Auteur : Gilles Chevriau Page 2 of 3

Un nouveau président pour l’association des Amis du Pays de Saint-Céré

En 2017, Henri Fontanille, président en exercice,  faisait état à nos amis de La Dépêche du Midi de son engagement pour l’association dont il a été le créateur en 1984. Avec trente-trois ans de bons et loyaux services, le titre de l’article était évocateur.  “Défendre le patrimoine, une passion dévorante”.

On peut comprendre qu’à un certain moment, surtout lorsque l’on trouve un successeur, l’on puisse être rassuré lors du passage de témoin.

C’est désormais chose faite et c’est Jacques Cubaynes, un autre grand ami du patrimoine qui va désormais conduire le navire…. fort de ses 300 passagers !

 

Guide du patrimoine, enseignant … L’homme est passionné et celles et ceux qui suivent ses sorties et conférences sont unanimes pour le reconnaître.

 

 

 

Créée en 1984, l’Association a pour objectif de faire connaître, valoriser et défendre le patrimoine culturel, architectural et historique du Pays de Saint-Céré

Ses actions, diversifiées, combinent recherche et information :
– édition d’un bulletin semestriel,
– édition et réédition de livres d’histoire locale*,
– conférences,
– visites et manifestations extérieures diverses,
– expositions,
– organisation annuelle des “Rencontres Archéologiques de Saint-Céré”,
– édition des “Annales” correspondantes.

Contact
  courriel : contact@saint-cere.org
courrier : AAPSC – B. P. 60028 – 46400 SAINT-CERE

 

Cahors et son pigeonnier oublié !

Ce titre pourrait faire penser à quelque conte. Et pourtant, nous sommes bien dans la réalité, une bien triste réalité qui laisse augurer pour cet édifice auprès duquel je me rends chaque année en pèlerinage, une fin de règne !

J’emploie à dessein le terme “règne” car ce vaillant édifice trône encore fièrement tout entouré de végétation et abandonné de ses propriétaires empêtrés dans une succession depuis des années. Sa construction sur colonne est un exemplaire unique, aussi mérite t-il une mesure urgente de sauvegarde

Depuis plusieurs années, Cahors, qui  fait de la restauration de son patrimoine une de ses priorités,  est engagée dans une démarche nationale de candidature pour être labellisée “Pays d’Art et d’Histoire”. Ce dossier fort important à défendre devant une commission nationale devra faire montre des capacités du pétitionnaire à mettre l’entièreté de son territoire en valeur sans oublier de soigner tout particulièrement les entrées de ville.

Ce pigeonnier, implanté à proximité du cimetière Nord, en bordure de la RD820, à hauteur de vue des automobiliste, dispose à ses pieds d’un parking, ce qui constitue également un avantage pour celles et ceux qui voudraient profiter d’un moment tranquille de contemplation.

Ami (e) internaute, vous savez tout ou presque de cette situation ; aussi, soyez remercié (e) pour joindre votre voix à la mienne !

 

 

Journées du Patrimoine de Pays et des moulins

Thème 2019 “Naturellement Durable !” les 22 et 23 juin 2019

Un thème fondamental pour faire reconnaître le patrimoine culturel mais aussi naturel comme source, moteur et levier du développement durable.

Le patrimoine peut être considéré comme un élément fédérateur au niveau local qui en le protégeant et en le valorisant, génère une économie: des métiers, des dynamiques territoriales, du tourisme tout en transmettant une identité, un terroir.

Le développement durable est une démarche globale à laquelle le patrimoine de pays répond parfaitement en préservant nos paysages, nos savoir-faire sans s’opposer à la modernité.

+ d’infos sur le site internet

Un peu d’Histoire : le protestantisme dans le Lot

La Réforme pénètre le Quercy vers 1530. La noblesse est la première acquise à ses idées, par le truchement des prédicants et universitaires de Toulouse et Montauban et par la fréquentation de la cour de Nérac, auprès de la reine de Navarre Jeanne d’Albret, fervente réformée. En 1561 a lieu un premier massacre de protestants à Cahors. Les guerres de religion commencent.

Elles vont durer 36 ans. Saint-Céré est prise par les protestants en 1574, puis Figeac en 1576. Cahors est prise en 1580 par Henri de Navarre et restituée la même année par la Paix de Fleix. En 1588 les troupes catholiques du maréchal de Biron prennent Cazals et abattent ses fortifications. L’Edit de Nantes de 1598 met fin aux guerres de religion et accorde au protestantisme les places de sûreté quercynoises de Cajarc, Cardaillac et Figeac, sous l’autorité du Gouverneur le comte d’Orval, fils de Sully. Sous le règne de Louis XIII l’offensive catholique redevient conquérante. Malgré le soulèvement des protestants, le Haut-Quercy se soumet.

Dès 1622 Figeac est reprise par les catholiques (démolition de la citadelle huguenote du Puy) et les fortifications de Cajarc sont rasées. En 1629, avec l’Edit d’Alais, les protestants perdent toutes leur places de sûreté. La répression et l’étouffement systématiques du protestantisme vont alors s’exercer dans la vie cultuelle, professionnelle et privée. Le charisme d’Alain de Solminihac, l’évêque de Cahors, et le zèle de Laborie, le curé de Figeac vont faire merveille. En 1685, avec la Révocation de l’Edit de Nantes, le protestantisme n’existe officiellement plus. Les derniers temples encore debout sont rasés (Cajarc en 1684). Le catholicisme devient obligatoire. Le protestantisme s’éteint doucement et au mieux se marginalise clandestinement au XVIIe siècle pendant la période dite du Désert.

Après deux siècles de silence, vers la fin du XIXe siècle une tentative d’évangélisation protestante se répand timidement dans le Gourdonnais où quelques temples vont être dressés (Concorès, La Mothe-Fénelon, St-Cirq-Madelon). Mais par manque d’assise et à cause de l’exode rural, ces petites communautés protestantes s’éteindront progressivement après la première guerre mondiale.

