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La croix oc – La crotz òc

En termes héraldiques, la croix de Toulouse, ou croix du Languedoc ou encore croix occitane, est une croix grecque à branches égales rectilignes, cléchée (ses extrémités sont en forme d’anneaux de clefs) et pommetée d’or, dont les extrémités des branches sont triplement bouletées et perlées.croix occitane

Elle apparaît avec le sceau de Raymond VI en 1211 et sera toujours utilisée ensuite par les comtes de Toulouse. Elle s’imposera dans tout le domaine toulousain au début du XIIIème siècle et figurera dès lors sur les armes de la ville de Toulouse, puis sur celles du Languedoc du XIVème au XVIIIème siècle. Plusieurs hypothèses existent sur son origine et elle a fait l’objet de nombreuses interprétations symboliques. Au début, une simple roue solaire à douze rayons, chacun bouleté à son extrémité, symbolisant les douzes maisons du zodiaque. Aux XIIème et XIIIème siècles, les clercs voyaient dans cette figuration le christ crucifié entouré de ses douze apôtres.

Elle a également été appelée croix cathare dans la mesure où elle s’opposait à la croix latine, rejetée par les cathares. Enfin, elle semble matérialiser l’itinéraire des Wisigoths, des rives de la Mer Noire à Toulouse, par les Balkans, l’Italie et l’Espagne… Il en existe de semblables en Provence, en Catalogne espagnole et en Italie du Nord. Elle apparaît officiellement sur le sceau du comtal en 1211. Les 12 cercles qui coiffent les 4 branches sont décorés des signes stylisés du zodiaque. Cette croix est antérieure à l’épopée cathare.

Elle vient de la Provence : les auteurs du «Vieux Toulouse» l’attribuent au mariage du comte Guillaume Taillefer (Comte de Toulouse de 951 à 1037) et de Emme de Venasque, la croix provenant du Marquisat de Provence. On dit aussi que le premier Comte Thorson l’avait déjà utilisée à la suite du siège de Bayonne. On retrouve également des réminicenses dans les stèles discoïdales du Languedoc.

La ressemblance la plus frappante, il faut aller la chercher dans les surprenants chapiteaux du cloître de Santa-Maria de l’Estany dans la Catalogne : cette croix semble matérialiser l’itinéraire des Wisigoths de la mer noire à Toulouse via les Balkans et l’Italie, elle était utilisée comme symbole de ce peuple chrétien, mais arien, et c’est ce souvenir que les stèles discoïdales du Lauragais auraient conservé. C’est ceci qui nous rapproche de l’épopée Cathare, qu’il faut toujours relier à l’histoire wisigothique de la région.

LES CATHARES ET LA CROIX OCCITANE

Il est peu vraisemblable que les Cathares aient porté une croix quelconque… En effet, ils rejetaient tout symbolisme pour ne pas adorer une image à la place du Dieu Vrai. De la même manière, aucune église ne pouvait devenir, dans leur croyance, un lieu saint. Seul le recueillement intérieur pouvait prétendre à être une prière. Anne Brenon, dans son «Petit Précis de Catharisme» (Editions Loubatières, 1996) présente même la religion cathare comme un christianisme sans croix, cette dernière étant réduite à un instrument de torture.

Pierre des Vaux-de-Cernay, dans son «Historia Albigensis» (Librairie philosophique, 1951), nous dit : «…Ils appelaient idôlatrie les images qui sont dans les églises…». En fait, ils ne rejetaient pas la matière dans son ensemble, à la différence de ce que leurs détracteurs ont bien voulu nous faire croire, mais combattaient tout ce qui est éphémère. Il est alors plus facile de comprendre leur position – et les extrapolations qui en découlent – vis-à-vis de ce qui est vivant… En fait de combat entre deux croix, il a bien existé, mais dans cette acception religieuse et spirituelle, mais dans une dimension politique : la croix de Toulouse et la croix de Rome. La société structurée naissante dans le Languedoc, ainsi que celle qui voyait le jour notamment au nord de l’Italie ne pouvaient laisser les catholiques inactifs.

 

Les croix de pierre du Quercy Épigraphie, iconographie (*)

 

(*) Communication présentée lors des Rencontres archéologiques  de Saint-Céré, le 28 septembre 1998 et publiée dans : Annales des Rencontres (1999 – texte malencontreusement tronqué) et B.S.E.L., Tome CXXI, Avril-Juin 2000 (texte intégral). Nous reproduisons ici, le texte du B.S.E.L. 

 

Les croix de chemins sont indissociables de nos paysages quercynois. Mais des croix on en dressait aussi sur les places des bourgs et des hameaux  comme au milieu des cimetières. Objets de dévotion, la plupart étaient autrefois le but de processions pour les Rogations  et les principales fêtes religieuses.

Seules les croix de pierre retiendront ici notre attention. Indépendamment de leur signification symbolique, commune à l’ensemble des calvaires, elles présentent un double intérêt. D’une part elles nous documentent sur l’activité et le savoir-faire des maçons et tailleurs de pierre de nos villages. D’autre part leur étude contribue à nous éclairer sur certains aspects des mentalités populaires de leur époque.

Encore faut-il que ces modestes monuments lapidaires soient parlants, autrement dit qu’ils nous livrent des inscriptions ou un décor interprétables par tout observateur attentif. C’est pourquoi nous avons laissé de côté les innombrables croix ou calvaires anépigraphes et aniconiques.

Il convient de noter que la majorité des croix de pierre ornées se situent sur les Causses de Limogne et de Gramat. La présence d’un calcaire de bonne qualité et relativement facile à travailler n’est pas étrangère à cette particularité.

 

 

EPIGRAPHIE

 

 

 

 

La date

C’est l’élément qui permet de situer l’objet dans le temps. Elle est presque toujours gravée, même si le décor est en relief. Pour certaines c’est le seul signe d’identification, à l’exclusion de toute inscription et de tout décor, telle une croix d’Issepts qui serait à notre connaissance la plus ancienne millésimée (1602). Du début du XVIIe siècle sont aussi des croix de Bio (1607), Montfaucon (1619), Cahors-La Rozière (1621), Limogne (1625). Toutes sont postérieures aux guerres de Religion qui ont probablement vu la destruction quasi systématique de la plupart des calvaires.

L’implantation de croix s’accélère vers la fin du XVIIe siècle, puis s’intensifie au cours du XVIIIe et jusqu’à la Révolution. On connaît même une croix de Belfort-du-Quercy datée de 1793, ce qui est un cas assez exceptionnel. En application des lois en vigueur, d’innombrables croix ont été brisées pendant la période révolutionnaire. Dans de nombreuses paroisses, elles ont été cachées et sont réapparues dès le rétablissement du culte. On trouve des croix datées de 1797 (Goujounac), 1801 (Varaire, Lacamdourcet, Lavergne, Camy-Luzech), 1802 (Belfort-du-Quercy, Fontanes-Lalbenque), 1803 (Carlucet) 

Tout au long du XIXe siècle on voit une intense floraison qui se tarit avec le début du XXe. La plus récente croix datée serait à Laramière (1931).

Quelques croix portent deux dates, celle de l’érection et celle de la restauration. Calvignac possède un spécimen affichant trois millésimes (1728, 1838, 1866).

On relève de rares dates libellées en chiffres romains, toutes de la fin du XVIIIe 

Le titulus (I.N.R.I.)

Abréviation de Iesus Nazarenus Rex Judaeorum (Jésus de Nazareth roi des juifs). Ce “sigle” figure sur la plupart de nos croix depuis le XVIIe siècle . Le titulus est généralement inscrit sur la partie supérieure du bras vertical, plus rarement au centre du croisillon. C’est dans certains cas l’unique inscription visible (Cremps, Francoulès, Lunegarde, Saint-Privat de Flaugnac). Le tailleur de pierre ne sachant souvent ni lire ni écrire, il arrive que le titulus soit incomplet ou à peine ébauché.

Le monogramme du Christ (IHS)

Ces trois lettres résument la formule Iesus Hominum Salvator (Jésus Sauveur des Hommes). Le H est parfois surmonté d’une petite croix ; il est éventuellement représenté seul, le I et le S étant oubliés.

Le monogramme peut être associé au titulus (Limogne 1660, Beaumat 1676, Esclauzels 1683…). Il est alors tracé le plus souvent au centre du croisillon et se substitue à l’image du Christ. De rares croix portent le monogramme sans le titulus : Reilhaguet (1634), Capdenac-le-Haut (1667), Saint-Pierre-Toirac (1723), Cours…

Comme le titulus, le monogramme fait son apparition sur les croix quercynoises au XVIIe siècle 

Le monogramme de la Vierge

Il se compose des lettres M et A, séparées ou entrelacées. Seul ou associé au monogramme du Christ, il est fort peu utilisé : Sarrazac (1666), Rocamadour (1762), Carennac (1861). Une croix de Rudelle (1692) porte sur la traverse l’inscription Marie en toutes lettres, et sur la face d’une croix de Soulomès (XIXe) on lit Jésus Marie à l’exclusion de tout décor.

Noms et initiales

On trouve de temps à autre le nom, ou le nom et le prénom du donateur, c’est-à-dire de la personne qui a fait exécuter la croix.

Exemple : Iean Rescosseri noter a faict fair (Lalbenque, 1668). 

Le donateur peut être le maçon ou le tailleur de pierre lui-même qui mentionne parfois sa profession.

Exemple : Portal masson (Varaire, 1784).

Mais nom et prénom se résument souvent à des initiales. Il arrive que deux ou plusieurs personnes s’associent pour partager la dépense (Lalbenque 1769, Limogne 1868).

Inscription diverses

En dehors des mentions rappelant qu’une croix a été érigée à l’occasion d’une mission ou d’un jubilé , on relève de-ci de-là quelques inscriptions pieuses :

– Sta Maria Mater Dei ora pro nobis (Belfort-du-Quercy, 1793).
– Jésus Christ crucifié (Parnac, Cels, 1776).
– O crux ave (Gignac, XIXe).
– O crux ave spes unica (Promilhanes, 1826).
– Je vous salue ô croix notre espérance (Issendolus, Gabaudet).
– Noli me tangere (Belmont-Sainte-Foi, XVIIIe) 

Les longues inscriptions sont rares en raison de la surface disponible restreinte . Peut-être aussi parce que beaucoup de tailleurs de pierre, illettrés, éprouvaient des difficultés à graver un texte, même avec un modèle. Certaines inscriptions sont d’ailleurs absolument indéchiffrables. Dans la première hypothèse elles sont libellées sur le socle , mais elles restent exceptionnelles. En voici quelques exemples :

– In cruce protectio ab hostibus (Cieurac, cne de Lanzac).
– Pensez à la mort et vous ne pécherez pas (La Ponchie, cne de Cahus).
– Le 1 mai 1856. Penser à la mort. Pécheur Jésus est mort pour nous (Miran, cne de Luzech).
– Limite du Tarn-et-Garonne/Lot (Vidaillac, 1906). Ici le monument tient lieu de borne départementale.

Les très rares croix commémorant un fait divers (crime ou accident), toutes du XIXe siècle, portent rarement une épitaphe. Celle-ci figure généralement sur le socle, mais on peut citer quelques exceptions :

– A Loubressac, sur la face de la “Croix d’Hélène” n peut lire : A la mémoire d’Hélène Bombezy morte martyre en ce lieu en 1844.
– A Crayssac (D 6) : 1855, Ici a péri M. Duburgua, priez pour lui.
– Aux Arques (D 13) : Gizard Jean-Louis, priez pour lui, 1866.
– A Douelle (D 8) : Ici a péri Rigal Jean Pierre Depeyrot de Douelle âgé de 69 ans (le reste de l’inscription figure sur le socle : par accident d’un cheval le 20 mai 1863, priez pour lui).

ICONOGRAPHIE

Figurations humaines

Le Christ

C’est l’image emblématique, en plus ou moins fort relief, qui figure sur de nombreuses croix 

De facture souvent naïve, il est représenté de différentes façons. Les bras sont soit tendus horizontalement (à la manière des Christs romans), soit levés, plus ou moins écartés, parfois presque verticaux à la mode janséniste. Sur une croix de Vidaillac (XVIIIe s.) le Christ a les bras abaissés, presque pendants.

Les pieds sont presque toujours séparés (là encore selon les modèles romans), mais ils peuvent aussi être posés l’un sur l’autre. Les doigts des mains et des pieds sont quelquefois dessinés. La tête est droite ou légèrement penchée. Les yeux, le nez, la bouche, la chevelure, sont parfois sommairement figurés. Les hanches sont habituellement ceintes du perizonium.

La Vierge

Seule ou portant l’enfant Jésus, elle apparaît sur plusieurs calvaires, au dos de la croix, faisant pendant au Christ représenté sur l’autre face (Montvalent, Prangères, cne de Gramat). On la trouve également sculptée sur le fût, les mains jointes, dans un décor en forme de niche (Aujols, Belmont-Sainte-Foi, Cahors-Saint-Cirice, Cieurac, Lalbenque, Laramière). A Aujols et à Cremps on voit deux croix de facture semblable où les pieds de la Vierge reposent sur une coquille (celle de Cremps est datée de 1748, l’autre est probablement de la même époque).

Deux croix méritent une mention spéciale pour leur originalité. La première est à Prayssac (Meymes). Sur une face : le Christ. Sur l’autre : une tête posée sur un corps cylindrique ressemblant à un enfant emmailloté ; représentation fruste et schématique de la Vierge, drapée de la tête aux pieds dans un vêtement aux plis enserrant le corps et couronnée d’un demi-disque horizontal. La seconde se trouve à La Masse (cne des Junies). D’un côté : un ostensoir. Au revers : la même silhouette “emmaillotée” qu’à Prayssac, mais ce sont deux têtes, de même grosseur, qui émergent du vêtement, sous le même type de couronne. Là, le tailleur de pierre a voulu montrer une Vierge à l’Enfant, entortillée dans une longue robe aux plis obliques. Ces deux exemples sont à rapprocher d’une croix plus petite, sans doute une ancienne croix de chemin, conservée à Castelfranc. Sur une face est sculpté le Christ. Sur l’autre une Vierge à l’Enfant d’une facture identique à celle de La Masse, mais ici la tête de l’enfant est très logiquement plus petite que la tête de la mère. Castelfranc se situant à 2,5 km de Prayssac et à 3 km de La Masse, on est tenté de proposer un même “atelier” pour les trois œuvres. Seule la croix de La Masse est datée (1820).

Autres personnages

Sur le fût de la croix, au lieu de la Vierge, on voit quelquefois un personnage debout, généralement vêtu d’une sorte de blouse paysanne qui pourrait aussi bien passer pour une chasuble (Belmont-Sainte-Foi 1733, Saint-Géry 1777…). Il s’agit vraisemblablement de l’image du donateur.

A Cremps on a une croix de 1855 dont le Christ est absent, remplacé par un ostensoir, mais où figurent une Vierge à l’Enfant et deux personnages inattendus occupant les bras de la traverse : à gauche un prêtre en chasuble, à droite un évêque mîtré tenant une crosse.

A Cieurac, comme à Prangères (Gramat), deux petites silhouettes, très schématisées, se tiennent aux pieds du Christ. Il faut y voir apparemment la Vierge et saint Jean.

A Prudhomat (Pauliac) ce sont deux anges sonnant de la trompette qui encadrent le Christ en croix.

A Crayssac (Mas de Bastide), un cavalier chevauche une monture.

Les “têtes”

On remarque sur quelques croix des têtes isolées qui font penser aux “têtes coupées” de l’iconographie gauloise de même que certains personnages figurés sur les fûts évoquent les sujets représentés sur les stèles funéraires gallo-romaines.

Ainsi trois têtes font partie du décor sur la base d’une croix de Lalbenque. Sur une croix de Laramière (1668) on n’en compte pas moins de cinq (une sur chacun des trois bras du croisillon, plus une sur chaque face latérale du montant). Chaque tête est sobrement animée par des incisions figurant les yeux, le nez et la bouche.

A noter aussi une tête en saillie, seul ornement figurant sur le montant de la croix du cimetière d’Artix à Sénaillac-Lauzès (1837) et une autre au dos d’une croix de Latouille à Latouille-Lentillac (1819).

On ne sait exactement quelle signification attribuer à ces emblèmes “céphaliques”. Peut-être figurations réductrices de personnages non identifiables (saints, donateurs ?) que le tailleur de pierre renonçait à sculpter en entier.

On peut signaler encore le thème de la “tête de mort” gravée au centre d’une croix de Varaire (1844) accompagnée de trois paires de tibias croisés. On la retrouve, sculptée sur deux croix, sans doute de la même main, à Carlucet (Graule-Basse) et à Saint-Projet. Mais là, placée sous les pieds du Christ, elle symbolise le Golgotha, nom de la colline de Jérusalem où se déroula la Crucifixion (en hébreu golgotha signifie “le crâne”).

La main

Nous ne connaissons qu’une seule représentation de la main isolée, censée désigner la dextre bénissante du Seigneur (Baladou). A ne pas confondre avec la main rappelant le soufflet infligé à Jésus au cours de la Passion (Felzins).

Symboles religieux

La croix

On a là le signe le plus simple, figuré en principe au centre du croisillon, lorsque le tailleur de pierre ne se hasarde pas à façonner l’image du Christ. Croix latine, rarement grecque, pattée ou non, parfois fleurdelisée.

L’ostensoir

C’est le motif symbolique le plus répandu. Il apparaît vers 1740. On le voit au centre de la croix, à la place du Christ, ou sur le fût. Son dessin varie selon l’habileté du lapicide. Il peut se réduire à une gravure constituée d’une simple croix grecque inscrite dans un cercle et portée par une tige filiforme reposant sur un support triangulaire (Lalbenque, 1761). Toujours stylisé mais plus élaboré, il se garnit de stries rayonnantes et se couronne d’une petite croix (Saint-Hilaire-Lalbenque, 1879). Les ostensoirs sculptés en relief se rapprochent des modèles observés, avec la lunule centrale (destinée à recevoir l’hostie), la hampe ornée d’un nœud médian et un pied en demi-lune ou mouluré.

L’image de l’ostensoir, comme ultérieurement celle du calice, paraît en relation avec le renouveau de la dévotion au Saint-Sacrement animée par les confréries présentes dans la quasi-totalité des paroisses du diocèse.

Le calice

Au XIXe siècle le calice accompagne parfois l’ostensoir (Laramière, Saillac, Vidaillac…). A Promilhanes il y a deux croix qui représentent sur une face l’ostensoir et sur l’autre le calice avec l’hostie.

Le ciboire

On n’en connaît qu’un spécimen, voisinant avec l’ostensoir, à Pontcirq (Valdié, 1771).

Le cœur

C’est un motif assez fréquent. Il est quelquefois dessiné renversé, la pointe en haut, sans que ce détail ait une signification particulière. Sur les croix il est considéré comme le symbole de l’amour de Dieu ou la marque de la dévotion au Sacré-Cœur. Celle-ci connut un large développement à partir du XVIIe siècle

Le cœur se rencontre seul, accompagné d’un ou deux autres cœurs, ou encore associé à d’autres motifs.

Les instruments de la Passion

Ils ont la faveur des lapicides expérimentés. Il peut s’agir d’un seul élément, comme par exemple la couronne d’épines schématisée, ordinairement au centre du croisillon, par un cercle simple, double ou torsadé.

Les autres objets les plus fréquemment représentés sont le marteau et les tenailles. Mais on trouve aussi l’échelle , les trois clous de la crucifixion (18), la lance et le porte-éponge , le fouet de la flagellation et la main du “soufflet”, l’aiguière de Ponce Pilate , le calice qui a recueilli le sang du Christ, les trente deniers de Judas 

Les chandeliers

Portant un cierge, ils encadrent une croix ou un ostensoir : Laramière (1760), Puyjourdes (1760), Crayssac (1762), Lamagdelaine (1893)…


Motifs végétaux

Rosaces diverses, fleurs à six pétales (23), rameaux (24), fleurs de lis (25), gerbe de blé (26). L’exemple le plus remarquable est une croix de Ginouillac (1826) dont la face est entièrement décorée de branches feuillues.


Autres motifs

Associés ou non à d’autres sujets, on peut rencontrer ici ou là des motifs variés, peu répandus, à connotation symbolique ou purement décoratifs. Citons les motifs circulaires (cercles simples ou concentriques, rouelles), la spirale, le triangle, emblème de la Trinité, la tiare et les clés, symboles du Saint-Siège . Il faut ajouter à cette énumération le motif de la “virgule”. Il figure sur chacun des bras latéraux de la croix de Pissepourcel à Aujols, de part et d’autre de l’ostensoir. A Padirac, ce sont quatre virgules assemblées par la pointe qui forment une figure communément appelée la “croix basque” 

Représentations animales

La colombe du Saint-Esprit figurée à l’intérieur de la couronne d’épines, se voit sur deux calvaires semblables, à Carlucet (Graule-Basse) et à Saint-Projet.

Des lions, visiblement inspirés du bestiaire héraldique, sont sculptés sur deux croix, également proches par leur style : une à Lalbenque, l’autre à Cieurac. Sur la première ils sont affrontés, sur la seconde ils sont répartis sur les faces latérales de la hampe 

Le serpent a inspiré les tailleurs de pierre de Carlucet et de Saint-Projet (il s’agit sans doute du même artisan), mais on le trouve aussi à Reilhac (1836) et à Montet-et-Bouxal (Bouxal, XIXe). A Douelle (1873), le serpent est symboliquement enchaîné, mis hors d’état de nuire par le sacrifice du Christ. Personnification de Satan, et symbole du péché originel, il est habituellement sculpté sur le fût de la croix, la tête en bas, présentant la pomme de la tentation à laquelle Eve ne sut pas résister.

Le coq, plus ou moins bien dessiné, figure deux fois sur un calvaire de Pontcirq (Valdié, 1771). A Limogne (1755) et à Vidaillac (1832), il trône sur le bras vertical. A Cénevières (1826), il s’exhibe au milieu du croisillon, à la place du Christ et dominant l’ostensoir. Le coq est considéré à la fois comme le signe de la vigilance chrétienne face aux forces maléfiques (à la manière du coq des clochers) et comme un rappel du reniement de saint Pierre (il se rapporte alors au thème de la Passion).

Dans le genre volatile, on a un aigle “empiétant un foudre” sur une croix de Cremps 

Pour essayer d’être complet, nous mentionnerons quelques quadrupèdes. A Pontcirq (Valdié) c’est un cheval qui caracole. A Crayssac, au revers du croisillon, on peut reconnaître une chèvre, un cheval (ou une mule) et un autre équidé portant un cavalier.

Et pour faire bonne mesure, nous ajouterons un poisson, vieux symbole paléochrétien du Christ (Douelle, 1873).

Observations générales et cas particuliers

Compte tenu du nombre de croix disparues, et en se basant uniquement sur celles qui subsistent et sont bien datées, on peut constater que les exemplaires du XVIIe siècle portent peu d’inscriptions et n’offrent que de rares décors. Il faut attendre le XVIIIe pour trouver un assortiment significatif d’œuvres ornées.

Si la plupart des croix présentent un décor très sobre, certaines nous révèlent une iconographie particulièrement intéressante. Nous rappellerons seulement quelques exemples déjà cités.

Une croix d’Esclauzels (1761), une autre de Crayssac (1762) et une troisième de Felzins (1768) arborent chacune une belle collection d’instruments de la Passion. Les superbes calvaires de Lalbenque et de Cieurac (1842) accumulent figures et symboles. Il en est de même des calvaires de Carlucet (Graule-Basse, 1788) et de Saint-Projet qui, avec le Christ et le Paraclet, mettent en évidence le serpent de la Genèse, associant ainsi le péché originel et la rédemption. La croix de Carlucet a de plus une curieuse particularité : sous chaque bras est suspendue une petite pierre polie. Ce détail inhabituel ne laisse d’ailleurs pas d’intriguer 

On peut aussi mentionner, parmi les œuvres atypiques, le calvaire de Montanty à Gramat (1859) montrant sur la croix les instruments de la Passion et sur le socle un bas-relief représentant deux convives attablés se partageant un chevreau. Si on cherche un sens symbolique à cette scène inattendue, on peut imaginer une évocation de la Cène réduite à deux personnages. La facture est naïve mais assez réaliste.

 

 

EN GUISE DE CONCLUSION

 

 

 

 

Nous venons d’examiner un aspect particulier du travail de nos tailleurs de pierre. Ceux-ci, il faut le dire, ont aussi exercé leur talent sur des linteaux de portes, de fenêtres ou de cheminées que nous avons eu l’occasion d’étudier naguère. Là l’épigraphie est pauvre, mais les décors sont relativement fréquents et variés. On y retrouve un certain nombre de motifs et symboles que nous avons répertoriés sur les croix.

Certes la comparaison des croix du Quercy avec les calvaires bretons nous incite à la modestie. De même nous reconnaissons volontiers que l’activité des tailleurs de pierre-sculpteurs de l’Auvergne, du Rouergue, du Gévaudan… a dépassé en quantité, et souvent en qualité, la production de nos artisans quercynois. En revanche, si on jette un regard sur d’autres régions, on s’aperçoit que nos compatriotes méritent une place plus qu’honorable parmi leurs confrères du Midi ou d’ailleurs.

Cela dit, les croix de pierre restent les témoins majeurs d’un art populaire disparu qui a su traduire simplement mais avec sincérité les croyances religieuses de nos aïeux. Nul ne contestera la nécessité de les recenser, de les entretenir et de les protéger du vol et du vandalisme. Ne serait-ce qu’au nom de la conservation de notre patrimoine culturel.

Pierre Dalon, vice-président de la Société des Etudes du Lot

Notes

1 – On n’en trouve guère, et sauf exceptions elles sont sans intérêt, dans les agglomérations urbaines.

– Héritières des Robigalia romaines, les cérémonies des Rogations se célébraient depuis le Ve siècle. Pendant les trois jours précédant l’Ascension, on se rendait en procession aux diverses croix de la paroisse et on y priait pour l’abondance et la protection des récoltes.

En général ces deux métiers se confondaient, surtout en milieu rural.

4 – Parmi les rares rescapées on connaît la croix du parvis de l’église de Beauregard (autrefois sur la place de la halle), le calvaire du cimetière de Puy-l’Evêque et la croix du cimetière de Thégra. Elles ne portent aucune date mais on les attribue à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle.

5 – Cette croix de Carlucet est la seule datée selon le calendrier républicain (An 11).

6 – A Esclauzels, le tailleur de pierre (un certain Courrejou, connu par ailleurs) a daté quelques croix MDCCLX et MDCCLXI.

7 – On sait que lors de la crucifixion cette inscription avait été apposée par dérision au-dessus de la tête du Christ.

8 – Remplaçant le Chrisme d’origine paléochrétienne, le nouveau monogramme est apparu en Quercy vers la fin du XVe siècle sous l’influence des Franciscains avant d’être largement répandu au XVIIe siècle par les Jésuites. Une autre interprétation, plus ancienne, fait de I.H.S. l’abréviation du mot grec IHSOVS.

9 – Un notaire de ce nom est attesté à Lalbenque à cette époque.

10 – Mission : suite de prédications organisées dans une paroisse pour l’instruction des fidèles et la conversion des pécheurs. Jubilé : indulgence plénière accordée par le pape pendant une “année sainte”.

11 – Paroles de Jésus lors de son apparition à Marie-Madeleine après la Résurrection.

12 – A Limogne (Ferrières-Bas), la totalité de la face antérieure de la croix est occupée par l’inscription ainsi répartie : INRI/souvenir de la Mis/sion/des/ pères/ capu/cins/ 1868. Cette mission a particulièrement marqué la paroisse puisqu’on y relève au moins quatre croix datées pour la rappeler.
La “croix” de Prudhomat, taillée en forme de losange et inscrite sur la totalité de sa surface, que l’on cite parfois, est une stèle funéraire réemployée comme croix de chemin.

13 – En bordure du vieux chemin de Padirac.

14 – A Capdenac (1667) et à Cremps (1900) on peut voir le Christ traité presque en ronde bosse, d’une facture très rustique.

15 – On en trouve en particulier sur des croix de la Haute-Auvergne où elles sont considérées comme des survivances de l’art celtique par l’intermédiaire de l’art roman.

16 – A la suite des visions de sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Montal.

17 – Facile à dessiner, l’échelle est parfois le seul instrument figuré : Varaire (1784), Beauregard (1787), Tour-de-Faure (1834), Aujols (1847), Crayssac (1850).

19 – Un bon exemple à Lavercantière (Saint-Martin-le-Désarnat).

20 – Felzins (1768).

21 – Esclauzels (1761), Crayssac (1762).

22 – Felzins (1768), Lentillac-Saint-Blaise (1708).

23 – La fleur à six pétales (qu’on qualifie aussi d’étoile) est un vieux motif, tantôt décoratif, tantôt assimilé à un symbole solaire comme la rouelle de l’iconographie celtique.

