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Catégorie : Patrimoine Page 2 of 4

Charles Dumont

Charles Dumont est né à Cahors, le 26 mars 1929 . Ses études (médiocres), il les a faites à Toulouse. Sa passion de toujours : la musique. Mais, ni le piano, ni le solfège, ni la théorie ne se laisseront apprivoiser, dans un premier temps. La révélation viendra du jazz. La découverte de Louis Amstrong fera naître sa vocation pour la trompette. Monsieur Déjean, son professeur toulousain décèlera son talent d’instrumentiste.

Il était une fois…

A 15 ans, dans les années d’après-guerre, il crée son premier orchestre de jazz amateur, puis il monte à Paris, après l’obtention d’une médaille au Conservatoire de Toulouse.

L’accident : Dans le Paris des années difficiles, Charles subit une ablation apparemment bénigne des amygdales. II reprend prématurément ses exercices à la trompette, et c’est le drame, hémorragie, hospitalisation au sortir de laquelle la pratique de cet instrument lui est définitivement interdite.

Charles repart de zéro : Solitaire et démoralisé, il entre dans une église, Saint-Ambroise où Maître Paul-Silvia Hérard, titulaire des Grandes Orgues, est au clavier. L’organiste accepte de donner des leçons au jeune homme désemparé. Au terme de celles-ci, Charles, maîtrisant le clavier et l’harmonie, découvrira sa voie: il veut être compositeur de chansons.

Jusqu’aux années soixante : il fait, pour vivre, tous les petits métiers qui n’en sont pas, il compose , et doit à des femmes (déjà) ses premières rencontres déterminantes, celle du poète Francis Carco et celle de Michel Vaucaire. La suite appartient à la carrière ” en chansons ” et à la vie privée de Charles Dumont, l’une et l’autre bien remplies.

5Les années Piaf

” Cette chanson est tellement pour moi que je ne la chanterai pas. On dirait que je me pastiche “. C’est dans ces termes qu’Édith Piaf venait de refuser la ènième chanson du tandem Vaucaire-Dumont présentée par un éditeur. Aussi Charles n’espérait-il plus la rencontre avec Edith. Celleci, grâce à l’entêtement de Michel Vaucaire, eut lieu le 5 Octobre 1960, boulevard Lannes, chez Edith.

Non je ne regrette rien bouleversa Piaf et lui donna, de son propre aveu, l’énergie et le courage nécessaires pour faire sa rentrée à l’Olympia, en dépit d’un état de santé catastrophique. Créée en direct à Cinq colonnes à la Une, le plus prestigieux des magazines TV jamais réalisés, la chanson fit pleurer la France entière.

De la rencontre Piaf-Dumont naquit une quarantaine de chansons, le plus souvent signées Vaucaire-Dumont, parmi lesquelles Mon Dieu. Mais c’est une chanson signée Piaf-Dumont qui allait faire évoluer, sans qu’il en soit pleinement conscient, le sort de Charles. Piaf avait décidé qu’il l’interprèterait lui-même et qu’elle serait sa choriste. C’est donc avec Les Amants que Charles se vit propulser ” interprète “, presque à son corps défendant et qu’il fut amené sur scène auprès de Piaf.

Dans l’ombre des  « années perdues »C’est Charles lui-même qui appelle ” années perdues ” cet espace entre la fin de Piaf et le début de sa propre carrière d’interprète. Pourtant, ces années-là auront été plus fructueuses qu’on ne l’imagine. Pour le cinéma, Charles aura composé les musiques deTrafic et parade (films de Jacques Tati), et d’un film italien interprété par Elsa Martinelli Pour la TV, Charles aura composé les musiques et chansons des feuilletons Gorki le diable etMichel Vaillant. Aux USA, Charles aura rencontré Alan J. Lerner, père de My Fair Lady, Gigi, Un Américain à Paris… malheureusement, la comédie musicale issue de leur collaboration ne sera jamais montée. En revanche, Barbra Streisand, alors inconnue en France, enregistrera I’ve been here , en français Le mur , dont elle fera un succès outre-Atlantique. Dans cette grande époque des concours de chansons internationaux, Charles connaîtra quelques succès primés, dont Un Dimanche après la fin du monde , à Rio de Janeiro.

 

NON JE NE REGRETTE RIEN, UN SUCCÈS MONDIAL, INTEMPORELSi la voix de Piaf a transporté ” Non Je ne regrette rien ” à travers les continents, la chanson s’est envolée de ses propres ailes pour vivre sa vie à travers des interprétations multiples et parfois inattendues, celles de Duke Ellington et Shirley Basset, celle de la japonaise Yusiko Ishii et, pour la génération montante, celle des Garçons Bouchers et l’amusante prouesse de Bernadette Soubirous et ses Apparitions… sans parler des corps d’armée qui ont pu, ça et là, en faire spontanément leur hymne.Quand une chanson prend vie, on n’en maîtrise pas le devenir…

 

4Les années Dumont

En 1963, la disparition de Piaf isole Dumont, dont le nom et le style semblent définitivement liés à son irremplaçable interprète. Jusqu’au seuil des années 70, ce sera le purgatoire, doré, certes, mais purgatoire tout de même.

Écrite en 1967 avec Sophie Makhno, son directeur artistique de l’époque, Ta cigarette après l’amour marquera le départ du style intimiste de ” l’interprète ” Charles Dumont, mais il faudra attendre les années 70 pour que la chanson passe les interdits de 2 censures, l’une morale, l’autre anti-tabac et trouve sa place en radio et TV. Toute en nuances, la carrière de Charles l’amènera, de disques d’or en music halls, de tournées internationales en oeuvres inclassables, tels les Concerto pour une chanson et passion, à se trouver une place ” à part “, dans l’univers d’un show business où le business a pris le pas sur le show. Cette carrière, jalonnée de Disques d’Or et distinctions diverses, s’articule autour des battements du coeur de Charles et d’un public pour qui les modes n’ont qu’une médiocre importance au regard des saisons de la vie et de l’amour.

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Parmi ses interprètes de la première heure aux plus récents, Marie-José, Lucienne Delyle, Bourvil (Notre amour est en grève), Sidney Bechet (Pourtant), Luis Mariano (El Guerillero), Annie Cordy (Pantaléon), Dalida (Gitane), Michel Legrand (Lorsque Sophie Dansait), Juliette Gréco (La Propriétaire), Willy DeVille (Les Amants), Jacques Brel (Je m’en remets à toi), Heltau (création allemande de Une Chanson), Mireille Mathieu (Les Gens qui s’aiment, Mon Dieu), Barbra Streisand (Le Mur) …

 

Gaston Monnerville

 Gaston Monnerville est né en Guyane française, à Cayenne, le 2 janvier 1897.

Excellent élève du collège de Cayenne, il est reçu, en 1912, au concours des Bourses Métropolitaines. Il quitte la Guyane et entre en classe de seconde, à Toulouse, au Lycée Pierre Fermat (Hôtel Bemuy). Il s’y montra un élève particulièrement brillant, aussi doué pour les sciences que pour les lettres. Puis, étudiant aux facultés de lettres et de droit de Toulouse, il passe à la fois sa licence ès lettres et sa licence en droit, avec félicitations du jury. C’est également avec félicitations du jury qu’il est reçu, en 1921, docteur en droit, après avoir soutenu une thèse sur ” L’enrichissement sans cause “. Cette thèse sera honorée d’une souscription du ministère de l’Instruction Publique et primée au concours des thèses.

Gaston Monnerville
Le fils d’Outre-Mer que je suis doit tout à la République. C’est elle qui, dans ma Guyane natale, est venue m’apporter la dignité et la culture. C’est elle qui m’a tout appris et qui a fait de moi ce que je suis. Tous les mouvements de liberté et de démocratie, à travers les temps et les pays, revêtent la même forme : l’instauration ou le respect de la loi.

L’avocat, l’homme de conviction et l’orateur

Dès 1918, Gaston Monnerville s’inscrit au Barreau de Toulouse. Reçu, en 1921, au concours des Secrétaires de la Conférence, il obtient la Médaille d’Or ” Alexandre Fourtanier” qui récompense l’un des meilleurs Secrétaires. A ce titre, il prononce, à une séance solennelle de rentrée, un discours remarqué sur ” La Critique et le Droit de Réponse “. Puis, il quitte Toulouse et s’inscrit, en 1921, au Barreau de Paris. Il entre bientôt au cabinet du célèbre avocat et futur homme d’Etat, César Campinchi (1882-1941), dont il sera, pendant huit ans, le principal collaborateur. En 1923, il est reçu au Concours des Secrétaires de la Conférence des Avocats, à la Cour d’Appel de Paris.

En 1927, il est élu Président de l’Union des Jeunes Avocats. Gaston Monnerville plaide dans plusieurs grands procès. Il s’illustre notamment en 1931, à l’âge de 34 ans, dans l’affaire ” Galmot “. Inculpés, après l’émeute provoquée, en 1928, par la fraude électorale et par la mort suspecte de Jean Galmot, quatorze Guyanais sont traduits devant la Cour d’Assises de Nantes. Avec d’autres avocats (Fourny, Zevaes et Torres), Gaston Monnerville assure leur défense. Sa plaidoirie produit un effet considérable sur les jurés qui se prononcent pour l’acquittement.

Les idées politiques de Gaston Monnerville se sont fixées très tôt et ont déterminé son engagement : il adhérera à la Grande Loge de France, militera dans les rangs du parti radical-socialiste et, toute sa vie, il consacrera une éloquence entraînante à exalter les Droits de l’Homme, à combattre le racisme et, plus tard, à défendre le bicamérisme et le Sénat. L’écrivain sera estimé, et surtout, l’orateur sera célèbre.

Le député de la Guyane (1932 – 1946) A la suite de l’affaire Galmot et du procès retentissant des émeutiers de Cayenne, ses compatriotes demandent, en 1932, à Gaston Monnerville de se présenter en Guyane contre le député sortant Eugène Lautier. Il est élu à une majorité considérable, au premier tour de scrutin, et il sera réélu de la même manière, en 1936, après avoir été élu maire de Cayenne en 1935. Il sera maire de Cayenne jusqu’aux élections de 1945, où il sera battu par Constant Chlore. Le sous-secrétaire d’Etat aux colonies Gaston Monnerville sera deux fois sous-secrétaire d’Etat aux Colonies en participant à deux cabinets successifs, l’un et l’autre présidés par Camille Chautemps (1885-1963), du 22 juin 1937 au 10 mars 1938.

La nomination d’un homme de couleur au Gouvernement ne fut appréciée ni en Allemagne, ni en Italie. Dans ” l’Azione coloniale ” du 22 juillet 1937, un article titré ” Derrière le Rouge du Front Populaire vient le Noir ” annonce la création d’un sous-secrétariat d’Etat aux Colonies ” confié au noir G. Monnerville ” et commente : ” La France a adopté une politique indigène qui, outre qu’elle est une folie pour la nation française elle-même, est un danger pour les autres nations de l’Europe, car cette action qui dépasse le cadre purement politique pour rencontrer le cadre biologique, doit être dénoncée à l’opinion publique mondiale, là où existe une race incontestablement supérieure à celle de couleur que la France voudrait implanter au coeur de l’Europe “. Dans le cadre de ces fonctions, Gaston Monnerville eut à traiter de deux dossiers importants : le fonds colonial et le conflit sino-japonais.

La Guerre

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Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, Gaston Monnerville est parlementaire, âgé d’un peu plus de quarante ans. Aux termes de la loi sur l’organisation de la Nation en temps de guerre, il n’est pas mobilisable. Mais il entend participer au combat. Avec plusieurs de ses collègues, il obtient d’Edouard Daladier un décret-loi (5 septembre 1939) qui les autorise à s’engager. Ce qu’il fait aussitôt (7 septembre 1939). Il servira comme ” Officier de Justice ” sur le cuirassé ” Provence “. Ce bâtiment participera à une croisière de guerre qui se terminera tragiquement à Mers-el-Kebir, le 3 juillet 1940. Gaston Monnerville sera alors démobilisé le 16 juillet. Durant toute cette croisière, Gaston Monnerville tiendra un important journal de bord (78 feuillets), illustré de nombreux croquis et photographies. Il y consigne, jour après jour, tous les traits marquants de la croisière : l’heure de départ, l’état de la mer, les étapes, les rives longées, les bâtiments d’escorte, la destruction d’un sous-marin… Gaston Monnerville est démobilisé le 17 juillet 1940. Il n’a donc pas pu prendre part au vote de l’Assemblée nationale (sous ce nom, on désigne alors la réunion du Sénat et de la Chambre des Députés), dans la fameuse séance du 10 juillet à Vichy.