Concorès, temple autrefois La signalétique y fait référence Saint-Cirq Madelon, également ancien lieu du protestantisme

 

Quelques illustres figures

Antoine de Gourdon
Gagné par les idées de la cour de Nérac et séduit par Théodore de Bèze qui y séjournait, il se convertit au protestantisme en 1563. Chef militaire du parti huguenot du Quercy, il demande dans son testament que soit construit un temple dans l’enceinte de son château. Ses héritiers se chargeront de sa construction en 1633. On peut voir encore ce temple (sa conversion en chapelle catholique l’a préservé de la destruction) au château de Cénevières.

Clément Marot
Né à Cahors en 1496, le poète est soupçonné à plusieurs reprises de sympathies pour la Réforme et préfère s’exiler. En 1535, à Genève auprès de Calvin, il commence à traduire en français la première partie du Psautier Huguenot. De conviction protestante, sans jamais avoir abjuré le catholicisme, c’est avant tout un « humaniste chrétien ».

Jeanne de Genouillac
Gagnée très tôt au parti protestant de Condé elle fait transformer en temple l’église d’Assier. Dans son château elle réunit tous les gentilshommes protestants du Quercy et gagne à sa cause tous ses tenanciers

 Jeanne de Gontaud
Abbesse défroquée, elle adhère avec passion au calvinisme, et fait venir de Genève le pasteur Fontaine, avec qui, sur ses terres de Lavaur et Salviac, elle entraîne de très nombreuses conversions.

Texte de Thierry MOURGUE, Rédacteur à la VOIX PROTESTANTE / Photos : Gérard Bouysset

L’UPTC est en ordre de marche

Il s’agit de l’Université Pour Tous Cahors-Quercy qui ouvre ses portes tant pour des ateliers de formation que des conférences.

De nombreux thèmes y sont abordés : Philosophie, Musique, Généalogie, Histoire, Prévention Santé, Patrimoine.

Son siège est fixé au  Centre universitaire Maurice Faure / 273 av. Henri Martin à Cahors.

+ d’infos sur le site de l’association

Bon anniversaire à Cère et Dordogne magazine

“Il y a 30 ans que cela dure” annonce fièrement l’équipe de la publication “Cère et Dordogne magazine”.

Certes, tous les lotois ne la connaissent pas, mais qu’importe, elle a su faire sa place et le Haut Quercy lui doit certainement beaucoup tant au niveau de ses pages patrimoine que pour les éclairages projetés sur la vie de ce territoire.

Quercy net est heureux de saluer ce média de proximité en ces moments où la presse écrite est en grand danger, concurrencée par le monde digital, notamment les réseau sociaux, qui, sous couvert de rapprocher les individus, embarquent trop souvent tout et n’importe quoi.. et bien entendu en tirent d’importants profits.

Nous ajoutons à ce message les textes issus de la publication et qui donnent le détail de ces 30 années. Longue vie à nos confrères lotois !

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Natura 2000 : un réseau européen

Causses et vallées du Quercy sont concernés par le réseau Natura 2000. Voici les lieux et  les richesses qu’il nous faut protéger

Des animations et ateliers permettent à chacun de participer. Un bulletin d’information commun à tous les sites Natura 2000, est distribué dans toutes les boîtes aux lettres des communes concernées par un site Natura 2000, au mois de novembre ou juin de chaque année. Cliquez ICI pour télécharger le numéro de novembre 2018

+ d’informations

Vent de fronde contre l’éolien

D’ici à 2028, le gouvernement veut multiplier par 2,5 les capacités de production d’électricité par des éoliennes terrestres, faisant passer de 6 à 15% la part d’électricité éolienne dans le mix énergétique français. Une ambition qui se heurte toutefois à la fronde des riverains, dans les campagnes, en raison des nuisances provoquées…

Oh my Lot, nous aussi ! et vous ?

Les enjeux

  1. Séduire de nouveaux habitants :
    pour faire face aux difficultés de recrutements et de transmission des entreprises et remédier à la stagnation du nombre d’habitants.

  2. Faire mieux connaître et reconnaître le Lot :
    il ne manque pas d’atouts, tant économiques que sociaux ou culturels. Encore faut-il le faire savoir en faisant évoluer l’image du Lot.
  3. Mener des actions collectives :
    il s’agit de fédérer tous les acteurs du territoire et tous les Lotois autour d’une ambition commune pour préparer l’avenir.

Pour en savoir davantage, recevoir la newsletter et devenir ambassadeur : cliquez ICI

Exposition Louvre-sur-Lot : à visiter absolument

L’association MémoireChapou2018, créée en 2017 a réussi son pari.

L’exposition qui présente les 13 tableaux majeurs du Musée du Louvre et qui avaient trouvé refuge dans notre département durant la Seconde Guerre, est ouverte au public. Inutile de vous précipiter, les deux dates programmées sont déjà complètes !

Mais, il est fort probable qu’une troisième date soit programmée dans les prochains jours. Quercy net s’en fera l’écho dans un prochain article…. alors lisez attentivement les messages que nous vous envoyons !

Un catalogue de 32 pages toutes en couleur est remis aux visiteurs, n’oubliez pas de le demander à l’issue de votre visite. Et puis, si je peux me permettre un dernier conseil, adhérez à l’association, elle mérite de nombreux encouragements.

A propos de la couleuvre de Montpellier

Gilles Pottier, de la Société Herpétologique de France / Nature Midi-Pyrénées et Coordinateur atlas reptiles & amphibiens régional attire notre attention sur la citation de cette espèce d’origine méditerranéenne dans nos pages patrimoine nature.

