuls souscripteurs.

SOUSCRIPTION VALABLE JUSQU’AU 15 NOVEMBRE / PARUTION DECEMBRE 2020

BULLETIN DE SOUSCRIPTION DISPONIBLE EN CLIQUANT CE LIEN

+ d’information sur le site des éditions édicausse avec possibilité de souscription avec paiement en ligne

Journées Européennes du Patrimoine et les services de l’Etat du Lot

Les services de l’Etat (préfecture de Cahors et sous-préfecture de Figeac), ouvrent leurs portes pour les Journées européennes du patrimoine.  Les salons de la préfecture du Lot seront ouverts à la visite les samedi 19 et dimanche 20 septembre prochain. Les visites sont libres et gratuites de 10h à 17h30. Entrée place Chapou. Ce sera l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’histoire du bâtiment à travers des photos, ainsi que les salons de réception et le bureau du préfet du Lot. Par ailleurs, l’exposition Louvre-sur-Lot ne manquera pas d’éveiller la curiosité des jeunes et des moins jeunes.

Un stand tenu par les membres de l’association « MémoireChapou » dans les locaux de la Préfecture du Lot, présentera le livre «  Du Palais épiscopal à l’Hôtel de la Préfecture » édité par édicausse.
Il convient d’ajouter que l’exposition « Louvre-sur-Lot » réalisée en 2019 par la même association, avec le concours du Musée du Louvre, sera également visible dans les salons.

 

Port du masque obligatoire ; – du gel hydroalcoolique sera mis à disposition des visiteurs dès l’entrée du bâtiment ; – un sens unique de circulation sera mis en place.

La sous-préfecture de Figeac sera également ouverte au public pendant les Journées du patrimoine. Pour visiter la salle de réception, le grand hall et la chambre « ministre », l’entrée se fait uniquement sur rendez-vous. Deux groupes d’une quinzaine de visiteurs seront constitués à 14h les samedi et dimanche. Les inscriptions se font auprès de l’Office du Tourisme de Figeac.

Le patrimoine vu du ciel par Christian Verdun

 

Thème de sa prochaine exposition composée de planches originales et imprimées du 16e au 21e siècle.
Du 19 septembre au 31 octobre (tous les samedis de 15 h à 18 h) et durant les Journées du patrimoine des 19 et 20 septembre. Rendez-vous au 180 rue de la Résistance à Arcambal.

 

 

+ d’information sur le site internet de l’artiste et de son musée en cliquant CE LIEN

Les croix de pierre du Quercy, épigraphie, iconographie (*)

Près de Soulomès, la croix montrait la voie aux pèlerins et veillait sur les récoltes. (©André Décup)

Le 14 septembre, jour de l’exaltation de la Sainte-Croix, nous rappelle que dans nos pages, nous avions, en 2014, publié dans le cadre des communications des Rencontres archéologiques de Saint-Céré, un texte signé Pierre Dalon, alors vice-président de la Société des Etudes du Lot et grand connaisseur du patrimoine religieux. Nous vous invitons également à lire l’article signé André Décup dans l’hebdomadaire La Vie Quercynoise qui consacre sa page “Méditer” à ces trésors de la ruralité

 

(*) Communication présentée lors des Rencontres archéologiques  de Saint-Céré, le 28 septembre 1998 et publiée dans : Annales des Rencontres (1999 – texte malencontreusement tronqué) et B.S.E.L., Tome CXXI, Avril-Juin 2000 (texte intégral). Nous reproduisons ici, le texte du B.S.E.L. 

Les croix de chemins sont indissociables de nos paysages quercynois. Mais des croix on en dressait aussi sur les places des bourgs et des hameaux  comme au milieu des cimetières. Objets de dévotion, la plupart étaient autrefois le but de processions pour les Rogations  et les principales fêtes religieuses.

Seules les croix de pierre retiendront ici notre attention. Indépendamment de leur signification symbolique, commune à l’ensemble des calvaires, elles présentent un double intérêt. D’une part elles nous documentent sur l’activité et le savoir-faire des maçons et tailleurs de pierre de nos villages. D’autre part leur étude contribue à nous éclairer sur certains aspects des mentalités populaires de leur époque.

Encore faut-il que ces modestes monuments lapidaires soient parlants, autrement dit qu’ils nous livrent des inscriptions ou un décor interprétables par tout observateur attentif. C’est pourquoi nous avons laissé de côté les innombrables croix ou calvaires anépigraphes et aniconiques.

Il convient de noter que la majorité des croix de pierre ornées se situent sur les Causses de Limogne et de Gramat. La présence d’un calcaire de bonne qualité et relativement facile à travailler n’est pas étrangère à cette particularité.

EPIGRAPHIE

La date

C’est l’élément qui permet de situer l’objet dans le temps. Elle est presque toujours gravée, même si le décor est en relief. Pour certaines c’est le seul signe d’identification, à l’exclusion de toute inscription et de tout décor, telle une croix d’Issepts qui serait à notre connaissance la plus ancienne millésimée (1602). Du début du XVIIe siècle sont aussi des croix de Bio (1607), Montfaucon (1619), Cahors-La Rozière (1621), Limogne (1625). Toutes sont postérieures aux guerres de Religion qui ont probablement vu la destruction quasi systématique de la plupart des calvaires.

L’implantation de croix s’accélère vers la fin du XVIIe siècle, puis s’intensifie au cours du XVIIIe et jusqu’à la Révolution. On connaît même une croix de Belfort-du-Quercy datée de 1793, ce qui est un cas assez exceptionnel. En application des lois en vigueur, d’innombrables croix ont été brisées pendant la période révolutionnaire. Dans de nombreuses paroisses, elles ont été cachées et sont réapparues dès le rétablissement du culte. On trouve des croix datées de 1797 (Goujounac), 1801 (Varaire, Lacamdourcet, Lavergne, Camy-Luzech), 1802 (Belfort-du-Quercy, Fontanes-Lalbenque), 1803 (Carlucet) 

Tout au long du XIXe siècle on voit une intense floraison qui se tarit avec le début du XXe. La plus récente croix datée serait à Laramière (1931).

Quelques croix portent deux dates, celle de l’érection et celle de la restauration. Calvignac possède un spécimen affichant trois millésimes (1728, 1838, 1866).

On relève de rares dates libellées en chiffres romains, toutes de la fin du XVIIIe 

Le titulus (I.N.R.I.)

Abréviation de Iesus Nazarenus Rex Judaeorum (Jésus de Nazareth roi des juifs). Ce “sigle” figure sur la plupart de nos croix depuis le XVIIe siècle . Le titulus est généralement inscrit sur la partie supérieure du bras vertical, plus rarement au centre du croisillon. C’est dans certains cas l’unique inscription visible (Cremps, Francoulès, Lunegarde, Saint-Privat de Flaugnac). Le tailleur de pierre ne sachant souvent ni lire ni écrire, il arrive que le titulus soit incomplet ou à peine ébauché.

Le monogramme du Christ (IHS)

Ces trois lettres résument la formule Iesus Hominum Salvator (Jésus Sauveur des Hommes). Le H est parfois surmonté d’une petite croix ; il est éventuellement représenté seul, le I et le S étant oubliés.