Les historiens insistent sur le courage des quatre-vingts parlementaires, les fameux ” Quatre-Vingts ” (57 députés et 23 sénateurs), qui ont refusé les pleins pouvoirs à Pétain et ont sauvé l’honneur du Parlement, en refusant l’abaissement de la République. Mais ils oublient de rappeler que si Monnerville n’a pas fait partie des ” Quatre-Vingts “, c’est parce qu’il était engagé volontaire.

La Résistance

Dans ses Mémoires, Gaston Monnerville divise cette époque en deux périodes de résistance : – civile dans le Sud-Est (août 1940-décembre 1942), – militaire dans les maquis de Haute-Auvergne (jusqu’en septembre 1944). Démobilisé, Monnerville s’empresse de rejoindre son ancien patron, Campinchi, à Marseille, en août 1940. Ministre de la Marine, du 23 juin 1937 jusqu’à la formation du gouvernement Pétain, le 16 juin 1940, Campinchi avait été un farouche opposant à l’armistice. Préconisant la poursuite de la guerre en Afrique du Nord, il s’était embarqué, le 16 juin, sur le ” Massilia “. A son arrivée, il avait été arrêté, sur les ordres de Vichy, placé en résidence surveillée à Casablanca, puis à Alger, enfin à Marseille. Non plus que Monnerville, il n’a participé à la fameuse séance de Vichy. Tous deux partagent l’analyse qui est celle même du Général de Gaulle. La guerre ne fait que commencer ; et l’Allemagne sera vaincue. Mais Campinchi meurt le 22 juin 1941. Entre temps, Monnerville est allé protester à Vichy contre les premières mesures discriminatoires qui frappent ” les Juifs, les Arabes et les hommes de couleur “. Le maréchal répond de façon évasive ou dilatoire.

Déjà, les premiers réseaux de résistance se constituent. Monnerville entre en contact avec le capitaine Chevance et adhère au mouvement ” Combat “. En qualité d’avocat, Monnerville assure systématiquement la défense de ceux que ” l’Etat français ” emprisonne pour délit d’opinion ou d’origine raciale. Cette activité lui vaut d’être inquiété par la police et plusieurs fois arrêté. La ” zone libre ” envahie le 11 novembre 1942, Monnerville rejoint alors les maquis d’Auvergne. Il entre dans le groupe du commandant Cheval. Capitaine, puis commandant F.F.I., il y prend le pseudonyme de Saint-Just. Gaston Monnerville et son épouse sont établis à Cheylade, dans le Cantal, du 7 décembre 1942 au 5 août 1944. Saint-Just sera un actif agent de liaison entre les réseaux de Lozère, d’Ardèche et du Gard. Le poste de commandement du groupe Cheval est établi au château de Mazerolles. (C’est là que Monnerville apprendra le débarquement en Normandie du 6 juin 1944). Les opérations s’intensifient à partir du début de 1944, lorsque le général Koenig, nommé commandant en chef des Forces Françaises de l’Intérieur, entreprend d’unifier les réseaux métropolitains. L’hospice civil de Cheylade sera réquisitionné par les F.F.I., pour servir d’hôpital militaire. La gestion et l’administration en sont confiées à Monnerville, activement secondé par son épouse (juin-juillet-août 1944). Enfin, Gaston Monnerville participe à l’opération du ” bec d’Allier “, du 7 au 10 septembre 1944. Il est démobilisé des F.F.I. à la fin de septembre.

L’Assemblée consultative provisoire et les deux constituantes

Début juin 1944, le Comité Français de Libération Nationale se transforme en ” Gouvernement provisoire de la République française “, sous la présidence du Général de Gaulle. L’Assemblée consultative provisoire, instituée par l’ordonnance du 17 septembre 1943, réunie d’abord à Alger, siège ensuite à Paris au Palais du Luxembourg, à partir du 7 novembre 1944. (Félix Gouin la préside). Monnerville en est désigné membre par la Résistance. Président de la Commission de la France d’Outre-Mer, il contribue à préparer, en concertation avec le Général de Gaulle, le futur statut et le cadre constitutionnel de l’Union Française. Lors de la séance du 12 mai 1945, il célèbre, au nom des populations de nos provinces lointaines, la victoire des Alliés. Son discours est un hommage vibrant aux soldats originaires de l’Outre-Mer, qui ont libéré la métropole.

Octobre 1945 : Premier référendum. L’Assemblée qui sera élue aura des pouvoirs constituants, mais limités. 8 novembre : L’Assemblée Nationale Constituante se réunit au Palais Bourbon. Elle élit son Président : Félix Gouin. Gaston Monnerville en est élu membre. 21 janvier 1946 : Le Général de Gaulle donne sa démission. Félix Gouin devient Président du gouvernement provisoire. 19 mars 1946 : Les quatre vieilles colonies françaises (Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion) sont transformées en départements d’Outre-Mer. Gaston Monnerville a pris une part déterminante dans ce changement de statut. Il reprend également son ancien projet de création d’un fonds colonial et dépose, en ce sens, une proposition de loi en mars 1946. Le 30 avril, la loi créant le fonds d’investissement pour le développement économique et social des territoires d’Outre-Mer (F.I.D.E.S.) est votée.

5 mai 1946 : Deuxième référendum : les Français rejettent un premier projet -purement monocaméral – de Constitution. 11 juin 1946 : La deuxième Constituante se réunit au Palais-Bourbon. Monnerville en est à nouveau membre. Elle élit, trois jours plus tard, Vincent Auriol, Président de son Bureau.

13 octobre 1946 : Troisième référendum : cette fois, le projet de Constitution est adopté. Le nouveau texte n’est plus strictement monocaméral. La Constitution institue une seconde chambre : le Conseil de la République, élu au suffrage universel à deux degrés. Mais ses prérogatives sont réduites à un simple pouvoir d’avis. 10 novembre 1946 : Elections législatives à la première Assemblée nationale, en application de la nouvelle Constitution. Gaston Monnerville, qui se présente en Guyane, est battu par René Jadfard. Il est néanmoins élu quelques semaines plus tard au nouveau Conseil de la République, mais, précisera-t-il, ” en son absence et sans avoir été candidat “.

Le Conseil de la République et son Président (1946 – 1958)

Inauguration à Dégagnac, le 15 avril 1962 aux côtés de Maurice Faure. Fonds Bouzerand

Les premières élections au Conseil de la République ont lieu le 15 décembre 1946. Gaston Monnerville est, en son absence, élu en Guyane. Il recueille les 10 voix des 10 votants de ce département. La nouvelle assemblée se réunit au Palais du Luxembourg, le mardi 24 décembre, et commence par procéder à la vérification des pouvoirs. Un premier bureau est élu, le 27 décembre. Au troisième tour, Auguste Champetier de Ribes (M.R.P., Président du Mouvement des Démocrates Chrétiens) est élu Président par 124 voix, contre Gaston Marrane (Président du Groupe communiste) qui en recueille 119. La session est aussitôt close. Le 14 janvier 1947, ce bureau est renouvelé. Au troisième tour, Champetier de Ribes obtient le même nombre de voix, 129, que son concurrent, Georges Marrane. Il est alors proclamé au bénéfice de l’âge. Deux jours plus tard, Champetier de Ribes sera également candidat à la présidence de la République.

Le Congrès se réunit à Versailles, le jeudi 16 janvier 1947. Vincent Auriol, Président de l’Assemblée nationale et, à ce titre, Président du Congrès, est élu Président de la République, par 452 voix ; Champetier de Ribes n’en recueille, lui, que 242. A l’assemblée du Luxembourg, Gaston Monnerville est l’un des trois Vice-Présidents désignés, dès le premier bureau définitif du 27 décembre. Il est confirmé, à ce poste, le 14 janvier. Gravement malade, Champetier de Ribes décède le 6 mars 1947. Le groupe M.R.P. se rallie à l’idée d’une candidature, peut-être plus ” technique ” que politique, et propose Gaston Monnerville qui, le 14 mars 1947 est élu au deuxième tour, par 141 voix, contre Henri Martel, qui en a obtenu 131. Le nouveau Président précisera, quelques jours plus tard, sa conception de la présidence et du rôle de la seconde chambre, dans une intervention qui sera très vivement applaudie.

Monnerville sera constamment réélu au fauteuil présidentiel, durant toute la décennie. Rappelons que, sous la IVème République, le bureau de la Haute Assemblée se présentait devant le suffrage des sénateurs non seulement à chaque renouvellement triennal , mais aussi, chaque année, au début de la session. Le Président du Sénat de la Vème République (1958-1968) Gaston Monnerville approuve le projet de Constitution de 1958. Il en a suivi de près l’élaboration. Un des principaux rédacteurs est le garde des Sceaux, Michel Debré, membre du Conseil de la République, qui entretient des rapports confiants avec son Président d’assemblée. D’autre part, plusieurs membres du Comité Consultatif Constitutionnel rendent compte régulièrement des séances de travail et des versions successives du texte. Contrairement à celle de 1946, la nouvelle Constitution est favorable à la Haute Assemblée, qui retrouve son nom de Sénat, son prestige et l’essentiel de ses anciens pouvoirs. C’est enfin une véritable assemblée qui vote la loi et contrôle le gouvernement. Le Président du Sénat voit avancer son rang protocolaire. En cas d’empêchement du chef de l’Etat, c’est lui qui assure l’intérim. Les voeux du bicamériste convaincu qu’est Monnerville ne peuvent qu’être comblés.

A l’époque, politologues et observateurs pensent que le pouvoir exécutif s’est ainsi donné les moyens constitutionnels de s’appuyer, en cas de besoin, sur le Sénat pour contenir une Assemblée nationale, rétive ou hostile. (En 1958, personne ne prévoit le fait majoritaire, qui s’affirmera quatre ans plus tard, et transformera les conditions de fonctionnement du régime). La Constitution de la Vème République comble également les voeux de Monnerville, dans l’autre domaine qui lui est cher : l’Outre-Mer. A la place de ” l’Union Française “, le nouveau pacte fondamental institue une ” Communauté ” rassemblant des pays, relativement autonomes, mais fortement liés à la France. Une assemblée spéciale est prévue : le Sénat de la Communauté. Gaston Monnerville en sera élu et réélu Président. Les débuts de la Vème République sont donc particulièrement prometteurs. Monnerville fera campagne pour les institutions nouvelles. Il expliquera dans ses mémoires comment et pourquoi viendront ce qu’il nomme ” ses premières désillusions ” : l’évolution de l’Outre-Mer, l’indépendance rapidement acquise par les anciennes colonies, l’ajournement indéfini du Sénat de la Communauté…, autant d’événements qui déçoivent celui qui, depuis tant d’années, rêvait pour la France, d’un système cohérent et stable, à l’égal du Commonwealth britannique.

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Inauguration à Dégagnac, le 15 avril 1962 aux côtés de Maurice Faure. Fonds Bouzerand

En septembre 1962, il est au premier rang de ceux qui s’opposent ar Référendum instituant l’élection de Président de la République au suffrage universel. Il est réélu Président du Sénat le 2 octobre 1962 et encore le 2 octobre 1965. L’élu local du Lot Elu Président du Conseil de la République, Gaston Monnerville jugea rapidement que ses nouvelles responsabilités allaient le retenir très souvent à Paris et qu’il serait trop absorbé pour être en mesure de prendre régulièrement l’avion et suivre sur place les affaires de la Guyane.

L’échec aux législatives de 1946 l’avaient instruit des dangers de l’absence. Henri Queille en voisin et Maurice Faure sur place, lui suggèrent alors de se présenter dans le Lot. En novembre 1948, Gaston Monnerville fut élu haut la main sénateur de ce département. Puis il renforça son implantation, en novembre 1949, en devenant Conseiller général de Souceyrac. Il fut ensuite élu au conseil général en 1949, qu’il présida de 1951 à 1970. Il fut enfin élu maire de Saint-Céré de 1964 à 1971.

On doit noter que Monnerville a eu une carrière politique atypique car il n’exerça son premier mandat local qu’après avoir été élu au Parlement : c’est le député de Guyane qui devint maire de Cayenne ; pareillement c’est le sénateur du Lot qui, après 16 ans de mandat, devint maire de Saint-Céré. Certes son attachement au Lot fut, au début du moins, d’ordre intellectuel, mais, toujours scrupuleux, il fit honneur à ses engagements, aux prises avec tous les problèmes d’un département rural en cours de modernisation. Peu à peu se créa entre lui et le Lot en réel courant affectif, à côté du grand respect que lui valurent son dévouement et une urbanité non dépourvue de fermeté. Il dirigeait les débats de l’assemblée départementale comme ceux du Sénat, avec autorité, et connaissait bien les dossiers. Sous sa présidence, le Lot progressa notablement dans les domaines de la voirie, de l’adduction d’eau, des constructions scolaires, du tourisme…

A Saint-Céré l’oeuvre réalisée sous son impulsion réveilla une cité quelque peu endormie : un plan d’urbanisme, la création des “Rencontres Internationales”, l’appui à Jean Lurçat… La solidarité des Lotois ne fit pas défaut à Gaston Monnerville à l’heure de sa disgrâce officielle subie par le président du Sénat, il y fut constamment et très largement réélu. Après avoir cédé la présidence du Conseil général à Maurice Faure en 1970, il continua jusqu’à un âge avancé, à participer aux manifestations locales, celles du part radical ou de la fédération des Maires du département. Les dernières années Ayant renoncé, en 1968, à la Présidence du Sénat, Gaston Monnerville continue à exercer son mandat sénatorial pendant six ans. Puis, le 22 février 1974, Alain Poher, son successeur le nomme membre du Conseil Constitutionnel. Cette nomination surprit car, en 1962, Gaston Monnerville avait eu des propos durs lorsque le Conseil Constitutionnel s’était déclaré incompétent pour juger du référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel.