C’est bien volontiers que nous publions sa mise au point qui complète le texte signé Tristan Lafranchis, lequel nous semblait faire autorité au moment de sa publication. Par ailleurs, nous ajoutons en pièce jointe le texte d’une publication sur le sujet traité : .pottier_et_al_2006

“Aucune preuve n’existe actuellement (c’est encore le cas en 2018) qui puisse permettre d’affirmer la présence de cette espèce dans le Lot (PJ), aussi convient-il d’adopter impérativement la forme interrogative pour évoquer le sujet de la Couleuvre de Montpellier chez vous. Le mieux serait probablement de ne pas mentionner cette espèce-là, mais de mentionner par contre d’autres reptiles à affinités méditerranéennes bien représentés, eux, dans le Quercy, et qui sont emblématiques de la “personnalité” biogéographique de ce magnifique pays : Lézard ocellé (surtout !) et Coronelle girondine (dans une moindre mesure)”

 

Maurice Faure

Maurice FAURE est né le lundi 2 janvier 1922 à Azérat en Dordogne. Agrégé d’histoire et de géographie, docteur en droit, il enseigne au Lycée Pierre de Fermat à Toulouse.

1948 : Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Toulouse.
1947 : Attaché au Cabinet d’Yvon Delbos, ministre d’Etat.
1947-1948 : Chargé de mission au cabinet de Maurice Bourgès-Maunoury (secrétaire d’Etat au Budget).
1950-1951 : Chef de cabinet de Maurice Bourgès-Maunoury (secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil).
1951 : Élu député radical-socialiste du Lot à 29 ans, et réélu en 1956 (député du Lot jusqu’en 1983).
1953-1955 : Secrétaire général du Parti Radical-Socialiste.
1956-1957 : Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères dans le cabinet de Guy Mollet. 1957-1958 : Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères dans les cabinets Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard.
Mai 1958 : Ministre de l’Intérieur puis Ministre des Institutions européennes dans le cabinet Pierre Pflimlin.
1958 – 1983 : Député du Lot.
1960-1962 : Président du Groupe de l’Entente démocratique de l’Assemblée nationale.
1961-1965 et 1969-1971 : Président du Parti Radical-Socialiste.
1962-1967 : Président du groupe du Rassemblement Démocratique de l’Assemblée nationale.
1964-1970 : Président de la Commission de Développement Economique Régionale (CODER) Midi-Pyrénées
1965-1990 : Maire de Prayssac (de 1953 à 1965), maire de Cahors (de 1965 à 1990).
1971 : Président du Conseil Général du Lot (jusqu’en 1995)
Depuis 1974 : Vice-président du Conseil de la région Midi-Pyrénées.
1979 : Député européen de 1979 à 1981.
Mai 1981-Juin 1981 : Garde des Sceaux, Ministre de la Justice dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy, sous la présidence de François Mitterrand.
1983-1988 : Sénateur du Lot, inscrit au groupe de la Gauche Démocratique
1988-1989 : Ministre d’Etat, ministre de l’Equipement et du Logement.
1989 : Membre du Conseil Constitutionnel.
1994 : Président d’honneur du Conseil général du Lot.
Il fût aussi Conseiller général du canton de Montcuq (Lot) pendant plus de trente ans.

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Photo aimablement prêtée par Charles Farreny, 46800 Montcuq

 

Maurice Faure : Européen radical

Ministre de François Mitterrand à deux reprises, membre du Conseil constitutionnel pendant dix ans, Maurice Faure reste l’une des figures historiques de la vie politique française.

Dernier représentant d’envergure du radicalisme, il a été l’un des artisans de la construction européenne. Un livre d’entretiens, “D’une République à l’autre”, retrace l’itinéraire de ce pur lotois.

Rencontre avec Maurice Faure lors de sa venue à la librairie Castéla à Toulouse.

Opinion Indépendante : Vous rappelez dans votre livre que le radicalisme après-guerre a tenté d’incarner ce fameux “centre” (ce qu’il avait été d’une certaine manière durant l’entre-deux-guerres). Ne pensez-vous pas que c’est finalement le gaullisme qui a réussi à transcender le clivage gauche / droite ?

Maurice Faure : C’est quand même le parti radical qui a compté le plus de Présidents du Conseil sous la IVème République. Il a été de presque tous les gouvernements et c’était autour de lui que se faisaient les coalitions. C’était un pivot. Le gaullisme c’est avant tout l’élection du Président de la République au suffrage universel auquel les Français tiennent beaucoup. Mais cela coupe la France en deux : droite et gauche. Le parti radical lui-même s’est coupé en radicaux de gauche et de droite sous la Vème République.

à propos du Parti Radical de gauche aujourd’hui, vous dites “Il est condamné (…) il n’a plus grand chose de nouveau à proposer” et sa disparition est “inéluctable”. Ce n’est pas très gentil pour vos successeurs…

On m’a reproché les mêmes travers qu’eux. J’ai cherché des idées nouvelles pour les apporter au radicalisme et je n’en ai pas trouvé. Je constate que mes successeurs non plus n’en ont pas trouvé. Tous ces discours que nous faisons sont creux – comme la plupart des autres discours. Dans une certaine mesure, peut-être que le Parti Socialiste représente aujourd’hui ce qu’était le Parti Radical sous la IIIème République.

Vous êtes entré aux Jeunesses Radicales en 1938 puis dans la Résistance en juin 44 après le débarquement. Cela veut-il dire que vous avez été – comme beaucoup de Français – plus sensible aux accords de Munich signés par le radical Daladier qu’à l’appel du 18 juin 40 ?

Daladier parlait à propos des accords de Munich de “connerie” qu’on ne pouvait pas éviter de faire. Il a dit quand il a vu la foule qui venait l’acclamer à l’aéroport : “Ils ne savent pas ce qu’ils applaudissent”. Daladier le savait. Tout le monde applaudissait les accords de Munich. Moi aussi, j’étais pour. Mais cela n’a pas été un élément déterminant. Ils étaient inévitables. On a eu des mots très excessifs pour condamner Munich mais c’était pratiquement inévitable.

à propos de l’Europe, vous dites que la France doit lui transférer sa diplomatie, sa politique de défense, sa politique monétaire et sa politique économique. Comprenez-vous que de tels transferts puissent inquiéter de nombreux républicains et pas seulement “les gaullistes, les communistes et les lepénistes” que vous désignez comme les adversaires de l’Europe ?