24 – Le rameau vertical est éventuellement interprété comme le symbole de l’arbre de Vie ou de l’arbre de Jessé.

25 – Motif ornemental ou symbolique. Dans ce dernier cas, la fleur de lis peut être vue, soit comme un des attributs de la Vierge, soit comme l’emblème de la Royauté (ce qui n’est pas incompatible).

26 – Aujols.

27 – La spirale passe notamment pour symboliser le cycle de la vie et de la mort. Une croix de Couzou (Lapannonie, 1846) comporte un décor simplifié : au centre une spirale et sur le fût six “écots” alternés dont le sens reste inexpliqué (sauf à représenter le tronc d’arbre ébranché avec lequel avait été faite la croix du Golgotha).

28 – Saint-Martin-le-Désarnat, cne de Lavercantière.

29 – Pestilhac, cne de Montcabrier (1874).

30 – Certains auteurs comparent ce motif à la svastika, vieux symbole solaire celtique, comme la rouelle. Très répandue au Pays Basque, la virgule, seule ou “en croix”, passe généralement pour un signe apotropaïque. Tout à fait exceptionnel sur nos croix de chemins, ce motif se trouve par contre sur de nombreux linteaux disséminés en Quercy ainsi que sur des monuments funéraires de Cazals et de Marminiac.

31 – Le lion est un symbole ambivalent qui peut, par exemple, représenter aussi bien le Christ que le démon.

32 – Cette croix datant de 1855, on peut penser que le tailleur de pierre (ou plutôt son client) tenait à afficher des opinions bonapartistes. De même qu’ailleurs la présence de fleurs de lis, en particulier sous la Restauration, pouvait exprimer l’attachement à la monarchie.

33 – Cette croix ne porte pas de date, mais on sait par un document conservé aux archives diocésaines (Ms A 74) qu’elle a été sculptée en 1788.

34 – On pourrait y voir, à l’imitation des croix wisigothiques, la figuration symbolique de l’alpha et de l’oméga. Pour notre part, nous y verrions plutôt une représentation des “pierres du tacou”, ces talismans que l’on pendait jadis au cou d’une brebis pour protéger l’ensemble du troupeau contre les maladies et les sortilèges. Dans les étables et les bergeries elles passaient également pour protéger de la foudre. A ce propos on peut se reporter à une communication de Pierre Soulié dans le Bulletin de la Société des études du Lot (4e fascicule 1976, p. 305).

 

Bibliographie

Dalon Pierre, Les croix de pierre sur le Causse de Limogne. Bull. de la Société des études du Lot, 3e fascicule 1976.

Girault Jean-Pierre et Billiant Pierre, Les croix de chemins et de villages dans le Haut-Quercy (région de Martel, Souillac et Vayrac). Annales des Rencontres archéologiques de Saint-Céré. N°4, 1995.

Blaya Nelly, Les croix de Rogations. Quercy-Recherche, n°64, 1986.

Dalon Pierre. L’art lapidaire dans l’architecture rurale du Quercy (XVIe-XXe siècle). Bull. de la Sté des études du Lot, 3e fascicule 1986.

Baudoin Jacques, Les croix du Massif Central. Editions Créer, 1989.

TISSUS FLEURIS AU POINT DE CROIX ET EN TAPISSERIE

Comment amener les fans de point de croix vers la tapisserie, et inversement ?
Parce que malheureusement les brodeuses se cantonnent à une seule spécialité, nous avons décidé de leur montrer que le point de croix et la tapisserie sont deux techniques très proches, qui ont chacune leur charme et sont aussi faciles l’une que l’autre.
Agnès Delage-Calvet propose dans cet ouvrage des modèles de tissus et “papiers peints” fleuris très faciles à réaliser, aux motifs et aux coloris très “tendances”, à broder aussi bien au point de croix qu’en tapisserie. Une façon originale de montrer qu’à partir d’une même grille, on peut obtenir des résultats tout à fait différents selon la technique utilisée.

Auteur :
Agnés Delage-Calvet, cadurcienne, créatrice textile passionnée par l ‘art du fil, elle
est une passionnée de broderie traditionnelle. Elle travaille depuis plus de dix ans avec des magazines dans lesquels elle propose des dessins de broderie ou de tapisserie.
Passé empiétant, passé plat, point de nœud et point de lancé n’ont aucun secret pour elle. Elle a le don incroyable de dessiner en imaginant à l’avance la broderie définitive en relief.

Collection cahier du créateur
La collection – Cette collection présente un créateur et son travail. Chaque ouvrage propose, dans la première partie, d’entrer dans l’intimité d’un créateur et de découvrir sa personnalité, ses sources d’inspiration, ses techniques de reproduction, ainsi que sa façon de travailler et son matériel. La deuxième partie, plus importante, présente de nombreux ouvrages sur le thème traité et leur grilles (de 20 à 40 modèles), afin que chacun puisse les reproduire.

LES CROIX DE NOS CHEMINS ET DE NOS VILLAGES

Ces petits monuments qui sont le témoignage de la foi de nos ancêtres, devant lesquels on ne passait jamais sans se signer, profilent encore dans le paysage leur silhouette rassurante. Après avoir fait partie intégrante du cadre de la vie rurale, les croix sont aujourd ‘hui tombées dans l ‘oubli le plus complet. Elles sont si discrètes, si humbles, que plus personne ne s ‘arrête pour les regarder.

Autrefois, la présence d ‘une croix sur un chemin rassurait le voyageur. Pour lui, elle avait le pouvoir de conjurer le mauvais sort, principalement à un carrefour.

Malgré leur modestie, nos croix constituent d ‘intéressants vestiges d ‘un art populaire disparu que nous devons préserver car elles restent le reflet fidèle de notre histoire locale, qu ‘elle soit civile ou religieuse. C ‘est toute l ‘âme d ‘une communauté qui s ‘exprime à travers elles.

Beaucoup sont dans un état de délabrement avancé. Après avoir subi les outrages du temps et l ‘indifférence des hommes, elles sont aujourd ‘hui les victimes d ‘engins mécaniques puissants. Les transformations accélérées de la voirie et du paysage font peser de lourdes menaces sur les vestiges du passé, notamment sur les croix de chemin, c ‘est pourquoi il est urgent de les recenser, car l ‘homme de demain, pris dans la spirale de la vie moderne “risque de ne savoir plus regarder, ne plus savoir s ‘arrêter pour admirer, marchant dans le monde comme un aveugle “. P. Dalon note que l ‘inventaire, région par région, “apparaît comme un travail urgent et nécessaire. Urgent parce que beaucoup de ces petits monuments sont appelés à disparaître. Nécessaire parce qu ‘il s ‘inscrit dans le cadre plus vaste des traditions et des mentalités populaires, intéressant non seulement les historiens, les archéologues mais aussi les théologiens, les sociologues et les ethnographes. ”

Puisse notre modeste inventaire des croix du canton de Sousceyrac et de ses abords, qui compte quelques monuments pratiquement inconnus, entrer dans ce cadre et compléter le recensement effectué par P. Brillant et J.P Girault.

Le canton de Sousceyrac est une petite région située à l ‘extrême pointe nord est du département du Lot, qui jouxte les départements du Cantal et de la Corrèze. Au cinq communes qui le composent, Calviac, Comiac, Lacam-d ‘Ourcet, Lamativie et Souceyrac, nous avons adjoint quelques communes limitrophes du Cantal (Siran, Saint-Saury), de la Corrèze (Saint-Mathurin Léobazel) et du Lot (Latouille-Lentillac, Sénaillac,Teyssieu), parce que certaines de leurs croix forment avec les nôtres un ensemble indissociable, les unes expliquant les autres.

Louvre-sur-Lot : une revue !

Quercy net s’est fait l’écho de cette belle publication qui a été distribuée à l’issue des premières visites dans les salons de la préfecture.

Elle est l’oeuvre des dynamiques membres de l’association “Mémoire Chapou 2018” en charge de la restitution relative au lieux choisis par les autorités culturelles de l’époque pour éviter le départ des merveilles du Louvre vers l’Allemagne nazie.

Cet ouvrage, que nous signalons également dans notre bibliothèque, est aujourd’hui épuisé. Il est cependant consultable ci dessus en plein écran en cliquant sur la croix située en bas à droite de la barre de menu de la revue, mais également sur le site des services de l’Etat.

Il convient de préciser que l’exposition itinérante poursuit sa route. Retrouvez les dates fixées jusqu’à fin juin.

Lycée Louis Vicat à Souillac du 27 mars au 19 avril (quelques créneaux seront ouverts au public)
Médiathèque de Gramat du 29 avril au 10 mai (ouvert au public)
Collège La Garenne de Gramat du 13 au 17 mai (réservé aux scolaires)
Collège d’Orlinde à Bretenoux du 20 mai au 7 juin (réservé aux scolaires)
Médiathèque de Castelnau-Montratier du 10 au 21 juin (ouvert au public)

Partenaires de l’ensemble de cette démarche de mémoire :
> L’Office National des Anciens Combattants et les services de l’Etat
> Le Département ainsi que la Région

Jean-Jacques Chapou 1909-1949

Jean-Jacques Chapou, une figure importante de la résistance dans le Lot

Jean-Jacques Chapou naît le 10 avril à Montcuq où ses parents, instituteurs, ont été nommés quelques années auparavant. C’est en troisième qu’il entre au Lycée Gambetta. Ses études secondaires finies, il se destine à l’enseignement : d’abord comme maître d’internat (1935-1936), puis comme professeur-adjoint (1937-1938). On le retrouve répétiteur, de 1938 à 1939 et de 1940 à 1941.

Mobilisé en 1939, il part pour Annot, petit village dans les Basses-Alpes. Dès 1940, il participe à quelques combats qui s’engagent à la frontière avec les soldats de Mussolini. Après l’armistice, il est démobilisé. Le 29 juillet 1940, il rejoint Cahors. A la fin de l’année 1941, il est renvoyé de l’Éducation Nationale par le gouvernement de Vichy, en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie. A la recherche de travail, il devient secrétaire, en décembre 1941, au Groupement des Transports Routiers du Lot.

Au cours de l’hiver 1941-1942, Chapou entreprend de mettre sur pied la Résistance dans le Lot. Ce premier groupe veut former un syndicat clandestin tout en noyautant les syndicats officiels. Bientôt la Résistance touchera une part croissante de la population ; ainsi de 1942 à 1943, divers mouvements voient le jour.

Chapou devient le chef départemental du mouvement « Libération » dès septembre 1942. Il utilise son récent emploi de chef de service des autobus, à la maison Artigalas, à Cahors, comme moyen de reconnaissance continue de la région : il projette en effet d’élargir son mouvement.

Les autorités vichyssoises éprouvent une défiance grandissante envers ce fonctionnaire révoqué. Suite à une instruction ouverte contre lui, il est condamné par un tribunal spécial à Agen le 10 mars 1943, à un an de prison avec sursis. Le 8 juillet 1943, il quitte Cahors et rejoint le maquis d’Arcambal dit « France ». Il prend le nom de « Capitaine Philippe » et participe aux coups de mains, aux sabotages…

En 1944, il fait adhérer ses maquis aux Francs-Tireurs-Partisans, pour plus de coordination. Sabotages de voies ferrées, occupations de villes (Cajarc, Gramat…).

Route d’Eymoutiers, à la sortie de Bourganeuf (Creuse), le mémorial à J.-J. Chapou (Photo C. Laroche, Mémorial GenWeb)

Lorsque « Philippe » reçoit l’ordre de l’état-major supérieur des F.T.P. (3) de quitter le Lot pour prendre le commandement militaire des F.T.P. de la Corrèze, il abandonne son pseudonyme pour celui de « Kléber ».

Le dimanche 16 Juillet 1944, à Bourganeuf, pris dans une embuscade, il préfère la mort au déshonneur.

 

 

René Andrieu, qui l'a rejoint au maquis, dit de lui :
« Professeur adjoint au lycée de Cahors quand j’y étais élève, Philippe a été l’étincelle de la résistance armée dans le département. C’est lui qui a pris la tête du premier maquis, une vingtaine d’hommes armés de revolvers et de vieux fusils, traqués par les Groupes mobiles de réserve de Vichy. Il était un entraîneur d’hommes, toujours prêt à payer de sa personne, un mousquetaire courageux jusqu’à la témérité ». “Encerclé par les Allemands, il préféra se tuer plutôt que de se rendre. Sa dernière balle fut pour lui. Cela aussi, il me l’avait dit. Et il a tenu parole. C’était un brave”. (René Andrieu : Un rêve fou ?)

Le Lycée Gambetta, à Cahors, lui rend un dernier hommage le 18 décembre 1944 :
« Le corps de Jacques Chapou vint au parloir faire sa dernière halte. Couvert de drapeaux, entouré d’un amoncellement de fleurs, venues de tous les coins du Quercy, l’héroïque Capitaine Philippe… fut glorifié au cours d’une cérémonie grandiose où la population unanime honora une des plus hautes et des plus pures figures de la Résistance en Quercy » Discours de M. R. Saissac. Proviseur du Lycée. Distribution des Prix du 12 Juillet 1945.

Copie de la Citation de Jacques CHAPOU :

Par délégation du Commandant en chef des F.F.I., le colonel Rousselier, commandant la 12e Région Militaire, cite à l’ordre de la division à titre posthume, Chapou Jacques (Kleber), Capitaine, avec le motif suivant :
« Officier de haute valeur, d’une bravoure admirable. A organisé la Résistance dans le Lot, puis en Corrèze. A participé à de nombreuses actions contre l’ennemi. Directeur militaire de la Région Corrèzienne, a attaqué sans répit l’adversaire avec ses bataillons de patriotes. Combats de Tulle, Brive, d’Ussel. Directeur de l’inter-Région B, le 16 juillet 1944, est tombé dans une embuscade à Bourganeuf (Creuse). Blessé mortellement, a déchargé son revolver sur les Allemands et s’est achevé de sa dernière balle ».

La présente citation comporte l’attribution de la Croix de guerre à étoile d’argent.

Sophie VILLES, La Mémoire Vive, Cahors, 1998.


Les maquis

La transformation des refuges pour réfractaires ou résistants pourchassés en maquis s’est faite au fur et à mesure de l’arrivée sur le terrain de responsables à l’esprit offensif et de la disponibilité d’un armement minimal.

Dès 1943 les maquis s’organisent eux aussi en groupes francs. Les hommes vivent en totale clandestinité et sont mobilisés à plein temps. L’Armée secrète compte fin 1943 les maquis suivants :

– maquis Timo, du 1er avril 1943 à janvier 1944;
– maquis Bessières, du 15 février 1943 à février 1944;
– maquis France, du 3 mai 1943 à février 1944;
– maquis Caniac, du 15 juin 1943 à février 1944;
– maquis Douaumont, du 15 juin 1943 à février 1944;
– maquis Imbert, du 15 novembre 1943 à février 1944;
– maquis Liberté, du 15 novembre 1943 à février 1944;
– maquis République, du 15 novembre 1943 à février 1944;
– maquis Vayssette (Figeac), du 1er octobre 1943 au 15 juin 1944;
– maquis La Figuerade, du 1er mars 1943 au 30 octobre 1943.

C’est Jacques Chapou, « Philippe », qui assure la coordination de l’ensemble. Au titre de l’Armée secrète ? Au titre des M.U.R. ? La confusion est extrême. C’est sûrement au titre des deux, la distinction entre action armée et action civile n’étant pas très claire. Lorsque la direction de l’A.S.. est forte, les maquis sont A.S. Lorsque le comman­dement A.S. est mis en cause certains maquis se disent M.U.R.

Il est illusoire de vouloir coller une hiérarchie du type classique au-dessus des maquis. Les hommes des maquis ne connaissent que leur chef de maquis et ceux-ci sont farouchement indépendants et n’admettent pas qu’on leur impose un cadre rigide.

François Bessou et Jacques Chapou

Seul Chapou est admis par tous d’emblée. Son rôle est d’ailleurs tout en nuances. Il est l’exemple à suivre, le conseiller écouté, d’ins­tinct accepté.

Il ne s’agit pas de monter des opérations d’envergure mais d’orienter les actions au coup par coup. Sans état-major, avec un ou deux complices, Chapou est bien à la fin de 1943 le meneur de jeu des maquis, choisi d’instinct par tous.

Les maquisards de l’Armée secrète.

Un ouvrage, écrit par des amis très proches de Philippe, Georges Cazard et Marcel Metges, paru en 1950, retrace d’une façon magistrale le destin de ce grand résistant.

L’admiration qui l’entoure, la confiance qu’il inspire le poussent encore plus à se démarquer de l’A.S. et des M.U.R. Un rendez-vous manqué avec Collignon et Verlhac lui donne à penser à une mise à l’écart. C’est dans cet état d’esprit que se trouve Philippe lorsque, début 1944, le parti communiste lance une offensive d’envergure pour s’implanter en tant que tel dans la résistance lotoise.

Pour le P.C. ramener vers lui les militants communistes qui agissent au sein des divers mouvements est facile. Mais cela ne suffit pas, il lui faut récupérer tout ce qui est valable chez les autres. Philippe est un objectif de choix. « Récupérer » Philippe c’est aussi faire main basse sur les maquis A.S. et grâce à « Georges », communiste, chef du maquis Bessières depuis peu, s’installer en force dans ce département plutôt anticommuniste. Philippe hésite longtemps puis, vers le 15 janvier 1944, accepte.

Quinze jours après l’acceptation de Philippe, les groupes « Francs-Tireurs Partisans » émergent dans le Lot; le 15 février, la plupart des maquis A.S. ou M.U.R. passent aux F.T.P. avec armes et bagages, et en mars 1944 le triangle de direction F.T.P. est constitué :

– commissaire aux effectifs : Georges;
– commissaire technique : Gaston;
– commissaire aux opérations : Philippe.

L’éclatement des maquis A.S., M.U.R. ou S.-Vény qui fait suite au changement d’orientation de Jacques Chapou n’est que le prolo­gue d’une longue action menée par les F.T.P. pour prendre en main la Résistance lotoise. Un résultat positif pour les A.S.-Vény est quand même enregistré. Les groupes gagnent en homogénéité et en esprit d’équipe ce qu’ils ont perdu en hommes et en armes.
[…]

Ombres et espérances en Quercy, (Armée secrète le Groupe Vény du Lot 1940-1945), Les Éditions de la Bouriane, Gourdon, 1999.

Le martien

Le martien de la combe de la croix
par Bernard Davidou

Parfois, les soirs d’été après le repas, je prends ma canne et je me laisse porter par mes pas. Tout en remuant les pensées de la semaine, je rends visite à mes amis les chênes, j’écoute le vent et essaye de surprendre les biches ou sangliers qui sont très nombreux dans nos bois.

Je devine sous le tapis végétal, les traces de nos prédécesseurs, murettes, gariottes ou chemins abandonnés, pampres attestant la présence d’une ancienne vigne et j’imagine les hommes qui depuis les soldats sur la voie romaine à nos jours se sont succédés sur cette terre ingrate où je suis né et je retournerai.

Un jour mes pas me conduisirent dans la combe de la croix (sur la commune de Calamane) où je m’assis sur une souche pour profiter des dernières couleurs du ciel. Devant moi s’étendait une petite clairière.

Tout était calme et le jour finissait doucement, me permettant de retrouver l’équilibre après une semaine dans la fébrilité de Toulouse. Dans le cours de ma rêverie je me remémorais les propos de mon ami Daniel à qui j’avais fait lire quelques jours auparavant une de ces petites histoires où, sur une page maximum, je raconte un souvenir ou invente une histoire autour de celui-ci.

« C’est bien toi ! Tu es toujours tourné vers le passé de ton village natal. » Je n’ai jamais eu d’autre ambition ce faisant, que de m’évader d’un « comité stratégique de direction » ou d’une réunion de type « brain storming » décidée par le président sur le conseil cher payé d’un consultant, (comme Daniel), extérieur à l’entreprise qui avait la faveur très éphémère du précédent.

Cependant, Daniel avait raison et comme je regrettais de ne pas être né plus tard, au cœur d’une ville tentaculaire, dans un appartement aseptisé et ripoliné et une famille sans passé, ne faisant aucun cas de ces absurdités. La vie eut été plus simple, je n’aurais eu que l’avenir à assumer.

J’en étais là de mes pensées lorsque je pris conscience de sa présence attentive mais discrète. Il m’observait sans bouger depuis quelque temps certainement, car les grillons et les oiseaux dont j’avais inconsciemment noté le silence subit peu de temps auparavant avaient repris leurs chants.

C’était un petit homme vert de la tête aux pieds, affublé d’une antenne sur le casque et d’un giro-phare que – me dit-il plus tard – les règles de la politesse martienne obligent à éteindre quand on veut engager la conversation.

Nous nous saluâmes fort civilement et je l’invitai à prendre place à côté de moi sur mon tronc d’agar. Après quelques banalités sur le temps sur terre, la dernière histoire de Bouvard aux grosses têtes, il me demanda de reprendre le cours de mes réflexions qu’il avait suivi car il accédait sans peine à la longueur d’onde de celles-ci, comme celles de tous les autres humains: Il avait été programmé pour cela avant son départ de sa base cosmique, (baptisée «Aldous Huxley » en hommage à notre écrivain visionnaire,) dont il me montra la direction dans le ciel.

Peu soucieux de trouver un allié à Daniel et un second détracteur de mes rêveries, je refusai de les poursuivre et lui demandai de me parler de lui et de ses souvenirs de jeunesse.

Il se figea dans un garde-à-vous impeccable et éructa une bordée de x d’y de z et de t suivie d’un numéro qui correspond à son nom mais contient aussi toute l’information utile pour le joindre et le réparer quand c’est nécessaire. Il me parla un peu de sa naissance qui résultait d’une manipulation de cellules « in vitro » dans le laboratoire central (1), mais fût incapable de m’en dire plus sur ce qu’avait été son enfance ou l’histoire de sa famille.

Il semblait gêné d’aborder ce sujet, comme s’il était obscène ou injurieux d’évoquer tout ce qui a trait à la mémoire. Pressé par mes questions, je compris par ses réponses que le mot « mémoire » n’avait pas, chez lui, le sens que nous lui donnons. Il s’agissait pour lui d’un terme technique qui désignait l’information que le laboratoire central installait dans chaque individu. Celle-ci était limitée au strict nécessaire pour le bon fonctionnement de la machine ultra-sophistiquée qu’il était.

Je n’insistai pas sur ce sujet. Après un moment de silence qui nous permit d’apprécier la féerie du crépuscule qui s’installait, il en vint à ce qui était son objectif en venant vers moi. Peu de temps auparavant, sur ordre du grand ordonnateur d’Huxley, il avait récupéré deux de nos compatriotes « le bombé » et «le glaude », afin de produire sur sa planète la fameuse soupe aux choux décrite par René Fallet.

Sa seconde mission, aujourd’hui, consistait à trouver la boisson qui serait digne d’accompagner ce plat qui, depuis lors, faisait fureur sur mars. Sans hésiter et avec le prosélytisme que j’ai toujours manifesté pour notre noble breuvage, je lui suggérai le vin de Cahors. Je lui conseillai aussi, pour les soifs d’entre les repas, un fond de verre de cet excellent « ratafia » que fabrique mon Beau-Frère, René.

Malgré le nombre respectable de méga-hertz de son unité centrale il eut du mal à prononcer correctement ce mot et s’amusait à le répéter comme un parisien en vacances chez nous. Il voulut goûter l’un puis l’autre puis l’un puis recommencer revenant sur le premier et ne souvenant plus du second qu’il fallait regoûter…

Verre après verre, il appréciait de plus en plus les deux nectars. Il avait du mal à comprendre comment, des terriens aussi en retard sur le plan technique, avaient acquis une avance aussi considérable dans ce domaine œnologique précis. Je lui expliquai le long travail de mémoire qui, depuis Noé, l’antiquité, les romains, le bon roi Henri, jusqu’à mon oncle Robert et maintenant son fils, avait abouti au produit parfait qu’il appréciait tant et qui pouvait accompagner la fameuse soupe aux choux pour laquelle René Fallet avait oublié d’indiquer la boisson.

La nuit avançait, les merles s’étaient tus et les hauteurs de Saint-Pierre LaFeuille, à l’est, commençaient à rosir. Il décida de repartir en emportant une de mes bouteilles « Domaine des Tilleuls 1985 » qui fait l’orgueil de mon Tonton et la joie de son neveu.

Je l’accompagnai jusqu’à sa soucoupe qui, malgré l’aube naissante, illuminait toute la clairière. Après un dernier signe d’adieu de son bras manipulateur robotisé, il mit le contact, tira sur le démarreur, tira sur le démarreur, … tira sur le démarreur, … agita ses antennes avec colère et dit quelque chose que je ne compris pas mais qui ne devait pas être très joli, … tira à nouveau sur le démarreur … mais rien ne vint.

Alors, et là Daniel ne me croira pas quand il me lira, mais je jure que c’est la vérité : M’arc-boutant sur le tronc d’Agar, sur les pampres de vigne et sur la gariotte en ruine, j’ai poussé son magnifique vaisseau jusqu’à ce qu’il démarre enfin dans un énorme nuage bleuté d’ozone malodorant.

Depuis cette soirée, je n’ai pas revu mon martien. Je sais qu’il reviendras’approvisionner (celui qui a goûté à nos produits ne peut pas les oublier) et que je ne le suivrai pas puisque les vignes sont dans les environs de Cahors et pas ailleurs. Je regarde souvent le ciel étoilé en pensant à lui et certains soirs il me semble y voir un point vert qui scintille.

(1) L.C.A.H.F.T. Laboratoire Central d’Approvisionnement en Humanoïdes à Flux Tendu (« just in time » pour ceux qui préfèrent)

PS : Je dédie cet amusement à Daniel SANSEIGNE, Consultant en Knowledge Management, spécialiste de la mémoire des entreprises. Avec mes amitiés. Par ailleurs, Daniel, diplômé des Eaux et Forêts est un éminent amateur de « ratafia ».

Bernard DAVIDOU Juillet 200

Les archives

Les Archives départementales ont été créées par la loi du 5 brumaire an V (26 octobre 1796) et ont été redéfinies par l’article 7 du décret du 3 décembre 1979.  Elles ont pour principale mission de gérer les archives provenant des administrations et établissements provinciaux, régionaux et départementaux.

De même, elles ont la possibilité de recevoir et de gérer les archives en provenance d’administrations ou d’organismes nationaux décentralisés.
Depuis la loi du 21 décembre 1970, les Archives départementales reçoivent normalement les archives centenaires des communes de moins de 2.000 habitants, leur état-civil de plus de 150 ans, leurs plans et registres cadastraux ayant cessé d’être en service depuis au moins 30 ans.

Les Archives départementales sont placées sous une double tutelle : 

  • fonctionnement : sous l’autorité du directeur général des Archives de France et le contrôle des inspecteurs généraux des Archives de France,
  • financement : sous l’autorité des Conseils généraux.
    Elles sont au même nombre que les départements français.

Un cadre de classement spécifique a été constitué comme celui qui existe pour les Archives communales :

  • les séries A à I sont réservées à l’Ancien Régime,
  • la série L à la Révolution (période 1789 à 1800),
  • les séries M à V et X à Z à la période allant de 1800 à 1940.

 

Archives Communales (antérieures à 1790) 

(sources : “Loi, règlement et instruction concernant les archives communales, 1951”)

Série AA : Actes constitutifs et politiques de la commune – Correspondance générale
  • Cartulaires de la cité. Coutumiers. Livre d’or et Mémorial.
  • Chartes des rois, des princes, des évêques, des seigneurs et des villes relatives à la constitution et aux privilèges et franchises de la commune.
  • Correspondance des souverains, corps d’état, gouverneurs et autres personnages et corps de ville avec la commune, concernant la situation politique et le gouvernement du royaume, de la province et de la ville (les lettres missives traitant d’objets particuliers sont classées dans les séries et dossiers concernant ces objets.
  • Cérémonies; entrées solennelles des rois, des princes, des évêques, des gouverneurs.
  • Nomination des députés aux Etats généraux ou provinciaux et délibération de ces Etats.
  • Ambassades auprès des souverains et des villes.
Série BB : Administration communale
  • Actes du consulat et de l’échevinage. Délibérations des conseils de la ville.
  • Elections et nomination des maires, consuls, échevins, officiers de ville, etc.
  • Enregistrement de la correspondance.
  • Registres des réceptions de bourgeois.
Série CC : Finances, Impôts et comptabilité
  • Taxes perçues au nom du roi, des seigneurs et des Etats de la province.
  • Taille, abonnement. Taxes perçues au profit de la ville. Droits de banalité.
  • Réduction d’impôts pour insuffisance de récoltes.
  • Arpentements et cadastres de ville, de paroisse et de quartier (on englobe ici sous le nom générique de “cadastres” tous les livres fonciers, quels que soient les noms, variables suivant les régions, sous lesquels on a coutume de les désigner. Mais il ne s’agit, bien entendu ici, que des livres municipaux, et non pas de terriers seigneuriaux dont la place n’est pas, en principe, dans les archives municipales).
  • Comptes des recettes et des dépenses, et pièces à l’appui; fournitures et commandes.
  • Octroi, rentes, droits divers.
  • Dettes de la ville; emprunts.
  • Rachat par la ville des offices municipaux ou autres.
  • Opérations financières diverses.
Série DD : Biens communaux – Eaux et forêts – Travaux publics – Voirie

Titres et baux des propriétés communales, terres, maisons, rentes, etc. Procès-verbaux de délimitation de terroir.
Administration forestière, affermage de la chasse et de la pêche.
Navigation, cours, d’eau, etc.
Concessions et exploitations de mines.
Etablissement et entretien des routes, ponts, ports, etc.
Construction, réparation, entretien, démolition d’édifices publics, hôtels de ville, églises, prisons, fontaines, théâtres, halles, cimetières, etc.
Embellissement, pavage, éclairage.
Incendies, inondations et sinistres divers.