Gaston Monnerville siègera 9 ans au Conseil, s’interdisant toute prise de position politique pendant cette période, estimant qu’il remplissait une fonction juridictionnelle. A l’issue de ce mandat, Gaston Monnerville a 86 ans. Il poursuit néanmoins ses activités, prononçant des conférences, participant à des émissions de souvenirs, ou signant quelques préfaces. Il décède à Paris le 7 novembre 1991, peu avant d’atteindre ses 95 ans. Grand homme politique, c’est aussi un peintre amateur de qualité qui s’endort, laissant pour témoignage de nombreuses toiles dont deux furent longtemps exposées à la Chantrerie de Cahors.

Ces textes et photographies sont extraits de : 10ème Anniversaire de la mort de Gaston Monnerville, Archives du Sénat, 2001, et de Gaston Monnerville, la passion républicaine, Conseil Général du Lot, juin 1999

Françoise SAGAN

Françoise SAGAN, une jeunesse éternelle jamais sortie de la célébrité depuis un demi-siècle

Françoise Quoirez est née le 21 juin 1935 à Cajarc ( Lot) . Elle a une dizaine d’années quand la famille emménage à Paris, dans les beaux quartiers de la rive droite. Son père Pierre, un industriel, apparaîtra souvent dans ses interviews comme un excellent fournisseur de bons mots. Cela n’empêche pas une éducation des plus strictes et bourgeoises, dans un cadre chaleureux. «Mes parents m’ont protégée», a toujours dit Sagan. Elle entre au couvent des Oiseaux en 1947. Elle est renvoyée pour son “dégoût de l’effort”.

Elle rate le bac en 1951, après une année surtout consacrée à écouter du jazz à Saint-Germain-des-Prés où, plus tard, elle se liera à Juliette Gréco, Jean-Paul Sartre et tant d’autres. Adolescente, elle lit Gide, Camus, Sartre, Rimbaud, Proust. Elle commence à la Sorbonne des études de lettres qu’elle ne poursuivra pas. Elle signe Sagan (Pseudonyme inspiré de la princesse de Sagan dans “A la Recherche du temps perdu ” de Proust) en publiant, en 1954, son premier roman,

fsagan001Bonjour Tristesse : l’histoire d’une jeune fille, Cécile, qui déteste la maîtresse de son père et qui ne sera pas étrangère au suicide de celle-ci. Sagan n’a pas encore vingt ans. Elle connaît un succès considérable (1 million d’exemplaires vendus en quelques semaines) et son livre est couronné par le prix des Critiques Pour la presse grand public, Sagan incarne alors la romancière “nouvelle vague”. En 1955 elle se rend à New York où son livre est traduit et y rencontre Truman Capote, puis elle part à Key West où elle verra Carson McCullers et Tennessee Williams, avec lequel elle se lie d’amitié : elle fera adapter à Paris sa pièce Sweet Birds of Youth.

Elle publie cette année-là son second roman : Un certain sourire. En 1957, Françoise Sagan est victime d’un grave accident de voiture qui lui vaut plusieurs semaines d’immobilisation. Elle publera en 1964, Toxiques, le journal. En 1957, paraît son troisième roman, Dans un mois dans un an. En 1958, elle épouse Guy Schoeller. En 1959 ce sera Aimez-vous Brahms? le portrait sans complaisance d’une femme de quarante ans. Grâce à ce roman Françoise Sagan échappe aux pages “faits divers” des magazines et réussit à se faire respecter en tant qu’écrivain. En 1960 sa première pièce, Château en Suède, est créée au théâtre de l’Atelier.

Dès lors Françoise Sagan alternera romans et pièces de théâtre. Dans La Chamade ( 1965), Un peu de soleil dans l’eau froide ( 1969), Le Lit défait ( 1977), La femme fardée (1977) , on retrouve l’univers de Sagan : la fragilité des liens amoureux, l’ennui dans l’élégance , la bourgeoisie désabusée, les soirées arrosées et mélancoliques dans les boîtes de nuit, les fuites en avant en voiture de sport… Dans De guerre lasse ( 1985) et Chagrin de passage ( 1995) Françoise Sagan évoque en plus le thème de la mort.

Françoise Sagan a également écrit pour le théâtre : Un Château en Suède (1960), Les Violons parfois ( 1961), Le Cheval évanoui (1966), Il fait beau jour et nuit ( 1978), Un piano dans l’herbe ( 1994). Françoise Sagan a reçu en 1985 le prix de la fondation Prince Pierre de Monaco pour l’ensemble de son œuvre. Depuis longtemps, on avait un peu oublié ses livres pour ne retenir qu’une invraisemblable accumulation d’histoires qui n’ont fait que renforcer sa légende : goût immodéré pour la vitesse et l’alcool, cures de désintoxication, grave accident de voiture de 1957, casinos, prise assumée de stupéfiants, plèvre déchirée lors d’un voyage en 1985 en Colombie avec son ami, le président François Mitterrand, procès Elf où certains auraient tenté de lui faire jouer les espionnes etc.

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BIBLIOGRAPHIE DE L’ÉCRIVAINE : Françoise Sagan avait publié une cinquantaine de livres, dont une bonne partie parue chez Julliard. – “Bonjour Tristesse” (1954) – “Un certain sourire” (1956) – “New York” (textes, 1956) – “Dans un mois, dans un an” (1957) – “Aimez-vous Brahms” (1959) – “Toxique” (1964) – “La Chamade” (1965) – “Le Garde du coeur” (1968) – “Un peu de soleil dans l’eau froide” (1969) – “Des Bleus à l’âme” (1972) – “Il est des parfums” (1973, en coll. avec Guillaume Hanoteau) – “Les Merveilleux nuages “(1973) – “Un Profil perdu” (1974) – “Réponses” (1975) – “Des yeux de soie” (nouvelles, 1975) – “Brigitte Bardot” (1975) – “Musiques de scènes” (nouvelles, 1981) – “La Femme fardée” (1981) – “Un Orage immobile” (1983) – “Avec mon meilleur souvenir” (1984, mémoires) – “De Guerre lasse” (1985) – “Sarah Bernhardt, ou Le rire incassable” (1987) – “Un Sang d’aquarelle” (1987) – “Au marbre: Chroniques retrouvées, 1952-1962” (1988) – “La Laisse” (1989) – “Les Faux-Fuyants” (1992) – “Répliques” (1992) – ” La Maison de Raquel Vega” (1992) – “Oeuvres” (1993) – “…Et toute ma sympathie” (1993) – “Un Chagrin de passage” (1994). – “Le Miroir égaré” (1996) – “Derrière l’épaule” (1998) Théâtre – “Château en Suède” (1959) – “Les Violons parfois” (1961) – “La Robe mauve de Valentine” (1963) – “Bonheur, impair et passe” (1964) – “Le Cheval évanoui” (1966) – “L’Echarde” (1966) – “Un Piano dans l’herbe” (1970) – “Zaphorie” (1973) – “Le Lit défait” (1977) – “Le sang des Borgia” dialogue et co-scénario avec J. Quoirez, 1978) – “Pol Vandromme” (1978) – “Il fait beau jour et nuit” (1978) – “Le Chien couchant” (1980) – “L’Excès contraire” (1987) Cinéma – “Aimez-vous Brahms” (scénario) d’Anatole Litvak (1961) – “Landru” (scénario) de Claude Chabrol, 1962) – “Les Fougères bleues” (mise en scène et scénario, 1976)

La fin de la saga Sagan « Je suis futile, mais la futilité consiste à s’occuper de choses intéressantes » avait-elle coutume de dire à François Mitterrand qu’elle recevait dans sa maison natale de Cajarc (Lot). Dans ses romans, Françoise Sagan racontait en effet avec légèreté les choses graves de la vie. Son irruption dans une Maserati rouge au cœur des événements de mai 1968 résume sans doute aussi les excès, l’oisiveté et le goût pour la provocation mondaine d’une personnalité qui, mèche blonde en bataille et cigarette au bout des lèvres, a incarné la France des années 1960 et 1970. « La gloire et le succès me délivrèrent très tôt de mes rêves de gloire et de succès » déclarait Sagan en évoquant « Bonjour tristesse », son premier roman, devenu un mythe littéraire.

De son vrai nom Françoise Quoirez, née le 21 juin 1935 dans une famille d’industriels fortunés, elle a tout juste 18 ans quand elle achève en sept semaines dans la maison de campagne de Cajarc, l’écriture du manuscrit qu’elle signe sous un pseudonyme emprunté à l’œuvre de Marcel Proust. Des millions d’exemplaires sont vendus à travers le monde (un million aux Etats-Unis) et toute une génération se passionne pour Cécile, l’héroïne éprise de liberté et hantée par la solitude, dont le destin s’achève tragiquement sur une route.

LA PEUR DE LA SOLITUDE, L’ANGOISSE DE LA NUIT

C’est justement après un accident de voiture en 1957 que bascule la vie de l’écrivaine. Ses fresques littéraires, plus appréciées du public que de la critique et des jurys de concours, attirent moins l’attention que ses frasques mondaines. Passion immodérée pour la vitesse, voyages dans les paradis artificiels revendiqués, cures de désintoxication, fraude fiscale qui lui a valu une condamnation pénale un an après avoir écopé d’une autre peine pour trafic de stupéfiants, apparition dans l’affaire Elf…

Cette vie sulfureuse et effrénée de jet setteuse cynique, les dépenses sans compter d’une fortune colossale, sont pour elle une arme contre une timidité maladive qui la fait bredouiller devant les micros et une angoisse de la nuit qui ne la quitte pas depuis son séjour au pensionnat du couvent des Oiseaux en 1947. D’ailleurs, si elle n’obtient pas son bac en 1951, c’est qu’elle préfère écouter jusqu’à l’aube du jazz et Juliette Greco à Saint-Germain des Prés et Sartre au café de Flore. Ils deviendront ses compagnons parisiens. A ses maris, l’éditeur Guy Schoeller et l’Américain Bob Wetshoff, père de son fils Denis, elle préfère ses amis, intellectuels, bringueurs ou politiques (de gauche).

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SES ÉTÉS À CAJARC

Mais plutôt qu’à Saint-Tropez, c’est à Cajarc qu’elle passe le mois d’août. Françoise Sagan a largement contribué à la renommée de cette bastide lotoise blottie au cœur de son méandre. Rituellement, François Mitterrand rendait visite à l’écrivaine sur les bords du Lot. « Elle est tout simplement saganesque » commentait Mitterrand à son propos. Lecteur assidu de l’œuvre et fasciné par une personnalité qui correspondait sans doute à l’idée qu’il se faisait de la vie et de l’être humain, il la conviait régulièrement dans le cercle de ses amis littéraires et dans ses déplacements. Elle a d’ailleurs failli laisser la vie en Colombie en 1985 lors d’un voyage présidentiel, victime d’un décollement de la plèvre. A partir de cette époque, ses oeuvres rencontrent moins de succès. Ses déficiences pulmonaires et chaque disparition d’ami l’affectent tout autant. Malade, ruinée, plus présente à la chronique judiciaire qu’à la rubrique mondaine, elle vend ses biens, se fait héberger par ses amis et doit sa liberté à des protections politiques.

En 1998, elle publie son dernier livre (Derrière l’épaule). En dehors de ses fans, il passe inaperçu. Elle s’est éteinte ce 24 septembre 2004 à Honfleur à 69 ans, victime d’une embolie pulmonaire, achevant sa lutte contre la solitude. Le chef de l’Etat, de nombreuses personnalités de droite comme de gauche ainsi que du monde littéraire ont salué cette « figure éminente », « flamboyante et mélancolique ». Pascal Jalabert – La Dépêche du Midi, 25/09/2004

MARDI 28 SEPTEMBRE 2004

Ses proches, amis et voisins ont rendu un dernier hommage à Françoise Sagan. L’écrivain a été inhumée mardi après-midi dans le petit cimetière du hameau de Seuzac, où se trouve le caveau de sa famille, à quelques kilomètres de sa ville natale de Cajarc (Lot), en présence d’environ 200 personnes. Le gouvernement français était représenté par le ministre de la Culture et de la Communication Renaud

1987

Donnedieu de Vabres et la ministre de l’Egalité et de la Parité professionnelle Nicole Ameline. Juliette Greco, Pierre Bergé, l’écrivain Bernard Frank étaient aussi venus rendre un dernier hommage à celle qui fut célèbre dès l’âge de 19 ans avec son roman “Bonjour tristesse”. Aux côtés de son fils Denis Westhoff et de sa soeur Suzanne, une cinquantaine de personnes parmi les plus proches amis et habitants du hameau avaient pu pénétrer dans l’enceinte du cimetière.