Les gaullistes sont très divisés sur l’Europe. Ils ont beaucoup changé et par la voix de Chirac ils ont rallié l’idée européenne. Ils sont pour le vote à la majorité et l’élargissement de la communauté. Ceux qui sont avec Pasqua restent hostiles à l’Europe. Peut-être que l’Europe que je défends est en avance sur la conception de Chirac ou de Jospin ? Le principe de subsidiarité veut que chacun s’occupe de ce pour quoi il est le mieux qualifié. La diplomatie, la défense, la justice, l’économie, tout cela découle maintenant de la mondialisation. Si nous ne faisons pas en Europe un bloc qui adhère dans son ensemble à la mondialisation, que deviendra chacun des pays européens ? Unie, l’Europe existe. Divisée, elle n’est pas grand chose.

Selon vous, l’avenir de l’Europe c’est l’Euro et vous déclarez qu’une politique économique commune entraîne une politique commune. Ne pensez-vous pas qu’inféoder la politique – et le politique – à l’économie, à la monnaie et à la finance ne marque pas un renoncement des hommes politiques ?

C’est une vaste question. Le Mark est devenu en 1848 la monnaie commune des pays qui allaient former la Prusse. Cette monnaie commune les a conduits à avoir une politique commune. Je fais ce même pari pour l’Euro. J’espère qu’il est bon. Je n’en suis pas sûr mais je crois qu’il est bon. Est-ce un désavoeu pour les politiques ? Je ne le crois pas. L’Euro pose les mêmes problèmes qu’une monnaie nationale mais à l’échelle de l’Europe.

Toujours sur l’Europe, vous dites : “L’unité européenne est inscrite dans le destin, elle se fera inéluctablement”. Ce qui est frappant chez les partisans de l’Europe c’est ce messianisme – on invoque le “destin” ou un déterminisme historique – mais on a aussi connu cette croyance dans un “sens de l’Histoire” pour le communisme ce qui n’a pas empêché le communisme de s’effondrer…

L’Europe a 50 ans. Elle a commencé avec Robert Schumann qui a lancé un appel à une politique nouvelle qui sous-entendait la réconciliation avec l’Allemagne. Puis, il y a eu le début de la construction européenne avec le charbon, l’acier, le Traité de Rome… Cinquante ans après, on peut dire que le Traité de Rome a engendré l’Euro. Aujourd’hui, tout le monde parle d’une défense européenne commune. L’Euro va se réaliser et la politique étrangère commune finira par se réaliser. C’est quelque chose de solide car c’est voulu par les gouvernements, les parlements et les opinions. Cela plaide en faveur de ce que j’ai appelé le côté “inéluctable” de l’Europe.

Vous dites : “J’estime que nous devrions avoir une politique plus franchement pro-américaine”. Est-il possible pour la France d’être encore plus pro-américaine qu’aujourd’hui ?

Tous nos partenaires sont favorables à une politique pro-américaine. La France est le seul des pays de la Communauté qui réclame son indépendance. Je suis pour cette indépendance mais il faudrait que les autres pays soient d’accord. Les Allemands, les Italiens et les autres n’ont qu’une idée : suivre les Américains. La France seule ne pourra pas réaliser son rêve d’indépendance.

Il y a quelques mois, le Commissaire au Plan Henri Guaino a été limogé pour avoir établi un rapport affirmant qu’il y avait sept millions de Français en situation d’exclusion sociale ou de grande précarité. Pour votre part, vous estimez le nombre “d’exclus” à trois millions. Sur ces trois millions, vous jugez qu’un quart de ces gens, “qui se plaisent sans domicile fixe”, est “irrécupérable” tandis qu’un autre quart “vit grâce aux prestations sociales et surtout, grâce au travail au noir”. Cette vision des choses n’est-elle pas un peu anachronique ?

Un quart de ces trois millions sera toujours chômeur. Pas pour en profiter mais ce sont des personnes qui sont inaptes au travail. Ensuite, il y a 800.000 à un million de personnes pour lesquelles c’est un métier d’être chômeur. Le système est le suivant : ils travaillent six mois puis se font licencier. Ils ont des allocations élevées pendant deux ans et ils font du travail au noir. Les véritables chômeurs ce sont les jeunes et surtout les gens entre 45 et 50 ans. Quand on est licencié à cet âge-là, on a du mal à retrouver un emploi. Ce sont de véritables chômeurs à plaindre.

Propos recueillis par Christian Authier

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Entretiens avec Christian Delacampagne, éditions Plon 

Les confessions de Maurice Faure

Il a fait l’Histoire

Maurice Faure vient de publier le seul ouvrage de son exceptionnelle carrière politique. «La-Dépêche du-Midi» a rencontré en exclusivité cet homme qui a tutoyé un demi siècle de politique française.

Il n’écrit pas. Il parle. Il parle très bien. A l’aune de sa carrière politique, Maurice Faure aurait pu prendre le temps d’écrire ses mémoires.

Des tomes et des tomes n’auraient pas épuisé ses souvenirs intacts. Cet orateur de génie s’est contenté de raconter sa vie politique à Christian Delacampagne, ami de son fils, spécialiste de philosophie politique et d’histoire contemporaine. Un bref ouvrage (trop bref ?) dans lequel l’ancien président du conseil général du Lot porte un regard sur sa très longue carrière. Sans fard ni miroir déformant il décrit plus d’un demi siècle de politique française. Un demi-siècle où il a souvent occupé des postes essentiels.

Maurice Faure nous invite à pénétrer dans cet univers, nous permet de rencontrer des grands personnages du siècle.

Le chemin parcouru par Maurice Faure ressemble à une ascension fulgurante de l’Everest suivie d’une promenade de santé, parfois agréable sinon monotone. Son Everest à lui c’est le Traité de Rome. L’acte fondateur de l’Europe. Il n’avait alors que 34-ans et déjà il était devenu le Mozart de la négociation, un diplomate reconnu.

En cette IVe république, armé du levier radical, il s’apprêtait à devenir l’un des plus grands hommes d’Etat français.

