Ce dernier, plus connu. fut un des membres de l’Académie Française, mais il n’y aurait pas de filiation entre les deux comme le confirme Henri Bressac dans « La vie désabusée de François De Maynard » où il écrit en fin d’ouvrage que la descendance mâle du poète : « s’éteignit avec les enfants de son fils aîné ». Pas de lien familial direct. mais quand même un territoire commun, le nord du Lot.
François Achille De Maynard eut une vie brève puisqu’il meurt à 24 ans, mais cet auteur anonyme mérite d’être connu. Il écrit ou du moins ne publie que deux livres, aujourd’hui introuvables, « Les élans du cœur » en 1841 et « Chants politiques et religieux » en 1843. On est en pleine période du romantisme qui va d’ailleurs fortement l’influencer dans ses deux ouvrages. Il fait ainsi référence à Alfred De Vigny en préambule de son premier recueil mais surtout il voue une admiration profonde pour Lamartine à qui il écrit son enthousiasme débordant pour son œuvre, dans le deuxième recueil. Ce dernier, courtoisement, lui répondra personnellement dans une lettre datée du 17 mars 1843.
La famille De Maynard possédait plusieurs fiefs dans le nord du Lot dont en particulier le château de Chausseneige à Cressensac mais aussi une demeure plus modeste à Copeyre sur la commune de Martel.
François Achille écrit une bonne partie de ses poèmes dans ces deux lieux puisqu’il termine la plupart des chapitres par la date et l’endroit ou ils furent versifiés.
Dans son livre « Les élans du cœur » , il consacre le début de son ouvrage à son enfance et notamment son passage au collège de Sarlat (1838 et 1839) ou il s’adonnait déjà à la poésie ; il avait 17 ans ! La Gironde semble avoir été sa destination suivante toujours selon la datation des chapitres.
Copeyre revient souvent dans la mesure ou il y aurait séjourné à plusieurs reprises sur différentes années et enfin aussi au château de Chausseneige à Cressensac. En mai 1842 il fait une description avec beaucoup de nostalgie de cet endroit (Sauchenéjoul à l’époque).
« O vieux Sauchenéjoul, j’aime à voir tes murailles
Couvertes d’herbes au printemps,
Car alors le gazon vient remplacer les mailles,
Que de ton corset de batailles
Détache chaque jour le temps » …
Pour l’anecdote, il consacre un chapitre entier sur un événement qui semble l’avoir profondément heurté, à savoir la profanation de tombes et surtout l’éparpillement des restes humains par la suite. Le sous-titre du poème est explicite : « A des jeunes gens qui, après une orgie, avaient traîné des ossements humains dans les rues de C… » qui correspond probablement à Cressensac. En effet, le poème est daté de novembre 1842, période ou il séjourne au château de Chausseneige situé dans ce village. Ces actes choquants que nous connaissons encore de nos jours ne sont donc pas nouveaux !
On soulignera dans ses deux recueils une qualité d’écriture évidente malgré son jeune âge. Ses vers teintés de tristesse et de lyrisme sont toujours d’une grande beauté. Citons par exemple le début de cette première strophe du poème « Les vents d’été »
« Le vent furieux des montagnes,
Est descendu dans les vallons,
Et les roses de nos campagnes,
Brillans jouets des aquilons, ..
Bien sur on n’atteint pas la qualité de Lamartine qu’il admirait tant mais on peut lui reconnaître un talent incontestable dans l’exercice de la poésie. On remarquera d’ailleurs entre le premier et le deuxième volume une évolution dans la maîtrise de son art.
François Achille De Maynard, auteur inconnu, issu d’une famille noble, enlevé à la vie prématurément, n’aura pu connaître un destin peut-être prometteur.
En le sortant de l’oubli, n’ ignorons plus ce singulier personnage qui vécut au XIXe siècle et même si ces deux ouvrages sont très rares il convenait de perpétuer la mémoire de cet émouvant poète.
Merci à Daniel Crozat pour cette découverte