Série EE : Affaires militaires:

Ban et arrière-ban, montres militaires, arbalétriers, archers, arquebusiers.
Milices bourgeoises et troupes à la solde de la ville.
Remparts. Fortifications, forts et batteries. Armes, artillerie. Poudres et salpêtre.
Casernes, logements militaires; troupes de passage; réquisitions d’hommes, de chevaux, de vivres et de fourrages, transports militaires.
Entretien des prisonniers militaires.
Défense de la ville. Faits de guerre.
Construction et armement de vaisseaux; entrées et sorties de navires de guerre; rapports de la municipalité avec la marine d’Etat; fortification des ports et des côtes; phares, etc.

Série FF : Justice – Procédures – Police

Documents concernant les juridictions royales et seigneuriales du lieu et de la province, et les rapports de la ville avec ces juridictions (tous les fonds de justices de l’Ancien Régime, royales, seigneuriales – laïques et ecclésiastiques -, municipales, doivent avoir été versés dans les Archives nationales ou départementales. Font seuls exception et peuvent légitimement se trouver dans les archives communales les fonds de juridictions municipales supprimées avant la Révolution).
Procès intentés à la commune ou soutenus par elle (il est de rigueur de représenter par un renvoi dans leurs sections respectives les dossiers de procès rassemblés dans la série FF. Mais si l’on a joint ces dossiers aux séries correspondant à l’objet de chaque procés, il devra être placé dans la série FF un mémento de ces dossiers dispersés dans d’autres séries).
Police: répression des séditions, des crimes et des délits; police des théâtres, des jeux et lieux publics (les dossiers de police sont propres aux villes où il a existé des juges ordinaires ne relevant pas du suzerain et rétribués par la ville, et à celles où les consuls et échevins ont exercé les fonctions de lieutenant de police).
Exécutions, emprisonnements, maréchaussée, etc.

Série GG : Cultes – Instruction publique – Assistance publique

Actes provenant des paroisses: baptêmes, mariages, sépultures antérieurs au 20 septembre 1792. Registres protestants postérieurs à la révocation de l’édit de Nantes (à noter que les greffes des sièges royaux, baillages ou sénéchaussées ont pu conserver un exemplaire des registres anciens d’état-civil, registres qui ont été, par la suite, transférés aux différentes Archives départementales). Correspondance avec l’intendant concernant les naissances, mariages et décès.
Clergé séculier et régulier, chapelles, confréries, comptes et inventaires de fabriques (documents concernant les rapports de la ville avec les établissements religieux, à l’exclusion des documents faisant parties des archives de ceux-ci. Ces derniers se trouvent aux Archives départementales. Toutefois, les archives communales peuvent comprendre exceptionnellement des expéditions de comptes et inventaires de fabriques établies pour être présentées au corps de ville. Le caractère municipal de ces expéditions apparaît soit par le protocole initial ou final, soit par les formules de collation).
Exercice de la religion réformée, poursuites contre les protestants, saisie et gestion de leurs biens.
Culte israélite.
Universités, collèges, jésuites, oratoriens, etc.; écoles de droit, de médecine, de dessin, de sceinces et arts (documents relatifs aux rapports de la municipalité avec ces établissements, sauf le cas où il s’agirait d’institutions municipales disparues avant 1789 et dont les archives propres se seraient trouvées régulièrement réunies à celles de la ville); petites écoles.
Représentations théâtrales.
Médecins, chirurgiens et sages-femmes.
Réglements et administration des hôpitaux, maladreries, asiles d’aliénés, bureaux de secours (documents relatifs aux rapports de la municipalité avec ces établissements ou concernant la part dévolue au corps de ville dans leur administration). Santé maritime.
Mendicité.
Epidémies.

Série II : Documents divers

Tabellionages municipaux (minutes et protocoles provenant du tabellionages exercé par la municipalité, dans certaines villes).
Documents acquis ou donnés.
Inventaires et récolements anciens et modernes des archives anciennes et du mobilier.
Cartes, plans (les plans pliés sont joints aux dossiers qu’ils concernent; sont seuls groupés ici les plans qui ne se rattachent à aucun dossier, ou ceux qui, en raison de leur format, doivent être rangés à part; mais ils doivent, dans ce cas, être représentés à leur place ,normale par une fiche de renvoi); manuscrits et estampes.
Documents municipaux ne se rattachant pas aux séries précédentes.

Annexe : Objets d’art et d’archéologie

Sont inscrits à l’inventaire, avec un numéro par objet, les meubles précieux, oeuvres d’art et pièces archéologiques déposés aux archives ou réparties dans les diverses salles de la mairie, à l’exclusion de tout objet déjà immatriculé au musée.

Archives Communales (postérieures à 1790)

(sources : “Loi, règlement et instruction concernant les archives communales, 1951”)

Série A : LOIS ET ACTES DU POUVOIR CENTRAL

Lois, édits, déclarations, ordonnances et décrets imprimés. Actes imprimés des Ministres, des Comités et Commissions des Assemblées nationales. Actes imprimés des Représentants en mission. Enregistrement des lois et décrets.
Bulletin des lois, Moniteur, Journal officiel, avis, proclamations, messages et délibérations du chef de l’Etat et du Gouvernement.

Série B : ACTES DE L’ADMINISTRATION DEPARTEMENTALE

Actes du département, des districts, des administrations de canton, des Préfets et des Sous-Préfets.
Recueil des actes administratifs de la Préfecture.

Série C : BIBLIOTHEQUE ADMINISTRATIVE

Publications officielles et Bulletins des ministères. Publications du département (procès-verbaux du Conseil général et du Conseil d’arrondissement, budgets et comptes imprimés), des villes et des établissements publics.
Ouvrages et revues concernant l’administration, et livres divers.
Journaux et annuaires.
Atlas et cartes gravées.
Publications historiques et administratives de la ville en nombre.

Série D : ADMINISTRATION GENERALE DE LA COMMUNE

Délibérations du Conseil municipal et des commissions. Règlements du Conseil municipal.
Procès-verbaux, pièces à l’appui, rapports et documents divers établis à l’occasion des sessions du Conseil. Adresses au Conseil.
Arrêtés du Maire.
Registres de correspondance.
Répertoire des actes soumis à l’enregistrement.
Répertoires divers. Recueils d’actes.
Législation municipale en général, applications et modifications. Urbanisme et plans d’embellissement. Relations intercommunales. Congrès des maires.
Erection de la commune. Détermination et modification de son territoire. Changement de nom de la commune. Hameaux et écarts.
Fixation du chef-lieu du département, de l’arrondissement, du canton, de la commune. Désignation du siège des administrations civiles et judiciaires. Concession du titre de bonne ville, d’armoiries et de décorations. Cachets et sceaux.
Mémoires sur l’histoire de la ville. Registre des événements remarquables ou mémoriaux. Livre d’or.
Cabinet du Maire, des adjoints et du secrétaire général. Délégations et attributions des adjoints. Organisation des bureaux. Signature et audiences du Maire et des adjoints. Recommandations, demandes de secours, communiqués à la presse. Affiches et placards.
Archives communales et bibliothèque administrative. Règlements. Inventaires et récolements. Versements et réintégrations. Transferts et suppressions. Communications sur place et avec déplacement. Expéditions. Inspections, avis de passage, rapports et observations. Correspondance diverse.
Economat. Mobilier de la Mairie, inventaires et récolements.
Procès intentés à la commune ou engagés par elle.
Assurances, accidents, incendie, vol, garantie communale.

Série E : ETAT CIVIL

Instructions et circulaires.
Registres d’état civil et tables décennales.
Publications de mariage, bulletins.
Registres et prières de service intérieur. Feuilles de service journalier du personnel. Registre d’ordre des expéditions délivrées. Brouillons d’actes sur feuilles volantes ou sur registres. Registres ou carnets à souche sur papier libre des consentements à mariage. Carnets à souche des recettes.
Bulletins de constatation de naissances et de décès établis par les médecins et sages-femmes et par les établissements hospitaliers et de détention.
Extraits d’état civil envoyés par d’autres communes en vue de transcription ou de mention.
Extraits d’actes de légitimation et reconnaissance envoyés en vue de transcription ou de mention.
Expéditions de jugements portant rectification d’actes, annulation de reconnaissance, désaveu de paternité, adoption, divorce, envoyées en vue de transcription ou de mention.
Notification d’admission à domicile et de naturalisation.
Correspondance avec les autorités administratives et judiciaires et avec les particuliers.

Série F : POPULATION, ECONOMIE SOCIALE, STATISTIQUE.

Mouvement de la population.
Recensement quinquennal.
Tribunal de commerce. Chambre de commerce. Bourse de commerce. Chambres et comités consultatifs. Sociétés de crédit, Banque de France, Crédit foncier, compagnies et institutions financières et industrielles. Expositions universelles, expositions coloniales, expositions du commerce et de l’industrie, foire-expositions. Régions économiques. Statistique commerciale et industrielle. Encouragements au commerce et à l’industrie.
Chambre d’agriculture. Sociétés et syndicats agricoles et horticoles. Caisses de crédit agricole. Concours, comices et expositions agricoles. Ecoles d’agriculture et fermes modèles.
Cultures et plantations. Céréales, lin, chanvre, vigne, pommes de terre, betteraves, tabac, etc. Défrichements. Semailles, procédés de culture. Matériel agricole. Situation des récoltes. Statistique agricole. Exploitation forestière. Délimitations viticoles.
Elevage. Bestiaux de toute nature et volailles. Haras, dépôts d’étalons et écoles de dressage, courses et concours hippiques, pari mutuel, subventions et prix. Apiculture, vers à soie.
Animaux nuisibles. Chasses et battues, loups, sangliers, etc. Autorisation de tirer au fusil les corbeaux, les pies, les lapins, etc. Vipères. Echenillage.
Météorologie, instructions, circulaires, correspondances, observations.
Foires et marchés d’approvisionnement et d’animaux, établissement, fonctionnement, interdictions, taxes. Halles aux grains et au poissons. Approvisionnement des abattoirs. Mercuriales.
Ravitaillement civil. Greniers d’abondance. Magasins municipaux. Coopératives de consommation.
Grains. Boulangerie. Boucherie et autres denrées. Charbon. Pesage. Réclamations. Délivrance de bond de denrées à prix réduit.
Commissions cantonales. Bureau municipal de statistique.
Maximum, assignats et billets de confiance pendant la révolution.
Moratorium.
Monnaie, versements de l’or, bons de villes, de chambres de commerce et de régions. Change.
Législation des loyers. Crise du logement.
Vie chère.
Déclaration des stocks. Battages. Réglementations de l’abattage. Restrictions à la consommation. Cartes d’alimentation, carnets, bons et tickets de denrées alimentaires (pain, viande, sucre), de combustible (charbon, essence, pétrole) et de tabac.
Législation du travail. Circulaires, instructions, application.
Réglementation des heures et de la durée du travail. Repos. Repos hebdomadaire. Journée de huit heures. Fermeture du dimanche.
Conseil supérieur du travail. Conseils de prud’hommes. Syndicats patronaux et ouvriers et syndicats mixtes. Bourses du travail. Bureaux de placement. Congrès. Salaires.
Chômage. Conflits entre patrons et ouvriers et entre ouvriers français et étrangers. Coalitions et grèves.
Apprentissage. Travail des femmes et des enfants.

Série G : CONTRIBUTIONS, ADMINISTRATIONS FINANCIERES

Cadastres anciens. Etats des sections, déclarations d’héritages, matrices et rôles dressés pendant la période révolutionnaire ou antérieurement à la confection du dernier cadastre.
Cadastre. Procès-verbal de la délimitation de la commune. Atlas parcellaire. Matrice des propriétés bâties et non bâties. Etats de sections. Relevés numériques des parcelles. Registres des déclarations de constructions nouvelles. Livres et feuilles de mutations.
Correspondance relative à l’assiette, au répartement et à la perception des impôts directs. Nomination des répartiteurs. Procès-verbaux de conférences entre les répartiteurs et les contrôleurs.
Patentes. Registres de changements de domicile. Registres de déclarations concernant les voitures, chevaux, automobiles, bicyclettes, cercles, billards, gardes-chasses, chiens, etc.
Copies des matrices générales et spéciales des contributions directes. Rôles généraux et particuliers des taxes et prestations de toute nature.
Rôles de la rétribution scolaire et allocations compensatrices aux familles nécessiteuses.
Registres des réclamations en mairie. Décisions de dégrèvement et de restitution non remises aux intéressés.
Mandements de répartirions des contributions directes.
Impôts directs particuliers à la période révolutionnaire (1790 – an VIII). Contribution patriotique. Emprunt forcé.
Trésorerie générale. Recette générale et recette particulière. Perceptions.
Contributions directes. Contributions indirectes et droits réunis. Monopoles. Douanes. Enregistrement, domaine et timbre. Ancienne loterie.
Postes, télégraphes, téléphones, télégraphie sans fil. Exploitation, organisation et fonctionnement des bureaux, postes téléphoniques, boîtes aux lettres, transport des dépêches.
Poids et mesures.

Série H : AFFAIRES MILITAIRES

Conscription et levées d’hommes antérieures à 1818.
Tableaux de recensement et pièces relatives à leur établissement. Tirage au sort. Conseils de révision. Contingents.
Mise en activité des classes. Ordres d’appel et feuilles de route. Sursis d’appel.
Réserve et armée territoriale (garde nationale et mobile). Engagements volontaires. Volontariat d’un an.
Dispensés et soutien de famille. Taxes militaires.
Réfractaires, insoumis et déserteurs.
Disparus et absents.
Mobilisation. Changements de domicile. Avis de décès des hommes mobilisables. Non disponibles.
Correspondance relative au recrutement.
Permissions, permissions agricoles, congés.
Levées et réquisitions de marins.
Inscription maritime. Syndicat des gens de mer.
Enfants de troupe.
Sociétés de préparation militaire.
Commandements. Divisions et subdivisions militaires. Emplacement de troupes, garnisons.
Places de guerre. Servitudes. Bâtiments, terrains et travaux militaires. Génie. Artillerie. Poudres et salpêtres. Champs de manoeuvre, polygones, champs d’aviation militaires. Camps. Hôpitaux militaires permanents et temporaires.
Troupes en garnison. Musiques militaires. Gendarmerie. Casernements. Logement et cantonnement des troupes de passage.
Intendance. Commissariat des guerres et inspections aux revues. Subsistances et fournitures, lits militaires, adjudications et comptabilité. Equipages militaires, étapes et convois. Réquisitions.
Indemnités pour dégâts causés pendant les manoeuvres.
Remontes, recensement des chevaux, mulets, voitures attelées et automobiles.
Mariage des militaires. Envois de militaires dans les hôpitaux.
Croix-Rouge et hôpitaux auxiliaires. Ambulances.
Pigeons voyageurs, recensement, surveillance, réquisitions. Sociétés colombophiles.
Ports militaires. Commissariat maritime. Garde-côtes.
Garde Nationale. Organisation. Contrôles. Elections et nominations d’officiers. Conseils de discipline. Armement et équipement.
Sapeurs-pompiers. Engagements. Contrôles. Equipement et habillement. Pompes et matériel d’incendie.
Etat de siège. Zone des armées. Contrôle de la circulation. Gardes civiques.
Faits de guerre. Communiqués.
Dépôt des armes par les particuliers.
Mobilisation des usines.
Nouvelles des militaires. Oeuvres de guerre. Prisonniers de guerre français et alliés.
Champs de bataille.
Francs-tireurs.
Prisonniers de guerre ennemis.
Evacuation de la population. Réfugiés venus du dehors et réfugiés de la commune, départ et retour.
Indésirables, suspects, camps de concentration.
Parrainage de localités éprouvées par la guerre.
Cérémonies commémoratives.
Trophées de guerre.
Dommages de guerre en général et indemnités aux victimes civiles de la guerre.
Subsistances, réquisitions et logement des troupes alliées.
Occupation étrangère. Relations de la municipalité avec les chefs de corps ennemis. Réquisitions, contributions et emprunts de guerre de l’ennemi.

Série I : POLICE, HYGIENE PUBLIQUE, JUSTICE

Organisation et règlements de police. Habillement, armement, bicyclettes, chiens policiers et chenil municipal. Récompenses et gratifications. Services rétribués. Police privée.
Rapports, correspondance, ordres et recherches du commissaire central et des commissaires de police.
Rapports des gardes, agents de police, gardes champêtres et gardes forestiers.
Cérémonies, fêtes et deuils publics officiels. Matériel du magasin municipal.
Fêtes, cortèges, festivals, kermesses, jeux publics, courses d’automobiles et de bicyclettes. Journées commémoratives. Conférences.
Lieux publics. Débits de boisson, estaminets et cafés. Casinos, maisons de jeux, music-halls, cinémas. Déclarations et autorisations d’ouverture, consignations. Fermetures par l’autorité administrative. Excitation de mineurs à la débauche. Fermeture tardive, autorisations et contraventions. Autorisations de musique, danse et jeu.
Police des foires, halles et marchés. Kiosques, marchands ambulants, portefaix et commissionnaires. Annonces publiques à son de trompe ou au tambour.
Baignades.
Forains et nomades.
Maisons meublées, hôtels et garnis.
Prostitution. Filles publiques. Maisons de tolérance.
Vagabondage. Mendicité.
Chiens errants et police de la rage.
Crimes, délits, suicides.
Pompes funèbres. Police des inhumations. Exhumations. Transports et transferts de corps. Foetus non déclarés à l’état civil. Police des cimetières. Dépositaires et morgues. Autopsies.
Sinistres, incendies et inondations. Secours, mesures de préservation, corvées militaires.
Balayage et arrosage des rues. Neiges, glaces, boues, fumiers. Enlèvement des ordures ménagères. Vidanges des immeubles municipaux et des immeubles particuliers.
Dépôts temporaires et ventes sur la voie publique, étalages, terrasse, baraques.
Circulation. Règlements, interruptions pendant le passage de cortèges ou à l’occasion de travaux. Poids lourds. Aviation.
Objets perdus et trouvés.
Usages locaux. Glanage. Bans des vendange. Usagers dans les forêts, dépaissance.
Police de la chasse et de la pêche.
Couvertures en chaume, autorisations et refus. Secours pour couvrir en tuile ou ardoise.
Période révolutionnaire (1790 – an VIII). Certificats de civisme, émigrés.
Règlements, arrêtés, circulaires et rapports concernant la police générale.
Réglementation de l’heure.
Demandes de renseignements. Recherches dans l’intérêt des familles. Feuilles de signalement.
Passeports. Demandes, enregistrement, livres à souches.
Emigration.
Police du roulage et des chemins de fer. Délits de voirie.
Imprimerie. Dépôt légal. Librairie. Presse périodique. Colportage. Affichage.
Sécurité publique. Troubles, émeutes. Grèves. Réquisitions de la force armée.
Associations. Réunions publiques et privées. Loteries et souscriptions.
Police politique. Informations confidentielles. Surveillance des clubs et des cercles. Franc-maçonnerie et sociétés secrètes. Ecrits séditieux. Condamnés politiques. Surveillance de l’espionnage.
Etrangers. Réfugiés étrangers. Expulsions et extraditions. Surveillance des individus dangereux et des interdits de séjour. Jeunes détenus. Condamnés libérés.
Tribunaux révolutionnaires.
Simple police et justice de paix.
Mesures spéciales à l’occasion d’audiences judiciaires et sessions d’assises.
Législations. Délivrance de certificats de vie, de résidence, et de bonne vie et moeurs.
Assistance judiciaire.
Notifications de jugements et condamnations.
Réhabilitations, enquêtes, avis, jugements.
Commissions rogatoires. Mandats d’arrêt.
Formation du jury et liste de jurés.
Officiers ministériels, notaires, avoués, huissiers, etc.
Exploits d’huissiers signifiés au maire lorsque le destinataire n’a pu être touché et enregistrement de ces exploits.
Etablissements de répression et de préservation. Prison. Dépôt de sûreté municipal. Dépôts de mendicité.
Conseils d’hygiène et de salubrité. Bureau municipal d’hygiène. Commission des logements insalubres.
Médecins, pharmaciens, droguistes, sages-femmes. Inspection des pharmacies et drogueries. Ouverture et fermeture des pharmacies. Sociétés médicales et pharmaceutiques.
Logements insalubres. Etablissements insalubres et incommodes.
Surveillance des eaux potables. Fraudes sur les denrées alimentaires.
Surveillance médicales des écoles.
Prophylaxie de maladies vénériennes.
Vaccination. Dispensaires. Ambulance municipale et transport des malades et des blessés. Institut Pasteur.
Maladies contagieuses. Epidémies.
Mesures et service de désinfection.
Décharges et dépôts d’immondices.
Service vétérinaire. Inspection des viandes. Surveillance des abattoirs, tueries et porcheries.
Surveillance du bétail. Epizooties, fièvre aphteuse, tuberculose bovine, morve, etc. Surveillance des étables.

Série K : ELECTIONS ET PERSONNEL

Listes électorales.
Plébiscites.
Elections législatives. Désignation des délégués sénatoriaux. Elections cantonales, communales et consulaires.
Formation et installation du Conseil municipal. Démissions et dissolution. Nominations de commission municipale.
Maire et adjoints. Nominations et élections. Démissions, révocations et suspensions.
Règlement du personnel municipal.
Personnels des services extérieurs, spéciaux ou autonomes. Receveur municipal et bureaux de la recette. Préposé en chef et employés de l’octroi. Commissaires et agents de police, gardes champêtres, gardes forestiers, crieur et tambour de ville. Ingénieurs, architectes et agents voyers. Médecins et vétérinaires. Bibliothécaires, archivistes et conservateurs de musées et agents subalternes. Directeurs et agents de services, d’établissements et d’offices.
Ouvriers municipaux.
Conseils de discipline. Prestations de serments.
Habillement des gardiens et huissiers ou appariteurs.
Préséances. Réceptions de souverains étrangers, du chef de l’Etat, des membres du Gouvernement, de hautes notabilités, des préfets, sous-préfets, etc.
Visites et relations officielles.
Distinctions honorifiques délivrées à des particuliers. Légion d’honneur, décorations universitaires, médailles, récompenses, belles actions, prix de vertu, rosières, etc.

Série L : FINANCES DE LA COMMUNE

Budgets et comptes.
Comptabilité. Bureau de comptabilité et recette municipale.
Poursuites, cotes irrécouvrables.
Emprunts.
Dons et legs.
Revenus des biens communaux.
Octroi. Organisation et fonctionnement. Tarifs. Perception. Statistique.
Taxes et droits divers. Chiffre d’affaires. Boissons fermentées. Chiens, pianos, billards. Abattage. Pesage, mesurage, jaugeage (matériel, tarifs et perception). Droits de place. Concessions d’eau, de gaz et d’électricité. Permis de chasse (perception des droits). Taxe de séjours, etc. Pompes funèbres.
Produit de la vente des objets mobiliers.
Rentes de la commune.
Rentes dues par la commune, pensions et secours.

Série M : EDIFICES COMMUNAUX, MONUMENTS ET ETABLISSEMENTS PUBLICS

Hôtel de police, beffroi et horloge. Salle des fêtes. Bureaux de police. Prison. Dépôt de sûreté. Justice de paix. Tribunal de commerce. Conseil de prud’hommes. Casernes de troupe. Casernes de pompiers et bâtiment de la pompe à incendie. Bureaux d’octroi, poids publics. Halles et marchés. Abattoirs. Lavoirs. Bains publics. Pavillon de désinfection. Hôtels et bureaux de poste. Bâtiments des archives. Magasins municipaux. Bourse du travail, etc.
Portes et murs d’enceinte.
Statues, bas-reliefs, plaques, monuments commémoratifs, monuments aux morts. Monuments d’archéologie.
Eglises, chapelles, calvaires. Temples protestants. Synagogues. Presbytères.
Cimetières, établissement, clôture et entretien.
Caisse d’épargne. Mont-de-piété. Asile de nuit. Goutte de lait. Crèches. Cuisines populaires et fourneaux économiques. Hôpitaux et dispensaires. Maternités. Morgue.
Université. Facultés. Lycées. Collègues. Cours secondaires. Ecoles primaires. Ecoles maternelles. Salles d’asile. Ecoles professionnelles et écoles spéciales. Orphelinats et patronages. Bibliothèques. Musées. Conservatoire. Observatoire. Salles de concert et de théâtre.
Edifices appartenant à la commune et loués et concédés par elle à l’Etat, au département, à des sociétés ou à des particuliers.
Edifices appartenant à l’Etat ou au département, dans la surveillance et l’entretien desquels la commune intervient.

Série N: BIENS COMMUNAUX, TERRES, BOIS, EAUX.

Communaux. Partages de communaux. Communaux indivis, communaux loués ou exploités par parcelles. Terres labourables, près (titres de propriété et baux). Vaine pâture, cantonnement.
Propriété et exploitation des bois communaux. Glandée.
Location de la chasse.
Sources, fontaines, châteaux d’eau, puits publics, distribution des eaux.
Eaux minérales.
Mares et abreuvoirs.
Etangs et marais. Baux de pêche. Marais salants.
Bâtiments divers. Concessions au cimetière. Tangue, varech, etc.
Soumission d’acquérir des biens nationaux faites par la commune.

Série O : TRAVAUX PUBLICS, VOIRIES, MOYENS DE TRANSPORT, REGIME DES EAUX.

Organisation du service des travaux publics et de la voirie. Série des prix.
Plans des rues, places, quais, etc. Plan d’alignement. Percement et élargissement des rues. Ponts, ponceaux et passerelles. Dénomination des voies publiques. Numérotage des maisons. Ventes et acquisitions de terrains. Expropriations. Alignements. Promenades publiques, parcs, jardins et squares. Plantations. Entretien, pavage, trottoirs. Urinoirs et chalets de nécessité.
Egouts, conduites d’eau, canalisations de gaz et d’électricité. Installations pour l’éclairage des voies publiques. Exploitation des usines des eaux, de gaz et d’électricité. Puits particuliers.
Chemins de grande communication, d’intérêt commun et de petite vicinalité, chemins ruraux. Etats des chemins. Ouverture, entretien, budgets vicinaux, création et emploi de ressources, prestations.
Routes nationales et départementales. Rapports de la mairie avec l’administration des ponts et chaussées et avec les agents voyers.
Cartes routières.
Lotissements.
Syndicats d’ouverture et d’entretien des chemins.
Chemin de fer d’intérêt général et d’intérêt local. Tramways. Etablissement des voies, des gares et des stations. Enquêtes et expropriation. Exploitation, règlement, tarifs, horaires, accidents.
Diligences, voitures publiques, omnibus, autobus. Tarifs, trajets, stations et horaires.
Construction des lignes télégraphiques et téléphoniques et de force motrice. Electrification et distribution d’énergie électrique.
Mines et minières, carrières souterraines et à ciel ouvert. Demandes d’exploitation, plans, arrêtés d’autorisation.
Rivières. Canaux. Quais. Ports fluviaux. Chemin de halage. Digues. Chômage. Bacs, bateaux.
Ports maritimes. Construction et travaux. Dragage. Abaissement des eaux. Rivages de mer, plages et bains de mer.
Cours d’eau non navigables, ruisseaux, aqueducs et canaux d’irrigation et de dérivation, entretien et curage, drainage. Associations et syndicats.
Dessèchements de marais.
Usines et moulins.