Le monogramme peut être associé au titulus (Limogne 1660, Beaumat 1676, Esclauzels 1683…). Il est alors tracé le plus souvent au centre du croisillon et se substitue à l’image du Christ. De rares croix portent le monogramme sans le titulus : Reilhaguet (1634), Capdenac-le-Haut (1667), Saint-Pierre-Toirac (1723), Cours…

Comme le titulus, le monogramme fait son apparition sur les croix quercynoises au XVIIe siècle 

Le monogramme de la Vierge

Il se compose des lettres M et A, séparées ou entrelacées. Seul ou associé au monogramme du Christ, il est fort peu utilisé : Sarrazac (1666), Rocamadour (1762), Carennac (1861). Une croix de Rudelle (1692) porte sur la traverse l’inscription Marie en toutes lettres, et sur la face d’une croix de Soulomès (XIXe) on lit Jésus Marie à l’exclusion de tout décor.

Noms et initiales

On trouve de temps à autre le nom, ou le nom et le prénom du donateur, c’est-à-dire de la personne qui a fait exécuter la croix.

Exemple : Iean Rescosseri noter a faict fair (Lalbenque, 1668). 

Le donateur peut être le maçon ou le tailleur de pierre lui-même qui mentionne parfois sa profession.

Exemple : Portal masson (Varaire, 1784).

Mais nom et prénom se résument souvent à des initiales. Il arrive que deux ou plusieurs personnes s’associent pour partager la dépense (Lalbenque 1769, Limogne 1868).

Inscription diverses

En dehors des mentions rappelant qu’une croix a été érigée à l’occasion d’une mission ou d’un jubilé , on relève de-ci de-là quelques inscriptions pieuses :

– Sta Maria Mater Dei ora pro nobis (Belfort-du-Quercy, 1793).
– Jésus Christ crucifié (Parnac, Cels, 1776).
– O crux ave (Gignac, XIXe).
– O crux ave spes unica (Promilhanes, 1826).
– Je vous salue ô croix notre espérance (Issendolus, Gabaudet).
– Noli me tangere (Belmont-Sainte-Foi, XVIIIe) 

Les longues inscriptions sont rares en raison de la surface disponible restreinte . Peut-être aussi parce que beaucoup de tailleurs de pierre, illettrés, éprouvaient des difficultés à graver un texte, même avec un modèle. Certaines inscriptions sont d’ailleurs absolument indéchiffrables. Dans la première hypothèse elles sont libellées sur le socle , mais elles restent exceptionnelles. En voici quelques exemples :

– In cruce protectio ab hostibus (Cieurac, cne de Lanzac).
– Pensez à la mort et vous ne pécherez pas (La Ponchie, cne de Cahus).
– Le 1 mai 1856. Penser à la mort. Pécheur Jésus est mort pour nous (Miran, cne de Luzech).
– Limite du Tarn-et-Garonne/Lot (Vidaillac, 1906). Ici le monument tient lieu de borne départementale.

Les très rares croix commémorant un fait divers (crime ou accident), toutes du XIXe siècle, portent rarement une épitaphe. Celle-ci figure généralement sur le socle, mais on peut citer quelques exceptions :

– A Loubressac, sur la face de la “Croix d’Hélène” n peut lire : A la mémoire d’Hélène Bombezy morte martyre en ce lieu en 1844.
– A Crayssac (D 6) : 1855, Ici a péri M. Duburgua, priez pour lui.
– Aux Arques (D 13) : Gizard Jean-Louis, priez pour lui, 1866.
– A Douelle (D 8) : Ici a péri Rigal Jean Pierre Depeyrot de Douelle âgé de 69 ans (le reste de l’inscription figure sur le socle : par accident d’un cheval le 20 mai 1863, priez pour lui).

ICONOGRAPHIE

Figurations humaines

Le Christ

C’est l’image emblématique, en plus ou moins fort relief, qui figure sur de nombreuses croix 

De facture souvent naïve, il est représenté de différentes façons. Les bras sont soit tendus horizontalement (à la manière des Christs romans), soit levés, plus ou moins écartés, parfois presque verticaux à la mode janséniste. Sur une croix de Vidaillac (XVIIIe s.) le Christ a les bras abaissés, presque pendants.

Les pieds sont presque toujours séparés (là encore selon les modèles romans), mais ils peuvent aussi être posés l’un sur l’autre. Les doigts des mains et des pieds sont quelquefois dessinés. La tête est droite ou légèrement penchée. Les yeux, le nez, la bouche, la chevelure, sont parfois sommairement figurés. Les hanches sont habituellement ceintes du perizonium.

La Vierge

Seule ou portant l’enfant Jésus, elle apparaît sur plusieurs calvaires, au dos de la croix, faisant pendant au Christ représenté sur l’autre face (Montvalent, Prangères, cne de Gramat). On la trouve également sculptée sur le fût, les mains jointes, dans un décor en forme de niche (Aujols, Belmont-Sainte-Foi, Cahors-Saint-Cirice, Cieurac, Lalbenque, Laramière). A Aujols et à Cremps on voit deux croix de facture semblable où les pieds de la Vierge reposent sur une coquille (celle de Cremps est datée de 1748, l’autre est probablement de la même époque).

Deux croix méritent une mention spéciale pour leur originalité. La première est à Prayssac (Meymes). Sur une face : le Christ. Sur l’autre : une tête posée sur un corps cylindrique ressemblant à un enfant emmailloté ; représentation fruste et schématique de la Vierge, drapée de la tête aux pieds dans un vêtement aux plis enserrant le corps et couronnée d’un demi-disque horizontal. La seconde se trouve à La Masse (cne des Junies). D’un côté : un ostensoir. Au revers : la même silhouette “emmaillotée” qu’à Prayssac, mais ce sont deux têtes, de même grosseur, qui émergent du vêtement, sous le même type de couronne. Là, le tailleur de pierre a voulu montrer une Vierge à l’Enfant, entortillée dans une longue robe aux plis obliques. Ces deux exemples sont à rapprocher d’une croix plus petite, sans doute une ancienne croix de chemin, conservée à Castelfranc. Sur une face est sculpté le Christ. Sur l’autre une Vierge à l’Enfant d’une facture identique à celle de La Masse, mais ici la tête de l’enfant est très logiquement plus petite que la tête de la mère. Castelfranc se situant à 2,5 km de Prayssac et à 3 km de La Masse, on est tenté de proposer un même “atelier” pour les trois œuvres. Seule la croix de La Masse est datée (1820).

Autres personnages

Sur le fût de la croix, au lieu de la Vierge, on voit quelquefois un personnage debout, généralement vêtu d’une sorte de blouse paysanne qui pourrait aussi bien passer pour une chasuble (Belmont-Sainte-Foi 1733, Saint-Géry 1777…). Il s’agit vraisemblablement de l’image du donateur.

A Cremps on a une croix de 1855 dont le Christ est absent, remplacé par un ostensoir, mais où figurent une Vierge à l’Enfant et deux personnages inattendus occupant les bras de la traverse : à gauche un prêtre en chasuble, à droite un évêque mîtré tenant une crosse.

A Cieurac, comme à Prangères (Gramat), deux petites silhouettes, très schématisées, se tiennent aux pieds du Christ. Il faut y voir apparemment la Vierge et saint Jean.

A Prudhomat (Pauliac) ce sont deux anges sonnant de la trompette qui encadrent le Christ en croix.

A Crayssac (Mas de Bastide), un cavalier chevauche une monture.

Les “têtes”

On remarque sur quelques croix des têtes isolées qui font penser aux “têtes coupées” de l’iconographie gauloise de même que certains personnages figurés sur les fûts évoquent les sujets représentés sur les stèles funéraires gallo-romaines.

Ainsi trois têtes font partie du décor sur la base d’une croix de Lalbenque. Sur une croix de Laramière (1668) on n’en compte pas moins de cinq (une sur chacun des trois bras du croisillon, plus une sur chaque face latérale du montant). Chaque tête est sobrement animée par des incisions figurant les yeux, le nez et la bouche.