Mais la Ve république est passée par là avec son bipolarisme, son manichéisme droite-gauche.

Maurice Faure n’a pas choisi son camp. Il est du centre, du consensus, de l’harmonie des idées. A partir de cet instant il n’a trouvé que bien peu d’intérêt au combat politique. C’était un surdoué épicurien, un séducteur, qui n’a pas vraiment forcé son talent pour se maintenir parmi l’élite politique de l’Hexagone.

«Je ne regrette rien, j’ai fait ce que je voulais, je n’en demandais pas plus», affirme-t-il aujourd’hui. Il a compris sans doute avant tout le monde, qu’au regard de l’Histoire, la construction de l’Europe serait indélébile. Les hommes, eux, s’effacent.

Prayssac  Le forum et l’Empereur

Dans la cité du maréchal d’Empire Bessières, les références historiques ne manquent pas. On se plait à dire que le signataire français du Traité de Rome, acte fondateur de la construction européenne, n’était autre que le maire de Prayssac.

Dans la cité du maréchal d’Empire Bessières, les références historiques ne manquent pas. On se plait à dire que le signataire français du Traité de Rome, acte fondateur de la construction européenne, n’était autre que le maire de Prayssac. En 1956, Maurice Faure gérait la ville depuis trois ans. En deux mandats, il va assurer le décollage de l’économie et des infrastructures, avant de passer la main en 1965 à son épouse, Andrée, pour deux autres mandats. Les vieux Prayssacois vous diront qu’en fait il était resté un mairebis.

La station d’épuration, l’une des premières dans le Lot, la salle des fêtes, la piscine, le mille-clubs, le VVF, etc., c’est lui.

Michel Lolmède, le maire d’aujourd’hui, explique que «Maurice Faure est né politiquement à Prayssac et Bernard Charles biologiquement».

D’un maire à l’autre

Chaque personnalité d’envergure alimente le livre aux anecdotes. On raconte à Prayssac qu’un jour de foire, alors que Maurice Faure discutait sur la place lorsque la secrétaire de mairie vient lui annoncer que son fils est reçu à l’ENA. Un quidam s’écrie alors dans la foule : «Ça ne m’étonne pas, sa mère est si intelligente».

Bien entendu, il voulait dire : sa mère aussi est intelligente, corrige-t-on aussitôt, personne ne contestant les capacités intellectuelles de l’ancien ministre.

Le quiproquo résume en tous cas assez bien les rapports de déférence taquine entre celui qui a tant marqué de son empreinte la vie des Lotois et ses administrés eux-mêmes. Prayssac garde un peu la nostalgie de cette époque où les enjeux politiques quercynois se cristallisaient autour de la place d’Istrie, autour de «L’Empereur du Lot».

Extrait de “La Dépêche du Midi”

Le Lot a-t-il été pour vous un tremplin ou une histoire d’amour ?
– S’il n’avait été qu’un tremplin, j’aurais été ministre vingt fois. Si je l’ai été moins que j’aurais pu l’être, c’est précisément parce que lorsque j’étais ministre, le Lot me manquait. Je me plais plus dans le Lot qu’à Paris et ce fut peut-être la faiblesse de ma carrière politique nationale.
Ce pays est le mien. J’aime ses hommes, leur tempérament, leurs mœurs. Je me sens comme un poisson dans l’eau. C’est une longue histoire d’amour qui ne s’est pas démentie.
Extrait d’une interview de Maurice Faure parue dans Dire Lot n° 26, février-mars 1991

Jean LARTIGAUT, l’Historien du Quercy

Jean Lartigaut était né en 1925 à Montauban où son père, originaire du Bazadais et officier de cavalerie, tenait alors garnison. Sa mère, née de Camy-Gozon, appartenait à une très ancienne famille quercynoise établie en Bouriane, au château du Vigan. Il fit ses études secondaires au collège des Jésuites de Sarlat qui lui inculquèrent notamment les vertus de la discipline et le goût de l’Histoire.

En août 1944, il s’engage au 3ème régiment de hussards avec lequel il fait campagne jusqu’à la fin des hostilités. En 1947, après un passage à l’Ecole spéciale militaire interarmes, il est nommé aspirant. Promu sous-lieutenant en 1948 et lieutenant en 1950, il est volontaire pour servir dans la Légion étrangère et rejoint le 2ème REI. En 1954, après deux longs séjours en Indochine, il rentre en France pour être affecté au 126ème RI de Brive. En 1956 il quitte le service actif et en 1957 il est promu capitaine de réserve (il sera nommé chef de bataillon de réserve en 1965). Titulaire de la croix de guerre des TOE avec quatre citations, il a été décoré de la Légion d’honneur en 1955.

C’est donc en 1954, à son retour d’Extrême-Orient, que Jean Lartigaut épouse Guillemette de Valon, descendante d’une illustre famille du Quercy, qui lui donnera cinq enfants. Il quitte l’uniforme trois ans plus tard pour résider définitivement à Pontcirq et seconder son épouse dans la gestion du domaine de Labastidette.

Madame Lartigaut sut accepter avec philosophie la nouvelle vocation de son époux : la recherche historique. Vocation née lors de ses études à Sarlat, attisée par la passion de la lecture et la découverte de riches archives familiales 1. Sa rencontre avec Louis d’Alauzier fut déterminante 2. Celui qui devait devenir son “guide” l’initie à la paléographie et au dépouillement méthodique des Archives. D’emblée le néophyte s’enthousiasme pour le Moyen Age, avec une prédilection pour les XIVe et XVe siècles, se plongeant dans les minutes notariales et disséquant toutes les sources utilisables. L’occupation du sol, l’origine des seigneuries, l’organisation des réseaux paroissiaux, autant de sujets qui stimulent son insatiable curiosité. Tout naturellement il oriente ses investigations vers le repeuplement du Quercy après les malheurs de la guerre de Cent Ans, faisant sienne “l’immense peine des hommes”, celle de ces laboureurs qui furent les humbles artisans de la reconstruction de nos campagnes.

