Auteur/autrice : christian.esteve Page 6 of 10

La fille muette – La filha muda

Propausat pel Sèrgi Rossèl de Cabrairets, amb l’ajuda postuma del canonge Amadèu Lemozi.

Photo Tourisme Lot

Voici le « cantique de Notre-Dame de Paillès », légende indiquant l’origine du pèlerinage de Notre-Dame de Paillès, commune de Marcilhac-sur-Célé, (Lot).

Il s’agit de la légende de la fille muette, connue également dans d’autres régions, sous des formes variables. Cette version est entièrement en occitan, avec quelques gallicismes. Nous en donnons un résumé en français.

A Paillès, près de la grotte de Bellevue, on peut voir au bord de la route une chapelle, vraisemblablement construite à la fin du XIX° siècle ou au commencement du XX°.

Il existe une carte postale ancienne, non datée, où figure, au recto, une photographie de l’intérieur de la chapelle du pèlerinage et, au verso, le texte du cantique. Actuellement, la mélodie de ce chant n’a pu être retrouvée.

Ecrit à l’origine avec une orthographe phonétique, le texte est ici transcrit en occitan actuel.

La filha muda

Sus Marcilhac la bèla, coma sabètz, se tròba una capèlaal cap del puèg.

L’istòria es agradeta, la vos dirai. S’agís d’una filheta qu’al Bon Dieu plai.

S’apèla Isabeleta pòt pas parlar « cependant » la siá maire la fa pregar.

La pregaria qu’ensenha lo chapelet, la filheta fa signeque l’a comprés.

Cada jorn Isabèla Se’n va gardar las fedas de son paire de vèrs Palhièrs.

Un bèl jorn una femna li apareguète
la foguèt pas en pena
li soriguèt.

Bonjorn Isabeleta, la Dama ditz,
io soi una visita del paradís.

Tu voldriás pas pichona, mon Isabèl,
me donar una feda del tieu tropèl ?

Isabèl es plus muda : Si fèt, si fèt, Madama, se vos volètz.

Tu diràs al tieu paire, mon Isabèl : voldriái la feda blanca del sieu tropèl.

Son paire, e mai sa maire, son plan estonats avián lor filha muda, ara pòt parlar.

Òc ben, òc ben, ma filha, mon Isabèl la Dama a la causida dins ton tropèl.

Mon paire vos fa dire ma maire « aussi », que sul tropèl Madama podètz causir.

E ben mon Isabèla, anèm partir, Tu ès la feda blanca del paradís. An trobada Isabèla, lo lendeman, mòrta, una letra escricha entre sas mans.

Li a pas clergue, ni prèire, ni capelan, Que pogue prendre la letra qu’a entre sas mans.

Li a pas que lo sieu paire, quand li foguèt que poguèt prendre la letra, la legiguèt.

Soi la Maire de Jèsus. Me bastiretz aicí una capèla ont pregaretz !

La fille muette

Isabelle est une jeune bergère de Marcilhac.

Elle est muette, ses parents l’élèvent dans la foi catholique.

Elle garde le troupeau de brebis familial tous les jours au lieu-dit Paillès.

Un jour, une belle dame lui apparaît (c’est la sainte Vierge) et lui demande de lui donner une brebis.

Du coup la fillette est guérie et se met à parler.

Ses parents, ravis du miracle, sont d’accord pour offrir une brebis à cette dame mystérieuse.

Mais la brebis qu’elle choisit… c’est la bergère !

Le lendemain, on retrouve la fillette morte, dans la main elle serre une lettre que personne ne peut lui prendre, sauf son père.

Il la lit.

C’est un message de la sainte Vierge qui demande à ce qu’on construise une chapelle à l’endroit des apparitions.

 

 

La naissance de Figeac

En ce temps là, le monastère du bon abbé de Lunan, Anastase, était dans un état de vétusté que les inondations répétées auxquelles il était soumis, n’arrangeaient certes pas.

Le bon curé avait en vue une vallée riante, ensoleillée, à l’abri des flots destructeurs, mais pour l’instant, personne pour financer son projet de construction.

Ce matin là, il cheminait tranquillement vers son petit paradis quand, au pied d’un buisson, il aperçut une colombe qui se débattait prise au collet d’un braconnier.