Série P : CULTES

Création et délimitation des circonscriptions ecclésiastiques.
Erection d’évêchés, de cures, succursales et vicariats.
Nomination et installation de curés et desservants.
Rapports entre l’autorité municipale et le clergé.
Conseils de fabriques. Personnel.
Administration et comptabilité des fabriques.
Subventions. Dons et legs.
Communautés religieuses.
Loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Dévolution des biens. Associations cultuelles.
Ministres du culte protestant. Communauté. Subventions. Dons et legs.
Ministres du culte israélite. Communauté. Subventions. Dons et legs.
Ministres du culte (divers). Communauté. Dons et legs.
Eglise constitutionnelle. Prêtres réfractaires. Cultes de la Raison. Théophilanthropes.
Processions. Fêtes religieuses. Sonneries de cloches. Catéchisme.

Série Q : ASSISTANCE ET PREVOYANCE

Bureaux de bienfaisance. Personnel. Administration et comptabilité. Subventions, droits sur les bals, spectacles et autres fêtes, collectes, dons et legs. Affaires diverses. Statistique.
Secours d’urgence. Voyageurs indigents.
Fourneaux économiques. Soupes populaires. Refuges. Asiles de nuit. Ateliers de charité. Sociétés de bienfaisance. Fêtes et concerts de bienfaisance.
Hôpitaux et hospices. Personnel et administration. Comptabilité. Subventions, droits sur les bals, spectacles et autres fêtes, collectes, dons et legs. Affaires diverses. Statistiques.
Sourds-muets, admission à l’Institution nationale des sourds-muets. Aveugles, hospitalisation aux Quatre-Vingts. Aliénés.
Caisse d’épargne. Mont-de-piété. Caisse départementale ou régionale d’assurance contre la grêle, l’incendie, la mortalité du bétail, etc. Habitations à bon marché. Jardins ouvriers.
Retraites et pensions civiles et militaires. Caisse des retraites municipale. Secours au personnel municipal.
Retraites ouvrières et paysannes.
Allocations aux familles des militaires, appelés ou mobilisés.
Soins médicaux aux réformés et aux mutilés de la guerre.
Assistance médicale gratuite. Médecins et pharmaciens. Eaux thermales.
Assistance aux tuberculeux.
Protection du premier âge et de l’enfance. Assistance aux femmes en couches. Primes d’allaitement. Maternités. Crèches publiques et privées. Goutte de lait. Pouponnières. Consultations de nourrissons. Nourrices et nourrissons.
Enfants assistés. Filles-mères.
Patronage des apprentis.
Protection de la famille. Aide nationale aux familles nombreuses. Primes pour la natalité.
Mutualités. Sociétés de secours mutuels.

Série R : INSTRUCTION PUBLIQUE, SCIENCES, LETTRES ET ARTS

Caisse des écoles, dons et legs. Ecoles primaires communales. Instituteurs et institutrices. Délégations cantonales et communales. Cours d’adultes. Bibliothèques scolaires. Mobilier des écoles. Fournitures scolaires. Cantines scolaires.
Salles d’asile et écoles maternelles communales.
Ecoles primaires supérieures communales. Ecoles professionnelles. Ecoles de commerce et d’industrie. Ecoles d’arts et métiers.
Pupilles de la nation.
Colonies de vacances. Bataillons scolaires. Boy-scouts. Patronages laïques.
Collège communal. Cours secondaires. Personnel. Mobilier. Comptabilité.
Ecoles de musique et de déclamation. Ecoles des beaux-arts.
Cours publics municipaux et conférences éducatrices
Bourses dans les établissements d’enseignement primaire, secondaire, supérieur et dans les écoles spéciales (Saint-Cyr, Polytechnique, Ecole navale, Beaux-arts, etc.).
Lycées. Universités et Facultés de l’Etat. Ecoles normales. Ecoles nationales spéciales. Rapports de la municipalité avec le Ministère de l’Instruction publique et les autres ministères concernant les lycées, universités et écoles.
Enseignement libre. Facultés, collèges et institutions, écoles diverses laïques et religieuses. Patronages confessionnels.
Académies et sociétés savantes. Sociétés artistiques et musicales.
Bibliothèque municipale et bibliothèque populaire. Souscriptions de livres.
Musées de peinture, de sculpture, d’archéologie. Cabinet d’histoire naturelle. Jardins zoologique et botanique. Laboratoires scientifiques. Observatoires.
Monuments historiques et objets mobiliers classés. Sites classés et protégés.
Expositions artistiques.
Théâtres et cinémas. Subventions. Traités avec les directeurs et la Société des auteurs.
Sociétés sportives, gymnastique, tir, vélocipède, canot, ballon. Sociétés d’excursions.
Syndicat d’initiative.

Série S : PIECES NE RENTRANT PAS DANS LES SERIES PRECEDENTES

Cartes et plans de très grand format

ANNEXE

Mobilier de la mairie

Les Massaut, au Vigan, à Gourdon et à Cahors

L’ascension d’une famille bourgeoise, par Jean LARTIGAUT,
Président de la Société des Études du Lot, Docteur en histoire de l’Université Toulouse-Mirail  Publié dans : Moi-Géné n° 22 (Avril 1997)

Faute de notaires anciens, nous ignorons si les MASSAUT sont originaires du Vigan ou si au contraire, ils y furent attirés après la guerre de Cent Ans, soit par le chapitre, soit par les PELEGRY, sur les terres vacantes de cette seigneurie.

Quoiqu’il en soit le 7 février 1452 (1453 n. s.), noble Jeanne de PELEGRY dame du Vigan, arrenté à Bertrand de MASSAUT un moulin “ancien” et sans doute ruiné dit de La Granolha, confrontant le fief de Géraud DISSAC, le ruisseau qui descend du moulin de Jean de LA POUJADE et les terres dudit Bertrand sous le cens d’une quarte froment mesure de Gourdon et 1 géline. Acte reçu par G. de CAMY prêtre, notaire (1) .

Le 14 décembre 1475, noble Jeanne de PELEGRY et noble Aymeric de PELEGRY alias d’ALBIN, mère et fils, font un arrentement en forme de transaction avec Bertrand et Antoine de MASSAUT faisant tant pour eux que pour Jean et Guillaume de MASSAUT neveux de Bertrand : le moulin de la Granolha et la “Guana” contiguë réduite en jardin sont arrentés 10 quartons de froment, 1 paire de gélines et 6 deniers d’acapte. Devant R. de MARTIN notaire de Gourdon (2) .

Le 16 février 1488, Jean, autre Jean et Guillaume de MASSAUT reconnaissent à Aymeric de PELEGRY seigneur du Vigan diverses vignes à la combe del Rey (3) . Le lendemain, Aymeric donne l’investiture d’une terre à Espérie de MASSAUT (4) .

I- Guillaume de MASSAUT s’allia à Jacquette de LACOMBE, d’une famille de marchands et de notaires de Gourdon, les CUMBETI. De ce mariage, au moins 4 enfants : Géraud, Rigon, Pierre et Antoine.

Jacquette meurt entre le 17 janvier 1541 et le 11 mai 1542.

1- Géraud de MASSAUT se fixe à Gourdon où il est notaire des 1523. Il a épousé avant cette date, Antoinette de CONSTANTIN, d’une vieille famille bourgeoise de cette ville. Il reconnaît le 27 août 1523 devoir conjointement avec Antoinette 200 £ à Imbert PARRA, de Gramat, frère utérin de sa femme (5) .

Le 26 février 1526 (1527 n. s.), comme héritier universel de sa femme, il reconnaît à noble Bertrand de TUSTAL dit RICARD, seigneur de Costeraste une maison à la bande de la Salvayrie confrontant la maison d’Arnaud CONSTANTIN, le jardin de noble Louis de THEMINES, baron de la Bouriane et le chemin allant de la place commune de Gourdon à la porte de la Salvayrie (6) .

Le 15 mai 1529, avec son oncle Bertrand de LACOMBE curé de Camy, il reconnaît devoir 97 £ 10 sols au syndic des prêtres du lieu (7) .

Il meurt avant 1553 faisant héritier universel son frère Antoine.

2- Rigon de MASSAUT. Il ne vivait plus le 15 février 1542, (1543 n. s.). Il avait recueilli une part de la succession de Pierre MASSAUT et d’Isabelle de GUASTO ou GUASCO. Nous ne lui connaissons que 2 enfants :

a) Guillaume de MASSAUT mentionné en 1542 ;

b) Jacquette de MASSAUT qui fut mariée à Maître Antoine de ROSSANGES, notaire de Marminiac.
Le 8 septembre 1566 au Vigan, eut lieu une transaction entre Antoine de ROSSANGES déjà veuf faisant aussi pour sa fille Tandine (8) d’une part et Pierre de MASSAUT, prêtre, et Jean de MASSAUT, écolier, oncle et neveu d’autre part. ROSSANGES réclame ses droits sur la succession de Jacquette de LACOMBE mère de Rigon et sur Rigon lui-même. Les MASSAUT lui versent 400 £ dont il donne quittance le 26 décembre 1568 (9) .

3- Pierre de MASSAUT, prêtre du Vigan est associé à la plupart des actes de son frère Antoine qui le fit son héritier particulier. Il fut ensuite tuteur de son neveu Jean en faveur duquel il teste le 18 juin 1560 (10) .

4- Antoine de MASSAUT qui suit.

II- Antoine DE MASSAUT, notaire du Vigan.

Il fait un échange de terres avec son frère le 14 novembre 1538 (11) .

Le 11 mai 1542 à Gourdon, il rachète à Me Jean de LABROA, chapelain de la chapellenie de Lacoste à Gourdon, un pré dans la rivière du Bléou qu’il avait vendu à pacte de rachat le 17 janvier 1541 avec Jacquette de LACOMBE sa mère et Pierre son frère (12) .

Le 15 février 1542 (1543 n. s.) Antoine de MASSAUT, notaire, Pierre de MASSAUT, prêtre, fils de Guillaume de MASSAUT, tant pour eux que comme tuteurs de Guillaume de MASSAUT, leur neveu et fils de feu Rigon, reconnaissent tenir de Me Guillaume de THEMINES, prêtre, chanoine, sacristain et syndic du chapitre du Vigan :

– vigne, cellier et ayral au barry de Malcosselh,

– une pièce de terre à l’Algueyria confrontant avec le chemin du Vigan à Prouillac,

– une pièce de terre au terroir de Caussema (?) confrontant ledit chemin, la terre de G. SEGUY marchand, le pré de Guillemette de SEGUY (13) et le pré de Me G. PATRAS notaire,

– autre terre à Vernet,

– pré et jardin au barry de l’hôpital confrontant pré et moulin de Jean POUJADE et moulin desdits MASSAUT,

– vigne et 3 pièces de terre au ténement de la Courtade censive de Miracoy (14) ,

– une maison de haut en bas au barry del Colombi‚ recueillie par Rigon de MASSAUT de la succession de Pierre de MASSAUT et d’Isabelle de GUASTO (ou GUASCO),

– autre maison contiguë, une vigne à Lacaze, une combe à Vernet, un canabal à l’hôpital.
Parmi les témoins : Pons GRANGAS le Vieux, notaire du Vigan. Acte reçu par François BENEDICTY, notaire royal du Vigan (15) .

Cet énumération ne peut donner une idée de la fortune terrienne des MASSAUT, il faudrait y ajouter les fiefs tenus des PELEGRY co-seigneurs du Vigan.

Le 30 juin 1553, à Gramat, il transige avec Me Arnaud de PARRA, notaire de Gramat, au sujet d’une dette de son frère Géraud de MASSAUT et d’Antoinette de CONSTANTIN femme de ce dernier (16) .

Antoine teste le 18 juin 1560 : il veut être enterré à St-Gal (17) . Il lègue à sa fille Jeanne les habits nuptiaux et 300 £, à sa femme Dominique de LAVAL ou de VALLE, une pension ; à son frère Pierre ses droits sur une maison neuve au Vigan. Il institue son héritier universel Jean de MASSAUT, écolier, son fils. Acte reçu par Antoine BENOIST, notaire du Vigan (18) .

Dominique ou Domenge de VALLE appartenait à la vieille bourgeoisie de Gourdon. Elle était fille de Me Jean de VALLE, lieutenant particulier. Le 19 janvier 1584, Jean de MASSAUT conseiller, faisant pour sa mère réclame à Maître Bernard de VALLE son oncle, un complément de dot soit 2 robes de drap noir de Paris et 50 écus. Le sénéchal de Gourdon lui donne satisfaction (19) .

Domenge teste à Gourdon dans la maison de son fils le 28 juin 1587. Elle veut être enterrée à St Pierre de Gourdon au tombeau de ses prédécesseurs. Elle lègue à Jeanne, Hélène, Françoise et Séguine de BOTIRON, filles de feu Jean de BOTIRON, procureur au sénéchal de Gourdon et de Jeanne de MASSAUT sa fille, à chacune 5 sous.

Héritier universel : Jean de MASSAUT son fils. Devant J. VERNHOL notaire de Gourdon (20) .

Enfants d’Antoine de MASSAUT et de Domenge de VALLE :

1- Jean de MASSAUT qui suit ;

2- Jeanne de MASSAUT mariée le 25 juillet 1564 à Me Jean de BOTIRON, notaire de Gourdon. Dot : 300 £, 4 robes, 1 lit garni, plus 200 £ données par Pierre de MASSAUT et Domenge de VALLE (21) .

III- Jean DE MASSAUT, licencié, conseiller au sénéchal de Gourdon.

Le 6 août 1561, à Gourdon avec son oncle Pierre de MASSAUT encore écolier, il vend à Me Jean CAMBETI notaire de Gourdon, la moitié d’un pré dans la juridiction de cette ville, confrontant le ruisseau du Bléou, le chemin de Gourdon vers Vaillac, le moulin de Me Martin de LABROUE, lieutenant au siège de Gourdon, et de Bernard CONSTANTIN, plus une vigne au terroir de le la Magdeleine confrontant le chemin de Gourdon vers Payrac, la vigne de Me Jean CAMY dit d’AYMARE écolier, etc. Ces possessions sont nobles et franches. Prix : 88 £, pacte de rachat. Parmi les témoins : Bernard de VALLE, licencié, Pierre de LALBERTIE, marchand,… Devant Géraud HUGON, notaire du Vigan (22) .

Ces biens furent rachetés le 16 octobre 1562 (23) .

Le 31 août 1564 à Gourdon eut lieu le contrat de mariage de Me Jean de MASSAUT, écolier, du consentement de Me Pierre de MASSAUT, prêtre du Vigan, et de demoiselle Balthazare d’ALBAREIL (24) fille de Me Jean d’ALBAREIL, licencié, lieutenant général au siège de Gourdon.

Me Pierre de MASSAUT donne à son neveu la moitié de tous ses biens et promet de le faire son héritier universel. Jean d’ALBAREIL tant en son nom que pour Guillemette de LAFON sa femme donne à sa fille 700 £, 6 robes garnies, des coffres etc. Devant GUAYDIER notaire de Gourdon (25) .

Le 24 septembre suivant, Jean de MASSAUT reçoit une quittance partielle de Jean BOTIRON pour un lit de plumes garni de couette, deux robes de drap noir de Paris et 200 £ acompte sur la dot de Jeanne de MASSAUT sa soeur (26) .

Le 25 décembre 1568 à Gourdon, il reconnaît avoir reçu de ses beaux parents la dot spécifiée au contrat. Balthazare renonce à ses droits paternels et maternels (27) .

Le 1er février 1570, voulant lever l’hypothèque sur son moulin du Vigan, Jean de MASSAUT comme fils et héritier d’Antoine, paye aux prêtres de Camy la somme de 76 £ 10 sols. Il est dit que “pour raison des troubles et guerres civiles advenues en France pour raison de la religion” les prêtres de Camy n’ont pas élu de syndic (28) .

Le 25 octobre suivant, au Vigan, Me Jean de MASSAUT licencié et avocat au siège de Gourdon achète à Jean DUBOYS, marchand du Vigan, une pièce de terre aux Garrigues Basses confrontant le chemin du Vigan à Montfaucon et chemin du Vigan à Cazatou pour le prix de 120 livres. Il est dit que Jean DUBOYS paiera cent livres à Jean POUJADE, bourgeois : il lui avait emprunt‚ cette somme étant prisonnier de ceux de la Religion Prétendue Réformée et détenu au château du Roc (29) .

Le 3 juillet 1573, au château du Vigan, noble Jeanne de PELEGRY, dame du Vigan, considérant les agréables services rendus à sa maison par Me Jean de MASSAUT licencié, successeur de feus Bertrand, Antoine, Jean et Guillaume de MASSAUT, voulant le récompenser et considérant la surcharge de rente faite en 1475, remet le moulin à l’ancienne rente de 1452. Devant Géraud HUGON, notaire du Vigan (30) .

Le 9 juillet suivant, Me Jean de MASSAUT, avocat au siège de Gourdon est présent à la quittance et décharge de tutelle donnée par Jeanne de PELEGRY à Flotard de GINOLHAC, doyen de Roussenac. Il est présent le même jour à une transaction passée entre Jeanne de PELEGRY d’une part, et le seigneur de St Sulpice et ses frères l’abbé bénédictin de Marcilhac et le seigneur de Cluzel (31) .

Le 23 octobre de la même année, Jean de MASSAUT reçoit une quittance de Dlle Françoise de CONSTANTIN veuve de Me Martin de LABROUE licencié et lieutenant de Gourdon et mère d’Antoine de LABROUE maître d’hôtel de la maison du sieur de St Sulpice. Antoine avait avancé à Jean MASSAUT 105 écus pour l’expédition et finances de l’office de conseiller au sénéchal de Gourdon (32) .

Le lundi 31 mai 1574, au Vigan, dans la chapelle Ste Catherine de l’église collégiale ND eut lieu une délibération du chapitre : Jean de MASSAUT, conseiller du Roi au siège de Gourdon, demande aux chanoines l’autorisation de construire un four pour cuire son pain, dans la juridiction du Vigan. Il propose de donner en échange 5 sols de rente sur un fief qu’il a à Gourdon. La proposition est acceptée (33) .

Durant l’année 1575 Jean de MASSAUT achète une pièce de terre au Vigan, une maison à Gourdon, rue St Jean, une pièce de terre au terroir de Lavernhe dans la juridiction de Gourdon, une autre pièce de terre à la Magdeleine, un jardin à La Poussie, ces deux derniers francs et nobles, un clos, terre et maison et vigne à Rouffilhac confrontant terre des hoirs de noble Jean de MONTAGUT, seigneur de Rouffilhac, et chemin du Vigan à Rouffilhac. Le tout pour 723 £ (34) .

Le 18 octobre 1576, Me Bernard de VALLE, licencié, vend à Me Jean de MASSAUT un pré dans la paroisse de St- Clair confrontant le pré de Bernard BELLY, celui des hoirs de Jean LESTEVENIE, marchand, et les terres de Guillaume SEGUI sieur de Perrigal, pré franc et noble, pour la somme de 300 livres (35) .

Un de ces achats est assez curieux : le 20 septembre 1575 à Gourdon, Jean PARADIS, fils de feu Pierre, greffier, assisté de Pierre CONSTANTIN, marchand, son curateur, vend à pacte de rachat à Jean de MASSAUT conseiller, une maison de haut et bas (à étage), rue St Jean, pour le prix de 360 £.

Le 20 octobre suivant, Jean de BORIE, licencié, prévôt qui avait auparavant prescrit une enquête menée par Me Antoine PUNHET avocat, sires Antoine DANGLARS et Raymond CAMY (36) , marchands et bourgeois. Il est dit que la maison a été vendue au juste prix et que le vendeur, archer des ordonnances du roi en la compagnie du duc d’Uzès, a pu acheter 2 montures, ses armes, etc.

Nous sommes indécis devant ce qui suit. Faut-il admettre une complicité générale, une grande presse d’argent et un vif désir de s’équiper de la part du jeune vendeur ? ou encore, peut-être – nous l’ignorons – de grandes fluctuations des prix à cette époque troublée ? car le 9 octobre 1576, à Gourdon, un peu plus d’un an après la vente, Pierre CONSTANTIN, curateur de Jean PARADIS, archer, celui-ci, Balthazare de GUAYDIER sa mère remariée à Guillaume AYMAR, bourgeois de Domme, échangent à Jean de MASSAUT la plus-value et pacte de rachat de la maison assise rue St Jean contre les biens suivants : pièce de terre à la Magdeleine, jardin à La Poussie, le clos de Rouffilhac, pré de la Roquette à St Clair, tous biens nobles. Jean de MASSAUT se réserve seulement la rente du fief de Rouffilhac. En se basant sur le prix des biens cédés (prix de 1575) la plus-value se monte à environ 650 livres. Peut-être faut-il imaginer une spéculation qui nous échappe (37) .

Le 29 décembre 1576, Jean de MASSAUT fait reconnaissance de la maison acquise de Jean de PARADIS à noble Comtesse de GRAS, demoiselle sous la rente de 2 sols 6 deniers. Celle-ci ratifie la vente et donne quittance de lods (38) . Jean LAVAL, hoste et pontonnier de Groléjac, vend à J. de MASSAUT une maison pour 210 livres le 23 juillet 1577 ; achat d’une autre maison dans la même rue en 1578 (39) .

De 1581 à 1589 nous relevons divers achats dans la paroisse du Vigan, en particulier la 6e partie du moulin de Vinhal sur le Bléou, un pré et terre dans la rivière de Ferrières, etc. (40) .

Jean de MASSAUT était toujours en vie le 4 janvier 1604. Sa veuve Balthazare d’ALBAREIL meurt à Gourdon le 18 décembre 1631 (41) .

MASSAUT (Me Jean de),
conseiller avocat au présidial à Cahors.

” D’or, au lion rampant de … ;
au chef de …, chargé d’une croix de …
accostée de 2 étoiles de … “.
Casque de chevalier taré de face
avec ses Cahors lambrequins.

(1686, VALENTY, notaire à Cahors).

dessin de Jacques Poulet

Ayant centré notre étude sur le conseiller Jean de MASSAUT, nous n’avons guère poursuivi nos recherches après lui. Nous lui donnons pour enfants :

1- Dominique de MASSAUT ensevelie à St Pierre de Gourdon le 25 mai 1619 (42) .

2- Jeanne de MASSAUT qui semble avoir été mariée 2 fois, la première avant 1603 à Jean de BORIE et la seconde à Etienne de BORIE conseiller au sénéchal de Gourdon. Cependant une erreur de prénom dans les registres paroissiaux de St André de Cahors n’a rien d’impossible.

3- Jean de MASSAUT qui suit.

IV- Jean de MASSAUT docteur et avocat au Présidial de Cahors marié à demoiselle Charlotte de THENEZE avant 1616 (43) . Ils eurent :

1- Jeanne de MASSAUT baptisée le 14 juillet 1616 à St André de Cahors. Parrain : Jean de MASSAUT, marraine : Jeanne de DOMINICY. Elle épouse le 15 février 1639 Me Pierre BARRE docteur et avocat au Présidial, fils de Me Pierre BARRE docteur régent en médecine de l’université de Cahors et de Dlle Marguerite de REGANHAC.
Dot 4000 £ (44) .

Elle se remarie le 21 avril 1642 à Me Julien de MERULLY, docteur et avocat au Présidial, fils d’Antoine, bourgeois de Cahors et frère d’Arnaud de MERULLY, religieux cellérier du monastère St Pierre de Marcillac. Dot 4200 £ (45) .

2 – Catherine de MASSAUT qui apparaît comme marraine de 1634 à 1659 aux baptêmes d’enfants des familles de SEGUY, PUNHET et BORIE, à Gourdon (46) .

3- Jean de MASSAUT qui suit.

V- Jean de MASSAUT conseiller et avocat du roi au Présidial de Cahors.

Le 17 juillet 1624 à Cahors, Jean de MASSAUT docteur et avocat au Présidial de Quercy donne quittance à noble Charles de GOZON, seigneur de Saux, fils du seigneur d’Ays, de la somme de 7500 livres due en raison d’une obligation du 12 juillet 1623 contractée devant GELAT, notaire à Cahors (47) .

Il était présent en 1642 au mariage de sa soeur Jeanne et qualifié d’écolier dans cet acte. Le 31 août 1662 en présence de M. de LAFON président du Présidial, de POUZARGUES, juge mage, de POUZARGUES lieutenant principal, BESOMBES, lieutenant particulier, Du BOUSQUET, CASSANHES, TEYSSENDIÉ, LAFAIGE, BOUZON, MONTAL, GIRONDE, conseillers, le sieur de BOISSY procureur du roi expose que Jean de MASSAUT a été pourvu de l’office de conseiller avocat du roi et reçu en cet office par arrêt du parlement de Toulouse du 26 août dernier. Le Présidial le reçoit à son tour (48) .

Conseiller et avocat du roi en 1662, ses gages d’avocat pour 1671 s’élèvent à 100 livres (49) . Le 29 mai 1686, il fit enregistrer par le Présidial de Cahors des lettres de provision de conseiller avocat du roi honoraire en date du 9 septembre 1685 (50) .

Il teste une première fois en 14 mars 1686 : veut être enterré en l’église St André de Cahors au tombeau de ses prédécesseurs, fait divers legs pieux : 100 £ aux prêtres de St André, 100 £ aux Carmes déchaussés, 50 £ à la Chapelle du St Suaire, 100 £ à l’hôpital St Jacques, 30 £ aux Pénitents bleus, etc. Il institue son héritière universelle demoiselle Isabeau des LAX de PERN sa femme (51) .

Il reprend son testament le 4 juin 1688, lègue 3000 £ à sa femme Isabeau des LAX, et fait son héritier universel Me Jean HEBRAY, docteur et avocat au siège de Gourdon son filleul (52) .

Jean de MASSAUT ne vivait plus le 7 avril 1693.

Ainsi, malgré un séjour de deux générations à Cahors, le patrimoine des MASSAUT revenait à une famille du Gourdonnais (53) .

Cependant, le père de l’avocat du roi qui avait acheté en 1631 le château de Rocanadel et autres fiefs en Périgord, épousa en secondes noces à l’âge de 80 ans une jouvencelle de 18 printemps, Françoise de DURFORT issue d’une branche cadette d’un vieux lignage de barons quercinois. A en croire une lettre de son fils aîné, la “demoiselle” aurait fait son possible pour rendre odieux à son mari les enfants du premier lit, l’aurait séparé des siens en le confinant au château de Rocanadel, loin de sa ville de Cahors et de ses relations. Elle aurait de plus commis bien d’autres méfaits (54) .

Nous avons quitté cette famille à la mort de son dernier représentant après l’avoir suivie pendant un peu plus de 2 siècles. Déjà la première génération du 16e siècle est solidement établie : le père, Guillaume, par son mariage avec une LACOMBE, des notaires de Gourdon, a bien préparé l’avenir. Leurs enfants seront l’un notaire à Gourdon, un autre prêtre au Vigan, un troisième notaire au Vigan.

Ce dernier, allié à la fille d’un lieutenant particulier eut de plus hautes ambitions et fit de son fils un licencié. C’est avec ce dernier, Jean de MASSAUT le conseiller que la famille se hausse au dessus de la bourgeoisie rurale. Il semble avoir été en bons termes avec les PELEGRY seigneurs du Vigan.

Son mariage avec Balthazare d’ALBAREIL ne pouvait être que profitable. Les d’ALBAREIL, opulents, un peu parvenus, frais acquéreurs de diverses seigneuries étaient alors la première famille de robe de Gourdon. Jean de MASSAUT devenait gendre et ensuite beau-frère du lieutenant général à ce siège. De plus, il semble avoir solidement renforcé sa fortune terrienne au Vigan et à Gourdon.

Nous ne pouvons expliquer le départ pour Cahors. Alliance ? ambition ? après l’ouvroir de notaire et l’office au sénéchal de Gourdon, désir d’appartenir au Présidial, siège principal ? Nous ne voudrions pas abuser de logique et de système. Laissons aux actes humains un peu de spontanéité.

Et pourtant la mort sans enfant du dernier Jean de MASSAUT allié à une des vieilles familles aristocratiques de la province interrompit en Quercy sinon en Périgord, une ascension sociale dont l’accès à la noblesse par le Parlement ou la Cour des aides aurait pu être le terme logique.

Rédigé en 1959, corrigé et complété en mars 1997.