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Jean Lartigaut entre Louis d’Alauzier (à gauche) et le Professeur Michel Labrousse lors du Congrès de la Fédération régionale des Sociétés Savantes – Cahors, 1977. (Archives S.E.L.)

En 1978, sous la direction de Philippe Wolff, il soutient à l’Université de Toulouse-Le Mirail sa thèse de doctorat sur “Les Campagnes du Quercy après la guerre de Cent Ans”. Cette œuvre majeure, publiée avec le concours du CNRS, attire aussitôt l’attention des médiévistes sur ses travaux et lui vaut, en 1980, le second prix Gobert de l’Académie des Inscriptions créé, doit-on le rappeler, pour “couronner le travail le plus savant et le plus profond sur l’Histoire de France”.

Il serait difficile d’énumérer tous les congrès, colloques ou journées d’études auxquels il a activement participé, comme les Journées internationales d’histoire de Flaran ou les Rencontres internationales d’archéologie et d’histoire de Commarque qui avaient sa préférence. Innombrables sont ses articles et communications parus dans notre bulletin et d’autres publications lotoises, régionales ou nationales. On en donnera prochainement une bibliographie détaillée.

Rappelons que parmi ses ouvrages figurent “Puy-l’Evêque au Moyen Age” (1991), les Atlas historiques de Cahors et Figeac (CNRS, 1983) et l’Histoire du Quercy, publiée sous sa direction (Privat, 1993), dont il a rédigé les quatre chapitres consacrés à la période médiévale (Xe-XVe siècles).

On se souviendra de l’accueil courtois et souriant qu’il réservait à ceux qui venaient le consulter à Labastidette, dans son cabinet de travail, au milieu de ses dossiers. Il prêtait une oreille attentive aux étudiants préparant un mémoire de maîtrise, un DESS, un DEA ou une thèse. Il se faisait un devoir de les conseiller, de les orienter, de les encourager, tout en leur communiquant généreusement ses sources d’information et ses notes personnelles.

Voici le moment venu d’évoquer la place tenue par Jean Lartigaut au sein de la Société des études du Lot. Il avait adhéré à 19 ans, avant même son départ sous les drapeaux ! Entré au conseil d’administration en 1960, il fut élu président en 1981 au fauteuil laissé vacant par le décès du général Soulié. Il était assidu à nos permanences du mardi et à nos séances mensuelles. Il était rarement absent de nos manifestations, à la fois organisateur, animateur et conférencier. En 1984 il avait été appelé pour quatre ans à la présidence de la Fédération des sociétés académiques et savantes Languedoc-Pyrénées-Gascogne (aujourd’hui Fédération historique Midi-Pyrénées).

On pourrait certes apporter d’autres éléments à cet essai biographique. Pour rappeler, par exemple, que de 1959 à 1965 il avait été maire de Pontcirq. Ou qu’en plus des décorations obtenues à titre militaire, il était également officier du Mérite et officier des Palmes académiques.

Doué d’une puissance de travail étonnante et d’une rigoureuse honnêteté intellectuelle, Jean Lartigaut était aussi un personnage profondément humain, d’un contact agréable, toujours heureux de partager ses vastes connaissances et sa riche expérience.

Nous garderons de lui l’image d’un chercheur exemplaire dont la notoriété n’avait en rien altéré la modestie naturelle. Il était notre maître. Il était notre ami.
Pierre Dalon

Hommage à Jean Lartigaut (1925-2004)

Les Archives départementales tiennent à évoquer dans ce numéro la mémoire d’un grand médiéviste récemment disparu : Jean Lartigaut.

Issu d’une famille de militaires, et militaire lui-même, rien ne paraissait prédestiner Jean Lartigaut .à une carrière de chercheur. Pourtant, en lisant l’avant-propos de la publication de sa thèse (Les campagnes du Quercy après la guerre de cent ans), trouve sous sa plume l’évocation de ces étés qui le ramenaient en Quercy, durant son enfance, vers une maison aimée et un vieux grenier où gisaient alors des archives familiales baignoire en zinc d’époque Napoléon Ill et une malle ventrue, usée par des voyages en diligence. Déjà l’intérêt pour l’histoire, en particulier celle du Moyen Age, était présent. L’installation définitive de Jean Lartigaut en Quercy, après des années de campagnes militaires,dans une maison au long passé, elle aussi nantie d’archives, lui permit d’entreprendre des recherches, épaulé et guidé par Louis d’Alauzier, autre grand médiéviste du Quercy, et par Philippe Wolff, professeur à l’Université de Toulouse.

Après sa thèse, publiée en 1978, Jean Lartigaut continua de dépouiller les minutiers de notaires et de publier de nombreux articles. Mais il contribua également à faire rentrer aux Archives du Lot plusieurs fonds d’archives privées, dont certains ont été classés par ses soins : citons notamment le fonds Camy-Gozon, le fonds de Valon, le fonds Lavaur de Laboisse…

Ses activités de recherche valurent à Jean Lartigaut d’être président de la Société des Études du Lot de 1981 à 2003 et président de la Fédération historique Languedoc-Pyrénées-Gascogne de 1984 à 1988.

Mme Duthu dans Archives Info n°16 – janvier 2005.

Notre ancien président et président d’honneur nous a quittés discrètement, le 4 novembre 2004, victime d’un malaise cardiaque, dans sa 79ème année. Sa santé s’étant progressivement altérée au cours des derniers mois, il avait dû se résoudre à abandonner la présidence de la société. Lors de l’assemblée générale du 4 mars il avait été, à l’unanimité, élu président d’honneur en hommage à son œuvre d’historien et en reconnaissance des éminents services rendus à la Société des Études du Lot. 

Une importante délégation s’est rendue le 6 novembre à Pontcirq pour assister à ses obsèques, avant de l’accompagner jusqu’à la chapelle de Labastidette où un hommage lui a été rendu avant l’inhumation dans le caveau de famille.