Très doucement, il délivra la pauvre bête, la caressa, puis la laissa partir. Mais la colombe ne prit pas tout de suite son envol.

– « Tu m’as sauvé la vie, lui dit-elle, que veux-tu en échange. »

– « Rien que tu ne puisses me donner, gentille colombe. Mon monastère est vieux, humide et malsain ; il me faudrait un riche mécène pour en construire un autre ici. »

– « Qu’à cela ne tienne ! Je sais que le roi doit venir en Quercy. Fais en sorte de le faire venir ici-même, je me charge du reste … »

Et la colombe disparut dans le ciel.

En effet, à quelques temps de là, le Roi s’en vint en Quercy avec toute sa cour et Anastase en profita pour guider ses pas vers la riante vallée, lui promettant un miracle.

– « Que devrais-je voir Anastase ? »

– « Sire, regardez au ciel. »

Et en effet, loin vers l’est, un gros nuage blanc avançait vers eux et au fur et à mesure où le nuage s’approchait, les yeux émerveillés du Roi, de ses soldats, de toute la cour et d’Anastase distinguaient, sur le bleu du ciel, des milliers de colombes blanches.

Elles tournoyèrent au-dessus de leurs têtes, quand, tout à coup, l’une d’elle se détacha et vint poser sur la terre à l’emplacement souhaité par Anastase, un brin de laurier.

Puis, elle repartit droit dans le ciel et disparut au milieu des milliers d’ailes éparpillées.

Tous tombèrent à genoux et le roi promit à Anastase son monastère.

 » Fiat là ! (qu’il soit fait là ! ) dit le Roi, d’où le nom de Figeac qu’on donnera ensuite à la ville qui se construira autour du monastère.

 

Nouvelle rubrique Généalogie

La récupération des archives de Quercy Net se poursuit avec la reprise de la rubrique Généalogie.

Cette rubrique réalisée, il y a quelques années par Claude Lufeaux, avec le concours de l’Association de Recherche sur l’Histoire des Familles ARHFA est en cours de mise à jour.

De nombreux articles supplémentaires seront ajoutés dans les semaines à venir.

Pierre Verlhac

Pierre Verlhac est né en 1868 à Souillac. Il est mort aux Quatres-routes en 1955.

Il fit une carrière d’instituteur. Laïque, ami de Louis-Jean Malvy, Pierre Verlhac militait en faveur des exclus et de la langue d’oc. Il a été l’animateur de la section de Souillac de la ligue des droits de l’homme, et s’est engagé en faveur des républicains espagnols.

Il était aussi un musicien populaire, un fin conteur occitan, un auteur de poèmes et de chansons. Signalons également qu’il fut un des premiers à militer pour l’enseignement de l’occitan.

A lire l’article qui lui est consacré par Gaston Bazalgues dans la revue QUERCY RECHERCHE dans son numéro 96.

Tous les textes et poèmes ci-dessous sont reproduits par Quercy Net, avec l’autorisation de la famille de Pierre Verlhac ©


T’aïmi Soulhac (chanson sur l’air de « Charme d’amour »)

T’aïmi Soulhac, polida vila,
Pincada sus un pitchou riu,
Acocolada dins ton niu,
Ont la vida i es bien tranquila,
T’aïmi Soulhac, polida vila.

Es rescondut dinsun trauquet,
Oval, tout pres de la riviera,
Que faï bronzit son fin orquet,
En lo bressen l’annada entiera,
Coma un nene dins sa brassiera.

Quand lo solelh sus el lusit,
Sus sa companha bravonela
Que cosqueletga e resolit
Mon vielh Soulhac sembla una estela
Es escompat dins de dentela.

Contaria pas per ma vilota
Mai me donesson tout Paris
Per que la trova trop bravota
e qu’ai l’amor de mon païs
Contaria pas per va vilota.

Dins mon Soulhac ieu restarai
Fier s’aqui ma vida s’engruna
Lo servirai, lo contarai
Que sera tota ma fortuna
T’aïmi Soulhac, o ma comuna !