A noter aussi une tête en saillie, seul ornement figurant sur le montant de la croix du cimetière d’Artix à Sénaillac-Lauzès (1837) et une autre au dos d’une croix de Latouille à Latouille-Lentillac (1819).

On ne sait exactement quelle signification attribuer à ces emblèmes “céphaliques”. Peut-être figurations réductrices de personnages non identifiables (saints, donateurs ?) que le tailleur de pierre renonçait à sculpter en entier.

On peut signaler encore le thème de la “tête de mort” gravée au centre d’une croix de Varaire (1844) accompagnée de trois paires de tibias croisés. On la retrouve, sculptée sur deux croix, sans doute de la même main, à Carlucet (Graule-Basse) et à Saint-Projet. Mais là, placée sous les pieds du Christ, elle symbolise le Golgotha, nom de la colline de Jérusalem où se déroula la Crucifixion (en hébreu golgotha signifie “le crâne”).

La main

Nous ne connaissons qu’une seule représentation de la main isolée, censée désigner la dextre bénissante du Seigneur (Baladou). A ne pas confondre avec la main rappelant le soufflet infligé à Jésus au cours de la Passion (Felzins).

Symboles religieux

La croix

On a là le signe le plus simple, figuré en principe au centre du croisillon, lorsque le tailleur de pierre ne se hasarde pas à façonner l’image du Christ. Croix latine, rarement grecque, pattée ou non, parfois fleurdelisée.

L’ostensoir

C’est le motif symbolique le plus répandu. Il apparaît vers 1740. On le voit au centre de la croix, à la place du Christ, ou sur le fût. Son dessin varie selon l’habileté du lapicide. Il peut se réduire à une gravure constituée d’une simple croix grecque inscrite dans un cercle et portée par une tige filiforme reposant sur un support triangulaire (Lalbenque, 1761). Toujours stylisé mais plus élaboré, il se garnit de stries rayonnantes et se couronne d’une petite croix (Saint-Hilaire-Lalbenque, 1879). Les ostensoirs sculptés en relief se rapprochent des modèles observés, avec la lunule centrale (destinée à recevoir l’hostie), la hampe ornée d’un nœud médian et un pied en demi-lune ou mouluré.

L’image de l’ostensoir, comme ultérieurement celle du calice, paraît en relation avec le renouveau de la dévotion au Saint-Sacrement animée par les confréries présentes dans la quasi-totalité des paroisses du diocèse.

Le calice

Au XIXe siècle le calice accompagne parfois l’ostensoir (Laramière, Saillac, Vidaillac…). A Promilhanes il y a deux croix qui représentent sur une face l’ostensoir et sur l’autre le calice avec l’hostie.

Le ciboire

On n’en connaît qu’un spécimen, voisinant avec l’ostensoir, à Pontcirq (Valdié, 1771).

Le cœur

C’est un motif assez fréquent. Il est quelquefois dessiné renversé, la pointe en haut, sans que ce détail ait une signification particulière. Sur les croix il est considéré comme le symbole de l’amour de Dieu ou la marque de la dévotion au Sacré-Cœur. Celle-ci connut un large développement à partir du XVIIe siècle

Le cœur se rencontre seul, accompagné d’un ou deux autres cœurs, ou encore associé à d’autres motifs.

Les instruments de la Passion

Ils ont la faveur des lapicides expérimentés. Il peut s’agir d’un seul élément, comme par exemple la couronne d’épines schématisée, ordinairement au centre du croisillon, par un cercle simple, double ou torsadé.

Les autres objets les plus fréquemment représentés sont le marteau et les tenailles. Mais on trouve aussi l’échelle , les trois clous de la crucifixion (18), la lance et le porte-éponge , le fouet de la flagellation et la main du “soufflet”, l’aiguière de Ponce Pilate , le calice qui a recueilli le sang du Christ, les trente deniers de Judas 

Les chandeliers

Portant un cierge, ils encadrent une croix ou un ostensoir : Laramière (1760), Puyjourdes (1760), Crayssac (1762), Lamagdelaine (1893)…


Motifs végétaux

Rosaces diverses, fleurs à six pétales (23), rameaux (24), fleurs de lis (25), gerbe de blé (26). L’exemple le plus remarquable est une croix de Ginouillac (1826) dont la face est entièrement décorée de branches feuillues.


Autres motifs

Associés ou non à d’autres sujets, on peut rencontrer ici ou là des motifs variés, peu répandus, à connotation symbolique ou purement décoratifs. Citons les motifs circulaires (cercles simples ou concentriques, rouelles), la spirale, le triangle, emblème de la Trinité, la tiare et les clés, symboles du Saint-Siège . Il faut ajouter à cette énumération le motif de la “virgule”. Il figure sur chacun des bras latéraux de la croix de Pissepourcel à Aujols, de part et d’autre de l’ostensoir. A Padirac, ce sont quatre virgules assemblées par la pointe qui forment une figure communément appelée la “croix basque” 

Représentations animales

La colombe du Saint-Esprit figurée à l’intérieur de la couronne d’épines, se voit sur deux calvaires semblables, à Carlucet (Graule-Basse) et à Saint-Projet.

Des lions, visiblement inspirés du bestiaire héraldique, sont sculptés sur deux croix, également proches par leur style : une à Lalbenque, l’autre à Cieurac. Sur la première ils sont affrontés, sur la seconde ils sont répartis sur les faces latérales de la hampe 

Le serpent a inspiré les tailleurs de pierre de Carlucet et de Saint-Projet (il s’agit sans doute du même artisan), mais on le trouve aussi à Reilhac (1836) et à Montet-et-Bouxal (Bouxal, XIXe). A Douelle (1873), le serpent est symboliquement enchaîné, mis hors d’état de nuire par le sacrifice du Christ. Personnification de Satan, et symbole du péché originel, il est habituellement sculpté sur le fût de la croix, la tête en bas, présentant la pomme de la tentation à laquelle Eve ne sut pas résister.

Le coq, plus ou moins bien dessiné, figure deux fois sur un calvaire de Pontcirq (Valdié, 1771). A Limogne (1755) et à Vidaillac (1832), il trône sur le bras vertical. A Cénevières (1826), il s’exhibe au milieu du croisillon, à la place du Christ et dominant l’ostensoir. Le coq est considéré à la fois comme le signe de la vigilance chrétienne face aux forces maléfiques (à la manière du coq des clochers) et comme un rappel du reniement de saint Pierre (il se rapporte alors au thème de la Passion).

Dans le genre volatile, on a un aigle “empiétant un foudre” sur une croix de Cremps 

Pour essayer d’être complet, nous mentionnerons quelques quadrupèdes. A Pontcirq (Valdié) c’est un cheval qui caracole. A Crayssac, au revers du croisillon, on peut reconnaître une chèvre, un cheval (ou une mule) et un autre équidé portant un cavalier.

Et pour faire bonne mesure, nous ajouterons un poisson, vieux symbole paléochrétien du Christ (Douelle, 1873).

Observations générales et cas particuliers

Compte tenu du nombre de croix disparues, et en se basant uniquement sur celles qui subsistent et sont bien datées, on peut constater que les exemplaires du XVIIe siècle portent peu d’inscriptions et n’offrent que de rares décors. Il faut attendre le XVIIIe pour trouver un assortiment significatif d’œuvres ornées.