Sous un doux soleil, un brève bénédiction religieuse a précédé l’inhumation de Françoise Sagan. Celle-ci repose désormais dans une tombe à côté d’une de ses plus proches amies, face au caveau où sont enterrés ses parents et son frère Jacques Quoirez. Brigitte Bardot, qui n’a pu se rendre aux obsèques à cause de son état de santé, a estimé que Françoise Sagan a été “terrassée par la maladie et les impôts”. Elle confie que Sagan et elle “étaient comme deux soeurs jumelles reliées par nos destins”.

Christian Signol

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Christian Signol est né en 1947, aux Quatre Routes, un hameau du Quercy blotti au pied des causses de Martel et de Gramat. Le petit garçon mène une existence heureuse entre ses parents et ses grands-parents. Son univers s’étend de l’école communale (dont il dévore la bibliothèque) à la campagne environnante. Les moissons, les vendanges, la cueillette des champignons, les parties de pêche l’été sur la Dordogne sont autant de «bonheurs d’enfance».

A onze ans, il est mis en pension au lycée de Brive. Il vit comme un drame cet éloignement du pays natal. Il dira plus tard : Cette déchirure a fait de moi un écrivain. Après des études universitaires de lettres et de droit, Christian Signol débute dans la vie professionnelle comme rédacteur administratif à la mairie de Brive.

Christian Signol est, avec Claude Michelet, l’écrivain le plus populaire de l’Ecole de Brive. C’est en 1984 qu’il a publié son premier livre, Les Cailloux bleus. Au rythme d’un roman par an ensuite (dont la magnifique trilogie de La Rivière Espérance), il a bâti une œuvre baignée par le parfum de la terre.

Il est heureux de se dire l’héritier d’une longue ligne de gens courageux et fiers, originaire du Périgord par son père et du Quercy par sa mère. D’où des personnages d’une ampleur et d’une sincérité plus vraies que nature où le poids naturel des racines écrase les modes et le parisianisme le plus frelaté.

«Homme de terroir, Christian Signol anime son pays d’une vie qui doit autant à la terre elle-même, à ses couleurs, à sa lumière, au cortège charnel de ses courbes et de ses senteurs qu’aux hommes, aux familles, aux métiers dont il sait la peupler. Ce contour insuffle aux destins anonymes, une ampleur et une sincérité, une humilité, aussi, qui sont des choses rares. C’est cet art du simple et du vrai, ce poids naturel des racines qui font le charme et le succès de ses livres.» LE FIGARO

La statue de Gambetta

La statue de Gambetta à Saigon ?

 

La statue de Gambetta a aussi été placée à Saigon Place Gambetta

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La statue de Gambetta, la même que celle qui est à Cahors, avait été installée à Saïgon.

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Voici la carte postale la représentant. Je me suis rendu à Saïgon/Hô Chi Minh Ville récemment, je l’ai cherchée, je ne l’ai pas trouvée. Je pense qu’elle a été déposée et sans doute fondue… Sic transit…

JB, mai 2005

Célébrité du Pont Valentré

En 1943, pour accompagner le Débarquement, l’armée américaine a édité un petit ouvrage de 64 pages pour initier les soldats US au langage français.

Du genre : Do you understand? = KAWN-pruh-nay VOO? pour : Comprenez-vous?

Mais ce qui intéressant c’est que ce guide comporte 5 illustrations de monuments français : la Tour Eiffel, le Panthéon, l’Arc de Triomphe, une église et….LE PONT VALENTRE.

Amusant non?

Guide Armée américaine par la mission du 60ème anniversaire de la Libération, Le Point et France 2.

Bouzerand, septembre 2004

Les débuts de l’imprimerie à Cahors

Les débuts de l’imprimerie, à Cahors, ne sauraient être antérieurs à 1583, contrairement à de tenaces légendes. Les biographes quercynois citent Jacques Rousseau, imprimeur itinérant venu d’Anjou, comme le premier imprimeur de Cahors.

La bibliothèque municipale possède une copie d’un ouvrage dont l’original se trouve à Londres, signé “à Caors par Jacques Rousseau”. Il est daté de 1586, le thème est l’historique de Cahors. Pourtant, cette ville était dotée d’une université. Mais ses professeurs étaient obligés, comme le professeur Dominici, de publier à Paris.

LES GRANDES DYNASTIES D’IMPRIMEURS CADURCIENS

L’imprimerie cadurcienne prit rapidement son essor avec de véritables dynasties d’imprimeurs, telle celle des Rousseau puis les Bonnet, les Richard, couvrant les XVIIe et XVIII, siècles, à coté d’imprimeurs “météores” au nombre d’une douzaine.

(1549-1656) La dynastie ROUSSEAU : Jacques Rousseau est le fondateur d’une véritable dynastie d’imprimeurs cadurciens. Il est nommé imprimeur de l’université et de la ville de Cahors. A sa mort, son fils Claude prend la succession. Celui-ci imprime des manuels scolaires pour le collège des Jésuites à partir de 1604. Sa femme continue l’impression jusqu’à ce que son fils puisse prendre la relève sous l’appellation «Veuve de Rousseau ». L’héritier, André Rousseau, n’ayant pas de fils, vend son imprimerie le 4 juillet 1656. (1614-1683)

La dynastie DALVY : Le premier de cette dynastie est Jean DALVY qui était fils de libraire. Il exerce une activité d’imprimeur de 1614 à 1640. C’était un notable de la ville de Cahors dans laquelle il s’était établit vers 1600. Il fut même consul (conseiller municipal) et eut le privilège d’être le libraire et l’imprimeur de l’évêque de Cahors. Son fils, Pierre DALVY (1621-1683) rachète l’atelier d’André ROUSSEAU, à son principal concurrent, le 4 juillet 1656. (1636-1698)

La dynastie RICHARD : Le premier de la dynastie est Georges RICHARD dont le premier ouvrage connu a été publié en 1681. Sa seconde femme est fille d’imprimeur. Ses enfants François et Pierre lui succèdent. Sa fille, Hélène, épouse un imprimeur de Carcassonne venu s’établir à Cahors. (1668-1694)

La dynastie BONNET : Le premier de la dynastie est Jean BONNET. Associé de Pierre DALVY, il lui succède vers 1660. Son fils François prend la relève en 1685. C’est ensuite le second fils, le libraire Arnaud, qui rachète l’atelier. Le nom de BONNET disparaît du corps des imprimeurs au début du XVIIIème siècle.

ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION CADURCIENNE AU COURS DES SIECLES

La majorité des livres produits au XVIIe siècle, soit 432 pièces ou titres et 35 000 pages, relève de la littérature religieuse : celle qui se voulait un instrument de la réforme catholique inspirée par le concile de Trente. L’épiscopat cadurcien, avec d’aussi fortes personnalités qu’Alain de Solminihac, se place tout naturellement au premier rang des clients des imprimeurs.

Ceux-ci dépendent donc de ses commandes pour leur survie. A peu de distance, des écrits huguenots sortent en masse des imprimeries montalbanaises. L’administration, la littérature, les sciences viennent loin derrière avec 3% seulement chacune des pages imprimées. Une seule oeuvre imprimée, bien audacieuse pour son temps, échappe au conformisme de rigueur, “Scatabronda” (1697) : celle-là même que Patrick Ferté exhuma et étudia en 1983. On y critiquait les juges, le clergé ; on y revendiquait des droits pour les femmes et pour la langue locale, l’occitan !

Le XVIIIe siècle connut un notable ralentissement dans l’activité des imprimeurs: trois fois moins de pages, avec bien moins de gros ouvrages. A ce moment Cahors est supplanté par les villes voisines, alors qu’elle les devançait, sauf Montauban, au XVIIe siècle. Ainsi Rodez, au XVIIIe siècle, publie trois fois plus de pages que Cahors et travaille parfois pour nos évêques. Cela correspond bien à la crise de langueur qui affecta alors Cahors et le Quercy, privés de leurs Etats, de la Cour des Aides et enfin de l’Université (1751). Aucune Académie ou société littéraire ne s’y créa. Il faut souligner le paradoxe que constitue l’absence de liens entre l’imprimerie cadurcienne et l’Université qui ne fut jamais, à la différence du collège des jésuites, cliente et soutien des imprimeurs locaux : cela ne laisse pas de surprendre et confirme le déclin de l’institution, ce qui, par ailleurs, n’est pas propre au seul Quercy.

Il faudra attendre le XIXe siècle et un courant libertaire fort, pour qu’intervienne le renouveau de l’imprimerie cadurcienne . Au début du XIXeme siècle, on ne faisait état que de deux imprimeries à Cahors. Au début du XXème, on mentionne sept imprimeurs dont l’imprimerie Coueslant (devenue aujourd’hui Imprimerie France Quercy), et l’imprimerie Brassac (qui deviendra imprimerie Besse, puis Dhiver, et aujourd’hui Cahors Imprimerie).

Ancienne imprimerie Laytou l’imprimerie Couslant est achetée en 1892 par Auguste Coueslant jeune Maître-Imprimeur huguenot du Vigan (Gard). Un incendie la détruit totalement en janvier 1912. En 1928, elle est de loin la plus importante, puisqu’elle compte presque 150 salariés. Dans les années 60, l’imprimerie cadurcienne compte une dizaine d’entreprises, mais l’imprimerie France Quercy reste néanmoins l’établissement le plus important.

Sources : - BSEL, 4e fasc. 2001, T. CXXII, oct.-déc., p. 342-343, compte-rendu d'Etienne Baux sur la conférence de Patrick Ferté : "l'imprimerie cadurcienne, miroir de la contre-réforme". - Compte-rendu par Claire Ligier, Académie de Toulouse, Lycée Clément Marot, PAE. - Cahors, une jeune ville de 2000 ans, Alexandre Marciel, Publifusion Editeur. - Imprimerie France Quercy.

14-18.lot.fr

Le site Internet 14-18.lot.fr , créé par le Département du Lot, vient d’ouvrir. Ce site a pour vocation de rassembler les nombreuses initiatives lotoises liées à la Grande Guerre mais aussi de présenter les histoires singulières de poilus et de leur famille qui ont subi cette tragédie.

Au travers de témoignages, d’illustrations d’époque, des photos des monuments aux morts, de reproductions de courriers, de vidéos, de contributions de spécialistes, ce site invite à se replonger dans ce qui fut l’une des périodes les plus sombres de notre Histoire.

Rappelons que le Lot, département rural, a été durement saigné lors de la Grande Guerre: 8 000 poilus sont morts durant cette période. A ce chiffre, il faut ajouter tous ceux qui sont décédés des suites de leurs blessures. De très nombreux Lotois et communes se sont mobilisés ces derniers mois pour leur rendre hommage.

Si vous aussi, vous souhaitez partager un sujet sur 14-18, une initiative, un témoignage, des documents, des photos, vous pouvez les déposer sur ce site 14-18.lot.fr. Ce site est à vous, faites le vivre.

Galiot de Genouillac, Seigneur d’Assier, Grand maître de l’artillerie de François Ier

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Léonard Limosin – Portrait de Galiot de Genouillac entre 1540 et 1546 – émail peint sur cuivre – H : 19,6 ; La : 14,2 – Limoges, musée municipal de l’Evêché [inv. 87.446] – Achat, 1987. – Cliché F. Magnoux.

Jacques de Genouillac, – dit Galiot, est né en 1465, de Jean II Ricard de Gourdon de Genouillac et de Catherine Del Bosc descendante de la famille d’Assier.

En 1480 il devient Page du Roy Louis XI ; à la mort de celui-ci, le Roy Charles VIII lui succède. Galiot est admis dans l’une des Compagnies des Gentils-hommes de la Garde du Roy en 1491. Il devient écuyer du Roy, en 1492 Grand écuyer du Dauphin. A l’avènement de Louis XII en 1498, il est Capitaine de Francs Archers du Quercy, Agenois et Gascogne. Il est en outre Capitaine d’une compagnie de 25 lances.

En 1501, il prend part aux opérations de la Flotte Chrétienne contre les Turcs en mer Egée. Jusqu’en 1512, il est de toutes les campagnes, Flandres, Italie. Cette année là, il est nommé maître et Capitaine Général de l’artillerie, le 16 mai 1512. En 1515 Louis XII décède, François Ier lui succède et confîrme Galiot dans ses charges.