 

La lampe (écrit en décembre 1938)

L’ennui tombe sur moi comme un lourd crépuscule.
Ma chambre est pleine d’ombre et mon coeur est désert.
Espoirs, regrets, désirs, tout est mort ! et dans l’air,
Je ne sais quoi de morne et de glacé circule.

Mon âme, où tout le deuil des choses s’accumule,
Tremble devant le soir, d’un grand frisson amer.
L’horizon a sombré dans la brume d’hiver.
On dirait que la vie, incertaine recule.

Je vais mettre très haut ma lampe et ma pensée,
Pour que, si quelque ami, passant sur la chaussée,
Vers mon humble logis vient à lever les yeux,

Ou bien si quelque rêve égaré dans les cieux,
Cherche, pour s’y poser, une âme triste et tendre,
L’ami songe à monter, et le rêve à descendre.

Mon front trop lourd s’incline et je suis las d’attendre.
Voici que le jour point ; ma lampe va mourir.
Ils ne sont pas venus, ceux qui devaient venir.


Josepon e l’Emperur

Josepon e l’emperur est une histoire de fin de banquet sans prétention. C’est l’histoire d’un souillagais qui lors de son service militaire rencontre l’empereur Louis Bonaparte, mais le héros n’est pas celui qu’on croit. Ce texte décrit bien une époque où les quercinois parlent mieux l’occitan que le français.

Josepon Bernotel fasia son servici al 78ème quand, un matin, una novèla recruda arribèt à l’escoada.

Josepon, assetat sus son bas-flanc, fumava una vièlha pipa culotada quand lo novèl blu s’aprochèt, li demandèt del fèc e s’assetèt a costat de guel.

– Comment t’appelles-tu ?
– Josepon Bernotel.

– Tu parles français ?
– Je le comprenne mais pour le parladis j’étions plus fort en patois.

– D’où es-tu ?
– De Souillac.

– Où celà se trouve-t-il ?
– Tu n’en connes pas ta jographie, ni mai ieu tanpauc. Tu ne saves pas où se trouve Souillac, la plus poulide ville du Lot où res manque, mila Dius ?

– Si c’est dans le Lot, je vois.
– Et toi caman que tu t’appelles ?

– Louis Bonaparte.
– Quoi que tu fais dans le civil ? Tu n’as pas une place ?

– Oui, pas trop mal.
– Eh bé tope aqui Bonatrappe. Tu déves savre lisir, tu m’apprendra à lisir un peu.

– C’est entendu et toi tu m’apprendras ta belle langue patoise (qui de l’avis de Charles Nodier développe tant de noblesse et d’imagination.
– Je n’enconné pas tous ces bestials mais pel potois tè: diga-li que vengue mila Dius !

Louis Bonaparte aprenguèt perfectament lo potois mas Bernotel poguèt pas aprene a legir. Tot parièr, fasquèron un brave parelh d’amics.

Bernotel, son temps acabat, torna a Solhac. Tres ans après, lo portur li porta una letra. Josepon la vira e la revira entre sos dets.

– Tè factur, legis-me aquela letra. Lo factur la duèrp, la legis e ne’n tira un bilhet de cinq cents francs.
– Bogre, quo’s l’Emperur que t’escriu e t’espèra dissabte a detz oras.

– L’Emperur, mila Dius, e qué me vol aquel ome ? Pagui regulieroment ma talha, n’ai jamai fach de mal a degun, mos certificats al regiment portan: bon soldat, bonne conduite… Qué diable me vol aquel ome ?

Josepon, la letra a la man, vai trovar lo mèra.

– Digatz-me, monsur lo mèra, qué me vol l’Emperur ?
– E mon brave Josepon, del moment que t’envoia los sous pel viatge, te cal i anar, veiras aital de qué te vol.

Mon Josepon part per Paris. A detz oras se presenta a las Tuilarias. Es arrestat a la porta per un oficièr que li demanda ço que vol.

– Vèni veire l’Emperur, pardi !
– Avez-vous une lettre d’audience ?

– De qué, nom d’un Diu, n’ai pas de letra de dança mai l’Emperur m’a mandat venir. Tenètz, legissètz aquel papieron.

L’oficièr legis e saluda. Josepon dintra, agacha de tots pans e, a una fenèstra, te guèita Louis Bonaparte.