Si la plupart des croix présentent un décor très sobre, certaines nous révèlent une iconographie particulièrement intéressante. Nous rappellerons seulement quelques exemples déjà cités.

Une croix d’Esclauzels (1761), une autre de Crayssac (1762) et une troisième de Felzins (1768) arborent chacune une belle collection d’instruments de la Passion. Les superbes calvaires de Lalbenque et de Cieurac (1842) accumulent figures et symboles. Il en est de même des calvaires de Carlucet (Graule-Basse, 1788) et de Saint-Projet qui, avec le Christ et le Paraclet, mettent en évidence le serpent de la Genèse, associant ainsi le péché originel et la rédemption. La croix de Carlucet a de plus une curieuse particularité : sous chaque bras est suspendue une petite pierre polie. Ce détail inhabituel ne laisse d’ailleurs pas d’intriguer 

On peut aussi mentionner, parmi les œuvres atypiques, le calvaire de Montanty à Gramat (1859) montrant sur la croix les instruments de la Passion et sur le socle un bas-relief représentant deux convives attablés se partageant un chevreau. Si on cherche un sens symbolique à cette scène inattendue, on peut imaginer une évocation de la Cène réduite à deux personnages. La facture est naïve mais assez réaliste.

 

 

EN GUISE DE CONCLUSION

 

Nous venons d’examiner un aspect particulier du travail de nos tailleurs de pierre. Ceux-ci, il faut le dire, ont aussi exercé leur talent sur des linteaux de portes, de fenêtres ou de cheminées que nous avons eu l’occasion d’étudier naguère. Là l’épigraphie est pauvre, mais les décors sont relativement fréquents et variés. On y retrouve un certain nombre de motifs et symboles que nous avons répertoriés sur les croix.

Certes la comparaison des croix du Quercy avec les calvaires bretons nous incite à la modestie. De même nous reconnaissons volontiers que l’activité des tailleurs de pierre-sculpteurs de l’Auvergne, du Rouergue, du Gévaudan… a dépassé en quantité, et souvent en qualité, la production de nos artisans quercynois. En revanche, si on jette un regard sur d’autres régions, on s’aperçoit que nos compatriotes méritent une place plus qu’honorable parmi leurs confrères du Midi ou d’ailleurs.

Cela dit, les croix de pierre restent les témoins majeurs d’un art populaire disparu qui a su traduire simplement mais avec sincérité les croyances religieuses de nos aïeux. Nul ne contestera la nécessité de les recenser, de les entretenir et de les protéger du vol et du vandalisme. Ne serait-ce qu’au nom de la conservation de notre patrimoine culturel.

Pierre Dalon, vice-président de la Société des Etudes du Lot

Notes

1 – On n’en trouve guère, et sauf exceptions elles sont sans intérêt, dans les agglomérations urbaines.

– Héritières des Robigalia romaines, les cérémonies des Rogations se célébraient depuis le Ve siècle. Pendant les trois jours précédant l’Ascension, on se rendait en procession aux diverses croix de la paroisse et on y priait pour l’abondance et la protection des récoltes.

En général ces deux métiers se confondaient, surtout en milieu rural.

4 – Parmi les rares rescapées on connaît la croix du parvis de l’église de Beauregard (autrefois sur la place de la halle), le calvaire du cimetière de Puy-l’Evêque et la croix du cimetière de Thégra. Elles ne portent aucune date mais on les attribue à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle.

5 – Cette croix de Carlucet est la seule datée selon le calendrier républicain (An 11).

6 – A Esclauzels, le tailleur de pierre (un certain Courrejou, connu par ailleurs) a daté quelques croix MDCCLX et MDCCLXI.

7 – On sait que lors de la crucifixion cette inscription avait été apposée par dérision au-dessus de la tête du Christ.

8 – Remplaçant le Chrisme d’origine paléochrétienne, le nouveau monogramme est apparu en Quercy vers la fin du XVe siècle sous l’influence des Franciscains avant d’être largement répandu au XVIIe siècle par les Jésuites. Une autre interprétation, plus ancienne, fait de I.H.S. l’abréviation du mot grec IHSOVS.

9 – Un notaire de ce nom est attesté à Lalbenque à cette époque.

10 – Mission : suite de prédications organisées dans une paroisse pour l’instruction des fidèles et la conversion des pécheurs. Jubilé : indulgence plénière accordée par le pape pendant une “année sainte”.

11 – Paroles de Jésus lors de son apparition à Marie-Madeleine après la Résurrection.

12 – A Limogne (Ferrières-Bas), la totalité de la face antérieure de la croix est occupée par l’inscription ainsi répartie : INRI/souvenir de la Mis/sion/des/ pères/ capu/cins/ 1868. Cette mission a particulièrement marqué la paroisse puisqu’on y relève au moins quatre croix datées pour la rappeler.
La “croix” de Prudhomat, taillée en forme de losange et inscrite sur la totalité de sa surface, que l’on cite parfois, est une stèle funéraire réemployée comme croix de chemin.

13 – En bordure du vieux chemin de Padirac.

14 – A Capdenac (1667) et à Cremps (1900) on peut voir le Christ traité presque en ronde bosse, d’une facture très rustique.

15 – On en trouve en particulier sur des croix de la Haute-Auvergne où elles sont considérées comme des survivances de l’art celtique par l’intermédiaire de l’art roman.

16 – A la suite des visions de sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Montal.

17 – Facile à dessiner, l’échelle est parfois le seul instrument figuré : Varaire (1784), Beauregard (1787), Tour-de-Faure (1834), Aujols (1847), Crayssac (1850).

19 – Un bon exemple à Lavercantière (Saint-Martin-le-Désarnat).

20 – Felzins (1768).

21 – Esclauzels (1761), Crayssac (1762).

22 – Felzins (1768), Lentillac-Saint-Blaise (1708).

23 – La fleur à six pétales (qu’on qualifie aussi d’étoile) est un vieux motif, tantôt décoratif, tantôt assimilé à un symbole solaire comme la rouelle de l’iconographie celtique.

24 – Le rameau vertical est éventuellement interprété comme le symbole de l’arbre de Vie ou de l’arbre de Jessé.

25 – Motif ornemental ou symbolique. Dans ce dernier cas, la fleur de lis peut être vue, soit comme un des attributs de la Vierge, soit comme l’emblème de la Royauté (ce qui n’est pas incompatible).

26 – Aujols.

27 – La spirale passe notamment pour symboliser le cycle de la vie et de la mort. Une croix de Couzou (Lapannonie, 1846) comporte un décor simplifié : au centre une spirale et sur le fût six “écots” alternés dont le sens reste inexpliqué (sauf à représenter le tronc d’arbre ébranché avec lequel avait été faite la croix du Golgotha).

28 – Saint-Martin-le-Désarnat, cne de Lavercantière.

29 – Pestilhac, cne de Montcabrier (1874).

30 – Certains auteurs comparent ce motif à la svastika, vieux symbole solaire celtique, comme la rouelle. Très répandue au Pays Basque, la virgule, seule ou “en croix”, passe généralement pour un signe apotropaïque. Tout à fait exceptionnel sur nos croix de chemins, ce motif se trouve par contre sur de nombreux linteaux disséminés en Quercy ainsi que sur des monuments funéraires de Cazals et de Marminiac.

31 – Le lion est un symbole ambivalent qui peut, par exemple, représenter aussi bien le Christ que le démon.

32 – Cette croix datant de 1855, on peut penser que le tailleur de pierre (ou plutôt son client) tenait à afficher des opinions bonapartistes. De même qu’ailleurs la présence de fleurs de lis, en particulier sous la Restauration, pouvait exprimer l’attachement à la monarchie.