En août 1515, le seigneur d’Assier fait franchir les Alpes à 72 gros canards et 2500 pionniers par les cols de Mont Genèvre et de Suze. Les 13, 14 et 15 septembre 1515 : Bataille de Marignan et victoire des armés Françaises grâce à Galiot et à son artillerie.

En 1520, il organise l’entrevue du “Camp du Drap d’Or” entre Henri VIII d’Angleterre et François Ier. Il commande et guerroie un peu partout jusqu’à la campagne du Milanais qui débute en 1524.

Le 25 Février 1525 : désastre de Pavie, François Ier est capturé ainsi que son fidèle maître d’artillerie.

Galiot de Genouillac, relâché, s’occupe le la libération de son Roy et fait merveille dans cette tâche diplomatique. Après le retour du Roy en 1526, celui-ci le nomme le 2 mars, Grand Ecuyer de France et, lui confère l’ordre de St Michel. Cette charge de Grand Ecuyer lui donne la troisième place dans le Royaume, après le Roy et le Connetable.

En 1530 il organise : le retour des Fils de France, gardés en otages en Espagne depuis 1526 et la réception à Bayonne de la future Reine Eléonore, soeur de Charles Quint. Malgré qu’ils soient Beaux-frères François Ier et Charles Quint entament une troisième guerre.

Nous conquérons la Savoie et le Piémont. La compagnie de 100 lances, qui appartient à Galiot, est commandée par son fils François d’Assier de Genouillac. Celui-ci, fils de Galiot et de sa deuxième épouse Françoise de la Queille, sera tué en 1544 à la Bataille de Cerisoles qui sera une victoire.

En 1541 il est nommé aussi Lieutenant Général en Guyenne. En 1542 au début de la quatrième guerre avec Charles Quint le Grand Ecuyer de France, seigneur d’Assier est blessé au siège de Perpignan. Il dirige en 1544 le siège de Luxembourg avant la campagne de Cerisoles en Italie, où son fils devait trouver la mort.

Le 23 février 1546, il devient Lieutenant Général pour le Roy et est nommé Gouverneur du Languedoc. Le 15 octobre 1546 le seigneur Galiot meurt après une vie d’Honneur et de Gloire au service de la France. Seule reste de la Famille de Genouillac : Jeanne de Genouillac, que Galiot eut en 1512 de son mariage premier avec Catherine d’Archiac Dame de Lonzac (Charente Maritime), laquelle Jeanne était l’épouse du seigneur Charles de Crussol Vicomte d’Uzès (maintenant Duc de Crussol d’Uzès). La fille de Galiot, héritière de tous ses biens par la mort de son frère, François d’Assier, brave et vaillant et seigneur, qui reçut une blessure mortelle à la bataille de Cérizolles, fut d’abord mariée à un Cruzol d’Uzès, et épousa, en secondes noces, le comte de Rhin-Saluces. Dans une transaction, passée en 1558 avec Hebrad, seigneur de Saint-Sulpice, elle se qualifie de dame d’Assier, comtesse de Rhin et de Quercy, femme de Jean Philippe, comte de Rhin-Saluces, colonel d’un régiment de vingt enseignes de Lansquenets.

Jacques DUEZE, pape sous le nom de Jean XXII – (Cahors 1245 – Avignon 1334)

Jacques Duèze (ou d’Euze) est né à Cahors vers 1245, d’une famille de banquiers. L’évêque de Toulouse lui ouvre la voie vers la cour de Rome. Jacques Duèze a étudié le droit canon et le droit civil à Paris et Orléans. En 1299, il est nommé évêque de Fréjus. En 1309 il devient chancellier de Charles II de Naples et est nommé en 1312 Cardinal de Porto.

La renommée de cet homme de bien, contribue à son élection à la papauté en 1316, mettant un terme à la longue querelle de succession au pape Clément V. Le 7 août 1316 il succède au Pape Clément V et transfère définitivement la cour papale en Avignon. Jean XXII est élu en raison de son grand âge, 72 ans, qui ne le prédestinait qu’à un règne “intérimaire”. Ancien évêque d’Avignon, c’est tout naturellement qu’il s’y installe, et, malgré son intention de ramener la papauté à Rome, il y restera jusqu’à sa mort, 18 ans après.

Deuxième pape à régner en Avignon (de 1316 à 1334). Il a contribué à centraliser l’administration de l’église, condamné les “Franciscains spirituels” et réaffirmé l’autorité papale lors des élections à l’empire d’Autriche.

Pendant cette première période, de 1309 à 1376, sept papes se succèdent à Avignon : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI. Ces années vont radicalement transformer la ville et la marquer d’une empreinte à laquelle elle doit encore sa renommée mondiale.

Jean XXII participe à la prospérité de l’Église et rétablit la doctrine catholique sur le droit de propriété. Son action incessante le conduit à fonder les universités de Cahors et de Cambridge, à évangéliser l’Afrique et la Chine, à partir en croisade contre les Turcs. Cependant, les besoins financiers grandissent, et le système de fiscalité qu’il inaugura jeta le discrédit sur la papauté en Avignon.

Dès le début de son pontificat, Jean XXII prend parti dans le conflit ancien qui oppose deux factions dans l’ordre des Franciscains : les “Spirituels”, qui prônent une adhérence stricte aux règles de pauvreté de Saint François, et les “Conventuels”, qui ont une approche plus large. Il soutient les Conventuels et persécute les Spirituels qui s’opposent à lui. Plus tard, il condamnera toute la théorie de la pauvreté évangélique dans deux décrets : “Ad Conditorem Canonum” (1322) et “Cum Inter Nonnullos” (1323), utilisant des preuves tirées de l’écriture pour démontrer que le Christ et les apôtres auraient possédé des biens temporels.

Jean intervient également dans la querelle qui oppose Louis de Bavière (l’empereur Louis IV) et Frédéric d’Autriche pour la couronne du Saint Empire Romain Germanique. Il excommunie Louis de Bavière mais le 18 avril 1328, celui-ci fait déposer Jean XXII à Rome. Le franciscain Pierre de Corbara (Pietro Rainalducci) est alors élu antipape sous le nom de Nicholas V et est excommunié par Jean XXII.

Ancien évêque d’Avignon, c’est dans cette ville qu’il s’installa, comme deuxième pape, de 1316 à 1334. Jean XII participe à la prospérité de l’Église et rétablit la doctrine catholique sur le droit de propriété. Au cours de son pontificat, Jean XXII contribue à promouvoir l’activité missionnaire en Asie. Il crée des évêchés catholiques en Anatolie, en Arménie en Iran et en Inde. Il fonde une bibliothèque pontificale à Rome et une université à Cahors et à Cambridge, il contribue à évangéliser l’Afrique et la Chine, il part en croisade contre les

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Cahors, la Tour dite du Pape Jean XXII

Turcs. Cependant, les besoins financiers grandissent, et le système de fiscalité qu’il inaugura jeta le discrédit sur la papauté en Avignon.

Il contribue également à à fortifier diverses places fortes afin de protéger les alentours de la cité papale. De son pontificat datent le surhaussement du donjon féodal et les fortifications de l’église de Saint-Laurent-des-Arbres.

Successeur de Clément V (qui prit une part active au démantèlement de l’Ordre du Temple sous le règne de Philippe Le Bel), Jean XXII aurait fait partie, officieusement, du premier groupe d’hommes qui fondirent les légendaires Frères Aînés de la Rose Croix (F.A.R.+C.). Roger CARO, dans son Legenda, montre avec force détails, comment Jean XXII fut initié au Grand Art par ce dernier groupe de Templiers, révélant son intérêt pour la “Chimie de Dieu”. Dans les deux traités “L’Elixir des Philosophes” et “L’Art Transmutatoire”, Jean XXII nous délivre ses connaissances très détaillées et nous lègue ainsi le témoignage opératif d’un alchimiste du 14e siècle.

Sur son lit de mort, Jean XXII doit rétracter les propositions énoncées lors de ses derniers sermons. Il mourut le 4 décembre 1334 laissant la mémoire du plus grand pape d’Avignon. Il fut le 194e pape.

Pierre Duèze, frère de Jean XXII, avait fait édifier vers 1322 un palais situé en haut de la ville. Une tour des remparts, construite le siècle précédent, y fut incluse. Cette tour s’orne de fenêtres du XIVeme siècle

Autres sites internet :

Jean XXII (Wikipédia)

Jean XXII (Compilhistoire)

Les Camy d’Aymare seigneurs d’Aymare, Bonnecoste, La Melve

par Jean LARTIGAUT, Président de la Société des Études du Lot, Docteur en histoire de l’Université Toulouse-Mirail Publié dans : Moi-Géné n° 17 (Avril 1996)

armes Camy

Les armes de Jean de Camy

 

Armes de Jean de Camy, sieur d’Aymare “D’azur à une licorne d’argent passant sur une terrasse de sable, et un chef cousu d’azur chargé de 3 étoiles d’or” D’après d’Hozier, II, 1217-1283

Nous nous étions proposé il y a quelques années de consacrer une série de notices aux anciennes familles du Vigan. Nous espérions ainsi donner une vue d’ensemble des notables d’une bourgade rurale jadis importante. Ayant renoncé à ce projet pour nous consacrer plus particulièrement au 14 et surtout 15ème siècles, nous avons voulu cependant tirer partie d’un certain nombre de fiches.

Après les GLANDIN, les PELEGRY au 16ème siècle, les MASSAUT, voici aujourd’hui les CAMP D’AYMARE, famille toute militaire sous l’Ancien régime, mais dont les origines encore obscures paraissent assez modestes. Le plus lointain ancêtre des Camy d’Aymare pourrait être Bernard de Camy qui tenait taverne à Gourdon en 1313 (A.C. Gourdon, FF 42), vraisemblablement originaire de la proche paroisse de Camy. On rencontre ensuite un ecclésiastique : Guillaume de Camy (de Camino), prêtre et notaire qui fut chanoine du Vigan. Le 12 juillet 1443, dans la salle du Collège Pélegry à Cahors, Guillaume de Camy recteur de Piquecos est témoin à la nomination comme collégiat de Pierre de Bassinhac par noble Flotard Ebrard, sgr de Saint-Sulpice, patron du collège.

Le 9 octobre 1447, dans l’église Saint-Maurice de Cahors, Guillaume de Camy, prêtre, chapelain de la chapellenie fondée par feu Raymond de Salvanhac, chevalier de Cahors, dans ladite église “pro cantanda”, requiert Nicolas de Lentilhac, prêtre, en vertu de l’instrument de collation fait en faveur dudit Guillaume par noble Guidon del Peyronnenc procureur de noble Bertrand son frère, de le mettre en possession de la chapellenie pour le service de l’autel majeur de Saint-Maurice, comme le fut Pierre de Ulmo, prêtre, recteur de Marminiac, dernier chapelain.

Le 13 avril 1448, à Cahors, prudent homme Arnal de Brolio, marchand de Gourdon, arrente à dom Guillaume de Camy prêtre, une borie avec 2 moulins sur les bords de la Melve, dans les appartenances de Gourdon confrontant chemin du Vigan à Nozac, Pech dit “Pueg Io Buo”, landes de don R. d’Issac alias Vinhalibus, chemin de Gourdon à Payrac et borie d’Arnal Ayguas sous le cens d’un sétier de froment. Témoins : noble Guidon del Peyronnenc et dom Jean Compte prêtre de Montfaucon; J. de Putéo, notaire royal.

Le 29 juillet 1452, Guillaume est qualifié chanoine du Vigan dans un acte où il apparait comme témoin. Il s’agit d’un bail à fief de diverses terres dans Soucirac consenti par noble Pierre de Ricard de Gourdon seigneur de Reilhac, Ginouillac, Saint-Projet, Soucirac et coseigneur du Vigan, en faveur de Pierre et Raymond d’Issac alias Vinhalibus, le second notaire de Cahors. En 143, l’hospitalier de l’hôpital Sainte-Catherine de Gourdon arrente à Me Guillaume de Camy prêtre, un bois dans la paroisse du Vigan au terroir de Las Galinardes. En 145, autres arrentements au même par le chapelain de la chapellenie de Lacoste. A vrai dire, il existait deux Guillaume de Camy, également chanoines du Vigan.