– O ! per mon arma ! A ! pr’exemple, quo’s un pauc fort, es aqui mon vièlh Louis, o ! lo diable me flambe ne’n soi tot estomagat, davala un psuc, me foras veire ont cal passar.

Un autre oficièr, tot cambaligat d’or, ven prene Josepon e lo mena davant Bonaparte. Louis e guel s’embraçan coma pan tendre.

– Mai diga-donc Louis, ès dins un polit ostal ! Tu tanben ès vengut veire l’Emperur ? As una bona plaça ? Qué fas ?
– Que soi content de te veire Bernotel e de parlar un brieu lo potois que m’as après.

– Es maridat Louis ?
– Oui.

– Coma s’apela ta femna ?
– Eugénie.

– Génie quo’s un polit nom. Es qué as deus mainatges ?
– Oui, un drolle.

– N’a màs un troç de gaulem ? Me faras pas veire ta femna ?
– Si, mai es pas levada encara.

– Es pas levada ! Qual troç de fenhanta ! E la daissas far ? E ben, mon vièlh, li te brandiria las negras ieu !

L’emperur risia, risia, risia de bon cur.

– Quo te fai rire aquo. La nostra se lèva a poncha d’auba e d’aquesta ora a bacat los tessons, mozut las vacas e estremat la bugada. Podes pas la degordir un pauc nom d’un Diu !

An aquel moment, I’lmperatriça intrigada peus escluts de rire de l’Emperur, alors qu’aquel d’aqui èra totjorn triste, dintra ambe lo pichon mainatjon.

– Quo’s Génie aquela ?
– Oui.

– Compren lo potois ?
– Non.

– Tant pis ! Bonjour Génie comme ça va ? Oh que votre drolle il est mindiou, il est brave mais qu’il est prin: c’est un regoutsioulou: il faudra me le donner, je le d’emporterai à Souillac et quand il tournera, il aura des galojes comme s’il avait les gotages. II faut que je le poutoune ce drolle. Tenez Génie véqui deux sous pour lui cromper un croque-lin.

L’lmperatriça es aurida. L’Emperur ritz a se’n téner las costas.

– Mai diga-donc Louis, quo’s pas tot aquo, quo’s pro parlufejar, I’Emperur m’a escrich de venir lo veire. Se Io conneisses, mena-me près de guel. Tè, agacha sa letra. Qué diable me voI ?

– Mon amic Bernotel, I’Emperur volia te veire per serra la man d’un brave ome. Quo i arriba pas trop sovent. Quo’s ieu que soi l’Emperur.

– Ane, ane, fasque pas lo nèci, bogre de falordas vos està suau.
– Mai te disi que quo’s ieu l’Emperur.

– C’est varté Génie ?
– Oui.

– E ben mon tesson, en parlent per respect, escusa-me, ne’n soi tot embluat. Me racontas pas de porrimelas benleu ? E ben que lo diable me crame, podètz o dire qu’avètz una brava plaça. Coquin de Diu, I’estonament me copa l’alen, bufi coma un cordaire.

Mai parlem que valgue. Soi content de t’aver vist mai me tarda d’esprandir, soi tot escafornit. I a pas moien de far chabrot ?

 

Louis Jean Malvy

Louis Malvy est né à Figeac le 1er décembre 1875, il est décédé à Paris le 9 juin 1949.

Louis-Jean Malvy est issu d’une famille de Souillac, dont on retrouve des traces dans les registres locaux jusqu’en 1466 et de la petite bourgeoisie active d’artisans et de commerçants : aubergistes, vitriers, plâtriers, négociants….

Son père, Martin Malvy, directeur d’une minoterie, a été élu maire (de gauche ; radical-socialiste) de Souillac en 1892 et conseiller général du canton en 1894.

Avocat, Député radical-socialiste de 1906 à 1919, il fut un spécialiste des questions économiques et financières. Très proche de Caillaux, il fut considéré comme le meilleur représentant de la politique financière de ce dernier. Gaston Doumergue lui confia le portefeuille du Commerce et des PTT en 1913, et après l’assassinat de Gaston Calmette et un remaniement ministériel, celui de l’Intérieur en juin 1914 (ministère René Viviani), poste qu’il conserve dans les ministères Briand et Ribot

En août 1917, alors que la propagande défaitiste est à son paroxysme, Louis Malvy est attaqué par la droite (Léon Daudet, directeur du journal royaliste L’Action française) qui lui reproche son manque de fermeté dans la répression des grèves, et son « défaitisme ».