Article publié dans le Bulletin de la Société des Études du Lot, 4ème fascicule 2004,
(Octobre-Décembre)

 

Charles Dumont

Charles Dumont est né à Cahors, le 26 mars 1929.

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Ses études (médiocres), il les a faites à Toulouse. Sa passion de toujours : la musique. Mais, ni le piano, ni le solfège, ni la théorie ne se laisseront apprivoiser, dans un premier temps. La révélation viendra du jazz. La découverte de Louis Amstrong fera naître sa vocation pour la trompette. Monsieur Déjean, son professeur toulousain décèlera son talent d’instrumentiste.

Il était une fois…

A 15 ans, dans les années d’après-guerre, il crée son premier orchestre de jazz amateur, puis il monte à Paris, après l’obtention d’une médaille au Conservatoire de Toulouse.

L’accident : Dans le Paris des années difficiles, Charles subit une ablation apparemment bénigne des amygdales. II reprend prématurément ses exercices à la trompette, et c’est le drame, hémorragie, hospitalisation au sortir de laquelle la pratique de cet instrument lui est définitivement interdite.

Charles repart de zéro : Solitaire et démoralisé, il entre dans une église, Saint-Ambroise où Maître Paul-Silvia Hérard, titulaire des Grandes Orgues, est au clavier. L’organiste accepte de donner des leçons au jeune homme désemparé. Au terme de celles-ci, Char

les, maîtrisant le clavier et l’harmonie, découvrira sa voie: il veut être compositeur de chansons.

Jusqu’aux années soixante : il fait, pour vivre, tous les petits métiers qui n’en sont pas, il compose , et doit à des femmes (déjà) ses premières rencontres déterminantes, celle du poète Francis Carco et celle de Michel Vaucaire. La suite appartient à la carrière ” en chansons ” et à la vie privée de Charles Dumont, l’une et l’autre bien remplies.

Les années Piaf

5” Cette chanson est tellement pour moi que je ne la chanterai pas. On dirait que je me pastiche “. C’est dans ces termes qu’Édith Piaf venait de refuser la ènième chanson du tandem Vaucaire-Dumont présentée par un éditeur. Aussi Charles n’espérait-il plus la rencontre avec Edith. Celleci, grâce à l’entêtement de Michel Vaucaire, eut lieu le 5 Octobre 1960, boulevard Lannes, chez Edith.

Non je ne regrette rien bouleversa Piaf et lui donna, de son propre aveu, l’énergie et le courage nécessaires pour faire sa rentrée à l’Olympia, en dépit d’un état de santé catastrophique. Créée en direct à Cinq colonnes à la Une, le plus prestigieux des magazines TV jamais réalisés, la chanson fit pleurer la France entière.

De la rencontre Piaf-Dumont naquit une quarantaine de chansons, le plus souvent signées Vaucaire-Dumont, parmi lesquelles Mon Dieu. Mais c’est une chanson signée Piaf-Dumont qui allait faire évoluer, sans qu’il en soit pleinement conscient, le sort de Charles. Piaf avait décidé qu’il l’interprèterait lui-même et qu’elle serait sa choriste. C’est donc avec Les Amants que Charles se vit propulser ” interprète “, presque à son corps défendant et qu’il fut amené sur scène auprès de Piaf.

Dans l’ombre des  « années perdues ». C’est Charles lui-même qui appelle ” années perdues ” cet espace entre la fin de Piaf et le début de sa propre

 carrière d’interprète. Pourtant, ces années-là auront été plus fructueuses qu’on ne l’imagine. Pour le cinéma, Charles aura composé les musiques deTrafic et parade (films de Jacques Tati), et d’un film italien interprété par Elsa Martinelli Pour la TV, Charles aura composé les musiques et chansons des feuilletons Gorki le diable etMichel Vaillant. Aux USA, Charles aura rencontré Alan J. Lerner, père de My Fair Lady, Gigi, Un Américain à Paris… malheureusement, la comédie musicale issue de leur collaboration ne sera jamais montée.

En revanche, Barbra Streisand, alors inconnue en France, enregistrera I’ve been here , en français Le mur, dont elle fera un succès outre-Atlantique. Dans cette grande époque des concours de chansons internationaux, Charles connaîtra quelques succès primés, dont Un Dimanche après la fin du monde, à Rio de Janeiro..


Non je ne regrette rien, un succès mondial, intemporel

Si la voix de Piaf a transporté ” Non Je ne regrette rien ” à travers les continents, la chanson s’est envolée de ses propres ailes pour vivre sa vie à travers des interprétations multiples et parfois inattendues, celles de Duke Ellington et Shirley Basset, celle de la japonaise Yusiko Ishii et, pour la génération montante, celle des Garçons Bouchers et l’amusante prouesse de Bernadette Soubirous et ses Apparitions… sans parler des corps d’armée qui ont pu, ça et là, en faire spontanément leur hymne. Quand une chanson prend vie, on n’en maîtrise pas le devenir…

Les années Dumont

En 1963, la disparition de Piaf isole Dumont, dont le nom et le style semblent définitivement liés à son irremplaçable interprète. Jusqu’au seuil des années 70, ce sera le purgatoire, doré, certes, mais purgatoire tout de même.

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Écrite en 1967 avec Sophie Makhno, son directeur artistique de l’époque, Ta cigarette après l’amour marquera le départ du style intimiste de ” l’interprète ” Charles Dumont, mais il faudra attendre les années 70 pour que la chanson passe les interdits de 2 censures, l’une morale, l’autre anti-tabac et trouve sa place en radio et TV.

 

Toute en nuances, la carrière de Charles l’amènera, de disques d’or en music-halls, de tournées internationales en oeuvres inclassables, tels les Concerto pour une chanson et passion, à se trouver une place ” à part “, dans l’univers d’un show business où le business a pris le pas sur le show. Cette carrière, jalonnée de Disques d’Or et distinctions diverses, s’articule autour des battements du coeur de Charles et d’un public pour qui les modes n’ont qu’une médiocre importance au regard des saisons de la vie et de l’amour.