Seul un acte de novembre 1467 permet de les distinguer à l’occasion de la mise en possession d’un canonicat de Pierre de Durfort-Boissières (qui fut recteur de Saint-Projet), paraissent Guillaume de Camy senior, sacriste du monastère et Guillaume junior, simple chanoine. (Il était en 1462 recteur de Pinsac et de Terregaye selon le chanoine Albe). La même année, noble Guidon del Peyronnenc, seigneur de Saint-Chamarand, Loupiac, Labarde, arrente diverses terres à Loupiac et à Labarde à divers tenanciers dont Me Guillaume de Camy, chanoine du Vigan. L’année suivante, approbation par le chapelain de Moussac à Gourdon, de l’acquisition faite par Me Guillaume de Camy à Gourdon d’un boutge au Majour entre les portes del Majour et de Saint-Jean. Autre approbation par le chapelain de Lacoste de l’achat par le même d’un bois aux Condamines. Dans le même registre, quelques reconnaissances d’habitants de Gourdon en faveur du même Guillaume de Camy. Celui-ci, comme chapelain de la Candèle de Gourdon baille à fief le 16 février 1488, à Guillaume d’Abelly et Hélène de Danraoust mariés, un avral et un jardin dans les murs de Gourdon à la bande de la Salvanye.

En 1456, Géraud Borset vend à Bernarde de Camy un jardin au faubourg de Sainte-Catherine, rente due à la chapellenie de Saint-Michel, la même Bernarde est dite en 1461 femme de Jean Danraoust. En 1467, nous rencontrons pour la première fois Aymeric de Camy, recteur de Loupiac et qui l’était encore en 1491. Une pièce de procédure de 1699 relative à la Melve mentionne Jean Camy en 1474. Un Jean de Camy figure parmi les contribuables de Gourdon à un rang relativement modeste. Il déclare jouir d’un certain nombre de cens et de la location de deux maisons. Dans la juridiction de Gourdon il ne détient en biens fonciers qu’une terre et une vigne, cette dernière franche de cens sinon noble. Vers 1515, un autre Jean dit le Jeune est établi comme marchand au Vigan. Il n’en appartient pas moins à la confrérie des Cinq Plaies du Christ de l’église Saint-Pierre de Gourdon. Il nous faut maintenant accuser un énorme trou à la fin du 15ème et durant la première partie du 16ème siècle. Nous retrouvons les Camy à Gourdon où ils exercent les professions de marchand, praticien, avocat, … En 1561, Me Jean Camy, dit d’Aymare, écolier, possède une vigne au terroir de la Magdeleine à Gourdon.

Le 7 août 1579, Me Jean Longuet, avocat du siège de Gourdon, et dlle Marguerite de Magnyanac, une Périgourdine, femme de Me Jean de Camy dit d’Aymare avocat à ce siège, vendent à Me Pierre de Marsis aussi avocat, une pièce de terre du ténement de la Condamine franche et noble pour le prix de 100 livres. Mention de Guillaume de Camy à Gourdon le 3 février 1585. Enfin, Raymond CAMY dit d’AYMARE, premier degré des maintenues de noblesse : bien sûr, sa qualité de bourgeois et de marchand de Gourdon n’apparait plus pour les besoins de la cause. La maintenue, lui fait épouser (ce qui est exact) demoiselle Géraude de Patras, fille de noble Jean de Patras seigneur de Bonnecoste. Admettons la date du contrat, soit le 31 mars 1540. Ces Patras semblent venir depuis peu de Villefranche-de-Rouergue où ils exerçaient la marchandise. Le 20 octobre 1576, sire Raymond Camy bourgeois et marchand de Gourdon, est chargé par le prévot de la ville avec sire Jean Danglars, aussi marchand, et Me Antoine de Puniet, avocat, d’une enquête sur la vente d’une maison par Jean de Paradis, archer, au conseiller Jean de Massaut.

Le 3 novembre 1574, il avait acheté à Blaise Balan le boriage de la Bolonie (ou Valonie), paroisse de Saint-Clair. Il est condamné par une sentence du sénéchal du 14 avril 1590 confirmée par un arrêt du parlement de Toulouse du 6 novembre 1591 à payer la rente de ce boriage à François d’Albareil, lieutenant au siège de Gourdon, acquéreur de la seigneurie de Saint-Clair, le 8 mai 1576. Le 2 août 1593, à Saint-Clair, Raymond Camy dit d’Aymare, bourgeois, habitant le repaire de Miracoy, paroisse du Vigan, fait un échange avec Guillaume Dumas, tailleur. Raymond cède le Pech de Lolm, sive [appelé aussi] de Boloigne, contre des prés et des terres à Saint-Clair. Du mariage de Raymond Camy et de Géraude de Patras 2 enfants auteurs de 2 branches 1- Jean de Camy seigneur d’Aymare et Bonnecoste – Branche A 2- Pierre de Camy seigneur de la Melve – Branche B

BRANCHE A II- Noble Jean de CAMY, écuyer, seigneur d’Aymare et Bonnecoste : Le 27 avril 1601, art château de Bonnecoste. Me Pierre Escudié, notaire royal de Reilhaguet, faisant pour Thomas Escudié son père, Jean Justi prêtre, et Pierre Gautier, recteur de Reilhaguet, demandent à dlle Géraude de Patras et à Jean de Camy d’Aymare, écuyer, dame et seigneur de Bonnecoste s’ il leur et permis de prendre du bois dans le domaine de Bonnecoste, – confirmation en raison des services rendus – Rappel de noble Jean de Patras, seigneur de Bonnecoste, père de Géraude et aïeul d’autre Jean de Camy. Ce dernier aurait épousé le 20 mars 1607 demoiselle Jeanne de Laborie.

Le 14 mars 1608 avec Jean de Beaumont, Jean de Camy, seigneur d’Aymare pour lui et pour Pierre de Camy seigneur de la Melve, reconnait tenir en fief de l’abbé d’Obasine le ténement de Bonnecoste paroisse de Saint-Sauveur sous la rente de 64 L 3 s 4 d . Le 31 janvier 1620, au repaire d’Aymare, paroisse du Vigan, il baille en métairie à Jacques Roques dit Caghe Miche, de Figerma, paroisse de Saint-Projet, son boriage de Béluguie paroisse du Vigan . Il teste le 4 mars 1621 . De ce mariage : – Jean Pierre de Camy qui suit; – Héliette de Camy, mariée à noble Jean de Puniet seigneur de Saint-Romain ; – André de Camy, né le 28 mars 1616 au Vigan ; – Christophe de Camy, lieutenant au régiment du Vigan, mort à Corbie.

III- Jean-Pierre de CAMY seigneur d’Aymare et Bonnecoste II épouse le 2 décembre 1636 Marguerite de Jaubert, fille de Jean de Jaubert seigneur de Rassiols, Carlucet, … et de Françoise de Cadrieu. Il est dit dans cet acte capitaine d’une compagnie de gens de pied au régiment du Vigan et fils de noble Jean de Camy et de Jeanne de Laborie. Une commission du 26 septembre 1634, prouve d’ailleurs qu’il est capitaine dans ce régiment. Un “contrôlle” du 13 novembre justifie qu’il a servi comme volontaire sous le sieur de Vaillac. Le 8 février 1655, au repaire de Bonnecoste, il déclare que par contrat passé entre lui et Antoine d’Estournel, prêtre, recteur de Saint-Etienne-des-Alix et de son annexe de Saint-Sauveur le 12 septembre 1652, devant Calmon notaire, le recteur s’était obligé à faire le service divin dans l’église de Saint-Sauveur suivant les ordonnances de l’évêque de Cahors. Mais en fait, il ne daigne faire aucun service, pas même pour Noël ou Saint Etienne par irrévérence ou malice. II n’y a aucun calice né custode dans l’église Saint-Sauveur. Le seigneur de Bonnecoste somme Antoine d’Estournel d’assurer le service divin et d’acheter calice et custode. Le même jour, passant du spirituel au temporel, il afferme son domaine de la Borie Blanque dans la paroisse du Vigan.

Le 30 avril suivant, au Vigan, faisant au nom de Me François de Rassiols, chanoine de l’église collégiale N.D. du Vigan et de Rocamadour, il déclare à Me Etienne Pascal soit-disant chanoine, du Vigan, que si le dit Rassiols a de la parenté au parlement de Toulouse, lui Pascal est originaire de Sarlat où son frère est procureur au Présidial et où se trouvent ses parents. (Il s’agit sans doute d’un procès dont nous ignorons tout). Le 18 février 1668, au château d’Aymare, dlle Marguerite de Rassiols, femme de noble Jean de Camy sieur d’Aymare, reconnait avoir reçu 704 livres de Jean Dupré, marchand de Couzou. De ce mariage : 1- Jean de Camy, sieur du Débat, qui suit; 2- André de Camy, abbé de l’Abbaye-Nouvelle près de Gourdon; nommé en 1680, il était encore abbé en 1713 . Nous ne pouvons situer Marie de Camy dont la sépulture fut faite le 31 octobre 1676, par Me Jean de Lestevenie, chanoine, “accompagné des outres messieurs du chapitre du Vigan” . Ni Balthazar de Camy, sieur d’Aymare, marié, selon Foissac, à Sabine d’Aymerique et enterré dans l’église collégiale du Vigan le 25 décembre 1680

IV- Jean de CAMY sieur du Débat : Alors que son père avait été condamné pour fausse noblesse par Pellot, intendant de la généralité de Montauban, le 17 octobre 1667, Jean de Camy obtient en sa faveur un arrêt du Conseil d’État du 29 avril 1680 dont voici un extrait : “vu … certificat du sieur de Pierrepont ci-devant lieutenant des gardes du corps du roi du 15 juillet 1667, autre certificat du sieur duc de Noailles du 21 mars 1680 … autre certificat du sieur de Saint-Vian exempt des gardes du corps du roi du 2 avril 1680 … lesquelles pièces font foi que le suppliant a servi sans discontinuation depuis l’an 1667, tant en qualité de garde du corps du roi dans la compagnie commandée par le duc de Noailles, en Flandres, Allemagne et ailleurs, même qu’il a été blessé à Senez et à Cocherberg … le roi étant en son conseil ayant égars aux dits services et titres sans s’arrêter ait jugement du sieur Pelle … que sa majesté a cassé et annulé, maintenu et maintient ledit Jean de Camy seigneur du Débat en ladite qualité de noble d’extraction et d’écuyer… rendu le 29 avril 1686 à Saint-Germain-en-Laye. Signé Le Tellier”. En fait, l’Intendant avait raison, mais grace sans doute à des protecteurs influents, le roi plus conciliant eu égard aux services militaires de cette famille, était passé outre. Le sieur du Débat fut présent le 6 février 1670 au Vigan, au baptême de Pérette de Pommié fille de Jean, médecin, et d’Héliette de Puniet, celle-ci sa cousine germaine. Il est encore maintenu dans sa noblesse par Sanson le 23 avril 1697.

BRANCHE B II- Pierre de CAMY sieur de la Melve : Il est, nous l’avons vu, représenté par son frère dans une reconnaissance faite en 1608 à l’abbé d’Obasine. Marié à dlle Hélène de Malcap, il habitait dans la paroissse de Saint-Sauveur. Nous lui connaissons 2 fils : 1- Jean de Camy, sieur de la Melve qui suit; 2- Jean de Camy, sieur de Parisot, capitaine au régiment de Vaillac qui participe avec son frère à la défense III- Jean de CAMY sieur de la Melve : Il est parrain le 22 octobre 1637 au baptême de N. de Puniet fils de Jean sieur de Saint-Romain et d’Hélix de Camy, sa cousine. Le 8 janvier 1642 à Turin, le comte de Plessis Praslin conseiller du roi en ses conseils, maréchal des camps … certifie que le sieur de la Melve a servi le roi durant 3 ans en qualité de capitaine au régiment de Chourigny. Le 20 janvier suivant il lui délivre un passeport pour se rendre en France afin de régler ses affaires personnelles. Il s’agit vraisemblablement de son mariage car le 20 juin 1642, au château de Rignac en Quercy, fut passé contrat de mariage entre noble Jean de Camy, sieur de la Melve, capitaine d’une compagnie du régiment de Chourigny en Piémont et lieutenant d’une compagnie de cavalerie en Piémont commandée par le sieur de Chourigny, fils de feu noble Pierre de Camy, sieur de la Melve, et de demoiselle Hélix de Malcap d’une part, et dlle Hélène Duboys, fille de feu noble Anne Duboys, seigneur de Rinhac et de dlle Claire de La Méchaussée. Dot, 3 000 Livres léguées par le sieur de Rinhac, plus 500 Livres du chef de la mère et 500 Livres de noble Pierre DUBOYS seigneur de Rinhac, son frère. Présents : P. Malaurie, avocat et juge du lieu, et P. Martin, procureur d’office de Souillac. Ont signé : J. de Cardalhac – Saint-Maurin – Pécharman – La Rue – Saint-Martin – J. de Beaumont – Laplaignes – Aymar de Lestang – de Passugues (?) – Parisot – de Corail. Jacques Thomas, notaire de Creysse.