Louis Malvy, photo du journal Le Réveil du Lot du samedi 22 novembre 1924.

Il est même accusé d’avoir renseigné l’ennemi lors de l’attaque du chemin des Dames (1).

Il démissionne le 31 août 1917 et entraîne dans sa chute le ministère Ribot. Traduit à sa demande, devant la Haute Cour de justice, il est accusé de forfaiture et condamné à cinq ans de bannissement (août 1918).

Il revient en France après avoir expurgé sa peine, reçoit l’accueil de la population lotoise et est élu député du Lot (1924 à 1942). Nommé ministre de l’Intérieur dans le cabinet Aristide Briand (1926), il est forcé de démissionner après un mois par les violentes attaques de la droite.

Il fut l’ami de Pierre Verlhac, célèbre poète occitan.

(1) Louis-Jean Malvy, ayant connu l’emprisonnement et l’exil à la suite de l’épuration Clémenceau, a expliqué l’affaire simplement : « Il fallait un responsable à certains échecs militaires, il fallait trouver des causes d’ordre politique aux mouvements qui se produisirent dans l’armée en juin 1917. »

Roger Couderc

Roger Couderc est né le 12 juillet 1918 à Souillac où son père dirigeait l’hôtel Bellevue. Dès l’enfance il commence le rugby au sein de « La Quercynoise », association sportive du Lycée Gambetta à Cahors où il y prépare son bac.

Il participe à de nombreux matchs, notamment contre « La violette » de Toulouse. Etudiant à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts, il se révèle un peintre de talent : l’état lui achètera d’ailleurs une de ses œuvres, possession actuelle du musée d’Anzin (Nord).

L’art étant insuffisant pour satisfaire ses appétits, il se tourne vers le journalisme et entre à l’Agence de Presse Fournier comme stagiaire. En 1939 il est appelé au 12ème régiment d’artillerie coloniale à Agen, en compagne de l’acteur Charles Boyer. Puis il se retrouve prisonnier en Allemagne au stalag XIII A où il est chargé de reconstruire le stadium local.

Blessé au genou à la suite d’un bombardement, il est autorisé à rentrer au pays. Il va se joindre au maquis du Gers.

Il s’initie au métier de journaliste dans différents journaux : d’abord à Libre, organe des Prisonniers de guerre et déportés, dont le directeur était François Mitterrand, puis au Courrier de la Nièvre, à La Dépêche du Midi, au Midi-Olympique, à L’Auto-Journal.

Après un passage à la radio française : RTL et Europe 1, il rentre à la télévision en 1955 et il se spécialise dans le reportage sportif : rugby, catch et sport automobile. À partir de 1968, il forma avec Pierre Albaladejo un tandem de commentateurs (un journaliste et un consultant, une première).

Suite aux événements de mai 1968 en France, il fit partie de la charrette des journalistes sportifs licenciés par l’ORTF, au même titre que Roger Marcillac, Robert Chapatte et Thierry Roland. Il réintégra la structure, ainsi que les deux derniers cités, sur Antenne 2 pour faire partie de l’équipe du magazine hebdomadaire sportif Stade 2 en 1975.

Stèle Roger Courderc à Mauvezin

Via ses commentaires enthousiastes et enflammés, parfois chauvins mais toujours bon enfant, il contribua largement à populariser le rugby en France. Son « Allez les petits » pour encourager le XV de France, son chant de la Marseillaise pendant un essai français contre les All Blacks en 1979, sont restés célèbres.

Ses réparties flamboyantes lors des grands matchs de catch parisiens télévisés durant les années 1960 sont également restées dans toutes les mémoires.

Il fut nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1982. Il prit sa retraite en 1983, Pierre Salviac lui succédant aux commentaires sur Antenne 2. À sa retraite internationale, le capitaine de l’équipe de France Jean-Pierre Rives lui remit son dernier maillot. Il décède le 26 janvier 1984 à Paris. Il est enterré à Mauvezin dans le Gers ; une stèle à sa mémoire y est installée.