33 – Cette croix ne porte pas de date, mais on sait par un document conservé aux archives diocésaines (Ms A 74) qu’elle a été sculptée en 1788.

34 – On pourrait y voir, à l’imitation des croix wisigothiques, la figuration symbolique de l’alpha et de l’oméga. Pour notre part, nous y verrions plutôt une représentation des “pierres du tacou”, ces talismans que l’on pendait jadis au cou d’une brebis pour protéger l’ensemble du troupeau contre les maladies et les sortilèges. Dans les étables et les bergeries elles passaient également pour protéger de la foudre. A ce propos on peut se reporter à une communication de Pierre Soulié dans le Bulletin de la Société des études du Lot (4e fascicule 1976, p. 305).

Bibliographie

Dalon Pierre, Les croix de pierre sur le Causse de Limogne. Bull. de la Société des études du Lot, 3e fascicule 1976.

Girault Jean-Pierre et Billiant Pierre, Les croix de chemins et de villages dans le Haut-Quercy (région de Martel, Souillac et Vayrac). Annales des Rencontres archéologiques de Saint-Céré. N°4, 1995.

Blaya Nelly, Les croix de Rogations. Quercy-Recherche, n°64, 1986.

Dalon Pierre. L’art lapidaire dans l’architecture rurale du Quercy (XVIe-XXe siècle). Bull. de la Sté des études du Lot, 3e fascicule 1986.

Baudoin Jacques, Les croix du Massif Central. Editions Créer, 1989.

Les “1000 mains” adaptent leur 6e édition

La 6ème opération “1000 mains à la pâte “du samedi 3 octobre se prépare dans un contexte inhabituel, suite à la période particulière de crise sanitaire que nous traversons.
Ce chemin historique a connu au cours des siècles bien des évènements, crises, épidémies, guerres, révolutions, et toujours il a permis aux cheminants de traverser tous ces moments difficiles.
Comme tous les ans, les équipes seront réparties de Figeac à Montcuq en passant par Limogne et Cahors.
Nous comptons toujours sur tous ces bénévoles utilisateurs des beaux chemins du Lot (pédestres, équestres, vététistes, …) pour mettre en valeur ce patrimoine hors du commun, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité au titre des chemins de Compostelle. Il reste encore des murets à reconstruire, du petit patrimoine à mettre en valeur, du débroussaillage à renouveler…
Compte-tenu des prescriptions sanitaires en cours, nous mettrons en place toutes les mesures obligatoires, et nous comptons sur vous pour les respecter afin de préserver le bon déroulement de la journée.
Mobilisons nous, sollicitez vos proches, vous serez les bienvenus

Inscriptions indispensables avant le vendredi 25 septembre :
Grand Figeac tél. 06.20.66.18.10 ; www.1000mainsfigeac.fr
CC Lalbenque-Limogne tél. 05.65.31.50.08 ; www.tourisme-cahors.fr/1000mainscontact@1000mains.org
Grand Cahors tél. 05.65.20.88.83
CC Quercy Blanc tél. 05.65.22.94.04

Films 2015-2016-2017-2018-2019 sur YouTube « 1000 mains à la pâte »

Léo Ferré… le Quercy, la vie d’un artiste généreux et vulnérable

Léo Ferré a vécu cinq ans en Quercy de 1963 à 1968, à Perdrigal (Pech Rigal) sur la commune de Saint-Clair près de Gourdon. Une période féconde où il mit en musique les poètes Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, rédigea des réflexions sur l’écriture, créa des chansons, écrivit des poèmes sur ce pays.

Paradis Perdrigal, le jaune te va bien,
Cette couleur qui fonce à mort vers les ténèbres …/….
Il faut prier pour moi dans ton ordre païen
Il faut me pardonner mes pas dans ton silence
Et me donner le temps pour que mon temps commence
Pour que tout aille mieux et du Mal, et du Bien1

Du jaune à l’ocre, il décline les couleurs du Lot en contrepoint au bleu et au vert de l’Île de Guesclin qui lui inspira Les Chants de la fureur dont est extrait La Mémoire et la Mer : deux lieux qui vont le marquer profondément.

En dépit du lien qui a uni, un temps, Léo Ferré à André Breton qui devait écrire la préface du recueil « Poètes… vos papiers ! » avant d’y renoncer, le « pape » du surréalisme n’est pas à l’origine de sa venue en Quercy. Léo Ferré se préfaça lui-même dans un texte à la rage magnifique : La poésie contemporaine ne chante plus. Elle rampe. Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore.2 Rappelons que d’autres surréalistes fréquentaient le Lot. Louis Aragon, Léo Ferré mettra en musique plusieurs poèmes dont Strophes pour se souvenir rebaptisées par Léo L’Affiche rouge, Francis Carco…, des plasticiens : Matta, Zadkine, liés au mouvement ou à sa mouvance.

C’est après un concert au Casino de Saint-Céré, que Léo Ferré demanda à son ami le peintre Serge Arnoux (1933-2014) habitant Glanes de chercher un lieu vaste et isolé pour pouvoir y accueillir ses animaux, en particulier Pépée, une femelle chimpanzé.

Pech Rigal, renommé Perdrigal  pour rendre justice aux perdrix que les chasseurs flambergent, était peut-être déjà dédié aux oiseaux, rigal signifiant rouge gorge en Occitan. Sur ce pech, un château en assez mauvais état se dressait.

L’arche de Léo va s’y ancrer : Pépée et ses compagnons Zaza, Bambino, ainsi que des chiens, des chats, des moutons, un cheval, un cochon… La vie, là-haut, n’était pas toujours facile : Je suis sorti, il ventait, il pleuvait, il merdait… La nature est une drôlesse ! Faut savoir la prendre au bon endroit../.. La révolte des choses se taire dans l’immobilité../.. Le silence, cette musique du doute et du pardon. » 3 

L’attachement de Léo Ferré pour les animaux est primordial. Toute sa vie, il en fera ses compagnons. Dans l’un des premiers textes dits, il proclame : Je suis un chien et les chiens quand ils sentent la compagnie, ils se décolliérisent.4

On trouve dans son œuvre un bestiaire plein de tendresse et d’émo­tion : l’innocence leur dégoulinant des babines. Les oiseaux sont les plus représentés : ils symbolisent la liberté et le chant. Il dit de lui-même : Je suis né une métaphore au bec.

Le cheval, autre animal emblématique, lié à la folie, au vieillissement et à la mort.

Ô Nietzche agrippé aux naseaux de Turin
Ce fiacre roulant dans le fantastique
Et la folie te prenant par la main5
À mon enterrement, j’aurai des chevaux bleus…
Des dingues et des Pop aux sabots de guitare
Des chevaux pleins de fleurs des champs dedans leurs yeux
Hennissant des chansons de nuit quand y en a marre6
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu7 »

Outre les animaux, la nature, les arbres sont omniprésents, même dans le traité Le Mot voilà l’ennemi8 :

Il n’y a pas d’arbre sans le mot « arbre ». Rien n’existe que je ne doive nommer…/…
Chez moi, je donne un nom aux chênes. Je les case et les glands ne sont plus perdus.

Léo Ferré entretient un rapport dionysiaque avec la nature, voire animiste. Quand on coupe un arbre j’ai mal à la jambe.