ANNEXE : liste des patronymes par ordre d’apparition dans le texte PELEGRY, DISSAC, LA POUJADE, CAMY (notaire), PELEGRY alias D’ALBIN, MARTIN (notaire), LACOMBE (CUMBETI), CONSTANTIN, PARRA, TUSTAL, DE THEMINES, GUASTO (GUASCO), ROSSANGES, LABROA, SEGUY, PATRAS (notaire), POUJADE, GRANGAS, BENEDICTY, LAVAL (VALLE), BENOIST(notaire), BOTIRON (notaire), VERNHOL (notaire), DE LABROUE, CAMY dit D’AYMARE,LALBERTIE, HUGON (notaire), D’ALBAREIL, LA FON, GUAYDIER (notaire), DUBOYS, POUJADE, MONTAGUT, BELLY, LESTEVENIE, PARADIS, BORIE, PUNHET, DANGLARS, GRAS, LAVAL, THENEZE, DOMINICY, BARRE, REGANHAC, MERULLY, GELAT (notaire), DE LAFON, DEPOUZARGUES, BESOMBES, DU BOUSQUET, CASSANHES, TEYSSENDIE, LAFAIGE, BOUZON, MONTAL, GIRONDE, DE BOISSY, DES LAX, HEBRAY, DURFORT, BRUGERY (notaire), BENOIST (notaire), GRANSAS (notaire), RASSIALS, MAYNIAL (notaire), DEYSSAC

NOTES

(1) A. D. Lot, fonds GARY n° 8 f° 69. C’est l’actuel moulin de Massaut dont le nom ne vient pas, comme on l’a écrit, des seigneurs de La Mothe-Massaut. Le toponyme Granolha s’est maintenu mais pour le moulin de Jean de La Poujade (actuelle minoterie). A noter que les moulins du Vigan portent de nos jours des noms de bourgeois de l’Ancien Régime : Thiers, Massaut, Séguy, Fugié, Lauvel, Dalet…
(2) A. D. Lot, fonds GARY n° 8 f° 61 analyse dans un acte de 1573.
(3) Fonds GARY n° 7. Inventaire du registre de BRUGERY A.A.
(4) Fonds GARY n° 7. Inventaire du registre de BRUGERY A.A
(5) Fonds GARY n° 8 f° 46.
(6) A.D. Lot J 204 f° 125 v°.
(7) Fonds GARY n° 8 f° 17. Il s’agit du Camy de Payrac.
(8) Tandine, diminutif de Bertrande.
(9) Fonds GARY n° 8 f° 48 et 50.
(10) Fonds GARY n° 8 f° 75.
(11) Fonds GARY n° 8 f° 7.
(12) Fonds GARY n° 8 f° 7.
(13) Les Séguy, marchands de Gourdon et du Vigan, deviendront seigneurs de Pechrigal au 17e siècle.
(14) Miracoy est aussi l’ancien nom du château d’Aymare (commune du Vigan) qui prit le surnom des Camy d’Aymare.
(15) Fonds GARY n° 8 f° 11. A cette époque, au moins 5 notaires au Vigan : Massaut, Hugon, Benoist, Gransas et Patras.
(16) Fonds GARY n° 8 f° 45.
(17) St Gal se trouvait à l’emplacement de l’actuelle école de garçons à 50 m au sud de la collégiale.
(18) Fonds GARY n° 8 f° 29.
(19) Fonds GARY n° 8 f° 142.
(20) Fonds GARY n° 8 f° 142
(21) Fonds GARY n° 8 f°38.
(22) Fonds GARY n° 8 f° 20.
(23) Fonds GARY n° 8 f° 23.
(24) On trouve les d’Albareil à Labastide (- Murat) dès 1334 et à Montfaucon à partir de 1443 parmi les tenanciers de noble Jeanne de Rassials. Jean, Pons et Astorg d’Albarelh furent notaires à la fin du 15e siècle, certaines branches passèrent très vite à la noblesse, une autre demeura bourgeoise à Montfaucon, d’autres demeurèrent paysannes mais elles ont toutes à coup sûr une origine commune à Labastide et à Montfaucon.
(25) Fonds GARY n° 8 f° 53.
(26) Fonds GARY n° 8 f° 42.
(27) Fonds GARY n° 8 f° 59.
(28) Fonds GARY n° 8 f°24.
(29) Fonds GARY n° 8 f° 36 v°.
(30) Fonds GARY n° 8 f° 61.
(31) A.D. Lot, fonds de VALON, liasse G. MAYNIAL n° 46.
(32) Fonds GARY n° 8 f° 68.
(33) Fonds GARY n° 8 f° 81.
(34) Fonds GARY n° 8 f° 95 à 103.
(35) Fonds GARY n° 8 f° 110 v°. Ceci n’est qu’un exemple entre autres. Tout porte à penser que la bourgeoisie de Gourdon s’est disputé les prés des vallées du Bléou et du Céou, nobles le plus souvent d’ailleurs.
(36) Les Camy d’Aymare furent marchands de Gourdon avant d’acquérir les seigneuries d’Aymare, Bonnecoste, La Melve, etc. Cette famille devait donner de nombreux officiers aux 17 et 18e siècles, en particulier au Régiment du Vigan.
(37) Fonds GARY n° 8 f° 99 à 104.
(38) Fonds GARY n° 8 f° 108 : les Gras, famille bourgeoise de Gourdon au 15e siècle.
(39) Fonds GARY n° 8 f° 108.
(40) Fonds GARY n° 8 f° 133, 142, 146, 161, etc. Au sujet du moulin de Vinhal, remarquons que le vendeur s’appelle François Deyssac, meunier du Vigan. Il est permis de faire un rapprochement avec les Dayssac alias Vinhalibus, famille de St-Projet et Soucirac qui a donné des notaires à Soucirac et Cahors au 15e siècle.

Voir à propos de cette famille l’article de l’abbé Galabert : “Une charte de libertés familiales en 1289”, bulletin de la Société des Etudes du Lot, tome 39,1901, p. 189.

(41) Registre paroissial St Pierre de Gourdon.
(42) Registre paroissial St Pierre de Gourdon.
(43) Registre paroissial St André de Cahors.
(44) A.D. Lot, B 174.
(45) A.D. Lot, B 190 f° 12 v°.
(46) Registre paroissial St Pierre de Gourdon.
(47) A.D. Lot, 13 J (1ère partie), B 3 /12.
(48) A.D. Lot, B 48.
(49) A.D. Lot, B 167.
(50) A.D. Lot, B 212.
(51) A.D. Lot, B 223.
(52) A.D. Lot, B 223.
(53) Hébray, forme gourdonnaise du nom Hébrard. Famille bourgeoise qui a fourni de nombreux officiers au siège de Gourdon.
(54) A.D. Lot, 43 J (Papiers de la famille Marsis, non classés).

La fortune foncière de François d’Albareil,

François d’Albareil, Lieutenant général au siège de Gourdon par Jean LARTIGAUT  Président de la Société des Études du Lot. Docteur en histoire de l’Université Toulouse-Mirail  (rédigé en 1960, revu en janvier 1997). Publié dans : Moi-Géné n° 26 (Avril 1998)

La famille D’ALBAREIL a été étudiée dans ses grandes lignes par le chanoine FOISSAC (1) . Connus à Labastide (Murat) dès 1334, paysans de Montfaucon en 1443, notaires à la fin du siècle, les générations suivantes se fixent à Gourdon où cette famille occupera les premiers offices de Sénéchal.

François D’ALBAREIL, docteur en droit, conseiller du roi, fut, comme son père, lieutenant général au siège de Gourdon. Il est dit seigneur de la Poujade (2) , Coupiac (3) , Costeraste (4) et Saint-Clair. Il meurt en 1619, sans doute à un âge avancé puisqu’il était déjà licencié en 1569.

Ses héritiers sont encore en procès devant le parlement de Toulouse au sujet de sa succession en 1635. Le conseiller Pierre de CARCAVY, commissaire en cette cause, désigne d’office Me Jean de FOURNIER et Arnaud ROUBERET avocats au Présidial avec Antoine BÉRALDY et Guillaume ISSALA, bourgeois de Cahors pour procéder à l’estimation des biens contentieux.

Partis de Cahors le 4 novembre 1635 après avoir prêté serment, les experts sont à Gourdon le lendemain et se mettent au travail. Les résultats de leur enquête sont consignés dans un cahier (5) de 11 folios dont nous donnons l’analyse :

I- A GOURDON :

François D’ALBAREIL possédait une grande maison à quatre étages confrontant de trois côtés la principale place publique. Quatre boutiques occupent le rez-de-chaussée reposant sur une cave voûtée. Au dessus s’élèvent deux appartements constitués chacun d’une salle et de trois chambres. Une autre quartier de la maison comprend quatre chambres superposées. Un escalier à vis en pierre dessert l’ensemble. Dix cheminées en pierres de taille réchauffent cette vaste demeure. On précise que tous les fenestrages sont du même matériau que les cheminées. Au fond d’une basse cour assez vaste on a construit un petit corps de logis avec au rez-de-chaussée un chai surmonté de deux chambres ” pour la descharge de la maison “.

D’un commun accord les experts évaluent l’immeuble à 3 000 livres. Ajoutons qu’un de ses héritiers, Bernard de MARSIS (6) , lieutenant particulier, exhibe un bassin, une aiguière et une écuelle d’argent d’un poids de 5 marcs ¾ évalués à 22 L le marc soit 125 L 5 S. Toujours dans Gourdon, une petite maison en mauvais état joignant le patus du château d’une valeur de 200 L. Un jardin et chénevier du faubourg Ste Catherine (400 L), une autre maison avec jardin donne sur la rue allant de la Grand Rue du Rocq à la rue de Salvayre (300 L).

Dans la juridiction de Gourdon, un terroir dit de Malepique ou del Bournac, franc de rente, se composant d’une pièce de terre, d’un plantier chargé de noyers, d’une tuilerie, d’une terre, d’un pigeonnier et enfin d’une vigne ; l’ensemble vaut 1800 L.

François D’ALBAREIL possédait encore le domaine de Braysse au bord du chemin de Gourdon à Prouillac, soit métairie, grange couverte de chaume, pigeonnier circulaire couvert de pierres. Les terres portent des noyers et autres arbres fruitiers. Ce boriage appartient à la directe du commandeur de Soulomès. Les experts l’évaluent 4 000 L.

Mentionnons encore un pré d’une valeur de 700 L qui confronte le Bléou et le chemin de Terrié à La Fontade du Vigan.

Notons en passant la sage ” économie ” de l’ensemble : la vaste résidence, les petites maisons, les jardins de faubourg et dans les environs immédiats deux domaines qui procurent le vin, les fruits, les céréales, les volailles, le foin pour les chevaux du maître.

II- A SAINT-ROMAIN :

Un pré confrontant le Bléou, le chemin de Gourdon à St-Clair et le moulin de la Poujade (400 L).

Une terre et pré au terroir de Tustal, juridiction de St-Romain touchant aux terres de Costeraste
(120 L).

III- A COUPIAC :

Le 7 novembre, le commissaire accompagné de ses experts et des parties se rend à Coupiac.

Description du petit château : on pénètre d’abord dans une basse cour. Les étables et l’écurie, en mauvais état, sont près de l’entrée. On accède de plein pied à la salle basse qui occupe tout le rez-de-chaussée avec deux chambres. Les fenêtres sont ” grillées ” de fer. Un escalier à vis en bois dessert le 1er étage où se trouvent la salle haute et deux chambres. Une tour ronde accolée au corps de logis sert de chapelle.

D’un côté du château, une garenne, un grand bois de châtaigniers, chênes et vergnes avec un pigeonnier rond ; de l’autre, un domaine de 2 paires de bœufs comprenant la maison du métayer couverte de pierres, une grange de 4 couples, une étable ruinée. Une vigne de 40 journées. Les prés donnent 5 à 6 charrettes de foin. Les terres occupent 80 cartonnées mesure de Gourdon. Le domaine, franc de cens et rentes avec la justice haute et basse de la seigneurie de Coupiac est évalué 9620 livres.

Un moulin noble sur le Céou dépendant de la seigneurie de Coupiac. Il est banier pour les habitants de la Fontade. Il tourne à 2 meules, une fromentale, l’autre mixturale. Avec 2 petits prés, il est estimé 1 000 L.

Les rentes de la seigneurie en indivis avec le sieur de Léobard, celles de la Fontade et de la Caussenilhe en indivis avec l’abbé de l’Abbaye Nouvelle et de quelques menus fiefs sont évaluées 5 380 livres.

Aux environs de Coupiac, quelques biens isolés, en particulier des prés au bord du Céou pour 1 710 L. Les rentes de Mailhol, paroisse et juridiction de Gourdon, 900 livres.

IV- A COSTERASTE :

Le 9 novembre, les experts vont à Costeraste dont la justice haute et moyenne avait été achetée par François D’ALBAREIL au baron de Salviac. Cette justice, avec l’affranchissement de l’hommage vaut 2 500 livres.

Le château se réduit à une ” chambre ” que feu D’ALBAREIL avait fait construire sur ” fondements anciens “. Pas de cheminée. A un coin de la chambre, un gabion soutenu par des mâchicoulis de taille (probablement pierres ” de taille “). François D’ALBAREIL avait également entrepris des réparations à la muraille de la chapelle, à celle de la basse cour et à une tour. L’ensemble ne dépasse pas 500 livres.

Dans le village, une maison et jardin valant 120 livres.

Des biens isolés estimés 1 670 livres dépendent de Costeraste. A noter que le château n’est pas accompagné d’un domaine constitué.

V – A SAINT-CLAIR :

Le lendemain, suite de l’expertise à St-Clair :

Justice haute, moyenne et basse. La juridiction compte 60 feux plus quelques hameaux. Le sol y est médiocre ou fort maigre. Les rentes se montent à 50 charges de 8 quartons de froment mesure de Gourdon, 5 charges d’avoine, en argent 20 livres, 60 paires de poules. Les consuls doivent 3 charges d’avoine et 9 livres caorsens (7) . Le tout est estimé 15 300 livres.

Dans le bourg de Saint-Clair, une petite maison où se fait la levée de la rente (260 L) ; le moulin de St-Clair, moulin noble se composant d’une tour carrée et de deux chambres. Il tourne à 2 meules. Avec ses dépendances, il vaut 1 200 livres.

– un grand pré de fauche dans la rivière de St-Clair d’une contenance de 10 journées (1700 L) ; autre pré (240 L).

La métairie de la seigneurie située dans un causse fort maigre, franche de cens et rentes, labourage de 2 paires de bœufs. Elle ne rapporte annuellement que 50 L. Elle est estimée à 2 500 livres.

VI – A SOUILLAGUET :

Le 13 novembre, estimation à Souilhaguet d’un pré situé entre Saint-Clair et Feydidie (80 L) ; autre pré (120 L).

Une ” locaterie ” sur le ténement de Souilhaguet valant 80 L.

VII – A MONTFAUCON :

A Montfaucon, où s’ébauche l’ascension sociale de la famille, les D’ALBAREIL de Gourdon possèdent surtout des prés : un pré noble au vallon de Foa, un autre pré également franc de rente au ruisseau de Rieutord, un troisième au ruisseau de Pastou. Le tout d’une superficie de 5 journées de fauche et vaut 450 livres. 2 autres prés également nobles faisant 10 journées valent 900 L.

Un autre pré dit de Berbizou, assis à la Croix de Séniergues confrontant le chemin de Montfaucon à Séniergues et le chemin de la Bitarelle (8) au Pont de Rodes d’une contenance de 12 journées est évalué 1 000 L.

Une terre noble avec un pigeonnier dont il ne reste que les 4 piliers droits, au faubourg de Montfaucon, ne vaut que 30 livres.

Ce soir là tout le monde coucha à Montfaucon et le lendemain 14 novembre on continua par une ” ruyne de maison ” sous les murs du lieu estimée 60 livres. Il resterait à évaluer quelques petits biens qui ne dépassent pas 145 livres.

VIII – A LA POUJADE :

Le même jour les experts se rendent au château de la Poujade dans la juridiction de Montfaucon. Le domaine est de 3 paires de bœufs. Les terres incultes à pacage dominent avec les bois. On engrange 8 à 9 charretées de foin chaque année. Les vignes sont d’une contenance de 40 journées ” à foussoyer ” 150 quarterées de terre mesure de Montfaucon.

Le château se compose d’une basse cour fermée de hautes murailles, d’un grand corps de logis à 2 caves desservi par un ” degred à repos ” de pierre. Au rez-de-chaussée, on pénètre dans une cuisine encadrée par 2 chambres dont les fenêtres sont ” grillées ” de fer. Au 1er étage, d’un côté la salle, de l’autre, les deux chambres. Une tour ronde à un angle de la maison.

A côté du château, la maison du métayer et les bâtiments d’exploitation. Le tout valant 7000 livres.

Il convient d’ajouter en cens et rentes portables au château de la Poujade 63 quartes de froment et 30 d’avoine mesure de Montfaucon, 1 livre 10 sols d’argent, 30 paires de poules, une journée d’homme, ¾ livre de cire levées dans les juridictions de Montfaucon, Goudou et Labastide.

Ces rentes sont évaluées 7 300 livres.

Le 15 novembre furent estimés un pré au terroir de la Nogarède sous les fontaines de Montfaucon (600 L) et un autre pré sur le ruisseau de Moncany (300 L).

IX – BARBAZO :

Enfin le boriage noble de Barbazo paroisse et juridiction de Montfaucon se composant de la maison et de ses dépendances, de trois pièces de terre et d’un pré. Le tout vaut 2 950 livres.

…. Suivent les signatures des experts.

L’ensemble de la fortune foncière est de l’ordre de 77 000 L et peut se décomposer ainsi :

Justice er Rentes 31460
Châteaux et métairies 26750
Près isolés, rivière du Bléou 1260
Près isolés, rivière du Céou 1370
Près isolés, rivière de Saint-Clair 1940 7945
Près isolés, rivière à Souillaguet 200
Près isolés, rivière à Montfaucon 3170
Bois, terres, vignes isolés et une tuilerie 4340
Moulins et prés adjacents 2200
Maisons urbaines et dépendances 4000
Maisons rurales 440

Comme toute la bourgeoisie gourdonnaise au 16e siècle, les D’ALBAREIL se sont efforcés d’acquérir des prés dans les vallées du Bléou et du Céou. Dans de nombreux actes les possesseurs de ces prés sont à part quelques vieux nobles, des licenciés, des bacheliers, ou des marchands de Gourdon. Peu de paysans en fin de compte.

On remarquera aussi que la plupart des biens sont nobles c’est à dire francs de cens et de rentes.

Ce patrimoine se constitua lentement : au départ les terres accensées par Jeanne de RASSIOLS autour de 1450 à Montfaucon, puis les héritages des filles nobles qu’ils épousèrent très tôt, enfin les acquisitions de rentes ou de seigneuries entières aux Gourdon/Genouillac/Vaillac, aux Peyronnenc seigneurs de Saint-Chamarand et aux Durfort-Boissières. L’opulente maison qui élève ses quatre étages à côté de St-Pierre atteste aux yeux de tous la réussite familiale des premiers magistrats de la ville.

NOTES

(1) Bulletin de la Société des Etudes du Lot (BSEL) 1910/4 p. 197 à 205
(2) Commune de Séniergues
(3) Commune de Gourdon
(4) Commune de Gourdon
(5) A.D. Lot : fonds de Valon

(6) Marié à Florette D’ALBAREIL. Parmi les autres enfants de François D’ALBAREIL son fils aîné Pierre lui succède comme lieutenant général tandis que Jean, seigneur de Labastidette, est lieutenant criminel

(7) Faut-il voir dans cette redevance particulière la survivance d’une contrepartie exigée par le seigneur lorsqu’il autorisa le consulat ?

(8) Dans cet acte, tantôt la Bitarelle, tantôt les Bitareles. La proximité du bourg de Montfaucon s’explique peut-être par la fondation relativement récente de cette bastide (1290).

Sur les Vitarelles, voir l’étude de M. PRAT ” Un toponyme du Sud-Ouest, Les Vitarelles ” dans Revue Internationale d’Onomastique 1953/4 p. 253 à 256

NDLR : Voir aussi sur le sujet :
– la note de l’auteur : Les D’ALBAREIL à Séniergues en 1668 ; BSEL 1985/2 p. 168.
– GARY Anne ; Montfaucon en Quercy (tome 1 : des origines à la Révolution) ; éd. Roc de Bourzac 24150 Bayac, 1992, 115 p. (index général en fin du t. 2 publié en 1994)

Bibliographie Médiévale

Merci à François Petitjean pour cette compilation (non exhaustive).

  • Actes de … : Actes des congrès de la Fédération des sociétés académiques et savantes de Languedoc-Pyrénées-Gascogne
  • A.M. : Archives du Midi
  • B.S.E.L. : Bulletin de la Société des Etudes littéraires, scientifiques et artistiques du Lot
ABCDEFGJKLMNOPRSTVWX
  • ALAUZIER (Louis d’), 1942, “Notes sur Goudou, commune de Corn (Lot)”, B.S.E.L., t. LXIII, pp. 150-152
  • ALAUZIER (Louis d’), 1943, “Coutumes de Camboulit (1260)”, B.S.E.L., t. LXIV, pp. 121-131
  • ALAUZIER (Louis d’), 1944, “Les seigneurs de Camburat”, B.S.E.L., t. LXV, pp. 5-6
  • ALAUZIER (Louis d’), 1944, “Sénaillac-Lauzès au XVè siècle”, B.S.E.L., t. LXV, pp. 149-150
  • ALAUZIER (Louis d’), 1945, “Un curieux règlement de succession au XIVè siècle”, B.S.E.L., t. LXVI, pp. 81-83
  • ALAUZIER (Louis d’), 1946, Introduction à “La seigneurie de Puylaunès (Linac, Lot)”, d’E. Cadiergues, auquel M. d’Alauzier avait fourni toute sa documentation d’après les notaires de Figeac. Il l’a rédigé personnellement après le décès de Cadiergues : B.S.E.L., t. LVII, pp. 32-33 et 75-78
  • ALAUZIER (Louis d’), 1946, “Les co-seigneurs d’Assier avant Galiot de Genouillac”, B.S.E.L., t. LXVIII, pp. 106-112
  • ALAUZIER (Louis d’), 1947, “Des descendants d’un frère de Jeanne d’Arc à Figeac ?”, B.S.E.L., t. LXVIII, pp. 61-63
  • ALAUZIER (Louis d’), 1948, “Inventaire des biens laissés par un bourgeois de Cahors en 1285”, B.S.E.L., t. LXIX, pp. 81-84
  • ALAUZIER (Louis d’), 1949, “Inventaire des biens d’un notaire de Bruniquel en 1348”, Romania, LXX,
    ALAUZIER (Louis d’), 1949, “Les aiguilles de Figeac”, B.S.E.L., t. LXX, pp. 77-85
  • ALAUZIER (Louis d’), 1950, “De quelques erreurs au sujet de Figeac et de son histoire”, B.S.E.L., t. LXXI, p. 101-104
  • ALAUZIER (Louis d’), 1950, “Des actes passés devant l’officialité de Cahors au Moyen Age”, B.S.E.L., t. LXXI, pp. 65-73
  • ALAUZIER (Louis d’), 1950, “Les seigneurs de Laroque-Toirac”, B.S.E.L., t. LXXI, pp. 33-37
  • ALAUZIER (Louis d’), 1951, “Les seigneurs de Laroque-Toirac (additif)”, B.S.E.L., 1951, p. 57
  • ALAUZIER (Louis d’), 1951, “Un village fortifié : Bruniquel”, Bull. de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, LXXVII,
  • ALAUZIER (Louis d’), 1952, “La communauté de Montcabrier au Moyen Age”, B.S.E.L., 1952, p. 205
  • ALAUZIER (Louis d’), 1953, “La succession de Castelnau-Montratier au XIVè siècle”, B.S.E.L., t. LXXIV, pp. 249-256
  • ALAUZIER (Louis d’), 1953, “Un compte du XIVè siècle de la vicomté de Bruniquel”, Bulletin Philologique et historique (jusqu’à 1610), années 1951-1952, paru en 1953, pp. 358-376
  • ALAUZIER (Louis d’), 1953, “Un évèque de Cahors du XIIIè siècle inconnu”, B.S.E.L., t. LXXIV, pp. 120-123
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1956, “Causerie sur les coutumes de Cahors (Les Pénalités)”, B.S.E.L., 1956, pp. 26-31
  • ALAUZIER (Louis d’), 1956, “Le monastère de Lantouy”, B.S.E.L., 1956, p. 94
  • ALAUZIER (Louis d’), 1956, “Un mariage manqué du ministre Pierre Cruvel”, Bull. de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, LXXXII, pp. 49-56
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1958, “Achats d’étoffes par une dame du Quercy au XIIIè siècle”, A.M., 70, n° 41, pp. 87-89
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1961, “Construction d’un clocher à l’église de La Capelle de Figeac”, B.S.E.L., LXXXII, 193-195
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1961, “Le Tulmonenc jusque vers 1350”, Bull. de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, 1961 (1), pp. 67-87 [L’auteur, qui n’avait pas eu les épreuves en main, déplorait certaines coquilles – LARTIGAUT J., “Hommage à Louis d’Alauzier”]
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1963, “Les viguiers de Figeac au début du XIVè siècle”, Bulletin Philologique et historique (jusquà 1610), année 1961, paru 1963, pp. 457-464
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1964, “Les commandeurs de Lacapelle-Livron jusqu’en 1550”, Bull. de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, pp. 19-40
  • ALAUZIER (Louis d’), 1965, “Le repeuplement de Gréalou au XVè siècle”, B.S.E.L., LXXXVI, pp. 103-109
  • ALAUZIER (Louis d’), 1966, “A propos des seings manuels des notaires”, Bulletin philologique et historique (jusquà 1610), année 1963, paru 1966, pp. 859-860
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1969-1970, “Le bréviaire de Pierre de Carmaing”, Bull. de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, pp. 19-40
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  • ALAUZIER (Louis d’), 1970-1971, “Jours néfastes au Moyen Age”, Bull. de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, pp. 79-80
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  • SOL (Chanoine Eugène), 1941, La vie en Quercy des origines au XIIè siècle, Librairie A. Picard, Paris
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  • VALON (Ludovic de), 1935, “Les Stéphani de Valon à la cour des papes d’Avignon (1310-1380)”, B.S.E.L., LVI (suppl. au 3è fasc.)
  • VALON (Ludovic de), 1937, “Les Pélerinages expiatoires et judiciaires de la Belgique à Roc-Amadour au Moyen-Age”, B.S.E.L., LVIII, p.7
  • VANDEVOORDE-COUDE (Aliette), 1970, “Documents pour l’histoire de Figeac au Moyen âge : les manuscrits de la collection Doat”, (Actes de Figeac, P.S.), B.S.E.L., XCI, p. 123
  • VENTACH (Jean), 1971, “La crypte de Sainte Spérie et la sculpture carolingienne”, B.S.E.L., 1971, pp. 107-120
  • VIERS (Henri), 1961, “Le château de Payrac (Lot)”, B.S.E.L., LXXXII, p. 31
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  • VIERS (Henri), 1963, “L’église de Lamothe-Fénelon”, B.S.E.L., LXXXIV, p. 137
  • VIERS (Henri), 1963, “Petit historique du château de Fénelon”, B.S.E.L., LXXXIV, p. 142
  • VIERS (Henri), 1965, “Histoire d’une petite commune, Fajoles-en-Quercy”, B.S.E.L., LXXXVI, p. 273
  • VIERS (Henri), 1969, “Sur le château de Rocanadel (près Milhac, Lot))”, B.S.E.L., XC, p. 51
  • VIERS (Henri), 1977, “Maselat-en-Quercy”, B.S.E.L., XCVIII, p. 53
  • VIERS (Henri), 1980, “Payrac-en-Quercy (notes d’histoire)”, B.S.E.L., 1980, 2è fasc., 113
  • VIGUERIE (Jean de), 1972, “Note sur la jeunesse de Pierre Laromiguière”, (Actes de Figeac, P.S.), B.S.E.L., XCIII, p. 439
  • VINCENT (Thierry), 1986, “Les loups dans le Quercy”, B.S.E.L., 1986, 4è fasc., 283
  • VIRE (Armand), 1938-1939, “Les monnaies du Quercy du IVè siècle avant J.-C. au XXè siècle”, B.S.E.L., LIX, p. 54, 166, 254, 327 et LX, p. 65
  • WOLLF (Philippe), 1959, “Un problème historique : Cahors et le Catharisme”, B.S.E.L., 1959, p. 51
  • WOLLF (Philippe), 1970, “Notes sur le faux diplôme de 755 pour le monastère de Figeac”, (Actes de Figeac, P.S.), B.S.E.L., 1970, pp. 83-122
  • WOLFF (Philippe), 1978, Regards sur le midi médiéval, Toulouse, Privat, 540 p.
  • WOLFF (Philippe), 1978, “A l’orée du Quercy, la noblesse dans un village tarnais : Roquemaure (1337-1340)”, (Actes de Cahors, P.S.), B.S.E.L., XCIX, p; 11
  • X… (probablement A. Lemozi), 1933, “Extrait du recueil des Titres de la maison d’Hébrard de Saint-Sulpice”, Le petit nouvelliste de Cabrerets, octobre 1933
  • X… (probablement A. Lemozi), 1934, “Sabadel-Lauzès”, Le petit nouvelliste de Cabrerets, février 1934
  • X… (probablement A. Lemozi), 1934, “Sabadel-Lauzès, Historique et renseignements divers”, Le petit nouvelliste de Cabrerets, juin 1934
  • X…, 1950, “Don de Bernard II de Castelnau”, B.S.E.L., 1950, p. 13
  • X…, 1953, “Au château de Cabrerets. Nouveaux documents.”, B.S.E.L., 1953, p. 134
Collectifs

Etudes sur le Quercy et les commanderies des ordres militaires, Actes du XLIIè congrès d’études régionales organisé par la Société des Etudes du Lot à Souillac et Martel les 19, 20 et 21 juin 1987, Fédération des sociétés académiques et savantes de Languedoc-Pyrénées-Gascogne, Cahors, Dhiver, 1988

 

 

L’imprimerie clandestine des FTPF du Lot

Extrait de la revue Les Etoiles du Quercy, N° 2, Imprimerie Coueslant, Cahors, 1944. (Archives Départementales du Lot, 3 PER 4/2)

Dans un petit chemin forestier des environs de Latronquière un monstre ruisselant de soleil avance lentement. C’est un gros camion des FTPF chargé d’un pesant matériel d’imprimerie : massicot, pédale, moteur électrique, cases, stock de papier, boites d’encre.