Aymar de Lestang et Parisot sont à coup sûr des Camy d’Aymare. Le 14 janvier 1653, les consuls de Souillac firent un certificat en faveur de Jean de Camy et de son frère Parisot : “Nous consuls et habitons de !a ville de Soilhac certiffions que noble Jean de Carry sieur de Parisot capitaine dans le régiment de M. le compte de Valhac est venu dans la présente ville avec le sieur de la Melve son frère que nous avions prias pour la gouverner avec nous sur l’advis que nous avions heu que les ennemys de l Estat s’en vouloient saisir comme très importante au subiect du passaige des troupes de sa Majesté et par l’ayde vapeur et conduite desdits sieurs de la Melve et Parisot noms avons conservé lad ville au Roy quoyque les ennemys de l’estai nous eussent attacqués de tous costés, donc ayant advise M. de Sauveboeuf il nous auroitavait envoyé du secours de l’Armée cent mousquetaires commmandés par le sr Giscarot quy estant arrivés nu bord de la rivière de Dordogne nous fist advertir qu’il né pouvait passer par [ce] que les ennemys l’en empeschoient et ledit sieur de Parisot quoyque blessé s’en alla avec un nombre d’habitants armés à un quart de lieue sur le bord de la rivière pour faciliter le passaige dudit sieur Giscarot et de .ses mousquetaires et estans jointz ensemble firent desloger un corps de garde de Cavallerie des ennemys qui gardaient le port du costé de la présente ville et nous auraient les Sr de la Melve et Parisot continue leurs assistances jusques à ce que le .siège à esté levé et que Monsieur le Duc de Candalle y a heu estably une garnison et se voulant le sieur de Parisot retirer nous l’avons remercié de ses assistances et lu), avons farci le présant certificat signé de noies et des habitans dud Soilhac le quartorzième jour du mois de janvier mil six cens cinquante trois. Anthoni consul – Lavaur – de Guignet – I erninac -:1(artrn – Lavaure F Giguet, etc ... . Noble Jean de Camy sieur d’Aymare, marié à Marie Anne de Peyronnenc de Saint-Chamarand est conseiller du roi et maire du Vigan, en 1694. Cette famille se maintient encore un peu plus d’un siècle. Plus d’officiers, ils mèneront au Vigan l’existence de modestes gentilhommes campagnards. Certes, il serait souhaitable que la filiation dont nous avons souligné les lacunes soit reprise par un généalogiste et continuée jusqu’à la Révolution.

Telle quelle, notre documentation nous permet cependant de situer la famille débuts assurément modestes à Gourdon avant 1313, surtout des marchands probablement. Au 16ème siècle une tentative vers la Chicane (avocat, praticien); mais il nous faut être prudent. Nous ne connaissons alors que certains membres de cette famille. Nous avons passé sous silence les Camy, bourgeois de Payrac auxquels Foissac donnait une origine commune. Famille incontestablement militaire tout au long du 171″‘e siècle. Ainsi, dans le seul Rôle de la compagnie de chevau légers de Jean Carles de Genouillac, non daté mais probablement antérieur à 1650, nous avons relevé Jean Desmares l’aîné : il signe Daymares; Pierre Desmares le jeune; P. Daymares; Michel de la Melve l’aîné; La Melve; Pierre de la Melve le jeune; P. de la Melve. Ou encore ce certificat : il concerne un Camy que nous n’avons pu situer et probablement un débutant dans la carrière des armes : Le 6 mars 1668, à Gravelines, certificat par le sieur de Fouillouze Havecourt, capitaine au régiment des Gardes du Roi, gouverneur de Gravelines. Il déclare que le sieur de la Melve est brigadier dans la compagnie du marquis de Saillant au régiment de Saint-Loup.

Au fond, le roi pouvait bien se montrer plus indulgent que l’Intendant. Leur noblesse était sans doute un peu boiteuse. Il manquait sans doute quelques quartiers aux Camy d’Ayrnare mais le prince trouvait en ces modestes gentilshommes les cadres subalternes de ses armées. Ils servaient pour l’honneur, s’endettant un peu plus chaque jour par le service. C’est pour eux que fut créée la Croix de Saint-Louis et encore avec quelle parcimonie fut-elle attribuée !

Rédigé en juin 1959. Revu et complété en février 1996
Nota: D'où vient le surnom d'Aymare que ne portent pas les premiers Camy ? nous l'ignorons.
LISTE DES PATRONYMES ALLIES par ordre d'apparition dans le texte : PATRAS, JAUBERT, RASSIOLS, AYMERIQUE, POMMIE, PUNIET, MALCAP.

Uc de Saint-Circ, un père de la Renaissance Italienne

Uc de Saint-Circ est né à Thégra à la fin du XIIème siècle. Son père, petit vavasseur (1), avait dû quitter son château de Saint-Cirq (graphie actuelle) situé sur l’actuelle commune de Couzou, sans doute ruiné par Henri Court-Mantel lors du sac de Rocamadour en 1183. Pour éviter une copropriété des biens familiaux (selon la coutume occitane, cadet d’une nombreuse fratrie, il était copropriétaire de ses biens avec ses frères) ses frères l’envoient étudier à Montpellier où on le destinait à l’état de Clerc.

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Château de Saint-Cirq (graphie actuelle)

Rappelons que Montpellier, alors sous la domination des rois d’Aragon et de Majorque, était une ville universitaire très importante où se retrouvaient de nombreux quercynois. Inversement, les professeurs de Montpellier enseignaient à l’Université de Cahors. Dans la capitale culturelle des rois d’Aragon où l’apport scientifique des musulmans et des juifs est important, Uc a pu acquérir, au moins en partie, les trois premières branches du savoir, le trivium : grammaire (latin classique), rhétorique et logique. Mais il ne devient pas clerc, il se fait jongleur et entre au service du comte de Rodez, du vicomte de Turenne et du bon dauphin d’Auvergne. Il sert de lien entre ces trois puissantes. Très tôt, il devient troubadour, nous dirions aujourd’hui, auteur-compositeur, un intellectuel profane du Moyen Age.

On le retrouve en Gascogne, auprès de Savaric de Mauléon, de la comtesse de Bénauges, en Poitou puis en Aragon et en Castille. En Provence enfin, d’où il gagne la Marche de Trévise vers 1220. Là il prend épouse et dernière date connue de sa vie, est accusé d’hérésie et d’usure en 1257 (Cathare ou bien Cahorsin ?). En Italie du nord, son rôle est fondamental dans la gestion de la Renaissance. Exilé, faidit, il apporte à sa patrie d’adoption le texte troubadouresque. Sur place il crée des vidas, premières biographies de troubadours marquées par la nostalgie d’un temps heureux, d’un pays perdu et remis dans le droit chemin obscurantiste par la ruée des croisés. C’est le point de départ, en Europe, de la critique littéraire en langue vulgaire et de la nouvelle en prose. Il y a un suivi des vidas au Novellino anonyme puis à Boccace et jusqu’à nos jours.

Uc est ainsi devenu, en Italie, un poéticien, un maître du trobar et plus encore, selon l’expression de Robert Laffont : « Le grand témoin de l’Occitanie en Italie ». Il ne nous reste qu’une cinquantaine de textes écrits par Uc et trois musiques qui permettent d’entrevoir un musicien de talent. Son œuvre est un « roman vécu ». Enfin, nous savons depuis peu, grâce aux travaux de Saverio Guida de l’université de Messine, qu’Uc de Saint-Circ et Uc Faidit sont une seule et même personne. Uc Faidit écrit vers 1240 le Donatz proençals, une grammaire, un traité de versification suivi d’un dictionnaire des rimes. Deux versions : une en oc et l’autre en latin. L’ouvrage est novateur (les exemples sont créés et non empruntés) et permettra à Dante, en différenciant le volgare du latino, de promouvoir l’italien moderne.

Depuis quelques années, l’Association Thégra Animation fait revivre Uc de Saint-Circ à travers un son et lumière retraçant sa vie et lui a consacré un colloque en 1998. Un cd de Gérard Zuchetto a été enregistré dans l’église de Thégra.

D’après : Anthologie des Poètes du Quercy, par Gilles Lades, éditions du Laquet et Encyclopédie du Lot, Bonneton.

(1) VAVASSEUR, subst. masc. C’était le vassal d’un autre vassal, ou celui qui tenait un fief d’un vassal qui relevait lui-même d’un seigneur. D’autres historiens entendent que Vavasseur était une dignité immédiatement au-dessous de celle de baron.

Luctérius, première grande personnalité qu’aient connu les terres du Quercy…

Premier siècle avant J.-C., Lucterios (aussi connu sous la version latinisée Lucterius) est le dernier chef gaulois à résister à Jules César. Un an après la reddition de Vercingétorix à Alésia, Lucterios et Drappès se réfugient dans l’oppidum d’Uxellodunum où eut lieu la dernière bataille de la guerre des Gaules, en 51 avant J.-C. Il trouve refuge chez le chef arverne Epasnactos, qui le livre à César. Wikipedia

Lucterius est le nom du véritable Abraracourcix, c’est-à-dire du véritable dernier chef gaulois qui résista à César. Son retranchement ne s’appelait pas Petitbonum mais Uxellodunum. Il n’était pas en Bretagne mais dans le Quercy. En plus de ces légers détails et pour tout le reste il ressemble plus à Asterix : il était courageux, volontaire, plein de bonnes idées, sans peur et sans reproche. La ressemblance avec la bande dessinée est d’ailleurs si forte que, aussi incroyable que cela paraisse, les disputes en Quercy n’en finissent pas pour savoir exactement où était situé l’oppidum d’Uxellodunum.

Uxellodunum

Gravure représentant
Uxellodunum comme on se l’imaginait au XVIème siècle.

La première grande personnalité qu’aient connu les terres du Quercy est sans nul doute Luctérius. A l’époque où vécut Luctérius le Quercy n’existait pas sous ce nom du moins, c’était le pays des Cadurques, nom du peuple qui habitait ces terres. Luctérius s’est grandement distingué durant les deux dernières années de la guerre des Gaules, mais ne semble pas être reconnu à sa juste valeur par les historiens lotois. Il fit pourtant preuve d’ héroïsme sur le territoire même du Quercy. Nous savons que Luctérius vécut durant le premier siècle avant J.C., et nous connaissons ses agissements grâce aux témoignages de César ainsi que d’Hirtius (compagnon de César), qui sont relatés dans les livres VII et VIII de la Guerre des Gaules (Bello Gallico).

Luctérius était issu du peuple des Cadurques, qui occupé approximativement le territoire de l’ancienne province du Quercy. Il fut une des grandes figures de la Gaule un allié de Vercingétorix et vraisemblablement, également un ami. Son peuple, les Cadurques furent en effet parmi les premiers à répondre à l’appel à la rébellion de Vercingétorix. Le grand César lui-même se méfiait de Luctérius dès le début de la révolte gauloise, qualifiant le chef Cadurque d’être un homme « d’une extrême audace ».

On sait que Vercingétorix l’envoya dans le territoire des Rutènes, peuple voisin des Cadurques, sur qui il devait avoir une certaine influence, le livre VII de la guerre des Gaules nous rapporte ceci : « Luctérius le Cadurque qui avait été envoyé chez les Rutènes les gagne aux Arvernes. Bien mieux il trouve de nouveaux alliés dans son voisinage : les Gabales du Gévaudan et les Nitiobriges de l’Agenais. Puis ayant réuni une forte troupe il entreprend d’envahir la Province en direction de Narbonne ». Il contraint César qui revenait d’Italie, à rejoindre Narbonne où il fit fuir ses troupes .

Puis, bien qu’il ne soit pas nommé, on peut déduire que Luctérius ait été présent à l’assemblée de Bibracte, qui se déroula après le succès de Gergovie. Vercingétorix décida alors d’empêcher César de rentrer en Italie, et distribua alors les règles à chacun. « Il envoie les Rutènes et les Cadurques ravager le pays des Volsques Arécomiques ». Luctérius descendit donc une nouvelle fois vers la Province romaine.

Mais la suite des événements perturba les plans Gaulois. Vercingétorix se retrouve encerclé dans Alésia et effectue un appel, 12.000 hommes sont alors réclamés aux Rutènes, 35.000 aux Cadurques, afin de former une armée de secours capable de libérer les assiégés d’Alésia.

Luctérius fut donc vraisemblablement présent au siège d’Alésia, puisque l’on nous dit qu’il en a « gardé un douloureux souvenir », au moment où il prépare la ville d’Uxellodunum à ce qui sera l’ultime siège mené par César en Gaule.

Uxellodunum, les irréductibles

Après la déroute d’Alésia, notre chef Cadurque, ne désarma pas, et continua à vouloir résister à l’envahisseur. Luctérius, s’associe alors à un autre chef rebelle, Drappès de Sens, à eux deux, il vont vivre les derniers moments de la lutte pour l’indépendance gauloise. En 51 avant J.C., les deux chefs gaulois Drappès et Luctérius sortant de l’enfer d’Alésia, vont prêter main-forte à Dumnacos qui se bat du côté de Poitiers. Ils subissent là une nouvelle défaite par Labiennus, mais rassemblent quelques 3000 rescapés ils descendent dans le sud. Mais, poursuivis par Caninius et ses deux légions, ils s’enferment dans la ville d’Uxellodunum qui se situait dans le pays des Cadurques.