Parmi ses interprètes de la première heure aux plus récents, Marie-José, Lucienne Delyle, Bourvil (Notre amour est en grève), Sidney Bechet (Pourtant), Luis Mariano (El Guerillero), Annie Cordy (Pantaléon), Dalida (Gitane), Michel Legrand (Lorsque Sophie Dansait), Juliette Gréco (La Propriétaire), Willy DeVille (Les Amants), Jacques Brel (Je m’en remets à toi), Heltau (création allemande de Une Chanson), Mireille Mathieu (Les Gens qui s’aiment, Mon Dieu), Barbra Streisand (Le Mur) …

 

 

Jacques DUEZE, pape sous le nom de Jean XXII – (Cahors 1245 – Avignon 1334)

Jacques Duèze (ou d’Euze) est né à Cahors vers 1245, d’une famille de banquiers. L’évêque de Toulouse lui ouvre la voie vers la cour de Rome. Jacques Duèze a étudié le droit canon et le droit civil à Paris et Orléans. En 1299, il est nommé évêque de Fréjus. En 1309 il devient chancellier de Charles II de Naples et est nommé en 1312 Cardinal de Porto.

La renommée de cet homme de bien, contribue à son élection à la papauté en 1316, mettant un terme à la longue querelle de succession au pape Clément V. Le 7 août 1316 il succède au Pape Clément V et transfère définitivement la cour papale en Avignon. Jean XXII est élu en raison de son grand âge, 72 ans, qui ne le prédestinait qu’à un règne “intérimaire”. Ancien évêque d’Avignon, c’est tout naturellement qu’il s’y installe, et, malgré son intention de ramener la papauté à Rome, il y restera jusqu’à sa mort, 18 ans après.

Deuxième pape à régner en Avignon (de 1316 à 1334). Il a contribué à centraliser l’administration de l’église, condamné les “Franciscains spirituels” et réaffirmé l’autorité papale lors des élections à l’empire d’Autriche.

Pendant cette première période, de 1309 à 1376, sept papes se succèdent à Avignon : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI. Ces années vont radicalement transformer la ville et la marquer d’une empreinte à laquelle elle doit encore sa renommée mondiale.

Jean XXII participe à la prospérité de l’Église et rétablit la doctrine catholique sur le droit de propriété. Son action incessante le conduit à fonder les universités de Cahors et de Cambridge, à évangéliser l’Afrique et la Chine, à partir en croisade contre les Turcs. Cependant, les besoins financiers grandissent, et le système de fiscalité qu’il inaugura jeta le discrédit sur la papauté en Avignon.

Dès le début de son pontificat, Jean XXII prend parti dans le conflit ancien qui oppose deux factions dans l’ordre des Franciscains : les “Spirituels”, qui prônent une adhérence stricte aux règles de pauvreté de Saint François, et les “Conventuels”, qui ont une approche plus large. Il soutient les Conventuels et persécute les Spirituels qui s’opposent à lui. Plus tard, il condamnera toute la théorie de la pauvreté évangélique dans deux décrets : “Ad Conditorem Canonum” (1322) et “Cum Inter Nonnullos” (1323), utilisant des preuves tirées de l’écriture pour démontrer que le Christ et les apôtres auraient possédé des biens temporels.

Jean intervient également dans la querelle qui oppose Louis de Bavière (l’empereur Louis IV) et Frédéric d’Autriche pour la couronne du Saint Empire Romain Germanique. Il excommunie Louis de Bavière mais le 18 avril 1328, celui-ci fait déposer Jean XXII à Rome. Le franciscain Pierre de Corbara (Pietro Rainalducci) est alors élu antipape sous le nom de Nicholas V et est excommunié par Jean XXII.

Ancien évêque d’Avignon, c’est dans cette ville qu’il s’installa, comme deuxième pape, de 1316 à 1334. Jean XII participe à la prospérité de l’Église et rétablit la doctrine catholique sur le droit de propriété. Au cours de son pontificat, Jean XXII contribue à promouvoir l’activité missionnaire en Asie. Il crée des évêchés catholiques en Anatolie, en Arménie en Iran et en Inde. Il fonde une bibliothèque pontificale à Rome et une université à Cahors et à Cambridge, il contribue à évangéliser l’Afrique et la Chine, il part en croisade contre les

tourpapeJeanXII

Cahors, la Tour dite du Pape Jean XXII

Turcs. Cependant, les besoins financiers grandissent, et le système de fiscalité qu’il inaugura jeta le discrédit sur la papauté en Avignon.

Il contribue également à à fortifier diverses places fortes afin de protéger les alentours de la cité papale. De son pontificat datent le surhaussement du donjon féodal et les fortifications de l’église de Saint-Laurent-des-Arbres.

Successeur de Clément V (qui prit une part active au démantèlement de l’Ordre du Temple sous le règne de Philippe Le Bel), Jean XXII aurait fait partie, officieusement, du premier groupe d’hommes qui fondirent les légendaires Frères Aînés de la Rose Croix (F.A.R.+C.). Roger CARO, dans son Legenda, montre avec force détails, comment Jean XXII fut initié au Grand Art par ce dernier groupe de Templiers, révélant son intérêt pour la “Chimie de Dieu”. Dans les deux traités “L’Elixir des Philosophes” et “L’Art Transmutatoire”, Jean XXII nous délivre ses connaissances très détaillées et nous lègue ainsi le témoignage opératif d’un alchimiste du 14e siècle.

Sur son lit de mort, Jean XXII doit rétracter les propositions énoncées lors de ses derniers sermons. Il mourut le 4 décembre 1334 laissant la mémoire du plus grand pape d’Avignon. Il fut le 194e pape.

Pierre Duèze, frère de Jean XXII, avait fait édifier vers 1322 un palais situé en haut de la ville. Une tour des remparts, construite le siècle précédent, y fut incluse. Cette tour s’orne de fenêtres du XIVeme siècle

Autres sites internet :

Jean XXII (Wikipédia)

Jean XXII (Compilhistoire)

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