De très nombreux stades ou complexes sportifs portent aujourd’hui son nom en France.

D’après : La Mémoire vive, Sophie Villes, Cahors, 1998 et Wikipédia

Joachim Murat, maréchal d’Empire

Joachim Murat est né à Labastide-Fortunière, (aujourd’hui Coeur de Causse et anciennement Labastide-Murat), Lot, le 25 mars 1767, fusillé à Pizzo (Calabre) le 13 octobre 1815. Il fût Maréchal de France, Prince, grand amiral de France, grand duc de Clèves et de Berg, roi de Naples.

Fils d’aubergiste, il entre au Collège royal de Cahors avec Bessières et Ambert, puis au séminaire des Lazaristes à Toulouse. Pas très passionné par l’étude de la théologie, il s’enfuit et s’engage dans l’armée en 1787.

Il devient officier en 1792 et fait partie de la garde constitutionnelle de Louis XVI. Il seconde Bonaparte lors du 13 Vendémiaire et devient son aide de camp lors de la campagne d’Italie (1796).

Nommé général pendant la campagne d’Egypte, il participe activement au 18 Brumaire et devient commandant de la garde consulaire.

En 1800, il épouse Caroline Bonaparte. Napoléon le comble d’honneurs : il est maréchal en 1804 puis prince d’Empire en 1805. Il participe aux campagnes de l’Empire en faisant preuve d’un remarquable courage physique.

Il accepte le royaume de Naples en juillet 1808 et règne – avec faste – sous le nom de Joachim Napoléon en poursuivant les réformes inspirées du Consulat entamées par son prédécesseur, Joseph Bonaparte. Rappelé par Napoléon, il participe à la campagne de Russie.

Tableau de A. Gros (Musée du Louvre)

En 1812, l’empereur, rentrant à Paris, lui laisse le commandement. Mais, après une violente dispute avec Davout, il abandonne son poste en janvier 1813 et rentre dans son royaume où il intrigue avec l’Autriche. Cela ne l’empêche pas de participer avec Napoléon à la campagne d’Allemagne de 1813.

Finalement, le Congrès de Vienne rend Naples à l’Autriche et Murat échoue à soulever les nationalistes italiens. Au moment des Cent-jours, il les incite à lutter pour leur indépendance et déclare la guerre à l’Autriche (30 mars 1815). Après Waterloo, il se réfugie en Corse et tente un débarquement en Calabre. Il y est capturé, condamné et fusillé sur ordre de Ferdinand IV, le 13 octobre 1815.

Le château de Labastide-Murat a été édifié par Joachim Murat (1767-1815). André Murat son frère fut chargé de la bonne exécution du château destiné à la famille. André Murat, frère de Joachim, fut maire de Labastide-Fortunière de 1800 à 1816 et de 1819 à 1841.

Le fils d’André, Pierre Gaétan, puis son petit-fils, Joachim, seront élus tour à tour député du Lot.

Du plus pur style Empire, le château s’élève au sud du village au centre d’un parc magnifique. Le premier plan a été dressé par Lecomte, architecte de Joachim Murat alors grand duc de Berg. Ce plan établi sur le modèle du palais de l’Élysée, résidence de Murat, gouverneur de Paris, fut modifié par la suite. Les travaux commençaient le 30 août 1807 se poursuivirent jusqu’à décembre 1814. Des aménagements se prolongèrent jusqu’en juin 1817.

Musée Murat
Place Tolentino
Labastide Murat
46240  CŒUR DE CAUSSE

Contact : Gérard Fénelon 05 65 24 97 82 / 06 71 69 50 89

Léon Bouzerand ; le Doisneau de Cahors

Léon Bouzerand est né en 1907 à Cahors où puisaient ses racines familiales très anciennes et où il est mort le 18 novembre 1972. Après ses études au Lycée Gambetta à Cahors puis au Lycée Pierre de Fermat à Toulouse, jusqu’au baccalauréat de philosophie, Léon Bouzerand est allé étudier la photographie à Paris.