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Enluminure médiévale origine BNF représentant la bataille d’Uxellodunum

Luctérius, qui eut autrefois cette ville dans sa clientèle, gagna facilement les habitants à sa cause. Les deux chefs, décidèrent alors d’aller faire de grandes provisions de blé, afin de pouvoir tenir un long siège. C’est lors d’un des convois pour introduire du blé dans la place, que la troupe de Luctérius est surprise. Tous les Gaulois furent alors massacrés, seul Luctérius et quelques hommes purent s’enfuir. Les hommes de Drappès furent également défaits. Drappès fait prisonnier, honora sa mort en ajoutant volontairement la privation de toute nourriture aux douleurs que lui causaient les fers dont il était chargé, il se laissa mourir en peu de jours. Fabius et deux légions, puis César lui-même avec toute sa cavalerie ainsi que Calénus avec deux légions vinrent continuer le siège Uxellodunum où il ne restait plus que deux mille défenseurs dépourvus des deux chefs emblématiques Drappès et Luctérius.

Les Gaulois était bien pourvus en vivre, César résolut donc de les priver d’eau. Portant des archers, des frondeurs et des machines de guerres sur la rive gauche de la rivière qui entourait presque toute la montagne sur laquelle la ville était juchée et en face des pentes plus aisées, les Gaulois ne possédaient plus pour s’approvisionner en eau qu’une source au nord de la place qui coulait au pied du mur de celle-ci. César fit construire une terrasse (agger) de 18 m, une tour de 10 étages du haut de laquelle de l’artillerie empêchait les Gaulois de sortir de leurs murs. Par des tranchées couvertes et des galeries sous roche, les Romains parviennent à tarir la source et les Gaulois se rendirent. César fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes et se fit livrer Lucter par Epasnactos. Drappès lui se laissa mourir de faim.

Quant à Luctérius, qui était parvenu à s’enfuir, il fut livré à César par le chef Arvernes Espagnactos

Jacques-Joseph Champollion rappelait dans son ouvrage « Nouvelles recherches sur la ville gauloise d’Uxellodunum », que « les auteurs romains avaient écrit de ces deux chefs Gaulois que ce qu’ils ont cru dire de défavorable à leur mémoire. » Le même auteur écrivit sur Luctérius, que son « sort variable des armes le ramenant dans son propre pays, il y rendit ses compatriotes témoins de ses derniers efforts pour l’indépendance des Gaules, et vint, chargé de chaînes, expier, en présence de César, son inutile courage. »

Jacques-Joseph Champollion constatait avec regret, au sujet de Luctérius le Cadurque, qu’ « aucun monument public n’en consacra le souvenir ; l’empire des vainqueurs ne pouvoit le permettre ». Champollion l’aîné, découvrit néanmoins une inscription latine inédite qui se trouvait à Pern, sur une pierre de marbre servant de marche pied à l’autel. L’inscription en beaux caractères romains laissait lire : MARCO LUCTERIO. Champollion Figeac, alors accompagné de M. Lacoste (Hist. de la province Quercy en 4 vol.) purent déchiffrer la précieuse pierre, qui indique que ce monument fut élevé par la cité des Cadurci à Marc Lucter, surnommé Lion, fils de Lucter surnommé Senicianus, qui avait exercé toutes les charges publiques dans sa patrie, et qui était alors le prêtre envoyé par la même cité pour desservir l’autel dédié à Auguste, situé au confluent de la Saône et du Rhône, à Lyon.

Jacques-Joseph rappelait que « plusieurs monuments de même genre que celui-ci rappellent les noms de quelques prêtres de l’autel que les soixante cités des Gaules consacrèrent à Auguste .» Cette tablette est très importante, car le Marc Lucter mentionné est un descendant de notre Luctérius, qui fut le dernier chef Gaulois connut à lutter pour l’indépendance de son peuple. Il pourrait même être le petit fils du grand chef rebelle. Encore de nos jours, nous ne connaissons pas le sort qui fut attribué à notre illustre irréductible gaulois, César l’emmena-t-il à Rome comme Vercingétorix, ou bien sa soumission lui a-elle sauvée sa vie ? A l’heure actuelle nul ne peut prétendre le savoir.

Jacques-Joseph Champollion regrettait en 1816, qu’aucun monument n’eut était consacré à Luctérius, de nos jours le constat reste le même, seul un buste en marbre blanc exécutée en 1844 par un certain Dominique Molhnet, qui est exposé à la bibliothèque municipale de Cahors, honore la mémoire du grand Luctérius. A noter que Capdenac qui prétend être le lieu de l’ancienne Uxellodunum, a appelé sa place principale, « place Lucter ».

Mathieu MARTY

Petit conte de Noël pour les enfants de Calamane

par Bernard Davidou

En ce temps-là les maisons de Calamane étaient, comme aujourd’hui, agenouillées autour de l’église qui, reconstruite depuis, n’avait pas l’orientation que nous lui connaissons.
L’éclairage municipal n’existant pas encore, le soir, les lueurs vacillantes des « calhels » (1) dans les cuisines donnaient au village l’allure d’un gros animal ventru et gris, aux multiples yeux clignotants, assoupi au pied du coteau.

Comme chaque fin d’année de ce siècle de superstition, par une nuit de pleine lune, la bête, dont la tête orne encore de nos jours l’angle de la maison de Monsieur X.. (2), reprenait vie. Elle grimaça puis extirpa lentement son corps et ses pattes du calcaire gris de la pierre d’angle.Après quelques pas hésitants elle descendit « la carrière» (3) d’une allure plus assurée et commença son travail.Elle avait reçu mission, lors de la création du village, de marquer les maisons du sceau invisible des malheurs qu’elles subiraient dans l’année à venir. Elle disposait pour cela de tout un assortiment de maladies ou autres mauvaises choses et pouvait aussi bien distribuer la sécheresse ou l’inondation que la famine ou la guerre.

L’éclat particulier de la lune ce soir là avait réveillé la bête malfaisante la nuit de Noël mais elle ne le savait pas. Elle fit donc le tour du village, marquant au gré de sa fantaisie les demeures cossues des laboureurs comme les humbles masures des journaliers qui ne vivaient que de leurs bras. A cette époque la vie était dure pour tous et les années avaient presque toutes leur cortège de deuils et de misères. Les hommes qui survivaient s’en accommodaient malgré tout. Les Calamanais cependant supportent plus facilement l’adversité qu’ailleurs. En effet, les habitants de notre village ont toujours eu, pour faire face au malheur, un trésor qui existe partout certes, mais en moins grande quantité: Chez nous, chaque maison est un coffre-fort à tendresse.

Arrivée au terme de sa tournée sur le pont qui enjambe le « Reignac »(4) ayant épuisé son stock de malédictions pour l’année à venir, la bête, insensible au courant d’air glacial qui suit le cours du ruisseau, s’arrêta pour souffler un peu. Après que la cloche de l’église toute proche eut égrené et répété les douze coups de minuit, elle fut intriguée par un bruit qu’elle ne connaissait pas et qui s’échappait d’une maison avec une forte odeur de lard et de choux. Intriguée elle s’approcha et regarda à la fenêtre. Dans la salle sombre et enfumée, au coin de la cheminée, une vieille berçait un enfant tout en chantonnant et filant.

La lueur blême du foyer, l’éclairage hésitant de la lampe à huile et la tendresse du chant de l’aïeule donnaient au tableau une dimension que la bête ne connaissait pas. Alors, vaincue par l’émotion, elle mesura la vanité de son travail et, regrettant toutes ses mauvaises actions passées, se mit à pleurer. Depuis cette année-là, la bête reprend vie chaque nuit de Noël mais elle ne distribue rien. Si vous vous attardez dans les rues de notre village ce soir là, vous la verrez peut-être, après le douzième coup de minuit, qui essaye de voler dans nos maisons, un peu de notre tendresse à travers les rideaux de nos fenêtres.

(1) Calhel = Ancienne lampe à huile de noix.

(2) Maison PALOMARES où une tête grimaçante figure dans une pierre de l’angle ouest sur la rue principale du village : « la carrière » (carrièra en occitan).

(3) La carrière : Rue principale du village (en occitan une rue s’appelle la carrièra)

(4) Le Reignac est le ruisseau qui traverse le village.

Bernard DAVIDOU Sept 1981

Premier jour de vacances à Cézac

par Bernard Davidou

Partis la veille de la capitale, ils arrivèrent dans le milieu de la matinée. Quand ils eurent quitté la nationale vingt et qu’après quelques hésitations sur les départementales, ils découvrirent brusquement la vallée du Lendou et ils furent certains d’être arrivés.

Tout était comme la lettre du propriétaire le décrivait : Les champs de tournesol dont les grosses fleurs rondes faisaient penser à la photo d’une foule dont les visages regardent tous dans la même direction, les maisons ventrues accrochées aux flancs de la vallée et dont les noms chantaient encore dans leur mémoire de citadins, Cabazac, La Tauche, Prat-mejes, Les Martis, Tré la font, parce que le propriétaire les leur avait donnés comme jalon de leur itinéraire…

Surpris par le changement d’allure de la voiture, le chien jappa réveillant l’aîné qui colla à la vitre des yeux ronds et pleins de sommeil. Il était près de dix heures et la chaleur montait doucement en ce premier jour de vacances.L’église apparût enfin, coquette dans son écrin de verdure, éclatante de toutes ses pierres colorées par le temps et la mousse. Sur le pont qui enjambe le ruisseau, des enfants avaient posé leurs vélos. Assis sur le parapet, ils interrompirent leur dispute pour regarder passer la voiture dont ils remarquèrent l’immatriculation parisienne.

Après avoir cherché et s’être fait aider deux fois, ils trouvèrent le « gîte rural » dont la clé avaient été confiée au voisin la veille par le propriétaire.
Ils prirent possession de ce qui allait devenir leur habitation pendant quatre semaines. C’était une vieille maison quercynoise ventrue, couverte de tuiles canal rouges et aux murs épais. Elle avait abrité, les anciens du village s’en souviennent, plusieurs générations d’honnêtes gens dont la lignée s’était éteinte. Après en avoir hérité, un lointain parent l’avait sommairement remise en état pour en tirer un petit profit. Ils notèrent avec étonnement la grande cheminée aux lignes simples, l’évier de pierre et les lits de noyer, hauts et étroits coiffés du traditionnel édredon. Les enfants découvrirent la cave sombre et fraîche où le désordre des toiles d’araignées contrastait avec l’alignement des barriques, abandonnées là sous la garde d’une grande cuve et d’un pressoir.

Ca et là dans la maison comme dans ses dépendances, un « calhel » en cuivre, un fer de bœuf, une bêche ou un râteau édenté rappelaient que la maison avait été conçue pour une autre destinée et avait eu une vie qui semblait s’être arrêtée brutalement. Les parisiens, sans bien comprendre la raison d’être de chacune de leurs découvertes, muets et respectueux, éprouvaient une certaine gêne à investir des lieux aussi étrangers, frais et silencieux. Le chien, qui, inquiet, les suivait pas à pas, indifférent aux sentiments qui les agitaient car dépourvu de leur imagination, promenait sa truffe humide sur toutes ces choses sans retrouver l’odeur des derniers représentants de son espèce ayant occupé les lieux.

C’est après le repas du soir, en rentrant dans leur lit qu’ils les découvrirent: Dans une photographie jaunie des années trente, oubliée au dessus de la porte de leur chambre était un couple de paysans. Le cadre rectangulaire supportait encore une vitre cassée selon la diagonale. Mari et femme étaient représentés en buste de face. Selon la coutume quercynoise, un rameau de buis était accroché au dessus. Le visage carré de l’homme reflétait la force et l’assurance. Un sourire donnait un peu de chaleur à des traits qui, sans lui, auraient paru durs. Seul un nœud papillon, de circonstance pour la photo, dénotait dans le personnage. La femme était menue et ses traits très fins. L’ensemble de son visage s’harmonisait avec un modeste sourire qui semblait naturel.

Le couple inspirait une impression d’équilibre et de gentillesse et, quoi qu’il sembla fixer le lit qui avait été le sien, il ne paraissait ni étonné ni courroucé d’y voir des étrangers, tout au plus un peu résigné, comme s’ils avaient prévu et admis ce qui arrivait. Vaincus par la fatigue, les étrangers éteignirent l’électricité, mais dans la lumière froide de la lune qui filtrait à travers les volets mal joints, ils virent longtemps les deux vieux qui souriaient dans leur maison qui s’endormait. Au dehors les cigales l’une après l’autre se taisaient.
Les vacances venaient de commencer à Cézac.

Bernard Davidou – Août 1983

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