Arrivé au hameau de Malbouyssou, dont les maisons se cachent au milieu des bois, il s’arrête devant une masure entourée par des ronces. On pousse une porte branlante ; le plancher aux poutres écartées, laisse entrevoir la cave, c’est pourtant là qu’il va falloir installer les machines.

L'entrée de l'imprimerie clandestine

Tout est bientôt en place. Dans la pénombre de la première salle le massicot et la pédale luisent. La seconde salle est occupée par les rames de papier blanc, rose, vert, jaune, bleu, orange.

De grandes feuilles tricolores, format colombier, attendent les caractères gras qui annonceront bientôt les manifestations du 14 juillet, puis, plus tard, la libération du département et la libération de Paris, lorsque le peuple de la capitale aura chassé, quelques semaines plus tard, le boche pris au piège.

L'intérieur de l'imprimerie

Avec tout ce matériel, le lieutenant Marcenac, dit Walter, avait amené Lucien, ouvrier typographe de Figeac, qui, abandonnant sa femme et ses deux enfants, venait se battre au Maquis sans mitraillette et sans grenade, mais avec ses armes : les petits caractères de plomb. Désormais, au travail !

Des journaux seront bientôt envoyés dans toutes les formations F.T.P.F. de la région du Lot. Des tracts rédigés par Roland, jeune étudiant alsacien israélite, licencié en allemand, seront lancés devant les troupes de la Wehrmacht. Michel, chef militaire du P.C. régional, en écrit pour ses camarades russes encore détenus par les officiers d’Hitler.

        

Bien des fois, les textes sont apportés dans la nuit ; Lucien se lève en hâte, une bougie éclaire les cases, et peu à peu, les caractères, les phrases, se forment, les articles sont composés. Alors Carmen, qui, poursuivie par la Gestapo, a été obligée de quitter son service d’agent de liaison, va les imprimer. Le moteur électrique est mis en marche, et, dans l’ombre, le bruit régulier de la pédale reprend sa complainte.

Le jour, il faut faire attention. Une colonne ennemie peut circuler sur la route voisine, le ronronnement des machines pourrait lui donner l’éveil. Qu’adviendrait-il alors des granges, du bétail et des récoltes des fermes environnantes ? Qu’adviendrait-il surtout des braves paysans : Saint-Marie, maire de la Bastide-du-Haut-Mont, résistant de la première heure, hôte des premiers Maquis, Bousquet, ancien combattant, mutilé en 1917 sur le front de l’Aisne, qui ont recueilli les imprimeurs ?

Car la guerre n’est pas terminée dans la région. Pendant la dernière semaine de juillet, l’alerte est donnée dans tous les secteurs. Les troupes nazies veulent remonter vers le Nord et le long des routes les détachements des F.F.I. se mettent en embuscade. La Gammont, grenade antichar, est légère dans la main du Franc-Tireur.

Malgré la guerre, qui, tous les jours détruit les villages, incendie des fermes, frappe des camarades au combat en plein front, le premier numéro du Partisan, édité sur les presses clandestines de l’Imprimerie F.T.P.F. de la région du Quercy, paraît à l’occasion du 14 juillet. Il apporte au Maquisard des échos de la Révolution française et des manifestations de notre fête nationale, commémorée malgré la présence des occupants, à Figeac la ville aux 800 déportés, à Gourdon en deuil où l’on pleure encore les otages assassinés par les nazis, à Bagnac et à Saint-Céré, à Payrac et à Souillac, à Martel, à Bretenoux. Le Maquisard du nord a ainsi des nouvelles du secteur sud : ses camarades des environs de Cahors ont célébré militairement ce 14 juillet d’espoir qui est encore un 14 juillet de guerre, ils ont détruit des routes autour de Cahors, ils ont attaqué "le boche".

Le Front National, installé à la Source Salmière, puis dans Alvignac même, fait aussi paraître son journal clandestin La Liberté. Les troupes allemandes sont toujours à Cahors. Des convois traversent Figeac, Saint-Céré, Gourdon, Souillac, des avions à croix gammée survolent encore la campagne, mais la parole des vrais Français atteint ceux qui espèrent, ranime la confiance de ceux qui luttent, renforce encore celle des meilleurs ; le message du Général de Gaulle est diffusé aux habitants des communes libérées du Lot. On leur explique le rôle des Comités locaux de Libération, expression populaire du Gouvernement provisoire de la République ; il définit les tâches essentielles du Front National ; on leur transmet les résultats pratiques des décisions prises par le Comité départemental de la Libération au sujet du ravitaillement et des réquisitions. On leur annonce que le 20 août sera une grande journée de solidarité patriotique.

Enfin, c’est Jean Lurçat, dit Jean Bruyères, directeur de la Presse, qui traverse rapidement la route Nationale 20 où les Allemands passent toujours. Il va à Gourdon faire imprimer Les Etoiles, organe du Comité national des intellectuels, qui, plus que jamais, sont « au service du peuple en armes ».

Le 4 octobre 1943 fut distribué le premier journal clandestin de la résistance du Lot : Le Lot résistant,

Ce journal, s’adresse plus spécialement aux étudiants, aux instituteurs, aux professeurs, aux artistes F.T.P.F., à tous les intellectuels résistants.

J’ai vu Jean Lurçat, cahoté sur le porte-bagages d’une motocyclette ; j’ai vu le mécano, la mitraillette en bandoulière, conduire l’artiste qui portait à l’imprimerie des F.T.P.F. des œuvres d’Eluard, d’Aragon, de Moussinac, de Vercors. « Le peuple français est en armes », tout le monde dans le circuit.

Dès que les tirages sont terminés, une voiture va chercher les exemplaires du Partisan et de La Liberté au Malbouyssou, puis les emporte au Château de l’Alzac, où est installé le P.C. régional depuis plus d’un mois. De là, l’équipe des agents de liaison motocyclistes, les « Moutars », comme les appelle Michel, va les répandre au secteur A, chez Coujoux, installé à Gluges, chez Emmanuel (mort pour la France en allant libérer Toulouse), commandant le secteur B, établi à la Gineste. Des P.C. de secteur les journaux sont répartis dans les bataillons, les compagnies et les sections. Chaque Franc-Tireur aura son journal. Les Libertés sont déposés chez le Responsable du F.N., les paysans et les artisans des campagnes, les intellectuels et les ouvriers des petites villes déjà libérées ne sont pas oubliés. Tous les Français résistants reçoivent des informations exactes sur la situation et des mots d’ordre pour continuer la lutte jusqu’à la libération totale.

En effet, totalement isolés dans les bois, menant la vie des traqueurs ou des pionniers de quelque Far-West disparu, en état d’alerte perpétuelle, les chars allemands rôdant encore sur les routes, les jeunes combattants de la Liberté sont bien informés. Car ce n’est pas un torchon de Vichy qui, se glissant dans les taillis, vient leur raconter des histoires et des mensonges, c'est un journal, une petite feuille au format très réduit, certes, mais un journal créé pour eux, écrit par des camarades de combat, imprimé dans une chaumière délabrée qu’ils protègent. Tous les mots du Partisan, de La Liberté et des Etoiles, sont des mitraillettes, des fusils et des grenades. Tous les mots des journaux clandestins sont des armes dans la tête et dans le cœur de celui qui, chaque matin, à son réveil, chante face au soleil levant : « Je suis vainqueur ! »

Noël Ballif

L'IMPRIMERIE DE LA RÉSISTANCE

D'après l'ouvrage : Le temps des partisans, Colonel Georges (Robert Noireau), Flammarion, 1978, pages 190 et 192.

[...]  Se posa très tôt le problème d'une imprimerie du maquis.

Nous avions longtemps travaillé grâce aux seules machines à écrire, le tirage stencil nous permettant de multiplier les instructions. Puis, un jour, la nécessité de disposer d'un journal de liaison rendit impérative l'installation d'une imprimerie à nous. Comment faire ?

Nous avions appris à prendre les choses « là où elles étaient ». Il fut décidé de déménager une imprimerie. On en choisit une à Figeac et je chargeai Jean Marcenac (capitaine Walter) de régler l'affaire.

L'imprimerie clandestine installée chez Monsieur Sainte-Marie, maire de Labastide du Haut-Mont

Deux camions, une voiture légère, des gars résolus et bien équipés : Marcenac réussit sans trop de peine à monter son coup et le matériel nécessaire atterrit un beau matin dans une ferme écartée de Labastide-du-Haut-Mont, chez le maire Sainte-Marie.

Le problème n'était pas résolu pour autant : manquait encore le technicien qui ferait tourner la machine. Nous n'avions d'autre choix que de capturer l'imprimeur. Marcenac partit à nouveau en mission et ramena donc le bonhomme qui devint l'imprimeur clandestin du maquis, en quelque sorte un résistant contraint et forcé comme il y en eut pas mal. Nous fîmes courir le bruit, afin d'éviter les représailles, que le maquis avait emmené de force le malheureux...

On n'eut plus désormais qu'à fournir de la copie à ce nouveau « collaborateur » bénévole. Nous ne manquions pas de matière, entre nos informations propres et la littérature du Front national, et c'est ainsi que s'imprimèrent dans le Lot, Aragon et Jean Lurçat, Éluard et Vercors, et tant d'autres poètes de la nuit. Ainsi fut fondé le journal Le Partisan qui fut, en même temps qu'un organe de liaison, un organe de propagande. Les premiers numéros du Partisan étaient ronéotypés sur une seule face, puis ils le furent recto-verso en 21 x 27 avant d'être imprimés.

A la Libération, on ramena l'imprimerie à Figeac, puis quelque temps après on fit imprimer le journal sur les presses de Cahors...

Extrait de : A la recherche du Maquis. La Résistance dans la France du Sud 1942-1944, H. R. Kedward, Les Editions du Cerf, Paris, 1999

... plus au nord, dans les forêts du Ségala, non loin de Latronquière, le lieutenant Marcenac des FTP dirige une imprimerie du maquis de juin à août 44, aidé par le peintre cartonnier d'Aubusson, Jean Lurçat. Il emploie des typographes professionnels de Figeac. Un jeune étudiant juif d'alsace traduits les tracts FTP en allemand et les dépose sur les routes fréquentées par la Wehrmacht.

Pour le premier numéro de Partisan, publié le 14 juillet 1944, Lurçat apporte des œuvres d'Eluard, d'Aragon et de Vercors à composer à "l'imprimerie des bois". En octobre 1944 Les Etoiles du Quercy déclare devoir son origine à cette presse du maquis et souligne le rôle local du texte imprimé dans la transmission des ordres de commandement des FTP aux maquis du Ségala : "Totalement isolés dans les bois, et menant une vie de pionniers traqueurs dans une saga du Far West, les jeunes combattants de la liberté sont en permanence tenus informés par la presse *".

* Noël Ballif : "L'imprimerie clandestine des FTPF du Lot", Etoiles du Quercy, N° 2, octobre 1944, p. 37.

Les Etoiles du Quercy :

 est une revue fondée à Cahors (7 rue de la Préfecture, puis 12 rue Wilson) par Jean Lurçat, le commandant Rémy (1) et Jean Agamemnon (2), et dont le premier numéro porte la date d'août-septembre 1944 et a pour titre "Numéro de la Libération".

Comité de Rédaction de la revue Etoiles du Quercy

Cette revue n'est pas en soi totalement nouvelle, puisqu'elle fait suite à Quercy, revue autorisée par Vichy, ayant paru entre décembre 1941 et octobre/novembre 1943, et qui saluait ouvertement le Maréchal. Son ancien rédacteur, Joseph Maureille, semble néanmoins proche du groupe formé par Jean Lurçat, puisqu'il devient secrétaire de rédaction de la nouvelle revue.

Cette revue, se présente comme une tribune dans laquelle s'expriment des écrivains d'origine quercynoises ou liés au Quercy par le combat soutenu sur son sol.

Seconde page de couverture et sommaire du premier numéro

Les collaborateurs à la revue sont des résistants actifs, ou qui ont lutté, travaillé, effectué des missions dans le département du Lot, et qui peuvent donc aujourd'hui porter la parole de pays. Par ailleurs, la revue est placée "sous le patronage d'honneur" comporte les noms de martyrs de l'action résistante : Jacques Decour, Saint-Pol Roux, Georges Politzer, Max Jacob, Antoine de Saint-Exupéry, Maurice Jaubert, Hoog... Cette revue ne paraîtra cependant que trois fois, avant de disparaître en janvier 1945.

Le premier numéro se consacre à "la Libération", avec des articles de Jean Cassou, Léon Moussinac, André Chamson, René Huyghe, Jean Marcenac et des contributions signées Paul Eluard ou Aragon. Le second numéro d'octobre 1944, présente entre-autres, un portrait d'Antoine de Saint-Exupéry par René Kerdyk, une étude de Jean Lurçat sur les intellectuels dans le Quercy, un témoignage de Pierre Mazars sur Cahors libéré, un article de Noël Ballif sur l'imprimerie clandestine des FTPF du Lot (Article reproduit ci-dessus). Le troisième et dernier numéro, paru début 45, présente une lettre inédite de Marcel Proust, des contributions dont certaines déjà publiées dans la clandestinité, de Charles Vitrac, Paul Eluard, Jean Paulhan, Jean Lurçat, Maurice Fombeure, Jean Marcenac, Tristan Tzara, Léon Moussinac, Luc d'Estang, Pierre Mazars, etc...

(1) Commandant Rémy, pseudonyme de Gilbert Renault, sera nommé colonel avant de se consacrer à la rédaction de nombreux ouvrages sur la Résistance, dont Mémoires d'un agent secret de la France libre et La Ligne de démarcation (adapté au cinéma par Claude Chabrol en 1966).
(2) Jean Agamemnon, deviendra conservateur des musées.

Le Musée du Louvre caché dans le Lot

Extrait de la revue Les Etoiles du Quercy, N° 3, Imprimerie Coueslant, Cahors, 1944. (Archives Départementales du Lot, 3 PER 4/3)

« 3 200 tableaux, du département Peintures, du Musée du Louvre », dans le Lot :  « La plus forte densité de chefs-d’œuvre au km2 ». Trois mille deux cent tableaux, pour la plupart célèbres, quelques-uns illustres, surgissant à l’appel de leur nom : « La Joconde ! », « L’Embarquement pour Cythère ! », « Les Noces de Cana », dans la mémoire de tout homme cultivé, de Shangaï à San-Francisco, trois mille deux cent tableaux massés, concentrés, sur les quelque 700 m2 de rez-de-chaussée prêtés par trois châteaux du nord du Causse.

Il a fallu pour cela bien des événements – il a fallu la guerre et l’Europe bouleversée, convulsée, ravagée – il a fallu des armées en marche et des millions de morts. Quelle disproportion, diront certains ; rapprocher ainsi l’exil de quelques toiles de maîtres du cataclysme gigantesque, dont il n’a été qu’une des innombrables conséquences, infime épisode, bien infime en regard de sa cause.

Je ne suis point de cet avis, car j’y vois un symbole, le symbole même de la lutte qui s’est engagée et de son sens profond. Nous triomphons et avons presque déjà triomphé parce que nous représentons la continuité humaine ; le fardeau qui repose sur nos épaules et qui nous protège, invisible, c’est l’héritage humain ; tout ce que l’homme a pensé, a senti, a voulu de meilleur, s’est inscrit dans des textes, fixé dans des images que nous portons dans nos têtes et dans nos cœurs et qui font notre avenir parce qu’ils font nos aspirations et nos volontés. Rien ne projette plus sûrement vers l’avenir que le passé, quand il n’est pas une traîne pesante qui nous tire, mais un poids qui nous pousse et nous précipite à la manière d’une vitesse acquise.

L’Allemagne, elle, n’est qu’avidité et que voracité ; elle n’a besoin que de proies à dévorer ; elle pense que tout ce qui est ne peut servir que d’obstacle à ce qui doit être et qu’il faut détruire pour plus sûrement créer ; en un mot, elle ignore le respect. Quelle valeur consacrée juge-t-elle devoir ménager ? Aussi, n’a-t-elle jamais été que sursauts et spasmes – qui retombent, Que ne sait-elle qu’il faut des trésors, des trésors héréditaires et séculaires, donnant le juste prix de la vie, pour posséder le don de durer et de persévérer. Il n’y a que les civilisations ou, du moins, que la Civilisation qui dure. Parfois, telle l’arche du pont, elle s’élance de plus en plus amincie au-dessus du vide, mais elle sait qu’elle retombera de tout son poids intact sur la solidité, qui l’attend, de la pile suivante.

A certains, il est peut-être difficile de comprendre que c’est un peu parce que des chefs-d’œuvre reposent dans trois châteaux du Lot que la France combat, que c’est un peu pour cela qu’elle n’a pas péri et qu’elle ne pouvait pas périr. C’est pourtant parce qu’au cœur d’elle-même, moralement et matériellement, elle préserve des trésors où l’intelligence et la sensibilité humaines ont essayé de fixer ce qu’elles avaient de meilleur, qu’elle a droit à l’avenir. Il existe toujours, comme dans les légendes du Moyen Age, des reliques protectrices. Ce sont parfois des idées, parfois des convictions – la foi dans l’Humain, la foi dans la Justice – parfois des chefs-d’œuvre, de Villon à Rimbaud, de Pascal à Bergson, parfois, images tangibles de simples tableaux.

L’histoire de ceux-ci, je vous la devais conter. Les Musées sont, comme chacun sait, demeures du Passé. Malgré cela, peut-être à cause de cela, le présent ne leur est pas tout à fait étranger et l’agitation croissante d’Hitler et du Nazisme n’était pas sans les inquiéter. Quelques années avant la guerre, ils commencèrent donc à préparer, tant pour le Louvre que pour la province, les listes des évacuations à prévoir. Quand la secousse de Munich rappela qu’il n’est si vieille et quiète demeure, qu’un tremblement de terre ne puisse faire vaciller, voire s’écrouler, le Louvre s’affaira ; de jour, de nuit, l’emballage commença ; chaque tableau, méticuleusement décadré, enveloppé d’un papier d’amiante contre le feu, d’un papier cuir contre l’humidité, séparé de ses voisins par des tampons, comme s’il partait pour quelque lointaine exposition, vint prendre sa place dans les caisses qui avaient été préparées longtemps à l’avance. Lorsque Daladier rentra en triomphateur, aussi pitoyable qu’interloqué, les couvercles sautèrent et les tableaux de réintégrer leurs cadres. Pour peu de temps. Un an plus tard, la même opération se renouvelait.

Cette fois, c’était le grand départ. Chaque matin, chaque soir, un train de camions, chargés sous les platanes du quai, s’ébranlait et partait pour une destination inconnue. « Chambord, les Musées évacuent sur Chambord », chuchotait-on. Le bruit, pour mieux brouiller les pistes, en avait été volontairement répandu, renforcé par des étiquettes trompeuses. En réalité, chaque convoi avait sa destination particulière, un château de la Loire ou de l’Ouest ; les locaux étaient prêts, les voies d’accès minutieusement repérées. Problèmes imprévus pour un conservateur. Comme on avait décidé, pour ménager les grandes toiles, de ne les rouler qu’à la dernière extrémité, il restait quelques colosses, quelques mastodontes de la peinture. Passe encore de recruter seize hommes pour faire descendre, mieux qu’en un final de revue, le grand escalier du Louvre au « Radeau de la Méduse », mais où trouver une voiture idoine au transport de cet énorme châssis de plus
de 35 m2 ?

On fit appel à la Comédie Française et l’on attela à des tracteurs ses grandes remorques à décors. Et vous voilà sur route avec un bagage de 6 m. 50 de haut… Dès Versailles, les fils électriques des tramways, crachant des étincelles rappelaient qu’il est peut-être bon de regarder à ses pieds, mais indispensable, en tout cas, de lever le nez en l’air si l’on entend voyager en cet équipage. Transformé en agent-voyer et armé d’une tête de loup démontable, conçue à l’échelle des plafonds du Louvre, le conservateur dut s’initier aux problèmes des gabarits routiers. Les ponts, de savants détours les évitent, mais les câbles électriques, les fils téléphoniques, ils sont trop. En désespoir de cause, une voiture des P.T.T. ouvrit la marche, cisaillant les fils qu’une autre voiture rétablissait, après ce passage, perturbateur de maintes conversations. Encore fallut-il, ainsi que pour un raid sensationnel d’avion, consulter la Météo, pour connaître la vitesse du vent qui aurait pu s’engouffrer malencontreusement dans la voile trop vaste du « Radeau », pendant la traversée terrestre de la Beauce. Pour les « Noces de Cana » (record du monde, 65 m2 !), on avait capitulé et on s’était résigné à les rouler sur un fût gigantesque. Mais voilà une autre affaire : où trouver une automobile qui prit en charge une caisse de 9 m. de long ? Si le « Radeau » adopte la remorque à décors, les « Noces » du somptueux Véronèse se contentent d’une bétaillère…

Drôle de guerre. Les tableaux s’assoupissent en leur retraite. Le coup de tonnerre de la défaite les réveille. Et les voilà de nouveau lancés sur les routes. Les plus grands, les plus difficiles à transporter resteront en zone occupée, bientôt regroupés près du Mans, au château de . Les autres, les 3 200 autres, parcouraient 600 kilomètres, dans la cohue épouvantée et anarchique, achevaient de passer les ponts de la Loire quelques heures avant qu’ils ne sautent, échappaient aux Allemands, arrivaient en zone libre. Pas une caisse abimée, tout était intact.

Etait-ce fini ? Que non pas. Les conservateurs s’accoutumaient dans la belle lumière de Montauban à ce Musée classé ainsi qu’une bibliothèque, où l’on sortait si commodément et pour soi seul un Rembrandt ou un Cézanne, comme on extrait un livre de son rayon. Par les grandes fenêtres, il y avait des façades de briques qui égaraient leurs reflets roses dans l’eau rouge du Tarn, sous les arches gothiques du vieux pont. Du vieux pont que, le 11 novembre 1942, les bottes allemandes allaient marteler de leur pas lourd.

Il fallait s’éloigner à nouveau, chercher une retraite plus sûre, moins offerte aux curiosités germaniques. C’est alors que le convoi, les convois plutôt, qui totalisaient soixante camions, s’ébranlèrent de nouveau, et cette fois vers le Lot, vers le Causse discret.

La Ville de Paris venait s’agréger à cet ensemble et, face à l’Ile de Télémaque, sous le signe du doux Fénelon, confiait au Prieuré voisin de Carennac les principaux trésors de ses collections. Ce paysage « muséographique » était dominé par les ruines du château de Castelnau, où la Bibliothèque Nationale semblait abriter ses plus beaux manuscrits derrière des murailles défiant d’anachroniques bombardes ou couleuvrines.

Et maintenant, les toiles restent dans leurs emballages. On s’occupe désormais d’autre chose que de les regarder. Le nombre de gardiens s’accroît, on parle beaucoup alsacien autour des caisses. C’est qu’il y a plus que des tableaux qui soient mis à l’abri, il y a aussi ceux-là mêmes qui les gardent. On a mis, sous cette placide couverture, des hommes surs et menacés, des émigrés des provinces de l’Est, des réfractaires, des évadés, et même huit condamnés à mort, mais personne n’en sait rien, sauf le conservateur ; ils s’ignorent entre eux ; c’est discret un condamné à mort !

Au centre René Huyghe, à gauche le commandant Lavaysse et Raoul Dufour

Deux mois après l’arrivée, un groupe de Résistance s’organise ; mais, là encore, pour éviter des bavardages, pour ne pas compromettre la sécurité des œuvres, les membres se connaissent tout au plus par trois.

Groupe des résistants chargé de protéger les oeuvres du Louvre mises à l’abri au Château de Montal. 

Pendant ce temps, à Paris, les choses ne vont pas toutes seules. Le Directeur des Musées Nationaux, M. Jacques Jaujard, qui a constitué en France, pour les Musées de l’Etat, pour les Musées de province et même pour les Archives, plus de 80 dépôts, et qui orchestre avec une énergique activité cet énorme ensemble, dont il a d’ailleurs fait tenir la liste à nos amis anglais. M. Jaujard doit se battre avec une fermeté inlassable contre l’avidité des conquérants, qu’encourage sadiquement le gnome hydrocéphale Bonnard.

Cependant que, se prêtant complaisamment aux injonctions allemandes, l’Administrateur vichyssois de la Bibliothèque Nationale, Bernard Fay, extrait de Castelnau, pour les ramener à Paris, ses caisses les plus précieuses, M. Jaujard, entouré des conservateurs, qui à l’unanimité se sont solidarisés avec lui, fait traîner en longueur les négociations d’échange, s’oppose à tout enlèvement et même à tout rapatriement préliminaire à Paris.

Que d’aimables souvenirs ! M. Abel Bonnard, écumant, la voix aussi aiguë mais moins harmonieuse que celle d’un chantre de la Sixtine, s’emporte et déclare qu’il n’admettra « aucune résistance, ni rétive, ni chétive ». Charme de l’expression et charme des manières ! Evoquerai-je cette sorte de danse de Sioux que, convoqué impérativement à son bureau, il me souvient de l’avoir vu exécuter (c’était à la fin de 1943), le cheveu rare mais aérien et flottant, un élégant coupe-papier en sa main frêle et soignée, autour du fauteuil où il m’avait fait asseoir, pour me déclarer que nous étions « une bande de gôllistes », ainsi qu’il s’exprimait.

Jacques Chapou “Philippe”

Cependant, l’aimable jeune homme, qui lui servait de chef de cabinet, était posté derrière le dossier dudit fauteuil, pour sténographier les réponses qui constituaient ma part en ce cordial entretien, Cabinet de juge d’instruction, tout au plus.

Dans le même temps, nous étions entrés en liaison avec Chapou, l’admirable et héroïque “Philippe”, chef déjà légendaire de la Résistance du Lot, pour envisager avec lui l’enlèvement dans le Maquis des tableaux du Louvre, au cas où le Gouvernement aurait voulu les livrer à l’Allemagne.

Le Commandant Lavaysse

Ce plan, nous devions le reprendre et l’étudier plus tard avec le Commandant Lavaysse, chef de notre secteur, une de ces figures de patriotes inflexibles qui confirmait la foi dans la France, perdue par des Maréchaux séniles.

Le temps passait. Il fallait résister aux pressions allemandes, faire traîner en longueur les négociations volontairement stériles, guetter d’un œil soucieux la montée croissante des menaces. En décembre 1943, le Maréchal Goering faisait savoir qu’il invitait mon collègue des Sculptures, M. Marcel Aubert, membre de l’Institut, et moi-même à passer un week-end en sa propriété proche de Berlin, pour visiter ses collections, fruit de ses razzias.

Trois semaines de résistances, de discussions et le voyage était finalement éludé. « Le Maréchal est furieux », énonçait son aide de camp, qui avec une finesse toute germanique ajoutait, comblant nos vœux : « Aussi, il ne vous invitera jamais plus ! ». On regardait vers l’horizon, celui des côtes. A quand le débarquement ? « Nous tiendrons bien jusqu’en février, pronostiquait M. Jaujard. D’ici-là… » Bien sûr, février, mars, avril passaient. Les pressions s’accentuaient. « Nous tiendrons bien jusqu’en… ». Six juin. Enfin. Le débarquement. Les communications coupées. Les Allemands occupés à bien d’autres choses. Ouf !

L’ère du Maquis commençait.

Qui d’entre nous ne se souviendra de cette période comme d’une des plus belles de sa vie, nourrie de tant d’espérance, de l’allégresse d’une fierté, d’une liberté reconquises qui s’affirmaient et s’étendaient chaque jour ?