Il a été élève de la promotion de 1932 de l’Ecole nationale de photographie de la rue de Vaugirard, (devenue aujourd’hui École nationale supérieure Louis Lumière, ENSLL.) Il a ouvert ensuite, le 13 février 1934, rue Foch, à Cahors, un studio, un atelier et un magasin de photographie. Tout au long de sa vie, Léon Bouzerand a été un fervent sportif, mais aussi un homme de culture, latiniste, germaniste, brillant joueur d’échecs.

100 000 images : Toujours armé de ses appareils, Leica, Rollei, …, il a notamment réalisé au long de sa carrière, plus de 100 000 images illustrant la vie quotidienne dans le Lot et la France des années 1930 aux années 1970. Il a également collaboré au quotidien Sud-Ouest.

Certaines de ses photographies empreintes de tendresse, d’humour ou reflets d’un art de vivre aujourd’hui disparu, ont été reprises dans des livres publiés.

Le premier de ces ouvrages, paru en 1991, Vitesse limitée, est consacré à l’automobile sous toutes ses facettes dans le Cahors des années 50 aux années 70;

le deuxième, publié en 1992, Couleur rugby, concerne le rugby sur les stades et ses supporters dans les mêmes années.

Un troisième volume, est paru en mai 2010, Cahors en devantures, et retrace la vie de la cité à travers les activités commerciales et les espaces de commerce. Ces trois livres ont été édités par l’ « Association Vitesse limitée » présidée par Jean-Louis Marre, avec le soutien de Jean-Louis Nespoulous, photographe et successeur de Léon Bouzerand qui a eu à cœur de faire renaître une œuvre photographique riche et savoureuse et celui du journaliste Christian Cazard.

D’autres ouvrages sur son œuvre sont envisagés ainsi qu’une présentation de ses photographies au Musée Henri Martin à Cahors.

   

De Jean-Louis Nespoulous (extrait du volume Vitesse limitée, Cahors, 1950-1965 )  : 

« En rangs serrés dans leurs boîtes jaunes, dormaient 100 000 portes ouvertes sur Cahors. Cahors qui va au bal, au marché, aux boules, la Dauphine devant le Tivoli et le Grand Charles sur le parvis de la Mairie. La braderie ronronne au centre, Édith Piaf fait chavirer la succursale Citroën. Et toujours l’ombre de Toto sur la ville.

Communion le matin. Vêpres en ovalie. Fêtards du soir. Vitrines de nuit. Ces vedettes qui passent. Des boules de neige jusqu’au bac, ce quotidien cyclique, que l’on pensait immuable et qui glisse imperceptiblement vers le journal télévisé.

Et toujours ces images carrées, au Rollei ou au Sem. Pudeur du cadrage. Chaleur de la lumière. Générosité de la visée. Regard et clin d’œil. Qui donc a dit qu’elles étaient fixées à jamais ces humbles pellicules de vie ? Regardez bien. Cherchez le détail. Elles frémissent encore. 1950/1970 – 20 ans- 100 000 clichés d’une exceptionnelle qualité et diversité, à travers lesquels on lit le professionnalisme d’un œil et la grandeur d’un cœur, ceux de « Toto » Bouzerand. »

De Jacques Bouzerand (extrait du volume Vitesse limitée, Cahors, 1950-1965 ) :

« Léon, que tout le monde appelle Toto, a 7 ans lorsque son père meurt. Il fréquente le Lycée Gambetta où, excellent en allemand et en latin, il passe son premier bachot.

Grand, costaud, chevelure brune, d’épaisses lunettes, élégant, l’air sérieux, c’est un sportif. Il pratique avec bonheur l’athlétisme, la course, le javelot, le saut en hauteur, à « l’Aviron cadurcien », et le tennis au terrain de jeu du Parc Tassart.

Mais il a horreur de l’eau et l’on ne le verra jamais nager à « Marianne », dans le Lot, derrière le stade, lieu de baignade traditionnel des jeunes cadurciens de l’époque.