Les éléments naturels : la mer, le vent emportent son œuvre dans un mouvement perpétuel pour échapper à l’immobilité et aux entraves. Que de mouvements toujours sollicités du dedans ! On dirait que les choses pensent, chantent, dansent, s’immolent à quelque loi sacrée qui régit tout l’univers.9 

Une « vie d’artiste »

Léo Ferré est né le 24 août 1916 à Monaco. Dès l’âge de cinq ans, il dirige des orchestres imaginaires. À douze ans, il met en musique un poème de Verlaine. Son désir : devenir compositeur.

Très vite, il comprend qu’il faut trouver un biais pour faire connaître sa musique et recourt alors aux mots. D’abord dans des chansons faussement populaires comme C’est le printemps qui manie humour et argot tout en se référant aux tableaux de Monet, Manet, Gauguin… De nouveau, il constate que s’il ne les chante pas lui-même, il ne pourra survivre.

Et ce fut long, la vie d’artiste est éprouvante, la création exigeante : chansons, poèmes, textes, roman, arts poétiques, réflexions sur la pensée libertaire, journal, introductions… Les chants de la fureur publiés en 2013 aux Éditions Gallimard/La mémoire et la mer présentent 1577 pages de textes.

Quant à la musique : une symphonie, des opéras, un oratorio La chanson du mal-Aimé d’Apollinaire et la mise en musique de 23 poètes, Baudelaire venant en tête avec 54 poèmes.

Dans les chansons, il utilise toutes sortes d’instruments piano, accordéon, violon, orchestre symphonique qu’il dirigera lui-même : son rêve d’enfant ! Tous les rythmes : jazz, blues, pop, valse, classique… Il déclamera de longs textes sur des sons de vagues, de vent, de chant de baleines…

Des concerts témoignent de cette profusion. Ainsi en 1974, à L’Opéra Comique, le spectacle s’ouvre sur La Chanson du Mal Aimé, suivie du Concerto pour la Main Gauche de Ravel, avant d’enchaîner sur ses chansons en compagnie du groupe pop les Zoos : un spectacle bouleversant et baroque sous l’or et le rouge de ce théâtre à l’italienne.

Léo Ferré a toujours travaillé dans plusieurs directions simultanément, mais le public découvrait ces diverses facettes selon les opportunités et l’évolution des mentalités. Novateur et passeur, il partage « fraternellement » ce qu’il aime : poésie, musique, peinture.

Il décède le 14 juillet 1993 en Toscane.

Malgré cette diversité, son œuvre constitue un univers cohérent qu’il nous offre. Il revendique haut et fort la liberté de penser et de créer, aussi il dérange. Une censure multiple s’exerce contre son œuvre : politique, poétique, érotique, musical.

Il bouscule les usages et les codes dans la vie comme dans la littérature. Il passe des alexandrins aux vers libres, trousse des quatrains ou déroule de longs récitatifs basés sur des associations d’idées ou des sonorités. Il mêle argot et franglais, accouple les mots de tous les jours aux métaphores… Maîtrisant les formes classiques de la versification et les arcanes de la langue française, il se permet licences et frasques. De même en musique, il fusionne le tempo au propos ou, à contrario, dresse un terrible réquisitoire sur une berceuse, chante a cappella ou enchevêtre des morceaux différents comme en écho.

Cette œuvre magistrale, mal connue, grave et profonde est constamment tempérée par la tendresse et l’humour. J’ai développé ce dernier point lors de conférences et d’émissions de radio (disponibles sur mon site.)

Son extrême sensibilité le rendait vulnérable, mais générosité et simplicité l’animaient. Attitude qui ne se démentira jamais tout au long de sa carrière de 1945 à 1993 (une cinquantaine d’années) ; jamais il ne reniera ses conceptions artis­ti­ques ni ne trahira ses convictions politiques, n’en déplaisent aux médisants, jaloux et autres détracteurs qui rabâchent toujours les mêmes inepties.

L’utilisation qu’il a fait de sa vie, le biographique rejoignant l’universel attesté par la façon dont il jongle avec les pronoms dans ses chansons, brassant les « je » « tu » « nous » en passant par le « on » nous emporte.

Demain tu seras riche mon camarade, car ce que je te donne n’a pas de prix. Accepte-moi comme je t’accepte.10

Je voudrais que ces quelques vers constituent un manifeste du désespoir, je voudrais que ces quelques vers constituent pour les hommes libres qui demeurent mes frères, un manifeste de l’espoir. (Préface)

Colette BROGNIART

Écrivain, biographe, amie de Léo Ferré

http://colettebrogniart.com

Photo 1 – Léo Ferré (1975) – Patrick Ullmann

Photo 2 – Léo Ferré & Bambino (1966) Hubert Grooteclaes

Photo 3 – Chateau de Perdrigal (1970) – Colette Brogniart

1 Texte paru sous le titre Perdrigal en 1969 dans la revue La Rue

2  Préface – 1956

3 Je donnerais dix jours de ma vie – Revue La Rue -1967

4 Une affiche représentant un chien, intitulée « Un chien à la mutualité » annonçait un concert sans autre précision…

5 Le Chemin d’enfer – Mon Programme – 1969

6 À mon enterrement -1974

7 Avec le temps – 1969

8 Paru dans la revue – La Rue n° 7 1970

9 Benoît Misère – Roman de Léo Ferré (1970)

10 Demain -1980

Jean-Gabriel Perboyre, lazariste, missionnaire et martyr en Chine

A l’occasion de la Journée annuelle consacrée à Jean-Gabriel Perboyre, le 11 septembre en sa maison natale du Puech sur la commune de Montgesty, nous publions cette page qui vient s’ajouter dans notre rubrique “Quercynois célèbres”.

Jusqu’au sacerdoce
Jean Gabriel Perboyre est né au lieu dit “Le Puech”, commune de Montgesty (Lot), le jour de l’Épiphanie, le 6 janvier 1802. Il a été baptisé à l’église de Montgesty, le lendemain. L’aîné d’une famille de huit enfants, dont les parents (Pierre Perboyre et Marie Rigal) sont agriculteurs, il n’a d’autre ambition que de rester à la maison paternelle. D’ailleurs on compte sur lui, l’aîné des garçons, pour assurer, la relève dans l’exploitation familiale.

Sa vocation, Jean Gabriel la doit à un événement fortuit. Au début de 1817 son jeune frère, Louis, part à Montauban, au collège dirigé par leur oncle Jacques, prêtre de la Congrégation des Lazaristes. Mais l’enfant a le mal du pays. Pour faciliter l’acclimatation, l’aîné vient le rejoindre, pour un mois ou deux.Admis provisoirement en 6ème, Jean Gabriel montre vite du goût et de réelles capacités pour les études. Le prêtre discerne chez son neveu les signes d’une vocation et persuade les parents de lui permettre de poursuivre sa formation, L’adolescent n’envisage pas encore le sacerdoce. Cependant, la prière et la réflexion aidant, il écrira bientôt à son père “qu’il a compris que Dieu voulait qu’il soit prêtre ”. C’est à cette époque que naît également son désir d’être missionnaire en Chine.Les études secondaires terminées, Jean-Gabriel demande à entrer chez les Lazaristes où son frère Louis l’a précédé. Il prononce ses vœux le 20 décembre 1820.A la fin de l’été 1823 il a achevé sa théologie, mais ne sera ordonné que le 23 septembre 1826. Entre temps ses supérieurs l’envoient au collège de Montdidier. Trois années durant lesquelles élèves et professeurs seront vivement frappés par la sagesse et la bonté de ce jeune religieux, tout comme par sa passion du travail. Ces mêmes qualités le font également apprécier à Saint-Flour où il se retrouve après son ordination professeur au grand séminaire, puis directeur du petit- séminaire.Le Père Perboyre puise dans la prière force et dynamisme pour accomplir sa tâche. Mais l’excès de travail n’améliore pas une santé déjà faible. En 1831 il est appelé à Paris pour assister le directeur du noviciat.Il garde toujours au coeur le désir ardent de partir en Chine. Il dira un jour à un séminariste : “ Priez pour que ma santé se fortifie et que je puisse aller en Chine afin d’y prêcher Jésus-Christ et d’y mourir avec lui. “ II n’était entré chez les Lazaristes que pour cela, confit-il à un autre.