Tout ce qui est beau dans la vie n’était plus perdu, n’était pas encore acquis, était à conquérir, à façonner, à chaque heure ; tenait dans la main, comme la glaise sous le pouce pétrisseur. Tout est possible. Les êtres pensaient encore à l’essentiel d’eux-mêmes, vivaient de l’essentiel d’eux-mêmes, n’avaient pas trop de temps de retourner à leurs petitesses. C’est bien cela : l’essentiel seul comptait ; on ne vivait plus que dans l’essentiel, et chacun révélait le plus pur de lui-même – parfois – souvent. Les laids avouaient plus crûment leur laideur, eux aussi. Il faudra se souvenir de ce temps-là.

Les colonnes de répression, la division Das Reich, celle qui s’illustra sinistrement à Oradour, venaient bien de temps à autre rechercher l’insaisissable Maquis ; elles brûlaient Terrou, fusillaient quelques civils. Sur l’une d’entre elles tomba, un jour, André Malraux. Par elle, fut fait prisonnier, pour notre plus grande angoisse. Et pourtant, chaque jour, la Libération se faisait plus sûre, plus définitive.

Le 14 juillet au matin, dans le ciel de un vrombissement formidable se répercutait aux échos des falaises proches de Césarines. Quatre-vingt-seize bombardiers américains, étincelles métalliques dans le soleil, environnés du vol de moucherons des chasseurs, venaient parachuter – un parachute blanc, un parachute bleu, un parachute rouge – des tonnes de matériel et d’armes pour le Maquis.

En l’honneur de la Fête Nationale, flottait un énorme drapeau tricolore de six mètres de long, celui-là même qui avait servi lors de l’inauguration officielle du château par Poincaré, et qui, depuis, n’était plus ressorti. Dans la vaste prairie proche s’étalaient de grandes lettres de huit mètres, « Musée du Louvre », que par précaution contre les bombardements possibles, on avait tracées sur le sol. Il n’en fallait pas plus pour tromper les aviateurs en quête du point de chute et pendant dix minutes, les appareils tournèrent, déchaînant leur vacarme au-dessus des toits, lançant fusées sur fusées « balisage insuffisant, préciser », pour s’éloigner enfin, après nous avoir offert ce magnifique carrousel de 14 juillet. Les containers de mitraillettes n’allèrent pas rejoindre les caisses de tableaux.

Peu à peu, les routes redeviennent libres, les voitures aux fanions tricolores roulent, enivrées de leur vitesse. Les visites se succèdent, bien peu officielles, pas encore officielles.

Jean Lurçat

Une nuit, c’est Jean Lurçat qu’il faut faire coucher dans la « Chambre du Gréco », pour lui rappeler qu’il existe de la peinture, car, dynamique et infatigable, il ne vit plus que pour le Front National.

Le vendredi c’est le Docteur Pierre qui passe, entre deux opérations de gars du Maquis, le Docteur Pierre dont nul n’ignore qu’il est le Docteur Rougier.

Dr Rougier

Le Docteur Pierre que Mme Rougier, intrépide, pilote sur les routes mal fréquentées d’uniformes verts.

Quel beau coup de filet, c’eut été que ce déjeuner qui groupa Jean Cassou, l’œil et la bouche plus plissés d’ironie que jamais, insoucieux de tout danger, et qui, quelques semaines plus tard, manquera périr sous le martèlement des crosses allemandes ; le grand Georges, pardon, le Colonel Georges, métallo, soldat et diplomate, aussi riche en bonhomie cordiale qu’en ferme autorité ;

Le Colonel Vény

Le Colonel Vény, jadis Commandant dans la Légion étrangère, naguère Chef d’Etat-Major de la défense de Madrid et qui, lancé à soixante ans, avec une fougue intacte, dans la Résistance, réunit 24 000 hommes sous ses ordres !

Qui donc encore ? Tous les Chefs du Front National ; Germain, Chef de la zone sud ; Tamaris, Chef régional ; Benoît, Chef départemental. Mais les gardiens du Louvre savent qu’ils montent ce jour-là double garde.

D’ailleurs, sur cinquante-deux gardiens, cinquante-deux se sont engagés dans les F.T.P., et le conservateur peut bien, sans compromettre la sécurité des dépôts, avouer qu’il est capitaine F.F.I. Une équipe du Louvre ne sera-t-elle pas parmi les premières troupes à entrer dans Cahors libérée ?

Mais voici que la place manque pour évoquer cette nuit intense, les rues désertes et noires, la ville en attente, les patriotes en bras de chemise, mal armés, montant la garde aux barricades qui ferment la ville et arrêtant de cris brefs et durs, qui résonnent dans le silence des façades closes, les autos hâtives des chefs du Maquis, fébriles d’allégresse, l’Hôtel de Ville, grouillant d’une foule affairée, derrière ses grilles qu’entrouvre à peine le concierge, les voitures qui de quart d’heure en quart d’heure déchargent, hommes et femmes, les collaborateurs qui croient encore au châtiment.

Mais l’armée allemande s’enfuit, abandonne le sol de France, comme un nuage dont l’ombre court, poussée par un vent furieux. Paris libéré ! Le drapeau de six mètres ressort et on y coud une croix de Lorraine, immense comme l’espoir.

Paris maintenant réclame ses chefs-d’œuvre, les attend, mais ils ne reviendront prendre leur place accoutumée que lorsque la victoire aura écarté toute menace d’un ultime danger. Et comme vous l’avez souhaité, n’est-ce-pas, mon cher Jean Lurçat, quelques-uns des plus illustres viendront auparavant à Cahors, dans tout l’apparat de leur beauté, se montrer enfin à ceux dont vous êtes, à ceux de la Résistance, qui ont eu si passionnément le souci de leur sauvegarde, au département du Lot, où ils ont trouvé une sûre retraite au moment le plus difficile de leur longue existence.

René Huyghe,  Conservateur en Chef des Peintures du Louvre

 

La Joconde réfugiée au château de Montal

En 1940, pour échapper à la convoitise allemande, 3 200 tableaux ou objets du Louvre sont mis à l’abri à Montauban, puis, après l’invasion de la zone “libre” en novembre 1942, transférés dans le Lot.

Pas moins de soixante camions pour les acheminer vers leurs repaires : Montal, La Treyne, Bétaille, Vayrac, Lanzac,…, notre département abritant ainsi, comme on a pu le dire, “la plus forte densité de chefs-d’œuvre au km2”.

La Joconde

Parmi eux : La Joconde de Léonard de Vinci, L’indifférent de Watteau, l’Angélus de Millet, la maison du pendu de Cézanne, La Vierge au diadème bleu de Raphaël, L’élévation en croix de Rubens, La Sainte Famille de Rembrandt, etc… En même temps que les tableaux et antiquités égyptiennes, des membres des personnels des Musées Nationaux sont aussi mis à l’abri. Le silence, la discrétion de la population complice de cette sauvegarde… tout simplement un acte de résistance qui honore les Lotois. Aucune alerte n’est à déplorer.

Pour remercier nos compatriotes, le directeur des Musées de France, organisa en novembre 1945, à la Préfecture du Lot, une exposition de treize des œuvres les plus prestigieuses.

Une ombre à cette réussite : la mort de Maximin Guitard.

Un allemand, gravement blessé dans l’engagement du 19 juin 1944, près de Souillac, est secouru par un employé du Musée de Lanzac et soigné par le régisseur. Prévenus par la mairie de Souillac, les Allemands viennent de Brive pour récupérer le blessé le 21 juin.

Malgré cet acte humanitaire des Français, les Allemands emmènent en otage cinq employés des Musées Nationaux et deux habitants de la commune. Pendant que ces événements se déroulaient, Maximin Guitard, qui à leur approche essaya de s’enfuir, est froidement abattu. Les otages sont partis vers Brive, dans des camions chargés de troupes et d’otages, tombant sans doute dans des embuscades, au nord de Souillac, repassent en fin d’après-midi en route vers Cahors.

Ils seront emprisonnés à Cahors, puis à la prison Saint-Michel de Toulouse et seront libérés le 8 août 44. Deux d’entre eux seront gardés prisonniers jusqu’à la libération de Toulouse par les résistants Lotois, le 20 août. (Source : Musée de la Résistance, Cahors)

8 juin-20 juin 1944, la Division Das Reich

D’après Max Hastings, traduit de l’anglais par René Brest,
Pygmalion Gérard Watelet, Paris, 1983.

8 juin 1944

La division SS “Das Reich” quitte Montauban. Elle sera retardée par la Résistance et les bombardements de l’aviation alliée. Les horribles représailles de Tulle et d’Oradour-sur-Glane seront le prix de ce retard qui permit d’éviter une concentration des forces allemandes face aux troupes Alliées.

Insigne 2e SS Panzer Division Das Reich

15 000 hommes, 209 chars et pièces d’artillerie autoportée quittent Montauban. C’est la 2e division cuirassée (Panzer) de la Waffen SS, Das Reich. Elle va entreprendre un mouvement de 725 km qui s’achèvera quinze jours plus tard en Normandie. Le temps pour cette formation d’acquérir une réputation sinistre et de s’inscrire dans l’histoire parmi les plus atroces chapitres de la Seconde Guerre mondiale.

[…]

Dans son histoire officielle de la section française du S.O.E (Spécial Operation Executive : Exécutif des opérations spéciales), le Pr Foot (Doyen des historiens britanniques et américains de la Résistance, ancien officier de renseignement de la brigade des SAS britanniques en 1944) écrivait sur la division Das Reich :

« La quinzaine de jours de retard imposée à un déplacement qui n’en exigeait que trois peut avoir contribué d’une façon décisive au succès de la mise en place par les Alliés d’une tête de pont en Normandie.

Les Allemands furent si malmenés durant leur parcours qu’à leur arrivée sur le front… leur agressivité n’était plus celle du départ… La division Das Reich était tel un cobra qui, ayant agacé ses crocs contre un bâton agité devant lui, aurait considérablement perdu de sa dose de poison. »

D’anciens résistants et agents alliés ont pu oublier, au fil des ans, quelques événements de la Seconde Guerre mondiale. Mais aucun, ni aucune, d’entre eux n’oubliera jusqu’à sa dernière heure la réception de « son message » personnel, envoyé par la radio à Londres le 5 juin 1944.

« La girafe a un long cou », son message, Jacques Poirier le reçut au cœur d’un maquis cantonné dans la solitaire dignité du château de Poujade en surplomb de la vallée de la Dordogne. Depuis quelques mois les Allemands n’exerçaient plus un contrôle aussi attentif sur une grande partie de ce département pour lequel ils se contentaient d’occasionnelles expéditions punitives. Sous le pseudonyme de « Nestor », Poirier, délégué du SOE pour la Dordogne et la Corrèze, était à l’origine des parachutages d’armes au profit de ces milliers de maquisards qui étaient maintenant impatients de s’en servir. Pendant cette nuit du 5 juin et les jours suivants, Poirier sillonna la région à travers bois et collines, donnant cette seule consigne à tous les maquis : « Foutez le maximum de pagaille… »

Le capitaine Marius Guedin, un ancien du 60e RI, était l’un des rares dirigeants de la Résistance en revanche à savoir depuis plusieurs mois ce que ses hommes auraient à faire. Né à Brive-la-Gaillarde, la bien nommée, au pied des contreforts du causse corrézien, il avait été, à son retour en 42 de captivité outre-Rhin, l’un des premiers à tenter de monter un mouvement local de résistance, et à poursuivre une action aussi délicate avec une ténacité cachée derrière un aspect timoré de « père tranquille » à lunettes. Il était en liaison avec des officiers britanniques envoyés dans la région — Jacques Poirier fut le dernier en date. C’est lui encore qui repoussa les propositions des agents envoyés par de Gaulle pour coiffer l’Armée secrète locale.

En juin 44, le chef départemental de cette formation, Vaujour, assurait disposer de 5 000 maquisards et résistants clandestins et de son côté Guedin commandait avec efficacité les opérations sur le terrain. Il était persuadé qu’après le débarquement allié, la division Das Reich se porterait au nord, et traverserait son secteur afin de renforcer la contre-offensive allemande. Dès mars 44, il ordonna à ses hommes de se tenir prêts à se déployer au Jour J, compagnie par compagnie, et de cerner les ponts de la Dordogne, au sud de la Corrèze et au nord du Lot.

Le 6 avril 1944, Adolf Hitler convoqua son état-major pour désigner les unités susceptibles d’être retirées du front russe pour renforcer le dispositif occidental contre l’invasion alliée. C’est ainsi que les 2500 survivants du groupe d’assaut Lammerding, rescapés de l’une des plus redoutables divisions cuirassées de l’Allemagne nazie, reçurent en Russie l’ordre d’abandonner la boue et les inondations, accrues par la fonte des neiges, et d’embarquer dans un train qui, traversant l’Europe, devait les conduire finalement à Tulle, à Oradour-sur-Glane et en Normandie. Abandonnant sur place quelques chars, véhicules et pièces d’artillerie ainsi que des milliers de cadavres sur les marécages glacés du Pripet et de la « poche » de Tcherkassk, ils avaient apprécié cette délivrance et entrepris le périple qui, de cet enfer de la Prusse-Orientale, devait les mener d’un point à l’autre de l’empire du Führer, et maintenant à son extrémité occidentale.

Carte montrant les parcours de la division Das Reich et ses régiments dans le Sud-ouest de la France en mai et juin 1944

En cette cinquième année de guerre, Hitler se faisait des illusions en qualifiant la Das Reich de «vieille division ». Les soldats, à l’instruction autour de Montauban, étaient en majorité composés d’appelés qui auraient fait sourire les «vieux» SS de 1939. Aussi, lorsque Sadi Schneid, jeune Alsacien affecté à la division depuis février à Bordeaux, se plaignit d’un mal de dents, un sous-officier partit d’un gros rire, se souvenant que la Waffen SS d’avant-guerre, légion des surhommes nazis, refusait impitoyablement tout candidat entaché d’une imperfection physique, fût-ce un simple plombage dentaire.

[…]

Néanmoins, en dépit de la médiocre qualité des recrues, malgré de criantes pénuries de carburant, de moyens de transport et d’armement qui entravèrent l’instruction au cours du printemps 44, la Das Reich représentait encore une formidable puissance de feu.

[…]

A cet égard, le général Heinz Bernard Lammerding, commandant la division Das Reich en juin 44, était par excellence un pur produit de la nouvelle aristocratie nazie. Né à Dortmund, ingénieur diplômé, il s’était très tôt converti au national-socialisme. Nommé directeur d’une école d’ingénieurs de SA, il occupa divers postes pour cette organisation jusqu’en 1935, date à laquelle il devint membre des SS sous le n° 247062.

Capitaine du génie dans la Waffen SS au début de la guerre, nommé pendant deux années à l’état-major divisionnaire des Verfügungstruppen (novembre 40 à août 42) il commanda ensuite un régiment d’infanterie. Cette promotion fut suivie d’une courte période à l’état-major d’un corps cuirassé avant que ne lui soit attribué en juin 43 le poste de chef d’état-major du général Von der Bach-Zelewski. (Ce dernier se fit une réputation en menant avec une brutalité incroyable des opérations de nettoyage à l’encontre des partisans lors de la progression allemande en Russie.)

La signature de Lammerding figura sur nombre de documents effroyables ordonnant la destruction totale pour complicité de villes et de villages. A la fin 43 Lammerding prit le commandement des troupes de la Das Reich qui, sur les arrières de cette division, luttaient contre les partisans et, le 25 janvier 44, il fut promu à la tête de la division elle-même. Le 22 mai 44, alors qu’elle tenait garnison à Montauban, il venait de recevoir et de fêter la croix de chevalier pour services rendus en Russie. Il n’avait que trente-huit ans.

[…]

Bien que déjà fort en retard sur son programme, l’entraînement de la Das Reich fut au cours de ce printemps régulièrement interrompu. Les unités de la division durer participer à des ratissages et à des expéditions punitives contre la Résistance qui, de semaine en semaine, intensifiait son harcèlement par le fait de tireurs isolés, de barrages routiers, de sabotages les plus divers et les plus dispersés tout autour du vaste secteur où la division s’était installée, mettant à profit une cinquantaine de casernes et de camps.

Selon Albert Stuckler, la division perdit en mai 44, par l’action des terroristes, une vingtaine d’hommes et une centaine de véhicules. Un jour, dans l’hôtel d’un village proche de Caussade, un soldat fut abattu avec son épouse venue le voir, et un sous-officier fut tué par une rafale de mitraillette en sortant d’un café de Figeac.

Aussi, durant les dernières semaines précédant le Jour J, la Das Reich s’en prit-elle à la Résistance. Les représailles n’eurent pas de commune mesure avec celles effectuées en Russie, mais elles furent, à l’époque, douloureusement ressenties.

Le 2 mai, à 2 km environ de Montpezat-de-Quercy, la patrouille d’un bataillon de chars fut victime d’un tir lors de son entraînement.

Aussitôt les SS s’abattirent sur Montpezat, incendièrent plusieurs maisons, pillèrent sans vergogne et malmenèrent les civils trop lents à se soumettre. Toutes ces journées se soldèrent par un effroyable bilan.

Ainsi, le 11 mai, les Panzergrenadier du Der Führer se livrèrent dans le Lot à une série de ratissages. Vingt-quatre personnes, dont quatre femmes, furent arrêtées à Saint-Céré et déportées ; quarante à Bagnac. A Cardaillac deux femmes furent atteintes par des balles et l’une en mourut. A Lauzes, Mme Moncoutre, une quinquagénaire, et sa fille de vingt ans, Berthe, qui gardaient des moutons furent tuées. A Orniac, tout fut systématiquement pillé.

Le 1er juin, une unité de chars, qui se déplaçait au nord de Caylus, mitrailla six civils à Limogne, un à Cadrieu et deux à Frontenac. Le 2 juin, après le coup de main d’un maquis en rase campagne, vingt-neuf fermes furent incendiées ainsi que le village de Terrou dont les 290 habitants se retrouvèrent sans abri. Le 3 juin, après l’attaque d’un véhicule SS près de Figeac, deux vieillards âgés de soixante-douze et soixante-quatorze ans furent fusillés sur place.

Dans une ferme de Viazac, un village voisin, les SS fusillèrent sans plus de procès six hommes et une femme. Ce n’était pas tout, hélas : l’action la plus meurtrière de la Das Reich, dans ces jours de mai, fut un raid sur Figeac où les Allemands découvrirent dans un repaire de la Résistance 64 fusils, 3 fusils mitrailleurs, 31 pistolets mitrailleurs et un bazooka. La ville paya un prix terrible : plus de mille personnes furent arrêtées et déportées en Allemagne, et quarante et un habitants furent abattus.

Ces opérations effectuées par la Das Reich irritaient cependant l’état-major divisionnaire soucieux de respecter son programme d’instruction.

Les Francs-Tireurs et Partisans communistes (FTP), refusaient toute autorité, y compris celle de de Gaulle. Ses membres souhaitaient que seuls les Français participent à la libération du territoire espérant sans doute que la gloire rejaillirait l’heure venue sur leur parti. Ce sont eux qui par la suite orchestrèrent presque tous les coups de main menés contre la Das Reich dans la région de Montauban au printemps 44, rejetant ouvertement la politique d’attentisme et d’immobilisme pratiquée par l’AS.

A Londres, rien d’autre ne semblait plus essentiel que le Jour J. Aux yeux des gouvernements alliés et des hautes instances militaires, le succès de la résistance résultait des difficultés qu’elle créerait aux Allemands et surtout du retard qu’elle ferait prendre aux mouvements des renforts vers la Normandie. Parmi ces derniers, à l’exception du nord de la France, la 2e Panzerdivision SS représentait la plus redoutable menace à considérer.
[…]

Côté effectifs, à fin mai, on évaluait à 500 000 le nombre des résistants actifs en France, dont 10 000 déjà pourvus d’armes par la section RF dans la région R 5 — englobant la Dordogne, la Corrèze, la Haute-Vienne et la Creuse —, principale zone de combat de la Das Reich, et 9 000 environ dans R 4, au sud-ouest du Lot. On pensait que 16 000 hommes de R 4 et 2500 hommes de R 5 étaient déjà armés par la section F.

[…]

Rares furent les officiers britanniques et français parachutés en France qui firent usage d’une arme sous le coup de la colère, au cours des combats de juin 44. Leurs noms reviendront peu dans l’histoire de la traversée de leurs secteurs par la Das Reich. Quant à comprendre ce qu’était la Résistance au Jour J, et le cheminement de celle-ci, il est essentiel de mieux situer les hommes et les femmes qui la composaient. Si pour ces milliers de résistants, armés de mitraillettes et de grenades Gammon, le Jour J ne fut qu’un commencement, il convient de rappeler que pour les agents du SOE et du BCRA c’était là l’épanouissement de quatre années de labeur, la fin de la période la plus difficile et la plus ingrate de la Résistance.

Hiller, officier de la section française, se trouvait dans le Lot. Cette région, paysage de causses, avec moutons et chênes rabougris, à mi-chemin de la Dordogne et du Tarn, était l’itinéraire direct de la Das Reich vers le nord. Lui-même avait été parachuté en janvier 44 avec Cyril Watney, vingt et un ans, son radio, pour prendre contact avec une organisation socialiste de résistance, appelée Groupes Vény, dont la zone d’influence s’étendait de Marseille et Toulouse au Lot et à Limoges. La mission d’Hiller consistait dans un premier temps à évaluer leur potentiel et à armer les réseaux du Lot.

Il atterrit près du lieu-dit « Les Quatre Routes », aux confins du Lot et commençait à vingt-huit ans une carrière d’agent secret.

Comme bon nombre de leurs camarades, Hiller et Watney furent désorientés et abasourdis en touchant le sol français malgré les effusions du comité d’accueil. Surpris par les phares d’une voiture qui roulait vers eux, ils se jetèrent dans un fossé au moment où elle les dépassait et, à leur grande stupéfaction, ils s’aperçurent que le petit groupe de résistants venus les attendre restait au bord de la route, indifférent à la lueur des phares, mitraillette sous le bras. Les deux Anglais comprirent qu’un gouffre séparait les mesures de sécurité serinées à l’école de formation de Beaulieu de celles appliquées en France. On les conduisit aux Quatre Routes dans une bergerie où ils passèrent leurs premières nuits ; puis Watney fut hébergé dans une maison sûre d’où il pouvait transmettre les renseignements et Hiller commença ses pérégrinations chez les résistants du Lot.

Jean et Marie Verlhac, déjà quadragénaires sous l’Occupation, étaient des résistants légendaires. Jean avait « accueilli » dix-neuf des cinquante parachutages opérés dans la région. Sa femme, une enseignante qui militait depuis des années dans un mouvement syndicaliste, était l’un des cerveaux et le principal moteur de l’extension de la Résistance dans le Lot.

Chez eux Hiller prépara, quelques jours après son arrivée, la charge explosive qu’un résistant déposa dans l’usine d’hélices Ratier à Figeac, et ce fut l’un des plasticages les plus réussis de la section F. Ainsi pendant des semaines, Hiller fut pris en charge par des hommes et des femmes qui l’abritaient au cours de ses déplacements dans la région, facilitant sa tâche, servant d’interprètes auprès des « contacts » après les avoir soigneusement filtrés.

Il passa également plusieurs nuits chez Georges Bru, enseignant lui aussi, à Saint-Céré — personnage trapu, carré, ayant le don d’organiser l’imprévu et d’y pourvoir. Hiller le voyait rentrer chez lui par les nuits d’hiver, glacé jusqu’aux os, matelassé de journaux sous son pardessus, ayant sillonné la région pendant des heures, à cyclomoteur, pour s’occuper de son réseau.

L’admiration d’Hiller pour les résistants ne diminua pas au fil des semaines, mais très vite il s’aperçut que les réseaux étaient moins puissants que Londres ne se le figurait : « Mon optimisme initial s’était envolé. Toute l’organisation était bien plus faible que je ne l’imaginais. » Tandis que se constituaient des dépôts d’armes parachutées il prit également conscience de l’absence d’un plan précis pour leur utilisation : «Tout demeurait flou, comme nos idées sur ce qui arriverait après le Jour J. »

Hiller se heurtait aussi à d’évidentes difficultés dans le maniement des maquis, composés de groupes de jeunes résistants vivant, cachés dans la nature, en hors-la-loi. La plupart étaient des réfractaires au STO et quelques-uns se montraient plus satisfaits d’avoir coupé au travail obligatoire qu’à combattre les Allemands arme au poing. Et en réalité, dans le Lot, les maquis les plus nombreux et les plus actifs étaient ceux des FTP communistes auxquels s’étaient joints bon nombre d’éléments plus ou moins exaltés, las de l’attentisme de l’Armée secrète.

De douze, en janvier 41, le nombre des Groupes Vény dans le Lot était passé à 48 en janvier 42, à 401 en juillet 43 avec 85 maquis, et à 623 en janvier 44 avec 346 maquis. Ils atteignirent leur zénith en juillet 44 après la grande mobilisation du Jour J : 156 AS et 2037 maquisards (opérant comme tels et vivant dans les bois ; les autres ne l’étant qu’à temps partiel).

[…]

La Route

Quelques heures après le débarquement — à l’aube du 6 juin — une multitude d’hommes à pied, en camion, en voiture et à bicyclette s’arma et prit le maquis dans le Lot, la Corrèze et la Dordogne, comme partout ailleurs en France.

Entendant la nouvelle à Souillac, chez le coiffeur, Odette Bach pédala pendant cinquante kilomètres jusqu’à Figeac, folle de joie. Son mari lâcha son emploi de caissier au Crédit Lyonnais et — avec un certificat médical lui permettant de toucher néanmoins ses émoluments — alla rejoindre son groupe.

[…]

En revanche, l’annonce du débarquement parvint au goutte à goutte et de façon désordonnée aux officiers de la Das Reich. Beaucoup de soldats l’apprirent par des civils français, jubilants ou inquiets, dans les rues de Montauban ou dans les villages de leurs cantonnements. A cette nouvelle, les anciens éprouvèrent un soulagement : pour eux, après l’attente et l’incertitude, la bataille décisive avait commencé.

Donc, à l’aube du 8 juin, de longues colonnes de véhicules et de blindés s’ébranlèrent dans un rayon de cinquante kilomètres autour de Montauban. En cahotant dans le petit jour blême elles quittèrent leurs camps et s’engagèrent sur les routes qu’elles défoncèrent dans un grand vacarme de chenilles. Organiser l’ordre de marche de 15000 hommes et de 1400 véhicules n’avait pas été une mince affaire.

Loin derrière le bataillon d’artillerie d’appui direct, celui des canons d’assaut automoteurs, l’état-major de la division et les unités de DCA roulaient deux bataillons de chars qui, bifurquant à Cahors, devaient emprunter la D 940 en direction de Tulle. Naturellement, si lors des manœuvres des détachements du génie avaient suivi les colonnes de blindés et avaient réparé les dégâts occasionnés au bitume des routes, ce raffinement n’était désormais plus de mise.

Sur les chars qui ne devaient pas entrer en action le jour même, deux nourrices, de chacune, 160 litres d’essence, étaient arrimées derrière la tourelle — mesure essentielle vu la précarité du ravitaillement, mais inimaginable en cas d’attaque.

Mais, les heures passant, le soleil, la chaleur, la saleté et la puanteur régnant à l’intérieur des chars devenaient insoutenables. Les chars avançaient bien plus lentement que les éléments légers et devaient faire halte toutes les deux heures pour la pause et les réparations urgentes. Ainsi, à quelques kilomètres à peine de Montauban les équipes d’entretien étaient déjà sur les dents car les axes des patins de chenille lâchaient avec une régularité déconcertante. Bref, cela sautait déjà aux yeux, cette marche d’approche s’annonçait comme un cauchemar pour les équipages.

La division roula tout d’abord sans incident sur la nationale rectiligne, longeant la voie ferrée entre Montauban et Caussade, puis elle entreprit la sinueuse escalade des collines. Le pays découvert se prêtant mal aux embuscades ou au coup de fusil d’un tireur d’élite, les hommes chantaient, décontractés, les uns adossés à leurs armes, les autres agrippés aux ridelles du camion.

La crête gravie, ils aperçurent la route ombragée de platanes glissant vers Cahors, passer sous le grand viaduc ferroviaire et enjamber le Lot avant d’entrer dans la cité médiévale. Cette route était déjà parsemée des cadavres isolés de civils abattus sous des prétextes d’intimidation ou de prévention par l’un ou l’autre des convois qui remontaient vers le nord. Après Cahors, le bataillon éclaireur, le régiment Der Führer, l’artillerie tractée et l’état-major divisionnaire, suivis des unités de soutien, poursuivirent leur route vers Souillac et Brive, plus au nord, tandis que les blindés lourds obliquèrent à l’est vers Figeac et Saint-Céré.

A une heure de distance, par route, le major Dickmann et son 1er bataillon du Der Führer tournèrent à l’ouest vers Gourdon, dans le but de pivoter dans l’est de la Dordogne pour protéger le flanc de la Das Reich en Limousin. C’est à quatorze kilomètres au-delà de Gourdon, près du petit village de Groléjac, que la division allait avoir à livrer son premier combat.