C’est à Toulouse au Lycée Fermat, qu’il passe son bac philo, une matière qui le passionnera toujours. En 1928 un terrible accident sur la moto qu’il pilotait près de Mercuès le cloue au lit pour plusieurs mois. Rétabli, il « monte » à Paris en 1930, et entre à l’école de photographie… »

Extrait de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Léon_Bouzerand et textes de Jacques Bouzerand

Photos : http://www.luminous-lint.com/app/photographer/Leon__Bouzerand/C/ 

Taxi Erasme à Cahors ; en attendant le client… – 1950

Le Doisneau de Cahors par Michel Desmoulin, Extrait de :
http://desmoulin.net/index.php?2005/11/26/16-le-doisneau-de-cahors

Comme Doisneau – ils avaient le même âge – Léon Bouzerand a photographié la rue, avec talent, humour et un goût prononcé pour l’anecdote.

A Cahors, où il a passé toute sa vie en dehors de son séjour à la célèbre école de photographie de la rue de Vaugirard, qui a formé tant de grands photographes, tout le monde l’appelle Toto.

Muni de son Rolleiflex, il a, pendant près de quarante ans, saisi des scènes de la vie quotidienne dans cette merveilleuse petite préfecture du Quercy.

Ces clichés, si on laisse aller son imagination, restituent, avec beaucoup de poésie et de tendresse, l’histoire de cette ville attachante.

Les boutiques ont changé, les immeubles, les métiers aussi ; son œuvre, des milliers de photos, constitue la mémoire de cette ville au siècle dernier.

Les « anciens » ne se lassent pas de regarder ces photos avec nostalgie. Les touristes et les habitants de fraîche date découvrent avec intérêt – parfois même avec passion – ce petit coin de la douce France au temps de la quatrième République…

Léon Bouzerand, moins connu que Doisneau, – Cahors n’est pas Paris – a laissé, après son décès, le 18 novembre 1972, une œuvre qui mériterait d’être mieux connue et surtout reconnue.

Léon Bouzerand Autoportrait

Au stade. Match de rugby contre Lourdes !

Concentration lors d’une partie de cartes – 1950

Cahors, la place du marché

Suzanne Bouzerand devant le magasin de la rue Foch – 1960

Traditions

► France 3 Occitanie : Viure al País (dimanche 24 février 2019)
► BIAIS N°47 : LO FEC : https://youtu.be/JaVpaRK55ag
► https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/le-blog-de-viure-al-pais-france3/2019/02/26/biais-lo-fec.html
► Sous-titres: Syndicat d’Initiative Quercy Pays de Serres

Oh My Lot Sincérité Authenticité

OH MY LOT !

C’est la marque de territoire du Lot. C’est l’expression de la fierté et du lien affectif que les habitants entretiennent avec leur territoire. C’est le moyen d’actualiser la perception du Lot, de proclamer que l’on y vit bien.

C’est l’affirmation d’une identité et d’une personnalité propre. C’est le vecteur de valeurs collectives : le partage, la convivialité, l’hédonisme, l’équilibre, la simplicité et la sérénité.

C’est une bannière pour tous les partenaires qui s’inscrivent dans la démarche d’attractivité du Lot : le Département, la préfecture, les communautés de communes, la chambre de commerce et d’industrie, la chambre d’agriculture, la chambre de métiers et de l’artisanat, Lot tourisme, des entreprises, des associations, les habitants et tous ceux qui aiment le Lot.

Fabien Galthié Lotois de coeur

Vallée du Célé

Le coin de paradis des pêcheurs

Gâteau de citrouille : le Milhas

Recette proposée par Michel Delfour

Une spécialité du Quercy, le milhas ou gâteau de citrouille, fait avec la recette de ma mère qui la tenait de sa grand mère. Un vrai régal !

Pour 1 kg de citrouille cuite à l’eau et écrasée à la fourchette,

250 grs de farine,

250 grs de sucre,

4 oeufs battus,

2 verres de lait (1/2 litres) mélanger le tout,

mettre dans un plat à four et 1 h au four à 180. Ne pas trop remplir le plat car ça monte à la cuisson.

Si vous aimez vous pouvez rajouter dedans des pruneaux. Bon appétit !

NB : Comme le milhas vient de milh qui signifie maïs en occitan, on peut penser que la recette originale se réalise avec de la farine de maïs !

Vous aussi devenez Ambassadeur du Lot

Ici, on est bien ! Ici, on vit bien ! #ohmylot Ça se passe comme ça dans le Lot ! ?

Vous aussi, devenez ambassadeur du Lot !

L’igue de Crégols

De Thibaut Brix

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