Missionnaire en Chine
Plus heureux, son frère Louis était parti à la fin de l’année 1830 ; mais il meurt au court du voyage. Ce décès atteint profondément Jean-Gabriel et attise son désir. Il écrit à son oncle Jacques : “ Que ne suis-je trouvé digne d’aller remplir la place qu’il laisse vacante ! Hélas j’ai déjà 30 ans “. Ténacité et prière instante parviendront à vaincre les réticences des supérieurs… et des médecins. Avec plusieurs compagnons il embarque pour la Chine le 24 mars 1835, au Havre. Cinq mois de mer non exempts d’émotions fortes conduisent les missionnaires à Macao. Le père Perboyre y séjourna quatre mois pour s’initier à la Chine. Rude besogne pour cet homme de 33 ans que l’apprentissage d’une langue extrêmement difficile. Cependant il possède bientôt un bagage suffisant. En décembre, il peut écrire : “ Je pars bien portant et bien content. Si vous pouviez me voir un peu maintenant, je vous offrirais un spectacle intéressant avec mon accoutrement chinois, ma tête rasée, ma longue tresse et mes moustaches… On dit que je présente pas mal en Chinois. C’est par-là qu’il faut commencer pour se faire tout à tous puissions nous ainsi les gagner à Jésus-Christ ”.Dans ce pays interdit à tout européen sous peine de mort, il fallait paraître le plus chinois possible et inventer toutes sortes de ruses pour circuler. En jonque d’abord, constamment obligé de se camoufler pour éviter les regards indiscrets et déjouer les contrôles de police, toujours en éveil dans la peur des raids de pirates, le père Perboyre aborde au Fokien. Une longue route attend encore le missionnaire, au péril des fleuves et des rudes sentiers montagnards, au péril de la fièvre également. Sur ce chemin d’épreuves et de fatigues, il va à la rencontre de la communauté qui lui est confiée, dans la région du Houpé.Il y parvient en 1838. Près de deux-mille chrétiens vivent là, dispersés dans une quinzaine de villages. Une population pauvre et souvent au seuil de la misère. L’église de la résidence centrale n’est qu’une masure, “ mais sa richesse est le millier de fidèles qui la remplit, même sous la pluie et la neige ”, Dans la mesure de ses moyens, Jean-Gabriel vient en aide à tous ceux qui ont besoin de lui et se donne corps et âme à son travail apostolique. Rien ne semble devoir venir troubler la vie de la communauté.


Le martyr
Le 15 septembre 1839, sans que personne n’y prête attention, une escorte se dirige vers la résidence des missionnaires et a tôt fait de la cerner. Les deux compagnons du père Perboyre n’ont que le temps de fuir. Lui-même ne pourra que se réfugier dans la forêt voisine. Il y reste tapi jusqu’au lendemain, Pour trente taèls un catéchumène le trahit… Jean-Gabriel est fait prisonnier, enchaîné comme un malfaiteur et traîné devant un mandarin pour interrogatoire. Il reconnaît être TONG-WEN-SIAO, son nom chinois, prêtre et missionnaire.La captivité va se prolonger pendant près d’une année… Long et douloureux calvaire, de prison en prison, de tribunal en tribunal. Même sous les pires tortures, le père reste inébranlable et se refuse à toutes les compromissions. Son calme et sa sérénité en imposent à ses geôliers et redonnent courage à ses compagnons.Le 15 juillet 1840, il est condamné à mort par strangulation. Dans la paix Jean-Gabriel attend son exécution. A un catéchiste venu le visiter dans sa prison, il confie ce message pour les chrétiens de mission : “ Dis-leur de ne pas craindre cette persécution. Qu’ils aient confiance en Dieu. Moi je ne les reverrai plus, eux non plus ne me reverront pas, car certainement je serai condamné à mort. Mais  suis heureux de mourir pour le Christ. ”La sentence confirmée par l’empereur, le condamné est traîné au lieu du supplice : un gibet y est dressé en forme de croix. Les bras et les mains liés à la poutre transversale, les pieds repliés assez haut  arrière, le missionnaire paraît agenouillé entre ciel et terre pour l’ultime offrande de sa vie : Avec une lenteur calculée le bourreau serre par deux fois la corde autour du cou de sa victime. Une troisième torsion plus prolongée interrompt la prière du martyr.C’était le 11 septembre 1840, un vendredi, à l’heure de midi… à Ou-Tchang-Fou “La florissante préfecture militaire”, province de Hou-Pei “Nord du lac”. Une croix apparaît dans le ciel, visible jusqu’à Pékin, confirmeront plusieurs témoins.
Grâce à la complicité d’un catéchiste qui avait soudoyé les gardes, le corps du supplicié pourra être déposé en terre chrétienne. Plus tard, sa dépouille est transférée à Paris, à la Maison-mère des Lazaristes.
Jean Gabriel Perboyre à été béatifié le 10 novembre 1889 et canonisé le 2 juin 1996 par Jean Paul II.

Jean Gabriel PERBOYRE  est fêté tous les 11 septembre à Montgesty
Contact association_jgp_perboyre@hotmail.com

Lancement des célébrations du 150e anniversaire de la Proclamation de la IIIe République par Léon Gambetta 

Vendredi 4 septembre à 11h, dépose d’une gerbe devant le Monument Gambetta, suivie de l’inauguration de l’exposition “La statuaire commémorative : Cahors, le Monument Gambetta”, place François-Mitterrand

La ville de Cahors, l’Université Pour Tous Cahors en Quercy, la Société des Études du Lot, l’Amicale des Anciens Élèves du Lycée et du Collège Gambetta, le collège Gambetta et l’ensemble scolaire Saint-Étienne s’associent pour proposer une grande variété d’animations dont le programme vient de paraître.

Le programme est d’ores et déjà disponible en ligne (cliquez CE LIEN) et vous pourrez vous le procurer en version papier dès le 2 septembre dans les principaux lieux d’accueil du public.

Renseignements :
> Maison du patrimoine  8, rue de la Halle  46000 Cahors 05 65 20 88 91
> Office de Tourisme Cahors-Vallée du Lot, Villa Cahors-Malbec Place François Mitterrand, 46000 Cahors 05 65 53 20 65

Un hapax, qué és acô ?

Un PEN en est un s’il s’agit d’un jardin.  Mystères du latin des notaires de Montcuq au Moyen-Age !

PEN est un vieux mot descriptif de formes du relief, un « fossile » linguistique, paléo-linguistique disent les spécialistes, toujours vivant en Occitan local.
A St-Pantaléon, Feu Mr Laniès, décédé il y a peu, désignait ainsi les « têtes » de causses formant des “Pechs», des «hauteurs dominantes», avançant vers la Vallée de la (Petite) Barguelonne et surplombant celle-ci. A St-Géniès la butte calcaire, très aride, portant le vieux castel des sires locaux médiévaux porte toujours le nom de Penne, écrit en Oc ancien tantôt  “Penna” (Pénno en Oc parlé) ou, très souvent dans les vieux actes, «PEN».