Selon les récits de la Résistance locale qui font état d’une opération menée par « la 3e section, compagnie Rémy du maquis As de Cœur », à sept heures du matin, le 8 juin, Marcel Vidal, maçon et maire de Groléjac, reçut la visite d’un marchand de bois, Victor, l’un des hommes de Guedin, connu pour être un dynamique résistant.

« Les Allemands qui remontent vers la Normandie vont traverser le village, annonça Victor ; et chacun d’entre nous doit faire de son mieux pour les retarder ou les arrêter. » Vidal et Victor allèrent frapper aux portes pour transmettre cet ordre mais tout le monde ne fut pas d’accord. Cela valait-il vraiment la peine ? Quelles représailles exerceraient les Allemands ? Combien seraient-ils, et Victor était-il certain qu’ils ne seraient qu’en camions ?…

Toutefois, l’un après l’autre, les hommes déterrèrent leurs armes et, en discutant avec animation, gagnèrent le vieux pont qui franchit la Dordogne à la sortie nord du village. Marcel Malatrait, boucher de son état et radical-socialiste comme tant de Lotois, prit le commandement. Leur petite troupe comptait deux maquisards de « Soleil » venus d’un bois proche où ils campaient. L’un se posta sur un rocher surplombant la route pour annoncer l’approche de l’ennemi par un coup de feu.

Parenthèse singulière, le revolver de Vidal lui avait été fourni par les Allemands, au titre de maire. Comme la plupart des villageois présents ce matin-là, il possédait aussi un vieux fusil à baïonnette de la guerre de 1914, chaque homme étant en outre pourvu de deux grenades provenant des stocks de la Résistance. Si presque tous avaient servi dans l’armée française (Vidal dans les chasseurs alpins) avant ce jour, aucun cependant n’avait participé à un combat. De leur côté, les deux maquisards n’avaient apporté qu’un seul fusil mitrailleur. Ils étaient donc quinze hommes en tout et se dissimulèrent autour du pont, étroit et court, puis attendirent patiemment, au soleil. Certains portaient l’espèce d’anorak marron adopté par quelques soldats de l’Armée secrète, les autres étaient en bleus de travail et s’étaient coiffés d’un béret, personne n’ayant la moindre idée de ce qui allait advenir.

A 8 h 30 précises claqua le coup de feu de la sentinelle. En tête du bataillon de Panzergrenadier du major Dickmann les half-tracks remontaient l’unique rue du village et négociaient le tournant menant au pont.

Major Dickmann

Aussitôt la poignée de Français ouvrit le feu. Les véhicules allemands stoppèrent net et des fantassins casqués, en tenue bariolée, se dispersèrent en courant pour s’abriter derrière un arbre ou un pan de mur et, peu à peu, entreprirent de débusquer les résistants regroupés autour du pont. Les armes automatiques ripostèrent par rafales aux coup par coup des vieux fusils à culasse mobile. René Lacombe, trente et un ans, qui réparait sa voiture devant chez lui en feignant sottement de ne pas se soucier des intrus, fut tué net par une balle allemande et l’hôtel Jardel, près du pont, touché de plein fouet par un obus, s’enflamma. Quelques civils cherchant à s’échapper par la porte d’entrée furent fauchés comme des lapins dans leur course.

Louis Cauquil, l’un des hommes du pont, tenta alors de le traverser d’un bond tandis que les Allemands avançaient et il fut lui aussi abattu sur la chaussée. Le reste des maquisards, sans songer à leurs grenades, dévalèrent en hâte les berges et se dispersèrent dans les fourrés. Alors le tir cessa. Les Allemands remontèrent dans leurs véhicules, laissant sur place les cadavres des Français et tandis que le convoi franchissait la Dordogne avec peu de pertes, Groléjac retrouva le silence. Seules les flammes vomies par l’hôtel et les corps jalonnant la route témoignaient du drame, geste de défi, spontané et follement téméraire, qui en moins de vingt minutes venait de coûter la vie à cinq résistants et à cinq civils qui n’y étaient pour rien.

Aujourd’hui, près du pont, une plaque rappelle leurs noms avec cette inscription : «C’est ici, le 8 juin 1944, qu’un convoi allemand subit un retard appréciable grâce au sacrifice de ces patriotes. » Le convoi aborda ensuite le petit bourg de Carsac. En franchissant le pont sur la Dordogne il se heurta à un camion transportant cinq résistants stupéfaits. L’un parvint à s’enfuir mais les quatre autres furent tués à bout pourtant.

Dickmann avait prévu de tourner à droite et de suivre la rivière jusqu’à Souillac pour y reprendre la nationale. Comme, le 6 juin, à Carsac, les hommes de Guedin avaient attaqué un avant-poste allemand juste après l’arrivée d’un train blindé qui venait le ravitailler et que trois Français avaient été blessés, la région désormais figurait sur les cartes allemandes comme un foyer de résistance. Cependant les SS de Dickmann se trompèrent un instant de route et empruntèrent, dans le bourg, celle de Sarlat, tirant sur tout ce qui bougeait. Treize personnes furent froidement abattues en quelques minutes, dont un médecin juif réfugié, Pierre Tréfail, un forgeron octogénaire, et un homme qui menait paître ses vaches. Plusieurs maisons furent également incendiées. Se rendant compte de leur erreur, les Allemands disparurent alors vers l’est après avoir fait demi-tour et prirent la route qui longe la rivière.

A Rouffilac, aidés par des civils enthousiastes, les maquisards venaient de dresser une énorme barricade en travers de la route. Le motocycliste ouvrant la marche du convoi fut tué et bien qu’elle eût atteint au bazooka une voiture blindée, la résistance put empêcher les Allemands de passer. Ces derniers tuèrent un maquisard et en blessèrent deux autres que l’on soigna à l’hôpital de Sarlat. Mais, côté civils, il y eut quinze morts. A peine deux kilomètres plus loin les Allemands abattirent deux femmes aux abords de Carlux, puis il rejoignirent la nationale à Souillac, un peu en retard sur l’horaire mais sans autre incident. L’armée d’occupation avait fait payer à l’est de la Dordogne la rançon de la révolte.

On notera que tous les résistants actifs mobilisés ce jour-là dans le Lot appartenaient aux maquis FTP ou étaient sous les ordres de l’Armée secrète de la Corrèze. D’ailleurs les Groupes Vény ignoraient tout simplement la proximité des troupes allemandes et ne l’apprirent que trop tard. George Hiller le confirme :

« Nous n’apprîmes le mouvement de la Das Reich que par le fracas de son avant-garde sur les routes du Lot. A vrai dire, il ne rencontra que peu d’opposition, sauf à Bretenoux, mais les Allemands furent rapidement capables de s’ouvrir là un passage. Deux jours durant on entendit le grondement des voitures blindées sur la route et le crépitement des fermes qui flambaient, en représailles. Les maquis de Dordogne eurent davantage de succès, en raison sans doute de leur détermination très affirmée, mais aussi grâce à un terrain plus propice. »

Mais la tragédie la plus dramatique de la journée devait se dérouler au village de Gabaudet, à quelques kilomètres au sud de Gramat, au cœur du Lot. Parmi le flot de centaines de jeunes gens quittant leurs foyers pour rallier les maquis, un groupe important s’était rassemblé dans une ferme de Gabaudet — en vue, pense-t-on, de rejoindre les FTP commandés par Robert Noireau, dit «colonel Georges ».

Robert Noireau dit Colonel Georges

Celui-ci, apprenant leur arrivée, vint les voir en voiture le soir même et il n’était plus qu’à un kilomètre du village lorsqu’il entendit un feu nourri d’armes automatiques. Par prudence il s’arrêta. Quand le silence se fit enfin et qu’il ne vit rien d’autre que des flammes s’élevant du hameau il entra dans Gabaudet et comprit : une unité inconnue, patrouillant sur le flanc droit de la Das Reich, par des chemins vicinaux, était tombée sur ce rassemblement de futurs résistants qui comprenait un certain nombre de gendarmes. Dix hommes et adolescents, une jeune fille aussi, avaient été abattus sur-le-champ. Quatre-vingts autres, emmenés pour être déportés, furent à leur plus grande surprise relâchés sur la route de Tulle.

Ce fut à la suite de ce drame que les FTP de Noireau exécutèrent un gendarme soupçonné d’avoir prévenu les Allemands.

Sur la nationale 20, où le régiment Der Führer et le bataillon éclaireur progressaient, les hommes de Guedin avaient perdu des heures à scier des arbres et à placer des véhicules en travers de la route, oubliant cette règle capitale que, pour se révéler efficaces, les barricades doivent être doublées d’une puissance de feu pour résister à l’assaut de tout convoi doté de véhicules lourds susceptibles de les enfoncer aisément. Il en fut ainsi avec la Das Reich en ce long après-midi du 8 juin. Certes, les Allemands étaient irrités et agacés, mais pas sérieusement entravés dans leur marche et le groupe d’état-major du Der Führer, y compris son chef, le colonel Stadler, dans sa voiture spéciale, roulait à vitesse de croisière quand il atteignit le petit village de Cressensac, à 16 km au nord du lit de la Dordogne.

Cette pittoresque localité, aux maisons habillées de vigne vierge, autour d’une seule rue principale où montait la poussière sous le soleil de juin, avait été le théâtre d’une échauffourée, le 31 mars, et deux résistants avaient été tués par les Gardes Mobiles de Réserve — ces GMR de Vichy, généralement honnis.

Dans l’après-midi du 8 juin les premières voitures du Der Führer furent donc soudainement accueillies par une rafale aux abords du village qui atteignit plusieurs hommes et provoqua un début d’affolement. Les camions chargés de fantassins s’immobilisèrent au bord de la route et, pendant quelques minutes, les deux adversaires échangèrent un tir nourri sans effet décisif sinon que l’infanterie, à sa grande fureur, se vit clouée sur place.

C’est alors que s’avancèrent en grondant les énormes blindés du bataillon éclaireur, doublant les camions et le groupe de l’état-major, Wulf et ses hommes jubilant au spectacle dès officiers d’infanterie qui, faute de pouvoir ouvrir le chemin au convoi, s’étaient tapis dans le fossé. Puis les blindés pénétrèrent dans le village en arrosant les positions des maquisards à coups de canon et à la mitrailleuse. Un 75 mm Pak s’acharna sur les maisons d’où l’on tirait et parvint à ébrécher le clocher. Après quoi, les résistants se replièrent vers l’est et vers l’ouest, en laissant toutefois quatre morts sur le terrain. De leur côté, les Allemands remontèrent en voiture et reprirent leur progression, précédés cette fois par les half-tracks de Wulf. Il était presque 16 heures.

Cependant, à treize kilomètres au nord, à Noailles, au faîte de la colline qui garde les approches de Brive-la-Gaillarde, un petit groupe d’hommes de la 1re division, 6e compagnie de l’As de Cœur, surveillait les lieux en prêtant l’oreille à la canonnade. Leur chef, le commandant Romain, s’entretenait avec eux lorsqu’il entendit la fusillade à Cressensac. Sautant sur sa petite moto il s’y rendit en toute hâte mais trop tard pour participer à l’action, et faillit se heurter au convoi. Le groupe de Noailles venait d’être renforcé par neuf déserteurs des GMR, beaucoup d’entre eux s’étant enrôlés dans la Résistance depuis le Jour J. Plusieurs de ces gardes mobiles, dont leur chef, un nommé Lelorrain, se trouvaient encore auprès de leur véhicule lorsque leur parvint « un bruit infernal ».

Le premier des blindés de Wulf débouchait sur la crête. Il ouvrit instantanément le feu, atteignant du premier coup Lelor­rain et plusieurs autres. Quelques résistants ripostèrent mais la plupart durent s’éparpiller dans les maisons et les jardins : après seulement trois heures passées au service de la cause des Alliés le chef des GMR agonisait au bord du chemin parmi d’autres Français déjà morts ou mortellement blessés. La longue côte de Brive était ouverte aux Allemands. Toute la soirée, et tard dans la nuit, ils avancèrent lentement, de village en village, chaque unité se livrant au passage à des réflexions ironiques à propos de l’origine des flammes qui léchaient encore les squelettes des maisons et au sujet des débris de chars à bœufs et d’arbres sciés — vestiges de barricades rejetés sur les bas-côtés par les half-tracks.

Mais les maquisards de Guedin pouvaient s’enorgueillir d’avoir contraint la division Das Reich à mettre six heures, au lieu de trois peut-être, pour effectuer les 64 km la séparant de Brive.

Le 9 juin au matin, la 1re section de la 3e compagnie de l’As de Cœur gardait le pont de Bretenoux sous le commandement, ironie du sort, d’un jeune Alsacien, le sergent Frédéric Holtzmann, « Fred » pour ses hommes. Grand, blond, la vingtaine, c’était le type même du garçon susceptible d’être enrégimenté chez les SS s’il n’avait fui son foyer proche de la frontière allemande. Aux petites heures de la matinée était parvenue la nouvelle (probablement par téléphone, des environs de Saint-Céré où la Das Reich venait de passer la nuit) de l’approche d’un convoi ennemi. Tirés de leur lit, beaucoup d’habitants avaient pris le large, se cachant dans la campagne ou dans les bois, tandis que vingt-six maquisards, nantis de fusils et de quelques armes automatiques, s’étaient embusqués autour du pont et sur des toits pour contrôler les accès.

Empruntant la rue principale les premières voitures allemandes abordèrent le pont vers 6 h 30. Deux maquisards envoyés à moto en reconnaissance du côté de Saint-Céré ayant essuyé des coups de feu décrochèrent en vitesse, Mais les résistants retranchés autour du pont ont déclenché à leur tour le tir. C’est le début d’un engagement opiniâtre pendant trois heures pour ouvrir la route. Alerté par les tirs à son PC de Montplaisir, Marius Guedin a dépêché un sous-officier et un détachement pour se rendre compte de la situation. Mais arrivés aux abords de Bretenoux il leur sera impossible d’approcher du pont et ils se contenteront d’observer le combat : les Allemands utilisaient à présent des mortiers et Guedin, ayant rejoint son détachement, jugera lui aussi qu’il n’y avait rien à faire.

Les SS, ayant enfin traversé la Dordogne à gué, attaquaient les maquisards par les flancs et déjà Holtzmann, sévèrement touché, ne pouvait plus bouger. Quant aux autres, il était déjà trop tard pour battre en retraite. Plusieurs maisons et trois voitures allemandes étaient en flammes et dix-huit des vingt-cinq défenseurs du pont venaient de succomber.

A 8 km au nord, à Beaulieu, un bref accrochage avec un autre groupe des hommes de Guedin se solda par trois morts. Quant à la dernière section de la 3e compagnie, embusquée au carrefour de La Graffouillère, encore plus au nord, elle vit les blindés approcher mais n’engagea pas le combat. De sorte que le flanc droit de la Das Reich put entreprendre alors la longue descente vers Tulle sans nouvel incident.

D’après la Résistance les pertes subies par la division SS, entre Montauban et Tulle au cours des 8/9 juin, se sont élevées à plusieurs centaines et beaucoup de témoignages dans la région font état des mêmes chiffres. On sait aussi que le colonel Kreutz fut consterné de découvrir qu’un petit détachement des services de maintenance, demeuré en arrière du convoi pour réparer un véhicule en panne, venait d’être massacré par des maquisards. Cela dit, aucune raison, semble-t-il, ne permet de mettre en doute le bilan d’ensemble des pertes allemandes pendant cette première marche, à savoir : une quinzaine de tués et plus de trente blessés. Du côté français, nous l’avons vu, les morts dépassaient déjà la centaine.

Voici par ailleurs le texte précisant simultanément les instructions du service opérationnel de l’OKW et qui portait sur la situation en Corrèze, en Dordogne et dans le Lot :

« Des rapports sur l’Armée secrète et les actes de terrorisme dans cette région établissent que les actions des maquis atteignent des proportions considérables. Le 66e corps de réserve avec la 2e Panzer SS, qui sont placés sous les ordres du commandement militaire en France, doivent immédiatement passer à la contre-offensive, châtier avec la plus extrême rigueur et de toute leur puissance, sans hésitation. L’issue de ces opérations est de la plus haute importance pour celles engagées à l’ouest.

Dans les régions partiellement infestées il est nécessaire de prendre des mesures d’intimidation envers la population. Il est indispensable de briser l’esprit de celle-ci par des exemples et d’éliminer chez les habitants toute velléité de soutien aux maquis sous quelque forme que ce soit… »

Venant des contreforts du Lot, la nationale descend de façon très prononcée vers Brive-la-Gaillarde, baptisée ainsi pour avoir résisté par elle-même à de nombreux sièges au Moyen Age.

La cité comptait en 1944 trente mille habitants, qui, à l’inverse de beaucoup de Français à l’époque, pouvaient bénéficier des cultures maraîchères et fruitières de son bassin. Ses places et ses artères centrales évoquaient alors davantage la respectabilité et la prospérité que l’art pur mais Brive avait déjà la réputation d’une ville agréable et accueillante.

Au soir du 8 juin donc, l’avant-garde de la Das Reich y pénétra, venant de Noailles. « Brive était comme une ruche » déclara Heinrich Wulf. Dès qu’ils virent poindre le convoi les habitants désertèrent les rues et s’enferment chez eux, non sans regarder par les fentes des volets le plus puissante formation ennemie qu’ils n’avaient jamais vue ferrailler en grondant vers l’Orstkommandastur (Etat major de la place).

Quelques véhicules trahissaient nettement des traces de combats et, tout recouverts de poussière, étaient bondés de soldats en tenue bariolée. Un trophée macabre gisait sur le capot d’un half-track. Il s’agissait de la dépouille du maquisard Maurice Vergne, ramassée à Cressensac sur le bord de la route.
[…]

En conséquence, on délibéra brièvement de la meilleure façon d’employer les éléments de la division ayant le mordant nécessaire pour rétablir l’ordre. Pour l’instant l’état-major divisionnaire — plus de cent hommes et trente véhicules — irait passer la nuit à Tulle et Stuckler, son chef, prendrait langue le lendemain avec le 66e corps de réserve à Clermont-Ferrand. Dans le cas d’incidents majeurs à Tulle (des messages affolés de sa garnison parlaient d’encerclement et de situation de crise), le bataillon éclaireur de Wulf, avec ses blindés et ses canons de 75 mm, serait tout désigné pour venir rapidement à bout des maquisards.

Quant à l’artillerie, à la DCA et aux interminables unités d’arrière-garde, elles camperaient sur la route de Brive à Limoges au fur et à mesure de leur arrivée, le général Lammerding se proposant de superviser lui-même leur disposition sur le terrain. Enfin le régiment Der Führer devait continuer sans attendre sa progression en direction de Limoges. Comme prévu, il se déploierait autour de la ville, afin d’appuyer la garnison locale. Seuls les blindés lourds qui étaient encore loin, et cheminaient pesamment sur la route en lacet au sud de Saint-Céré, rejoindraient un peu plus tard la division.

[…]

Parmi les principaux personnages de ce récit Jean-Jacques Chapou, qui mena l’assaut de Tulle par les FTP, a été tué au combat quelques semaines plus tard.

Le lieutenant Walter Schmald, pris en juillet par les résistants, a été fusillé — certains disent même qu’il eut une mort beaucoup plus atroce.

George Hiller est entré dans la carrière diplomatique, qu’il s’était promis d’embrasser avant la guerre, et a même été ambassadeur de Grande-Bretagne avant sa mort en 1973.

Jacques Poirier et Peter Lake ont reçu et accepté la reddition de Brive en août 44, tandis que George Starr entrait dans Toulouse avec ses maquisards sur les talons des Allemands.

Frayssinet le Gélat 21 mai 1944

FRAYSSINET-LE-GÉLAT est une commune située sur la Thèze et sur l’ancienne RN660 à 32 km au Nord-Ouest de Cahors.

Le 21 mai 1944, la 2e division SS Das Reich – qui allait perpétrer les tueries de Tulle et d’Oradour-sur-Glane – investit le village de Frayssinet-le-Gélat soupçonné d’abriter un important groupe de résistance. Vers 17 heures, deux colonnes venant de Villefranche-du-Périgord traversent le village et s’arrêtent sur la route de Cahors.

A 18 heures 30, une dernière colonne arrivant de Fumel stoppe au cœur du bourg. Tous les hommes sont rassemblés sur la place du village, les lignes téléphoniques sont coupées. Trois femmes sont pendues et onze hommes sont fusillés.

Un monument à la gloire des victimes de la barbarie nazie a été érigé sur la place du village, avec comme épitaphe : Aux martyrs de la barbarie nazie – 21 mai 1944, Souvenez vous

Le 21 mai 1944, vers 17 heures, deux colonnes allemandes venant de Villefranche-du-Périgord et La Thèze traversent Frayssinet et vont s’arrêter sur la route de Cahors à quelques centaines de mètres du bourg.

A 18 h 30, une troisième colonne arrive de Fumel, où à Lacapelle, à Lassalle, ils avaient déjà semé la terreur.

Les camions à peine arrêtés, des soldats sautent et se précipitent dans les maisons qu’ils fouillent méticuleusement. Le tambour passe, intimant aux hommes l’ordre de se rendre sur la place, sans délai.

La ligne téléphonique est immédiatement coupée, les poteaux renversés par les automitrailleuses, les isolateurs descendus à coups de mousqueton. Les hommes du village, bras en l’air, sont fouillés, certains brutalement battus. Les briquets, les couteaux sont confisqués. Puis commence la vérification des identités.

A ce moment, un coup de feu retentit. Il est parti de la maison Lugan, dans laquelle un groupe de soldats allemands essaie de pénétrer. Un soldat tombe. S’agit-il d’une mise en scène ou est-il réellement touché ? Aussitôt, les allemands se ruent dans les maisons. Femmes, enfants, vieillards vont rejoindre les hommes. Les maisons sont pillées (postes, vélos sont chargés sur les camions. C’est à ce moment que la maison Lugan, complètement vidée, est incendiée).

Les mitrailleuses sont braquées sur la population qui est gardée sur la place par des centaines de soldats allemands, l’arme au poing. Les civilisateurs de Pétain suspendent une corde à la console électrique de la maison Delord, en face le Monument aux Morts. Cette corde est passée au cou de Mme Agathe Pail­hès, une femme de 80 ans !  Les enfants sont conduits dans l’église.

Le porte-parole des brutes nazis s’écrie :

« Une femme a tué un Allemand. Si, dans dix minutes, la coupable n’est pas dénoncée, vous êtes tous morts. » Personne ne savait. Tout le monde se taisait. Seule, Yvonne Vidilles, une pauvre malade, continuait à parler.

Mme Wagner, l’institutrice, femme d’un G.M.R. milicien, s’avance et dit aux allemands : « Prenez-la. Elle a des armes chez elle. » Yvonne Vidilles, par les cheveux, est amenée chez elle et abattue à coups de revolver.

Pendant ce temps, Mme Agathe Pailhès est pendue, puis traînée, et finalement jetée dans les flammes. Un groupe de quelques soldats vient montrer à un officier deux revolvers et des balles qui avaient été trouvés chez Bariéty, mouchard officiel. Bariéty s’avance, montre les papiers et rejoint sa place !

L’interprète hurle : « Il devait y avoir, ce soir, à Frayssinet, une réunion de terroristes. Vous le savez. Si vous ne le dites pas, vous êtes tous fusillés. » (Il n’y avait pas, à Frayssinet, un seul Maquis !)

Les soldats allemands font alors un tri parmi les hommes. Une vingtaine sont dési­gnés, séparés de la foule et placés devant la maison Delord. Neuf seront relâ­chés. Les deux nièces de Mme Pailhès, Juliette Balet et Marguerite Badourès, sont pendues.

Dix hommes, choisis parmi les plus beaux, sont désignés. La population, qui était rassemblée autour du Monument aux Morts, est forcée de se rap­procher de l’église pour assister au massacre. Quelques hommes essaient d’intervenir, mais ils sont battus.

Vers 21 heures, cinq par cinq, les otages sont amenés à côté de l’église, et. presque à bout portant, cinq mousquetons et deux mitraillettes tuent !

Les cinq premiers : Mourgues Gaston, 51 ans ; Verlhac Georges, 23 ans ; Mourgues Guy, 19 ans ; Coudre Edmond, 23 ans ; Lemaître Henri, 21 ans. Les cinq autres : Musqui Elisée, 31 ans ; Delmas Edouard, 40 ans ; Marmier Gaston, 20 ans ; Soulié Gabriel, 40 ans ; Mandés da Cougna Joaquim, 30 ans.

Musqui qui, au gré des soldats allemands ne se pressait pas pour aller se placer devant les camarades morts, reçut un coup de crosse dans le dos. Tous sont morts très courageusement. Dans l’intervalle des deux fusillades, Georges Lafon tente de s’enfuir, tombe à 150 mètres ; son cadavre est mutilé : crâne enfoncé, yeux arrachés.

Les hommes sont morts depuis quelques minutes à peine lorsque, sans que personne ne puisse dire d’où il arrive, Wagner, le G.M.R. milicien, est au gar­de-à-vous, devant l’officier allemand, avec lequel, ensuite, il discute. Il lui offre même des cigarettes !

Il s’avance vers le « tas » des morts qu’il regarde en souriant sadiquement. Les femmes et les enfants doivent alors rentrer après être passés devant leurs morts vers lesquels ils ne peuvent même pas se pencher : il y a la menace des coups de crosse.

Les hommes, 52 sur 64, vont enterrer les victimes. A ce moment-là, Wagner parlemente avec l’officier allemand, et son beau-père Borie avec toute sa famille rentre chez lui. Vers 22 heures, les assassinés sont mis sur une charrette qui les porte au cimetière où ils sont d’abord fouillés. On leur prend tout : alliances, portefeuilles, montres. Le cimetière est cerné par une centaine de soldats allemands qui, de temps à autre, tirent des coups de mitraillette.

Sous menace de mort, la fosse doit être creusée en deux heures, dans l’obs­curité, sans parler, sans pleurer. A minuit, les cadavres sont ensevelis dans la fosse commune. Les survivants sont enfermés dans l’église jusqu’au lendemain 10 heures.

Pendant la nuit, le pillage des maisons abandonnées (beaucoup de femmes et d’enfants ont passé la nuit dans les bois) se poursuit. Tous les objets de valeur : bijoux, cuir, linge, etc., et beaucoup de provisions sont volés. La Croix-Rouge est dévalisée. Les colis destinés aux prisonniers, qui avaient été préparés le dimanche après-midi, sont ouverts.

Un certain nombre d’officiers allemands passent la nuit chez Wagner, à la maison d’école. Borie, père de l’institutrice, est aussi présent. Et là, c’est l’orgie avec les provisions volées. La femme Wagner s’en vantait le lendemain.

Le lundi 22 mai, à 10 h 30 départ du dernier camion allemand. Ordre avait été donné, sous menace d’avoir à faire disparatre les traces de sang, d’éteindre l’incendie, et, surtout défense d’aller au cimetière.

Nous devons à la vérité de dire qu’une personne s’est offerte, pour remplacer les otages. C’était mal connaitre les soldats allemands car depuis quelques mois, Frayssinet sentait que des mouchards travaillaient. Nous apporterons les preuves formelles, le moment venu.

Il y avait, dans ce village paisible, trois mouchards : Wagner, sa femme et Bariéty. Wagner, sa femme et Bariéty ont expié leur crime. La justice du Maquis est passée[i].

Frayssinet-le-Gélat, 1er nov. 1944, Etienne Verlhac, père de Georges, fusillé.

Extrait de Ombres et Espérances en Quercy, R. Picard et J. Chaussade, Les Editions de la Bouriane, Gourdon.

PS : Dans cette reprise du texte, le mot « boche » a été volontairement remplacé par « allemand » ou bien « soldat allemand »

Selon Guy Penaud, dans son ouvrage La “Das Reich”, p. 99, (La Lauze, 2005) : Le capitaine SS Otto Erich Kahn (à l’origine du massacre) sera condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Bordeaux, le 15 février 1949, pour le massacre perpétué à Frayssinet-le-Gélat.

[i] Selon Gilbert Verdier, dans Ma résistance (2003) pp. 150 et 151 : « Dès que la nouvelle du martyre de Frayssinet-le-Gélat fut connue et, avec elle, l’ignominieuse conduite du couple W., le tribunal clandestin F.T.P. décida de leur extermination. L’équipe de sécurité en fut chargée. Pourtant cette mission ne fut que partiellement remplie : W. n’était pas à l’école quand nous avons procédé à l’arrestation de son épouse. Avait-il rejoint son cantonnement ? Il n’allait pas tarder à revenir dans le secteur, sans doute informé de ce qui était arrivé à sa femme. Et là, il fut repéré par un groupe de maquisards établi dans la contrée, arrêté et exécuté à son tour. ».

 

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