Pour les linguistes et historiens-linguistes «PEN» est un mot, une forme » chargée de sens, vivante en Occitan où elle s’est conservée mais qui nous vient des langues de la Préhistoire et des premiers agriculteurs-éleveurs, des plus anciens Paysans du Grand Sud de la France actuelle et de tout le Bassin Méditerranéen. Langues auxquelles appartient, par exemple, le mot CUQ, nom primitif de la hauteur isolée à sommet rocheux et rond comme un crâne (une butte-témoin pour les géographes) qui devint «MONT CUQ» aux temps des Comtes de Toulouse et Quercy (850-1249).

Un «PEN», butte aride et rocheuse, dépourvue de sols cultivables, est donc tout sauf un site propice au jardinage maraîcher. Or, c’est précisément ainsi que les vieux notaires d’Ancien Régime et du Moyen-Age désignaient à Montcuq, MAIS SEULEMENT au Bàrri de Nârcés(dont le nom signifie «lieu aux sols gorgés d’eaux», chose très vraie à Nârcés !), les jardins aux bonnes terres cultivables et aux sols riches en eaux et en sources, et jardins clos de murs de pierres sèches.

Les vieux actes concernent des jardins alors sis à droite, en descendant vers «St-Jean», de l’actuelle «Rue du Faubourg de Nârcés» alors dite «Carriera Vielha» del Bàrri de Nârcés (Carriéro byélyo en Oc parlé, accent tonique à l’espagnole ou à l’italienne). Ces jardins s’étendaient dans la Combe del Rîu de Léyret (RÎw dé Léyrétt) 1, petit cours d’eau intermittent, saisonnier, hivernal, naissant, surgissant périodiquement et coulant dans ce qui est devenu un chemin passant en contre-bas et à l’ouest du Centre Médico-Social et de l’Espace d’Animation et ruisseau descendant vers la Petite Barguelonne (qu’il rejoint au Pont de Belle Dent , lorsque l’on va vers Gàyrac).

On est donc là en aires de bonnes terres agricoles et riches en eaux que draine ce ruisseau. Or les notaires appellent PENs (BUTTES ROCHEUSES arides, impropres à la culture), les jardins gras et fertiles établis en cette combe ! Mystère du vocabulaire technique des habitants de Montcuq qui y avaient là des jardins ? Terme propre au vocabulaire juridique donc de sens précis et créateur de Droits et d’obligations, des notaires ? Questions de Droit Privé Ancien dans un pays régi par la Charte des Coutumes de Montcuq et par le Droit Romain ?

Pour les linguistes, ce pourrait être un terme UNIQUE rencontré UNE SEULE FOIS ou DANS UN SEUL LIEU et avec un sens inconnu ailleurs. On appelle cela un «HAPAX»… Lisant quelques pages de l’ouvrage d’Andrew Lewis sur les Capétiens et la Formation de l’Etat Royal Dynastique, intitulé «le Sang Royal», je suis tombé sur une citation qui pourrait être éclairante. Les scribes de la Chancellerie Royale, en Latin des Pays d’OÏL (Île-de-France) écrivaient parfois «appenagium» pour «apanagium» (apanage : terres ,droits seigneuriaux du Domaine Royal concédés par le Roi à ses fils cadets ou à ses frères). Appenagium révèle une étymologie latine en «ad Penagium», littéralement «POUR LE PENage, à Titre de PENage». Un «Penagium» était donc, les latinistes acquiesceront sans réticence, un «ensemble de droits» établis, centrés sur un «PEN». «PEN» était donc en vocabulaire des juristes médiévaux du Moult Doulx. L’origine est là aussi bien plus ancienne que l’Occitan ,le Latin, le Gaulois, on dit de ces mots (PEN, CUQ, LIGER) qu’ils sont “pré-indoeuropéen”. Ils furent ceux de langues répandues dans tout notre Grand Sud et dont il nous reste le “BASQUE” ! Ce furent les parlers des populations dites Ibéro-aquitaines qui s’étendaient jusqu’à la Loire ou presque… Royaulme de Francia Occidentalis le noyau fondateur, la base, le fondement, d’un «CORPUS» de DROITS réservés aux héritiers secondaires d’un Patrimoine, aux CADETS ainsi investis de biens et droits à eux laissés par leur père ou par leur frère aîné.

L’introduction de cette «institution» de Droit Privé en Pays d’Oc et ici à MONTCUQ et seulement au Bàrri (Quartier/Faubourg) de Nârcés n’est pas sans ouvrir bien des perspectives…

Cette «institution» est -elle «indigène» ? Propre à ce lieu ou introduite ?

S’agirait-il d’un legs paléo-juridique hérité de systèmes juridiques bien plus anciens ? Normes, coutumes, pratiques des Ibéro-Aquitains proto-historiques ? Ne souriez pas ! Les généalogistes et notaires actuels ont remarqué la persistance et rémanence en nos pays Carcinols de coutumes juridiques successorales propres aux populations ibériques anciennes et toujours observées en Gascogne (entre Garonne et Pyrénées ) et Pyrénées du Roussillon au Pays Basque et à la Galice : les filles aînées héritent de tout le «Patrimoine» (qui est plutôt là un «Matrimoine» !) et reprennent alors le nom de leur grand-mère maternelle : les biens se transmettent en ligne féminine….

S’agirait-il d’une application au droit privé local de pratiques imitées de celles des Capétiens ? OR déjà les COMTES Raymondéncs de Toulouse, seigneurs directs (et SOUVERAINS) de Montcuq pratiquaient l’institution d’apanages («appenagium» ?) en faveur de leurs fils et frères cadets (légitimes ou pas) : origine des Vicomtes de Toulouse-Bruniquel-Monclar (éteints fin 17ème siècle) et même de leurs filles et soeurs… (origine, indirecte, des vicomtes de Toulouse-Lautrec)

On aurait donc là, peut-être, à Montcuq, indice de la pratique de l’institution d’héritiers secondaires investis de biens concédés aux cadets et imputés sur le patrimoine principal laissé par le “Pater Familias”…

Affaire à creuser davantage…

F-X Nardou, Montcuq, 17 Août 2020.

 

1 Ce ruisseau, dont le nom est de même étymologie et sens que «Loiret», le Petit Loir, le Petit Liger latin (Liger à prononcer “Liguèrr”, pas «Lijé» !)

Littérature et Histoire : septembre s’annonce très riche !

Les festivités autour du 150 e anniversaire de la proclamation de la République avec en vedette notre tribun local dont le coeur a été transféré au Panthéon il y a 100 ans, sont, plus que jamais d’actualité. La Covid oblige bien évidemment les organisateurs à prendre les mesures nécessaires pour éviter tout risque et le public est invité à se faire pré-inscrire sur le site de l’UPTC en cliquant CE LIEN.
Premier rendez-vous mardi 4 septembre avec la conférence inaugurale d’Etienne Baux “La République Gambetta”.

“À moins de cent ans après sa naissance, la République, quand Gambetta la proclama le 4 septembre 1870, n’avait pas laissé de bons souvenirs :  les luttes civiles, le désordre, la guillotine. Par deux fois, elle avait été étranglée par un Bonaparte. Les atroces fusillades de la Commune l’avaient aussi discréditée.

Inlassablement, Gambetta voulut la rétablir dans l’esprit des Français, préférant la réforme à la révolution, dans le respect absolu du suffrage universel, des libertés fondamentales et de la laïcité. C’est lui le créateur de notre modèle politique. Il a réconcilié les Français et la République”.

 

 

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